J’ai aimé lire

 

5 j'ai aimé lire


Christine Pedotti s’adresse aux responsables de l’église catholique et les interpelle en profondeur en ramenant sans cesse leurs actes, comportements et enseignements aux paroles et aux agissements du Christ dans les évangiles en 130 pages et dix petits chapitres :

1.De la crise ; 2.De la sexualité ; 3.Du péché et du crime ; 4.Du père et de la mère ; 5.Du pouvoir ; 6.Du scandale ; 7.De l’exemplarité ; 8.De l’urgence ; 9.Du catholicisme ; 10.De l’avenir

Auxquels elle joint trois annexes : 1.Lettre du pape François au peuple de Dieu ; 2.Les principales étapes du dévoilement de la pédocriminalité et de sa dissimulation dans l’Église catholique ; 3.Les causes de la pédophilie des prêtres.

Au-delà du ton incisif, voire polémique, les analyses sont, hélas, pertinentes ! Les questions sont de vraies questions que l’Eglise Catholique doit impérativement affronter et solutionner. La faillite de notre système catholique romain appelle un renouvellement total de la manière de penser et de vivre l’Eglise, sous peine de sclérose et/ou de disparition.

Il est remarquable que le catholicisme se développe le plus dans la société les moins instruites. Cela devrait poser question. Non sur la validité du message, mais sur la manière dont l’Eglise Catholique Romaine -et pas seulement elle- propose de le vivre concrètement ad intra comme ad extra.

(Voir en complément un article du Bulettin Théologique n° 13 du Centre Théologique Universitaire de Rouen

 

Christine Pedotti est écrivain, éditrice et journaliste catholique. Licenciée en histoire et diplômée de Sciences PO, licenciée en théologie à l’institut catholique de Paris, elle entre à Bayard presse où elle écrit pour Grain de soleil. Elle fonde Enfance Chrétienne, née de la fusion des éditions Mâme et Fleurus. Elle est la cheville ouvrière des encyclopédies Théo. Elle est rédactrice en chef de Témoignage chrétien et a coordonné la rédaction de « Jésus. L’encyclopédie » publiée sous la direction de Joseph Doré chez Albin Michel en 2017.

 


SODOMA de Frédéric Martel
ed Robert Laffont, Paris 2019

Cette rubrique s’appelle « J’ai aimé lire »…Or je n’ai pas du tout aimé lire Sodoma

C’est une purge, un vermifuge, quelque chose qu’on prend par nécessité, pour  évacuer un mal qui vous envahit.
Et en ce sens Sodoma est nécessaire par ce qu’il révèle plus que par ce qu’il dénonce, même si ce qu’il dénonce donne envie de vomir.
Le pape François à commencé à nettoyer cette moderne écurie d’Augias qu’ est la Curie Vaticane. Et on peut regretter que le travail n’ai pas été entamé plus tôt.
Oui Sodoma est outrancier, oui c’est un livre écrit par un auteur homosexuel et par bien des égards un livre autoréférenciel. Et le présupposé de Frédérique Martel qui veut que ceux qui, chez les prêtres sont homosexuels mais tiennent leur engagement au célibat se mentent à eux-même et en conçoivent une réelle aversion pour l’homosexualité et que les autres ne sont que des menteurs cyniques est un peu cour. Il oublie tous ceux qui, quelle que soit leur orientation, homo, hétéro, ou bisexuels, peu importe, sont fidèles à leur voeux de chasteté ou leur engagement au célibat.

 

Alors en quoi ce livre est nécessaire ?

D’abord, il met à jour un mécanisme qui n’est pas criminel en soi, mais qui influe sur le recrutement des candidats à la prêtrise ou au monasticat: chez les homosexuels, le fait de vivre dans un milieu ou le célibat va être une valeur majeure de son état est un bénéfice et non pas une question. Il est donc logique qu’on en retrouve une partie dans les candidats a l’ordination presbytérales
Le Prêtre conçu comme un être à part et « pur » de toute sexualité est une idéologie qui, en l’occurence, va faire des ravages. D’autant plus que vient se greffer la-dessus tout ce qui a trait au pouvoir qui va dégénérer en abus de pouvoir. Ce que le Pape François dénonce sous le terme de « cléricalisme ».

 

L’enquete de Frédérique Martel nous oblige à ouvrir les yeux.

Ce qui pouvait être perçu comme des dérives isolées apparaît comme un système de cooptation et de complicité. Et cet état de chose a amené un tel système de dissimulation qu’il a constitué un abri idéal dont ont profité les criminel écclésiastiques: qu’ils soient pédocriminels, violeurs (et ce que nous aprenons sur les viols de religieuses est atterrant), voire proxénètes.
Il n’est plus possible après la lecture de ce livre de proclamer comme autrefois que l’ Eglise est sans péché, mais jamais sans pécheurs. Notre Eglise Catholique Romaine est devenue au moins en partie « structure de péché ».
Le combat auquel nous invite le pape François -et qui trouve tant de résistance au sein même de la curie romaine- est la condition même de la survie de l’Eglise Catholique Romaine comme lieu d’évangélisation crédible

 


François Dvornick: Byzance et la primauté Romaine

 

L’Auteur
František (François) Dvornik, Tchécoslovaque, Prêtre, spécialiste des histoires byzantine et slave.
Docteur ès Lettres (Paris Sorbonne 1926), professeur d’histoire ecclésiastique à la faculté de théologie catholique de Prague (1928), il est l’un des fondateurs de l’Institut d’études slaves de Prague et cofondateur de la revue scientifique Byzantinoslavica.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il enseigne au Collège de France et à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris.
De 1948 à 1965, il est professeur d’études byzantines au Dumbarton Oaks Center à l’université Harvard.
Il est nommé consultant pour l’histoire de l’œcuménisme au Concile Vatican II à partir de 1961.
F. Dvornik compte parmi les plus fameux byzantologues du monde. Son travail sur le patriarche Photius Ier de Constantinople fait référence.

« Byzance et la primauté romaine« 

La primauté romaine reste le principal obstacle au rapprochement entre l’Eglise Catholique et l’Eglise Orthodoxe. La division politique, les querelles théologiques exacerbées, les questions ecclésiologiques sans doute plus profondes vont conduire à des positions qui se rapprocheront avant de diverger, après 1204, dans des polémiques plus politiques que religieuses (Introduction)

Tant que le siège du pouvoir impérial est à Rome, la primauté de siège apostolique romain ne fait pas débat. Le « principe d’accommodement » à la division politique de l’empire est une réalité depuis les apôtres eux-mêmes (Chap.1). Mais à partir du transfert de la capitale de Rome à Constantinople (330) les différences de vécu vont avoir des effets polémiques sur les rapports entre l’Eglise de Rome et l’Eglise de Constantinople. C’est à cette période (IV°s) que va être affirmée l’origine pétrinienne du siège romain, en attribuant au fondateur le rôle de « premier évêque » -ce qui est abusif.

Dans l’Orient, ce « principe d’apostolicité » sera aussi l’utilisé, en réaction à son utilisation continue par Rome dans ses efforts pour lui imposer sa suprématie .

Les peurs et les incompréhensions -et même les procès d’intention- font que le synode de Constantinople en 381 et surtout le canon XXVIII du concile de Chalcédoine[1] en 451 sont vivement questionnés par Rome comme dangereux pour l’unité de l’Eglise et la primauté du siège romain (Chap.2)

Le schisme d’Accace (484-519) (chap.3) qui parraine un compromis avec les monophysites (Hénoticon)  va provoquer chez le Pape Gélase une réaction très vive : non seulement il refuse de reconnaitre le canon XXVIII de Chalcédoine, mais il affirme la juridiction de Rome sur toute l’Eglise, ce qui est parfaitement inacceptable pour Constantinople qui veut bien reconnaitre la primauté de Rome, mais entend conserver son autonomie. Le Pape Hormisdas et l’Empereur Justinien vont débloquer la situation en publiant le « libellus Homisdae » ou l’Eglise de Rome est reconnue comme: le « Siège apostolique, [où] la religion catholique a toujours été immaculée » et où « persiste la totale et la vraie force de la religion chrétienne« 

L’empereur Justinien qui est le grand artisan de cette nouvelle entente souhaite une réharmonisation de l’Empire entre Rome et Constantinople en plaçant quasiment à égalité comme don divin « sacerdotium et impérium ». Mais les invasions et la perte de la domination maritime vont mettre à mal l’œuvre de Justinien, provoquer une rupture dans les communications de tous ordres. Les idées, les intérêts divergent : Constantinople, confrontée à l’envahisseur Perse et Arabe, se recentre sur sa culture hellénistique et orientale, alors que l’occident confronté aux Germains va tenter de les christianiser mais aussi va intégrer une partie de leurs traditions. (Chap.4)

Les crises des VII° et VIII°s (chap.5): monothélisme -avec comme conséquences l’arrestation du Pape par l’Empereur et sa mort en exil-  synode ‘in trullo » (692), dont certains aspect sont refusés par l’Eglise de Rome[2]; confirment un éloignement progressif des  conceptions de la discipline de l’Eglise. Si la conclusion de la crise iconoclaste permet au Pape de réaffirmer la primauté romaine, sa lettre qui est lue au concile Nicée II (787) est soigneusement censurée de tout ce qui est revendication romaine de primauté juridique.

L’acceptation du principe d’apostolicité  par les Eglises d’Orient va conduire à un renouveau de l’idée Pentarchique[3] au VIII° et IX°s (Chap.6), ce qui n’impliquait pas une revendication d’égalité des Sièges et ne remettait pas en cause la primauté romaine. Même au cours du conflit qui l’oppose à Rome, le Patriarche Photius ne remet pas en cause la primauté romaine, au contraire.

La crise, -les crises- du XI°s (chap.7) vont mettre à mal une entente doctrinale orient-occident si difficilement réalisée. Avec l’avènement d’un pouvoir germanique fort en occident, les « grecs » sont perçus comme  des étrangers, alors que Byzance conserve l’idée d’une unité de l’Empire Romain qui, de fait, n’existe plus. Ce déséquilibre encore masqué va se révéler au grand jour avec les conquêtes par les Normands des territoires byzantins d’Italie (X° et XI°s). Ensuite tout est bon à querelle: différences d’usage, de discipline ecclésiastique, de théologie. Même les tentatives d’alliance contre les Normands tournent à la querelle. La bulle d’excommunication contre le Patriarche de Constantinople (1054) n’est que la conséquence d’une impossibilité de se comprendre.

La prise de Constantinople par les armées de la 4eme croisade (chap.8) et la création d’un empire latin avec un patriarche latin à la tête de l’Eglise grecque, va conduire les « grecs » sur une position défensive qui deviendra une opposition totale et mettra fin à toute possibilité d’entente.

Conclusion
C’est en vertu du principe d’accommodement que Byzance va réclamer une place particulière. Rome va s’efforcer de remplacer, dans l’organisation de l’église, le principe d’accommodement par le principe d’apostolicité. Le fait que l’Eglise Byzantine impressionnée par cette référence à un Apôtre-Fondateur adopte aussi peu à peu ce même principe provoque -me semble-t-il-  une distorsion de compréhension de ce qu’est l’ Eglise en Occident et en Orient, parce que les  définitions de l’Eglise ne sont pas les mêmes.
Le périmètre des patriarcats orientaux est à l’échelle d’un diocèse, alors que Rome, qui ne se reconnait pas comme un patriarcat mais comme le Principe d’Unité de l’Eglise, se pense à l’échelle du monde. Les conflits qui s’ensuivent seront des conflits de juridiction plus que des conflits théologiques, Rome étant au contraire reconnue comme gardienne de la foi, au moins jusqu’à ce que François Dvornik intitule très justement « La catastrophe de 1204 ».
Byzance et la primauté romaine est un livre-bilan des dernières recherches de l’auteur sur « l’organisation de l’Eglise primitive et les idées qui sanctionnaient cette organisation » [4]. L’idée de primauté dans l’église byzantine est présentée dans un cadre nouveau: plutôt que d’aborder cette question de façon théologiquement antagoniste, c’est en faisant un travail d’historien[5], en examinant les positions de l’Eglise byzantine et de l’Eglise romaine telle que les textes de l’époque les font connaitre, et à partir du point de vue des Byzantins, que F. Dvornik fait apparaitre une nouvelle manière de considérer ce problème.
     Il y a peu de recensions sur cet ouvrage (en général en anglais), mais il est intéressant de noter que sur  les deux trouvées[6] celle de Vassil T Istavridis historien orthodoxe, se termine sur ce remerciement: « Le lecteur Orthodoxe est très  reconnaissant de l’application de cette méthode dans l’étude présente, de l’objectivité avec laquelle l’auteur traite son matériel dans la relation tant à l’Est que l’Ouest, et comme Orthodoxe, exprime l’espoir de voir plus d’études de la même sorte émanant d’études théologiques et historiques Occidentales. »

 

[2] https://www.universalis.fr/encyclopedie/concile-in-trullo/
[3] Formulée par Justinien (Novelle 123, VI°s) et énoncée explicitement dans les actes du synode ‘in trullo ».
[4] Le schisme de Photius : histoire et légende, Paris, éd. du Cerf, coll. « Unam Sanctam », no 19, 1950; The Slavs : their early history and civilization, Boston, American Academy of Arts and Sciences, 1956; The idea of apostolicity in Byzantium and the legend of the apostle Andrew, Cambridge, MA, Harvard University Press, 1958
[5] Francis Dvornik, Byzance et la Primauté romaine,  article paru dans The American Ecclesiastical Review:  pp 289-312, éd. The Catholic University of America Press, 05/1961
[6] Cyril Mango: Journal of theological studies, 01/01/1966, Volume : 17, Page : 202; et Vasil T. Istavridis: The Greek Orthodox theological review,  01.07.1965, Volume : 11, Numéro : 1

 


Le bulletin théologique du CTU est maintenant disponible aussi en ligne

 


 

Lettre à ma belle fille catholique pour lui expliquer le

protestantisme

Antoine Nouis
Antoine Nouis a été durant plus de vingt ans pasteur de l’église réformée de France. Auteur de plusieurs livres sur la spiritualité et la pensée protestante, il est aujourd’hui journaliste à l’hebdomadaire réforme.

 « Dans ce beau texte sous forme d’adresse à sa belle-fille, il propose de dévoiler les spécificités de la foi protestante, et ce qui la différencie du catholicisme. Il retrace  à la  fois les principes, l’implantation puis l’histoire du protestantisme en France et son importance, souvent méconnue. Il montre également l’actualité et la pertinence de la foi protestante, ses points de convergence et parfois de divergence avec la foi catholique, et comment  les deux traditions peuvent se nourrir l’une de l’autre. »

 

 C’est un petit livre (106 pages de texte) que tous les catholiques français devraient lire. C’est non seulement intelligent, mais c’est chaleureux, clair, et profondément imprégné d’affection pour l’église catholique sans renier en rien sa manière protestante d’exprimer sa foi.

C’est aussi une vraie leçon d’œcuménisme qui cherche dans l’autre le supplément de richesse et non le « defectus » supposé.

C’est édité chez Labor et Fides et ça coute 14€

C’est peu pour devenir intelligent !

 

 


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BULLETIN THÉOLOGIQUE
N°6 – Toussaint 2016
Le Bulletin théologique est une revue éditée
par des professeurs et étudiants
(On trouvera ici les liens vers tous les bulletins du CTU )

 Sommaire

 Contributions théologiques
 Spiritualité
 Actualités des livres
 Sitographie et Bibliographie: Autour de la canonisation de Mère Teresa
(Paul Paumier)

Listes des auteurs


JPII Miséricorde divineDans cette année de la miséricorde ouverte par le pape François, il est bon de se retourner vers ce texte un peu ancien, certes, mais qui garde, outre son actualité,toute sa pertinence.
La miséricorde s’y exprime comme « le rapport de la justice avec l’amour »(n°5) « la fidélité du père à sois-même est totalement centrée sur l’humanité du fils perdu, sa dignité » (n°6)
La miséricorde comme Amour qui pardonne et restaure trouve son sommet et son accom!plissement dans la passion, la résurection et l’ascension de Jésus-Christ.
A relire -ou lire- de toute urgence
Jean-Paul II: La miséricorde divine, Centurion Paris 1981

 Contacts n° 243
Revue française de l’ orthodoxie
Comprendre les enjeux du prochain concile de l’Eglise orthodoxe

20151213 Contacts  Dans la ligne du colloque de l’ACONor : « Découverte et actualité des Eglises Orthodoxes: unité et diversité » qui s’est tenu à Caen du 15 au 17 novembre dernier, je vous propose ce numéro 243 de la revue « Contacts: revue française de l’orthodoxie  » qui reprends les actes du colloque du 18 au 20 octobre 2012 organisé au Collège des Bernardins à Paris par l’ Institut de théologie orthodoxe St Serge à Paris et le Centre œcuménique de l’Université catholique de Leuwen en Belgique.

Bien que vieux de deux ans déjà il comporte un double intérêt: éclairer les problématiques de ce prochain Grand et Saint Concile Panorthodoxe tant par des théologiens orthodoxes que par des apports de théologiens catholiques.

Un chapitre particulièrement intéressant est celui sur les relations œcuméniques des Eglises orthodoxes. Il met le doigt sur deux points particulièrement importants: le fait que les accords signés par « l’Eglise Orthodoxe » ne sont pas forcément reçus par les Eglises Orthodoxes dans leur diversité; et le second par le fait que -de même que l’Eglise Catholique pour elle-même- les Orthodoxes assimilent facilement l’Eglise à l’Eglise Orthodoxe. (Nature et mission de l’Eglise (2005). Je vois bien par l’expérience  -en tant que catholique romain, les Eglises de la réforme n’ayant pas cette position totalitaire-  combien il est nous est difficile de regarder « autrement » la réalité de ce qu’est l’Eglise. Et pourtant nous ne pourrons en faire l’économie si nous voulons exprimer l’ Eglise du Christ autrement que par une théologie -implicite ou explicite- du retour à la « vraie » Eglise (qui ne saurait être que la nôtre bien sûr !)

Geo

Pour se procurer la revue suivre le lien: Contacts


Bernard Sesboüé sj
Pour une théologie oecuménique
Coll: Cogitatio Fidei
ed du Cerf, Paris 1990

2015 07 Pour une théo oec

Il y a des livres qui sonnent comme des évidences. Ce fut le cas pour moi avec le livre du Pasteur Birmelé  » l’horizon de la grâce  » et il en est de même avec ce livre de Bernars Sesboüé s.j. Théologiens réputés l’un et l’autre dans leurs Eglises respectives on sent le même souffle, le même appel, la même certitude: ce chrétien d’une autre Eglise qui est mon frère, Dieu me donne d’abord à l’aimer, ensuite à le comprendre et enfin à chercher ce qui nous met en chemin, l’un avec l’autre, vers le Seigneur: non pas tant pour chercher à établir une vérité qui nous est commune, que pour recevoir notre vérité et notre unité de celui qui, seul, est la Voie, la Vérité, et la Vie.

Ce livre est le fruit d’un engagement de plus de trente ans au Groupe des Dombes et dans diverses commissions officielles de dialogue œcuménique en France et au plan international.

Le Père Sesboüé termine son livre sur cette invitation à tout chrétien, qu’il soit catholique ou non, à avancer sur les voies de l’Unité: « Changer, c’est le terme même de la conversion dans le NT : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1,15), c’est-à-dire : changez votre cœur.
Oui, la dynamique œcuménique est une dynamique de conversion: elle nous
change et elle doit encore nous changer pour nous réconcilier complètement. Plus elle progressera, plus elle rendra possible la conversion des mentalités, des institutions ou des « structures », toutes cristallisations objectives de nos libertés.
C’est par là que passe le patient cheminement de la réconciliation du peuple de Dieu dans une conversion commune à l’Évangile. »
« Ces divers écrits, d’époques différentes, abordent les points les plus fondamentaux de la recherche oecuméniques de ces dernières années. Il veut être une contribution catholique à la pleine communion entre les Églises. » (4° de couverture)
Depuis 1990 des choses ont changé évolué, mais le mouvement reste le même.

Ce livre est trouvable en ligne.


 

 L’ Atlas des religions
Atlas des religions 001publié par La Vie et Le Monde est devenu un classique, traduit et diffusé jusqu’ en Amérique latine et réédité en librairie. Il reste, à ce jour, la seule publication offrant une vision approfondie du paysage religieux mondial, à la fois à travers l’histoire,donc sur le temps long, et dans ses composantes les plus contemporaines. Il propose en effet une approche synthétique de l’ensemble
des grandes religions, mais aussi une analyse détaillée, pays par pays, fruit de la collaboration des deux rédactions de La Vie et du Monde et de l’apport des plus éminents universitaires.
Les cartes et graphiques sont remarquables Cette publication non seulement nous ouvre sur les réalités des autres religions mais elle permet de les ,mettre en perspective dans notre pays, en Europe et dans le monde.
Un « outil » de référence pour, non seulement, ne pas dire n’importe quoi, mais -plus important- pour ne pas penser n’importe comment…
12€ dans toutes les bonnes librairies.
Pas cher pour ne pas mourir idiot!
Geo

 

L’Église – Vers une vision commune

Conseil œcuménique des Églises :
Document du Foi et Constitution n° 214
Publié avec Unité Chrétienne par la Fédération Protestante de France,ISBN 979-10-94234-00-6, 76 pages, prix : 6,50 €
2015 04 l'eglise vers une vision communeCe second texte de Foi et constitution fait suite au premier : Baptême, Eucharistie, Ministère (1982) – et aux réactions officielles à ce document – qui a cerné des domaines clefs de l’ecclésiologie dans lesquels les études devaient se poursuivre ; il fait également suite aux questions ecclésiologiques soulevées dans le document d’étude : Un seul baptême – Vers la reconnaissance mutuelle (2011).
Pendant vingt ans, les représentants délégués des Églises orthodoxes, protestantes, anglicanes, évangéliques, pentecôtistes et catholique romaine ont tenté de dégager une vision globale, multilatérale et œcuménique de la nature, du but et de la mission de l’Église.
Les Églises ont fait part de leurs réactions et critiques constructives aux deux premières ébauches d’une déclaration commune.
La Commission de Foi et constitution répond à ces Églises par le présent document.
Ce texte dont certaines parties datent de vingt ans est déjà, dans certains cas, dépassé par les accords bilatéraux. Il a fallu ce temps pour que les Eglises Orthodoxes, pour des raisons souvent autres que théologiques, puissent donner leur signature et un accord à la publication.
On reproche parfois aux Eglises et communautés cclésiales (pour reprendre la distinction de Vatican II) de ne pas s’engager assez résolument dans la recherche véritable de l’unité, on déplore des piétinements, des avancées potentielles qui ne voient pas le jour encore… C’est ne pas mesurer vraiment combien, en 50 ans, un grand chemin a été parcouru -théologiquement c’est indéniable- mais également dans la connaissance, le respect et l’amour des frères et sœurs d’autres Eglises. A tel point que le danger qui nous guette aujourd’hui est celui de se contenter finalement d’une coexistence pacifique entre nos Eglises et ne plus voir les enjeux de rechercher et d’accueillir dans l’Esprit Saint une réelle unité visible.
En 50 ans les avancées sont en fait énormes. En témoigne ce texte de convergence de Foi et Constitution. Un texte important et fort, stimulant, qui fait le point sur les questions ecclésiologiques qui se posent à nos Eglises, quant à sa nature et sa mission, quant aux sacrements et aux ministères.
On mesure dans ces pages combien il y a aujourd’hui de convergences dans nos compréhension de ce qu’est l’Eglise et sa mission. Les divergences ne sont pas éludées et sont bien présentées, comme les questions qui restent livrées aux différentes Eglises dans cette quête de l’unité à laquelle nous sommes appelés et qui est ici qualifiée et rappelée comme étant une urgence (au regard des appels du Christ lui-même en Jn 17 et au regard aussi du scandale que représente nos divisions.
Concrètement, après une introduction qui explique comment on en arrive aujourd’hui à ce texte, quatre chapitres nous aident à entrer dans les diverses réalités de ce qu’est l’Eglise et ce que Dieu attend d’elle :
1. La mission de Dieu et l’unité de l’Eglise (envisagée dans le dessein de Dieu, dans ses perspectives historiques et dans l’appel à l’unité)
2. L’Eglise du Dieu Trine (l’Eglise comme communion, l’Eglise aussi comme signe et servante du dessein de Dieu pour le monde, avec la question d l’unité dans la diversité)
3. L’Eglise – croître en communion (il y est question de la foi, des sacrements et des ministères)
4. L’Eglise – Dans et pour le monde.Ce texte a été le sujet de la session oecuménique de la Communauté du Chemin Neuf et est l’objet de l’étude de la Commission Théologique de l’ ACONor
on peut le commander (6,5€) aupres de: « Unité Chrétienne, 7 place Saint Irénée, 69005 Lyon » ou par mail: secretariat@unitechretienne.org

 

Istina 014-2/3 :
DU CŒUR DE L’HOMME AU CORPS DE L’ÉGLISE : LE BAPTÊME DANS L’ESPRIT SAINT

2015 04 BESt 001Colloque organisé par la communauté du Chemin Neuf
du 7 au 10 mars 2013 sous la présidence de
Mgr Justin Welby, Archevêque de Canterbury, Primat de la Communion Anglicane, et de Mgr Philippe Ballot archevêque de Chambéry.
I. Jalons historiques et problématiques
avec les contributions de : L. Fabre, M. Healy, C. M. Robeck,
G. Tchonang, N. Blough, P. Hocken, A. Birmelé, É. Vetö
II. Expérience individuelle et ecclésiale de l’Esprit
avec les contributions de : C. Grappe, É. Vetö, M. Stavrou,
F. Lestang, A. Birmelé, J. Famerée, C. M. Robeck
III. Baptême dans l’Esprit Saint et vie de l’Église
avec les contributions de : P. Dockwiller & M. Healy
Cette expérience fondamentale du renouveau charismatique qu’est le Baptême dans l’ Esprit-Saint est ici étudié loin des agitations partisanes, mais de façon historique, scripturaire et théologique.
J’ai particulièrement apprécié l’article de Philippe Dockwiller: « Unicité de la grâce baptismale: l’Esprit-Saint est la force de ce dont le Baptême est la forme » (pp 283-295)
Il n’en reste pas moins que les expressions Baptême dans l’ Esprit-Saint et effusion de l’Esprit-Saint restent deux termes accolés à une même réalité, même si le terme « baptême » doit être préféré -et tant pis pour les prélats qui trouvent que ça voudrait dire que les catholiques vivent la même chose que les « protestant » (p 119)
Ben oui ! C’est mal ?
Je préférerai qu’ on distingue les deux expériences de façon fondamentale:
– d’une part l’ effusion de l’ Esprit-Saint: don gratuit et inattendu de Dieu qui vient nous envahir par grâce, sans volonté de notre part (st Paul sur le chemin de Damas)
– d’autre part le baptême dans l’Esprit-Saint: don de Dieu reçu à travers la prière des frères réunis en Eglise et qui a pour préalable la volonté de reçevoir le Christ comme mon sauveur et lui remettre ma vie, et pour conséquence la mission (voir l’article de A. Birmelé: Baptême dans l’Esprit-Saint et Eglise. pp 247-257)
Ce numéro d’ Istina est un éclairage bienvenu pour faire entrer dans notre intelligence ce que, dans le renouveau, nous vivons par grâce.

 

BULLETIN THEOLOGIQUE

logo CTUDepuis presque 20 ans, le Centre Théologique Universitaire de Rouen accompagne les chrétiens normands désireux de se former en théologie.
Au long d’un parcours universitaire destiné à obtenir la licence de théologie en partenariat avec l’Institut Catholique de Paris, les étudiants s’immergent dans le vaste monde de la théologie et de l’exégèse.
De bien des façons, même si un diplôme ne fait pas tout, les fruits de ces formations poussent ici et là.
L’arrivée de ce bulletin en est un assurément.
Projet ambitieux qui consiste à rendre compte de l’actualité de la théologie dans notre région.
Projet modeste puisqu’il entend ne pas se substituer aux revues déjà établies.
Avec des articles, des recensions d’ouvrages, les conférences, le bulletin entend donner un écho de ce qui se vit en Haute-Normandie au sujet de la théologie.
La tenue d’un bulletin est une activité exigeante et passionnante.
Exigeante car il faut tenir les délais, accompagner les articles, relancer les auteurs, veiller aux détails de l’édition (même sur le web).
Passionnante car elle demande une attention constante « aux signes des temps », à la façon dont nos sociétés réfléchissent et sollicitent les capacités de réflexion des disciples du Christ.
Puisse ce bulletin contribuer à la réflexion et témoigner combien aussi en théologie, l’Eglise, suivant la formule de Paul VI, veut se faire conversation avec le monde.
Père Jean-Baptiste SEBE
Directeur du CTU

L’HORIZON DE LA GRACE
André Birmelé
Ed. Olivétan/le Cerf Paris 2013
2014 01« Partant du témoignage biblique et revisitant les grands moments de l’histoire du christianisme, André Birmelé en présente les orientations majeures. La Révélation, la Parole de Dieu, la foi, le péché, Jésus-Christ, sa Croix et sa Résurrection, le Salut par la grâce, les Sacrements, l’Église… Les convictions chrétiennes fondamentales sont examinées tour à tour, présentées sans simplification mais dans un langage accessible, volontairement dégagé du détail des débats scientifiques.
L’auteur montre aussi que maints sujets qui ont provoqué des divisions entre les Églises sont à présent le lieu d’une profession de foi commune, le fondement d’une diversité réconciliée… »
Cet exposé de la foi chrétienne telle qu’elle est comprise par la théologie luthérienne est toujours ouverte sur les compréhensions différentes des autres Eglises. Et c’est là pour le catholique que je suis une des très grandes richesses de ce livre. Il nous fait entrer dans une compréhension différenciée entre les interprétations qui ne sont plus vraiment séparatrices pour nos Eglises et celles qui le sont encore, et qui trouvent leur source non pas dans la compréhension de l’Eglise comme instrument du salut, mais dans la nature de cette instrumentalité.
Le bon sens populaire affirme que « qui n’entends qu’une cloche n’entend qu’un son ! » Voilà une excellente manière, pour ceux d’entre nous qui ne sont pas Protestants, d’entendre « un autre son de cloche » donné avec intelligence, brio, et respect par un grand théologien.
Je ne dirai pas comme dans Charlie hebdo « si vous ne pouvez pas l’acheter volez-le » mais c’est évidemment un livre à lire et à faire lire.
Geo

Tous sont appelés…

Dieu ne choisit pas les gens parfaits et capables pour sa mission ! Il les rend capables en les appelant !
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.Lorsqu’on lit vraiment la Bible, on se rend compte que les témoins de la foi ne sont pas des personnes parfaites, lisses, compétentes et sans défauts. Elles ont acceptés simplement de suivre Dieu tant bien que mal, de se laisser façonner par Lui et aussi pardonner pour leurs erreurs de parcours.
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.Et si plutôt qu’écrire un livre de plus dans la Bible Dieu voulait t’utiliser ? Tu accepterais de répondre à son appel pour que le Royaume de Dieu, d’amour et de paix soit davantage répandu et connu dans notre monde ?
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.Dieu t’appelle parce qu’Il est le premier à croire en toi. Ta vie à un potentiel…de malade !
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ET SI ON SE TROMPAIT D’UNITE ?

On parle de façon indifférenciée de l’Unité…mais de quelle unité parle-t-on.

L’œcuménisme est la recherche de l’unité des chrétiens. Les dialogues entre les Eglises sont un des moyens de cette unité mais est-ce le seul ? L’unité des chrétiens n’est pas nécessairement l’unité des Eglises. Certes la recherche de consensus de plus en plus fins est non seulement souhaitable et nécessaire[1] mais ne résume pas tout.

Je pense même que la diversité de nos Eglises (à condition que ce soit une diversité réconciliée) est une vraie chance et une vraie richesse que nous avons encore à découvrir. C’est sur ce modèle[2] qu’a été créé la Communion des Eglises Protestantes en Europe (CEPE)[3] au sein du protestantisme.

Il faut bien reconnaître que c’est d’une démarche plus pesante que l’Eglise Catholique avance sur ce chemin. Mais elle avance… tirée par le Pape François qui pose des gestes nécessaires que certains trouvent sans doute (trop) audacieux…et qui sont parfois ambigus[4]

Il serait sans doute bon de se souvenir que la bataille autour de termes controversés de Vatican II (comme le fameux « subsistit in ») qui ont été interprété à postériori par certains théologiens conservateurs (comme le deviendra le Cardinal Ratzinger en tant que préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi et en tant que Pape Benoit XVI), sont affirmés dans leur sens le plus restrictif[5], en trahison complète de la volonté des Pères conciliaires[6] et de l’explication beaucoup plus nuancée de Jean-Paul II dans l’encyclique « Ut unum sint »[7]

Si « en l’Eglise Catholique subsiste l’unique Eglise du Christ », c’est clairement indiquer qu’elle n’est pas la seule, même si elle l’est parfaitement. Les Eglises orthodoxes et les Eglises d’Orient sont, elles aussi, des Eglises originelles. Et les différentes Eglises issues de réformes depuis le XVI° siècle enseignent la foi reçue des Apôtres. Et même parfois de façon plus radicale que nos « vieilles » Eglises.

Il reste un pas essentiel à faire pour l’Eglise Catholique : cesser de se croire au fond la « seule » Eglise véritable, et sans renier le magistère d’unité du pape tel qu’il a été vécu dans les premiers siècles chrétiens, admettre qu’elle est une confession de la foi chrétienne éminente certes, mais pas la seule.

On ne peut pas faire l’unité avec des frères que l’on traite comme des inférieurs accablés de soi-disantes « déficiences » mais bien avec des pairs, des égaux.

C’est une même foi qui nous unit : être chrétien c’est -au minimum- se référer à l’auto-révélation de Dieu en et par Jésus-Christ, mort et ressuscité, retourné vers le Père, à sa médiation exclusive pour le salut, et au fait qu’il se communique à nous par sa Parole dans la bible et les sacrements du baptême et du repas du Seigneur (qu’on l’appelle Divine Liturgie, Eucharistie, ou Sainte Cène) au moins.

Evangélisation / baptême et repas du Seigneur sont ce qui nous « fait » fondamentalement chrétien.   

« Nous avons été tous baptisés dans un seul esprit et dans un seul corps. Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et nous avons été abreuvés d’un seul Esprit » (1Cor. 12,13)

Après la résurrection les Ecritures montrent Jésus qui envoie ses disciples en mission pour enseigner et baptiser. Et des avancées importantes de compréhension partagée ont été réalisée à la conférence du Conseil Œcuménique des Eglises en 1982 à Lima par le document BEM (Baptême, Eucharistie, Ministère) de « Foi et Constitution »[8]

Pratiquement toutes les Églises chrétiennes reconnaissent la valeur et la validité du baptême des autres Églises grâce à de nombreuses et fructueuses discussions œcuméniques. La reconnaissance mutuelle est établie notamment entre l’Église catholique, l’Église anglicane et les Églises luthéro-réformées et méthodiste.

Par contre la situation est plus complexe avec les Baptistes qui ne reconnaissent pas le baptême des petits enfants[9]. Cependant dans la pratique des accords locaux existent comme en Suisse [10] et le dialogue progresse[11]

 

Pareillement, pour le Repas du Seigneur. La notion de « présence réelle[12] » mérite mieux que les idées toutes faites et répétées à l’envi.

Quelle compréhension chaque Eglise a de la présence du Seigneur dans la célébration liturgique de la Divine Liturgie, Eucharistie, ou Sainte Cène ?  Les convergences sont plus nombreuses qu’on le croit, même si les vocabulaires sont piégeant. Les concepts demandent à être éclairés et confrontés. La « présence symbolique » des Eglises évangéliques, la présence réelle telle qu’envisagée par les Eglises de la CEPE sont-elles si éloignées en fait de la présence réelle sous un mode non physique ? La transsubstantiation si chère à l’Eglise catholique est-elle la meilleure façon de parler du mode de présence de Jésus-Christ dans l’eucharistie étant donné qu’elle se base sur des principes de physique aristotélicienne que l’on sait aujourd’hui fondamentalement faux et que le physicisme est repoussé par la théologie catholique ?

La recherche de l’Unité des Chrétiens passe par ces deux chantiers. Ils sont nécessaires pour qu’un accueil au Repas du Seigneur puisse se réaliser de manière ordinaire. La réalisation d’une supra-Eglise qui engloberait tout n’est pas nécessaire et serait même -à mon avis- un appauvrissement.

Il n’est pas nécessaire d’avoir un même évêque pour communier à la même table. Il faut reconnaître dans le pain et le vin, mangé et bu, la présence du Seigneur réalisée selon sa parole. (Lc 22,17-20). Les Eglises orthodoxes sont diverses et se reconnaissent entre elles en communion. La Concorde de Leuenberg unit les Eglises protestantes d’Europe qui restent diverses mais en communion de chaire et d’autel au minimum.

Ce qui nous unit est une même foi en Jésus-Christ qui par amour pour nous est mort et ressuscité, est retourné vers le Père, et qui nous libère du péché. Les évêques, successeur dans la foi des apôtres étaient douze et Pierre avait une fonction d’unité[13], jusqu’à ce que l’orgueil confessionnel, la volonté de puissance (et je pourrai citer en plus les six autres péchés capitaux) nous aient séparés.

Les théologies particulières, parfois (souvent !) volontairement antagonistes, ont été un formidable moyen d’exclusion des uns par les autres. Elles peuvent devenir une richesse. Elles le sont déjà. Les dialogues engagés en sont les prémisses.

Tous nous avons à travailler pour le Seigneur. Pas pour nos « chapelles » : « Quand l’un déclare : « Moi, j’appartiens à Paul, » l’autre : « Moi à Apollos, » n’agissez-vous pas de manière tout humaine ? Qu’est-ce donc qu’Apollos ? Qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs par qui vous avez été amenés à la foi ; chacun d’eux a agi selon les dons que le Seigneur lui a accordés. Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui faisait croître. Ainsi celui qui plante n’est rien, celui qui arrose n’est rien : Dieu seul compte, lui qui fait croître. Celui qui plante et celui qui arrose, c’est tout un, et chacun recevra son salaire à la mesure de son propre travail. Car nous travaillons ensemble à l’œuvre de Dieu, et vous êtes le champ de Dieu, la construction de Dieu » (1Co 3,4-9)

Geo
[1] LIENHARD MARC, Identité confessionnelle et œcuménisme, in Études théologiques et religieuses, 2007/3 (Tome 82), p. 417-437. DOI : 10.3917/etr.0823.0417. En ligne : https://www.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-2007-3-page-417.htm#
[2] & 45 de la Concorde de Leuenberg : https://fr.wikisource.org/wiki/Concorde_de_Leuenberg
[4] Comme cette détestable habitude de remettre sur le tapis le terme inaudible d’indulgence, véritable « chiffon rouge » pour nos frères protestants.
[5] Réponses à des questions concernant certains aspects de la doctrine sur l’Église : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20070629_responsa-quaestiones_fr.html
[6] LEGRAND HERVE, « Quelques réflexions ecclésiologiques sur l’Histoire du concile Vatican II de G. Alberigo », in Revue des sciences philosophiques et théologiques, 2006/3 (Tome 90), p. 495-520. & 3.2.  DOI : 10.3917/rspt.903.0495. En ligne : https://www.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2006-3-page-495.htm
[7] PAPE JEAN-PAUL II. Lettre encyclique « Ut unum sint » sur l’engagement œcuménique du 25 mai 1995. Cerf/Flammarion Paris 1995, n° 10 et 11 pp 13 et 14. ISBN 2-204-05258-2
[8] CONSEIL ŒCUMENIQUE DES ÉGLISES – FOI ET CONSTITUTION. Baptême, Eucharistie, Ministère, Paris, le Centurion – Presses de Taizé, 1982. Disponible sur le web : http://documentation-unitedeschretiens.fr/
[9] Avec le document de la Commission Théologique Internationale de l’Eglise Catholique sur « L’espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême (2007) » la vieille malédiction augustinienne qui damnait les enfants morts hors baptême est tombée. Les limbes sont tombés au niveau de l’option théologique possible (n°40). J’aurais plutôt tendance à dire qu’au vu du texte c’est désormais une option théologique impossible. Et c’est tant mieux. Du fait de la non nécessité absolue du baptême des petits enfants, ce peut être un élément positif vers une compréhension commune du baptême.  Cf : L’espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/cti_documents/rc_con_cfaith_doc_20070419_un-baptised-infants_fr.html
[10] HOEGGER MARTIN. (responsable du dialogue œcuménique dans l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud) Un élargissement de la reconnaissance mutuelle du baptême : https://www.academia.edu/11365877/Un élargissement de_la_reconnaissance_mutuelle_du_baptême
[11] SIEGWALT GERARD. Le défi du baptême. Une mise en perspective œcuménique. Études théologiques et religieuses, 2012/3 (Tome 87), p. 355-370. DOI : 10.3917/etr.0873.0355. Disponible sur le web : https://www.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-2012-3-page-355.htm
[12] fr. MALDAME Jean-Michel op. Croire. Quelle présence réelle dans l’eucharistie ? La Croix. Com / Croire. Disponible sur le web : https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Eucharistie/Quelle-presence-reelle-dans-l-eucharistie.
[13] PAPE JEAN-PAUL II. Lettre encyclique « Ut unum sint » sur l’engagement œcuménique. op. cit. n° 88 ss.
     Sur le sujet,on peut consulter DELAIGUE CHRISTOPHE. Quel pape pour les chrétiens ? ed. Groupe Artège, Descléé de Brouver, Paris 2014

Bêtise et péché

Gn 1,26-28 : « Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre !  Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. »   Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre ! » Dominer et soumettre : dans la genèse ces deux verbes soulignent la ressemblance de l’Homme avec Dieu. Ce n’est pas un permis d’abuser ![1]

 

Le pape François, dans l’introduction de son encyclique « Laudato Si » redit cette vérité : « Laudato si’, mi’ Signore », – « Loué sois-tu, mon Seigneur », chantait saint François d’Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe ». Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. »[2]

Nous sommes créés libres et responsable de la manière dont nous utilisons et prenons soin de la terre.

 

Aujourd’hui nous sommes « frappés » par cette épidémie de Coronavirus Covid-19. Non pas par une quelconque fatalité, mais parce que des braconniers ont vendu une viande infestée interdite (pangolin) et qu’il s’est trouvé des personnes pour les consommer.

Des autorités chinoises qui ont d’abord tenté d’étouffer la nouvelle et qui ainsi portent une grande part de responsabilité, mais pas seulement. Les réactions des politiques de tout bord pour le moins érratiques ou irresponsables. Plus tous les égoïsmes qui se révèlent, individuels, collectifs, institutionnels. Et heureusement de belles choses aussi souvent au niveau personnel.

J’ai écrit « frappé » entre guillemets parce que ce n’est pas le résultat d’un malheur extérieur mais bien le résultat de notre action humaine. Et les conséquences sur les populations pauvres dans le monde vont être terrifiantes.
Le péché et la bêtise couplée ont fait à ce jour plus de 96000 morts dans le monde. Et on est encore en phase montante de la pandémie.
Et ce n’est qu’un des aspects de la bêtise et du péché à l’œuvre contre la Création.

 

Alors on a fait des tas de prières et des cultes et des divines liturgies pour demander à Dieu de nous délivrer de ce fléau.
Mais c’est inutile. Dieu n’y peut rien
Ce qui nous arrive est le produit de la façon destructrice dont nous utilisons notre liberté d’agir sur la création qui nous est soumise. Et Dieu n’ira pas contre notre liberté.
L’ Esprit Saint peut nous inspirer la voie et c’est pour cela seulement et pour les malades que nous pouvons prier.

 

En ce vendredi saint 2020 nous crucifions Dieu encore et encore à travers ses créatures et sa création.
Puissions-nous entendre Jésus du haut de sa croix nous redire
 » Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font « .

 

 

[1] Traduction œcuménique de la bible. 11°ed. Bibli’o Villiers-le-Bel et Ed du Cerf Paris 2010. Note 1,28 p 56.
[2] PAPE FRANCOIS. Loué sois-tu (Laudato Si) Sur la sauvegarde de la maison commune. Ed Salvator, Paris 2015, p 7.