Histoire de l’Eglise Orthodoxe III

Les églises slaves du IX° et XX° siècle

 

La Russie, évangélisée depuis 864, devient chrétienne avec la conversion de Vladimir de Kiev dit Vladimir le Grand en 988.
Le siège métropolitain de Kiev fut créé vers 991 sous la juridiction du patriarcat de Constantinople qui nommait le primat.

 

Iaroslav le Sage, le fils et successeur de Vladimir, permit le développement de la nouvelle Église en encourageant la création de nouveaux diocèses, en faisant construire des cathédrales.
L’Église russe se consolide au cours des siècles suivants, grâce notamment à l’essor de la vie monastique. Elle marque de plus en plus son indépendance vis-à-vis du patriarcat œcuménique de Constantinople.

L’invasion mongole de 1237-1238 si elle change la donne politique influe peu sur le cours de la vie religieuse. « Kiev est de fait administré par un gouverneur mongol qui autorisera jusqu’en 1299 le séjour du métropolite [1]»

En 1321, Kiev et une partie de la Russie (l’Ukraine) sont annexés par le royaume Lituano-Polonais dont le roi est catholique [2]. Les évêques orthodoxes d’Ukraine sont donc nommés par le roi. Selon de critères ou le religieux n’a pas la plus grande part…
La pression des Tartares mongols après la bataille de Koulikovo en 1380 est de plus en plus faible. « C’est l’Eglise qui aux XII° et XIV° siècles maintint en éveil la conscience nationale russe » [3]
En 1448 : à la suite du concile de Florence le métropolite, partisan de l’Union, est déposé. L’évêque Jonas est désigné à sa place. La séparation religieuse avec Byzance est consommée.
Avec la déclaration d’autocéphalie de la métropole de Moscou, les primats abandonnent progressivement le titre de Kiev pour prendre celui de métropolite de Moscou et de toute la Russie.

 

En 1589 : le régent Boris Godounov mène une politique d’indépendance de la Russie etcrée le patriarcat de Moscou : l’Église orthodoxe de Moscou et de toute la Russie se déclare alors autocéphale. Autocéphalie reconnue –à contrecœur- par le patriarcat de Constantinople qui l’élève au rang de patriarcat.

En 1595-1596 : En Ukraine, un mouvement se fait jour vers l’Eglise de Rome et en 1596 l’Union de Brest, marque l’union de six des huit évêques de la métropole de Kiev –dont le métropolite de Kiev- avec l’Église catholique de Rome, et adoptent les principes définis au concile de Florence, provoquant en retour un réveil de la foi orthodoxe dans le peuple resté fidèle à l’Orthodoxie.

En 1667 : Kiev et l’Ukraine orientale passent sous la domination de la Russie. Et en 1686 : Le patriarcat de Moscou prend sous sa juridiction la métropole de Kiev sans l’accord de Constantinople.

En 1721 : Pierre le Grand réinstaure la primauté du politique en supprimant le patriarcat et en créant à sa place le Saint Synode et en imposant le « Règlement spirituel » : ce document constitue, depuis la réforme dont il fut le point de départ, la charte fondamentale où se trouve consigné ce que l’on pourrait appeler, à juste titre, les servitudes de l’Eglise russe [4]. Il met l’Eglise Russe sous le contrôle du pouvoir politique. Composé d’évêques, de prêtres et du haut-procureur nommé par l’empereur, il dirige les affaires ecclésiales de façon collégiale. (La fonction de
patriarche ne sera rétablie qu’en 1917).

 

Pierre le Grand et Catherine II vont autoriser l’implantation de 
l’Eglise Catholique enRussie tout au long du XVIII° siècle. A la fin du siècle, avec les démembrements et l’annexion d’une partie de la Pologne, ce sont plus de trois millions de catholiques qui vont s’ajouter au million déjà présent.
La prise de pouvoir de l’état sur l’Eglise russe si elle reste destructrice (suppression de plus de la moitié des monastères et limitation du nombre de moines par Catherine II, influence occidentale) ne détruit pas la vie spirituelle de l’Eglise qui non seulement est sauvegardée mais est approfondie (à l’exemple de saint Thikon de Zadonsk, évêque de Varonege).
Elle se développe -en grande partie grâce aux moines de l’Athos- tout au long du XIX° siècle, grâce aussi aux grandes figures de Startsy comme saint Séraphim de Sarov.

 

Il reste 452 monastères en 1810.  En 1914 il y en a 1025.

À la veille des révolutions de 1917, l’Église orthodoxe comptait quelque 60 000 églises et 117 millions d’orthodoxes répartis en 73 diocèses. [5]

 

Le XX° Siècle

La révolution de février 1917, aboutit à l’abdication de Nicolas II et à l’élection d’une assemblée constituante.

Le concile de Moscou

L’Église orthodoxe trouve d’abord dans cette situation un nouvel espace de liberté. En octobre 1917, alors même que le coup d’État des bolcheviks amène Lénine au pouvoir, les évêques orthodoxes se réunissent en concile à Moscou, premier concile de l’Église orthodoxe russe depuis 1700.
Durant ses deux sessions des décisions importantes sont prises : Le patriarcat supprimé sous Pierre le Grand est rétabli : le métropolite de Moscou, Tikhon, est nommé patriarche de toutes les Russies. Toute l’Église orthodoxe Russe entreprend sa réorganisation, à commencer par la mise en place de paroisses dotées de pouvoirs réels autour de leur prêtre et de la communauté des fidèles.
Un autre effet qui va se révéler majeur dans les temps de persécutions à venir est que « le Concile a permis d’organiser la vie de l’Église sur de nouvelles bases sans intervention de l’état, d’élaborer et d’adopter des lois fondamentales, d’esquisser la voie à suivre, de permettre à l’Église d’exister dans un contexte socio-politique en plein changement. [6]»

Et les persécutions arrivent vite : le 7 février 1918 le métropolite de Kiev Vladimir est assassiné sous les murs de la laure des Grottes de Kiev.

Durant les soixante-dix ans de dictature communiste l’attitude de l’état reste fondamentalement la même : « Le parti ne peut être neutre envers la religion. Il conduit une lutte antireligieuse contre tous les préjugés religieux [7] »

Cinq périodes principales sont repérées par Mgr Ware dans l’évolution des relations Eglise – Etat soviétique [8]

  1. 1917-1925 : lutte du Patriarche Thikon pour la liberté de l’Eglise.
  2. 1925-1943 : Tentative du Métropolite Serge Métropolite de Nijni-Novgorod de trouver un Modus vivendi en collaborant avec le pouvoir. Au début de la seconde guerre mondiale seuls quatre évêques sont toujours en fonction et quelques centaines d’églises ouvertes sur toute la Russie. Toutes les écoles de théologie et tous les séminaires sont fermés.
  3. 1943-1959 : Avec l’invasion de la Russie soviétique par l’Allemagne, Staline permet, pour des raisons stratégiques, un renouveau de la vie de l’Eglise (Election d’un nouveau Patriarche en 1943). En 1947 plus de 20 000 églises sont rouvertes, 67 monastères,2 académies de théologie et 8 séminaires fonctionnent sur le territoire de l’URSS
  4. 1959-1964 : Reprise des persécutions sous Kroutchev. Mais le silence des hiérarques Russes fait que cela passe inaperçu en occident.
  5. 1964-1985 : Devant ce silence, émergence d’un mouvement dissident qui est durement réprimé par l’état et désavoué par les autorités de l’Eglise elle-même.

Le renouveau

Avec l’élection de Mikhaïl Gorbatchev en 1985 l’Eglise retrouve sa liberté d’action.
A partir de 1990 la loi de 1929 sur les associations religieuses est remplacée par des lois reconnaissant aux associations religieuse la personnalité morale et établissant la séparation des Eglises et de l’Etat va avoir pour effet que l’Eglise orthodoxe russe certes persécutée, mais aussi d’une certaine manière protégée va se trouver en concurrence avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions ou pseudo-religions.

La dissolution de l’Union des Républiques Socialistes Soviétique le 26 décembre 1991, les archives s’ouvrent dont celles du KGB en 1992 qui révèlent la plus ou moins grande collaboration de Evêques, mais aussi la fermeté de bien d’autres comme le Patriarche Kyrill de Smolensk qui deviendra en 2009 Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

Les Eglises d’Europe de l’est après la chute de l’URSS.

L’EGLISE ORTHODOXE D’UKRAINE
Avec l’indépendance de l’Ukraine en 1991 se pose la question de l’autocéphalie de l’Eglise d’Ukraine qui provoque la division en trois Eglises :
  • Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou) [9]
  • l’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Kiev) [10]
  • L’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne.[11]

Autre problème douloureux : la résurgence de l’Eglise grecque-catholique d’Ukraine dont les fidèles se sont « cachés » sous une pratique orthodoxe tout en conservant leur foi catholique, et dont les évêques, arrêtés, sont morts en prison ou en exil. Cette Eglise devient à la faveur des lois de 1985 une Eglise reconnue officiellement. Malgré des démarches de sa part en vue d’une réconciliation, l’Eglise orthodoxe russe ne prendra pas la main tendue.

L’EGLISE ORTHODOXE D’ALBANIE
Reconnue autocéphale en 1937 par le patriarcat de Constantinople, l’Albanie connaît, après sa libération totale en novembre 1944, un gouvernement communiste stalinien, dont le principal dirigeant est Enver Hoxha. A partir de 1967   elle est presque totalement anéantie.
En 1991 à la fin de sa clandestinité il reste vingt prêtres dont la moitié seulement de valide, et aucun évêque.

A partir de 1992 Un évêque grec est nommé, des prêtres de nouveau ordonnés et une école de théologie ouverte

L’EGLISE ORTHODOXE DE ROUMANIE
A la prise de pouvoir des communistes en 1948 les liens amicaux entre le Patriarche Julien et le secrétaire Général du Parti Communiste Georgiu Dej permirent à l’Eglise orthodoxe roumaine non seulement de survivre, mais aussi de prospérer, au prix d’une surveillance étroite de la police secrète ce qui ne fut sans doute pas sans compromissions.

Pour l’Eglise de Roumanie s’est aussi posé la question des grecs-catholiques, nombreux avant 1948, avec les mêmes effets engendrés par les mêmes causes

L’EGLISE ORTHODOXE DE SERBIE
Moins prospère que l’Eglise de Roumanie sous le communisme, elle a surement mieux su préserver son intégrité

Les exactions des oustachis et de leur chef Ante Pavelic devenu chef de l’état collaborateur de l’Allemagne nazie ordonne une véritable persécution de l’Eglise orthodoxe se en se prévalant de le foi catholique « Son mot d’ordre à l’égard des Serbes est d’en « exterminer un tiers, en chasser un tiers, en convertir un tiers » de l’orthodoxie au catholicisme. Cette politique ethnique se double donc d’un soutien marqué à la religion catholique, malgré une forte inimitié entre Pavelić et l’archevêque de Zagreb Alojzije Stepinac [12] »

L’EGLISE ORTHODOXE DE BULGARIE

Très proche du patriarcat de Moscou quand à ce qui a été vécu sous la domination soviétique. « Un groupe de six évêques a eu le courage en 1990 de poser un geste public de pardon et de repentir pour demander le pardon de leurs fautes et de leurs compromis sous le régime communiste [13] »

Autocéphale en 1053 (Patriarcat d’Antioche). Incorporée à l’Eglise russe en 1811, elle réaffirme son indépendance en 1917.
Autocéphalie reconnue par Moscou en 1943 et par Constantinople en 1990.
2455 églises en 1917 ; moins de 100 en 1980

En 1992 outre le patriarche il y avait 14 évêques

L’EGLISE ORTHODOXE DE POLOGNE
Reconnue autocéphale par le Patriarcat de Constantinople en 1924 et 1948 par le patriarcat de Russie.

Terre d’invasion, l’Eglise orthodoxe de Pologne eut à subir la variation de ses frontières.  Après 1939, la plupart des orthodoxes se trouvent en territoire soviétique.

L’EGLISE ORTHODOXE DE REPUBLIQUE TCHEQUE ET DE SLOVAQUIE
Etroitement liée au patriarcat de Moscou depuis 1946, elle en reçoit l’autocéphalie en 1951. Elle est reconnue autocéphale par Constantinople en 1998 [14]
Elle aussi est confrontée au problème des grecs-catholique incorporés de force à l’Eglise Orthodoxe en 1950 et qui retrouvent la liberté de culte lors du Printemps de Prague » en 1968.

 

Eglise et diaspora

L’Eglise Orthodoxe est culturellement et géographiquement essentiellement orientale jusqu’au début du XX° siècle.

Les grecs, présents en Europe occidentale de tout temps vont, avec la chute de Byzance, et les purges successives conduites ensuite par le pouvoir ottoman contre l’Eglise, émigrer massivement vers Venise d’abord, et dans tout le monde occidental.

Même si des chrétiens orthodoxes ont émigrés avant elle, la révolution russe va être un facteur d’émigration majeur, avec « le départ de plus d’un million de Russes dont une grande partie de l’élite culturelle et intellectuelle [15] » .

D’abord celle des 2,1 millions de Russes « blancs », qui ont quitté la Russie après la révolution de 1917 : beaucoup partirent vers l’Amérique, mais ils furent nombreux aussi à s’installer en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne.
Celle des Grecs ensuite, plusieurs milliers s’installant en Europe occidentale après la disparition de la Grèce d’Asie en 1922-1923.
Après la Seconde Guerre mondiale, cette première émigration est complétée par une vague venue d’au-delà du rideau de fer, puis, dans les années 1960-1970, par les orthodoxes arabes venus de Syrie ou du Liban.
La chute du mur de Berlin et la dislocation de la Yougoslavie ont entraîné un nouveau afflux venu de Roumanie, de Serbie, mais aussi d’Ukraine et de Russie.

Cette émigration va s’organiser sur des critères nationaux par regroupement des personnes d’une même nation qui forment une paroisse qui sera soumise ensuite à un évêque nommé par l’Eglise d’origine des fidèles.

Cette façon de faire si elle est compréhensible au départ conduit cependant à une dérive dommageable pour la catholicité de l’Eglise Orthodoxe : « Au lieu d’un seul diocèse à chaque endroit, sous un seul évêque, presque partout en occident il est établi une multitude de juridictions parallèles avec plusieurs évêques orthodoxes cote à cote dans les grandes villes ; Quelles que soient les causes historiques de ce phénomène, cela est certainement contraire à la conception orthodoxe de l’Eglise.[16] »

A cela s’ajoute les divisions à l’intérieur des groupes nationaux. Principalement chez les russes divisés en quatre juridictions principales :

  1. Les communautés relevant du Patriarcat de Moscou
  2. L’Eglise Russe hors de Russie (émigration 1917)
  3. L’archidiocèse russe orthodoxe ex-exarchat du Patriarcat Œcuménique, dont le tomos de 1999 a été révoqué en 2018 par le Patriarche Bartholomée, est scindé en deux parties: la majeure partie avec à sa t^ete le Métropolite Jean de Doubna, a rejoint le Patriarcat de Moscou, l’autre partie ayant formé un Vicariat de tradition russe au sein de la Métropole greque-orthodoxe de France menée par le Métropolite Emmanuel de France.
  4. L’Eglise grecque-orthodoxe russe d’Amérique appelée de 1970 Orthodox Church of America dont l’autocéphalie accordée par le patriarcat de Moscou, est reconnue par les Eglises de Bulgarie, Géorgie, Pologne et Tchécoslovaquie, mais pas par le Patriarcat Œcuménique qui estime être le seul à pouvoir le faire.
À ces diverses émigrations se sont ajoutés des Occidentaux qui, tels les théologiens Olivier Clément ou Élisabeth Behr-Sigel, ont découvert les trésors spirituels de l’Orient chrétien au contact de ces émigrés.
Surtout, de très nombreux orthodoxes sont natifs d’Europe de l’Ouest, d’origine immigrée mais à la deuxième, troisième, voire quatrième génération, n’ayant parfois qu’un lien ténu avec leur pays d’origine. [17]

Notes:
[1] Rus’ de Kiev. (2/11/2018). Wikipédia, l’encyclopédie libre. Page consultée le 02 novembre 2018 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Rus_de_Kievoldid=153608570
[2]. Rus’ de Kiev. (2/11/2018). Wikipédia, l’encyclopédie libre. Op cit.
[3] WARE, Kallistos. L’Orthodoxie, l’Eglise des sept Conciles. op cit p 108
[4]  « Comme d’autres grands réformateurs, il se complut à couler dans un moule identique les formes, pourtant si différentes en elles-mêmes, de l’administration civile et de la hiérarchie religieuse et ecclésiastique. [Pierre le Grand] se considérait comme l’héritier des basileis byzantins disparus, et, à ce titre, la conception d’une Eglise indépendante, en face de l’Etat souverain, lui paraissait être la pire des hérésies religieuses et la plus funeste des erreurs politiques. Pour lui, la religion était une force incomparable qu’il fallait mettre au service de la politique; l’Eglise, un organisme dangereux comme société distincte et autonome, mais éminemment utile et bienfaisant, une fois transformé en simple rouage administratif. Et ce fut bien là l’idée maîtresse de toute sa réforme. »
Bois, Jean. Le règlement ecclésiastique de Pierre le Grand. In: Échos d’Orient, tome 7, n°45, 1904. pp. 85-90. [Consulté le 5 novembre 2018]  Disponible sur le web : www.persee.fr/doc/rebyz_1146-9447_1904_num_7_45_3521
[5] Persécutions contre l’Eglise Orthodoxe en URSS in L’orthodoxie et le monde. [Consulté en ligne le 7/11/2018]. Disponible sur le web : http://www.orthomonde.fr/index.php/journal/item/49-persecution-contre-l-eglise-orthodoxe-dans-l-union-sovietique.
[6] Métropolite HILARION de VOLOKOLAMSK. Le Concile de 1917 : restauration du Patriarcat entre deux révolutions in Eglise orthodoxe russe. Département des relations extérieures [Consulté en ligne le 7/11/2018] Disponible sur le web : https://mospat.ru/fr/2017/08/28/news149569/
[7] Discours de Staline. Works. Vol 10. Moscou 1953 p 132. Cité dans  WARE, Kallistos. L’Orthodoxie, l’Eglise des sept Conciles. op cit p 187
[8] WARE, Kallistos. L’Orthodoxie, l’Eglise des sept Conciles. op cit pp 182-203
[9]L’Église orthodoxe d’Ukraine est l’héritière de l’ancien exarchat ukrainien du Patriarcat de Moscou. Elle a reçu sa nouvelle dénomination en janvier 1990. Plus tard la même année, elle fut reconnue auto-administrée, tout en restant soumise canoniquement au Patriarcat de Moscou. Après l’indépendance du pays en 1991, la conférence épiscopale de l’Eglise orthodoxe ukrainienne demanda au patriarche Alexis II, le 22 janvier 1992, l’octroi de l’autocéphalie à l’Église en Ukraine. Cette demande fut rejetée par le synode de l’Église de Russie et le métropolite Philarète fut déposé. La majorité des évêques revinrent ensuite sur leur appui à l’autocéphalie de l’Église d’Ukraine. In Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou). (2018, septembre 29). Wikipédia, l’encyclopédie libre. Page consultée le 8/11/ 2018 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=eglise_orthodoxe_d’Ukraine_(Patriarcat_de_Moscou)oldid=152590029.
[10] L’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev a été créée en juin 1992 par le métropolite Philarète de Kiev (après son retrait de la direction de la métropole de Kiev et de toute l’Ukraine du Patriarcat de Moscou) et par ses partisans, avec une partie de l’épiscopat de l’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne conduite par son patriarche Mstyslav. Cela fut encouragé par une partie des autorités civiles, des parlementaires et de plusieurs partis politiques nationalistes.  In : Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Kiev). (2018, octobre 28). Wikipédia, l’encyclopédie libre. Page consultée le 14:33, octobre 28, 2018 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=eglise_orthodoxe_d’Ukraine_(Patriarcat_de_Kiev)oldid=153456720.
[11] La Douma ukrainienne proclame l’indépendance et crée la République populaire ukrainienne qui tente de diriger le pays de mars 1917 à octobre 1920. Par la loi du 1er janvier 1919 est constituée l’Église autocéphale ukrainienne. Le concile orthodoxe ukrainien des 21-23 octobre 1921 élit le métropolite Basile Lypkivskyj malgré l’opposition du patriarche de Moscou.
En 1928, le Conseil est supprimé et le métropolite et les évêques sont arrêtés par le gouvernement soviétique qui organise la persécution de l’Église autocéphale. L’Église se développe aux Etats Unis et au Canada.
   Une partie de l’épiscopat de l’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne, a rejoint, en juin 1992, le métropolite Philarète de Kiev pour créer l’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Kiev). In : Église orthodoxe autocéphale ukrainienne. (2018, octobre 13). Wikipédia, l’encyclopédie libre. Page consultée le 8/11/ 2018 à partir de : http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=eglise_orthodoxe_autocephale_ukrainienneoldid=152993133.
[12] Ante Pavelić. (2018, septembre 25). Wikipédia, l’encyclopédie libre. Page consultée le 8/11/ 2018 à partir de : http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Ante_Paveli&oldid=152495071.
[13] WARE, Kallistos. L’Orthodoxie, l’Eglise des sept Conciles. op cit p 218
[14] Église orthodoxe de Tchéquie et de Slovaquie. (2018, septembre 30). Wikipédia, l’encyclopédie libre. Page consultée le 8/11/ 2018 à partir de : http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=eglise_orthodoxe_de_Tchequie_et_de_Slovaquieoldid=152620205.
[15] WARE, Kallistos. L’Orthodoxie, l’Eglise des sept Conciles. op cit p 225
[16] WARE, Kallistos. L’Orthodoxie, l’Eglise des sept Conciles. op cit p 226
[17] Voir l’article de Nicolas SENEZE ,dans « La Croix » du 02/05/2009

Eglise orthodoxe Erythréenne

L’Église éthiopienne orthodoxe tehawedo

 

Fondation

L’Église éthiopienne orthodoxe est une des premières Églises chrétiennes du continent africain. Plusieurs versions ont existé quant à l’introduction du christianisme en Éthiopie.

La plus ancienne mention est celle du baptême d’un eunuque étant au service de la reine Candace par le diacre Philippe au ier siècle. Cependant rien ne prouve que cela ait eu des conséquences en Éthiopie même à cette époque. Une autre version, tirée d’un texte apocryphe, fait intervenir saint Matthieu lui-même qui serait venu baptiser un roi axoumite et y aurait connu le martyre4.

Toutefois, la version la plus vraisemblable renvoie au rôle de Frumence au ive siècle. Sa présence auprès du roi Ezana aurait permis au christianisme de devenir religion officielle du royaume d’Axoum vers 3325,6. Après sa création dans le royaume d’Aksoum, le christianisme s’étend vers l’ouest et le sud.

 

Une Église des trois conciles

L’Église d’Éthiopie est l’une des Églises d’orient de théologie miaphysite ayant rejeté les dogmes tels qu’exprimés lors du concile de Chalcédoine (451).

Au viie siècle, les conquêtes musulmanes et l’installation de plusieurs sultanats dans la Corne de l’Afrique l’isolent partiellement du reste du monde chrétien. C’est la source du mythe du royaume du prêtre Jean.

À partir du XIIIe siècle, avec la prise de pouvoir par la dynastie salomonide, l’Église connaît une période de renouveau théologique et de renforcement de ses positions. Elle diffuse la religion chrétienne dans le pays, y instaure un système éducatif, et poursuit le développement liturgique et artistique débuté sous les précédents régimes.

Au xvie siècle, avec la guerre contre le sultanat d’Adal, le christianisme éthiopien est sur le point de s’effondrer avec le Royaume, comme disparaît alors le christianisme en Nubie. C’est en partie l’arrivée de soldats portugais qui lui permet de survivre.

Les missionnaires qui les accompagnaient sont expulsés du pays en 1632 après avoir tenté de convertir le pays au catholicisme romain.

Sous les règnes de Yohannes IV et Menelik II, l’Église trouve de forts soutiens politiques, le premier tente de minimiser la présence de missionnaires étrangers tandis que le second profite des conquêtes menées pour encourager en même temps des campagnes de christianisation.

Une Eglise autocéphale :

À partir de 1926, l’Église entreprend une marche vers l’autonomie vis-à-vis du patriarcat d’Alexandrie et en 1951, elle devient officiellement autocéphale.

En 1948, un agrément entre les Églises d’Égypte et d’Éthiopie a mis en place un régime d’autocéphalie, les évêques éthiopiens obtenant le droit d’élire leur propre patriarche pour le remplacement futur de l’archevêque en poste. Jusqu’en 1959, le dirigeant de l’Église d’Éthiopie était un moine égyptien nommé archevêque (abouna) par le patriarche copte d’Alexandrie. Le terme « Église copte d’Éthiopie » était donc couramment utilisé, mais cette dénomination tend à disparaître depuis 1959.

Le premier patriarche éthiopien, l’abouna Basilios, fut désigné en 1959 et obtint une dernière fois la validation du patriarche d’Alexandrie, Cyrille VI.

En aout 2018 l’Eglise Ethiopienne se réunifie par la réconciliation des deux patriarches

L’Église est membre du Conseil œcuménique des Églises depuis 2003.

 

Église érythréenne orthodoxe tehawedo

 

 

Comme l’Église d’Éthiopie dont elle issue, elle a longtemps vécu dans un grand isolement et a développé une spiritualité, une théologie, des usages liturgiques particuliers, très marqués par le modèle de l’Ancien Testament.

 

Après la colonisation italienne de l’Éthiopie puis le mandat britannique en 1941, l’Erythrée proclamera son indépendance en 1993 suivie d’une guerre de 1998 à 2000, qui fit plus de 100.000 morts et se conclut par un accord signé à Alger.

 

En Juillet 1993, les évêques du pays a fait appel au Pape Shenouda III de l’Eglise copte afin d’obtenir la séparation de l’Eglise éthiopienne et le statut d’autocéphalie.
Le 28 Septembre 1993, le Saint-Synode copte d’Egypte a répondu favorablement à cette demande.
Le patriarche Paulos d’Éthiopie et l’archevêque Philipos ont sanctionné la séparation de leurs Églises, tout en affirmant leur volonté de travailler en étroite collaboration.
Dix des futurs évêques ont alors formés à cet effet dans les monastères coptes et le 19 Juin 1994, le Pape Shenouda ordonne cinq de ces nouveaux évêques au Caire.
Le premier patriarche fut consacré toujours par le pape copte Shenouda III en 1998.

 

Les relations difficiles avec le gouvernement érythréen ont conduit à la déposition du patriarche Antonios Ier en 2005. Le siège est resté vacant pendant près de deux ans. En 2007, le remplacement à la tête de l’Église du patriarche Antoine Ier par Dioscore Ier, imposé par le gouvernement, provoque des difficultés graves au sein de l’Église d’autant que le patriarche Dioscore n’est toujours pas reconnu par les autres Églises orientales.

 

Situation actuelle :

 

 

La majorité du pays est chrétienne à 51 %, soit 2 500 000 membres sur 4 800 000 habitants. Les fidèles de l’Église tehawedo sont environ 2 000 000. Il existe également une importante diaspora, notamment aux États-Unis et en Italie. Ils parlent le tigrinya.
Depuis 2002, les seules Églises reconnues sont l’Église luthérienne, l’Église catholique romaine et l’Église tewadeho érythréenne. Les missionnaires évangéliques sont persécutés et souvent emprisonnés.
On compte 45 % de musulmans.

 

En France :

« En France, et en région parisienne en particulier, la situation de l’Église orthodoxe éthiopienne est celle d’une jeune diaspora en voie de constitution, ce qui veut dire qu’elle ne dispose pas de lieux de culte propres et qu’elle est donc hébergée de manière précaire dans des paroisses catholiques ou protestantes. L’abba Zedingil Nurbegin fut prêtre étudiant à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge, et chargé de s’occuper des éthiopiens. En juillet 2017 il est retourné au pays pour se faire consacrer évêque sous le nom d’abune Melketsedq pour le diocèse de Guragiez. Entre temps l’abba Woltdetensae Worken a déposé le 2 avril 2015 à la préfecture de Police de Paris les statuts de l’Église orthodoxe Tewahedo Éthiopienne Debre Gent Qedus Giorgis de France (l’Église est donc placée sous le patronage de Saint Georges). Le 30 avril 2019 l’abba Woltensae a été reçu avec Mgr Heryacos (Cyrille), le nouvel évêque éthiopien pour l’Europe de l’ouest, à l’archevêché de Paris ; le but de cette visite était de voir comment trouver des lieux de cultes pour l’Église éthiopienne en France.
Actuellement les éthiopiens sont accueillis par le diocèse de Nanterre à Chatenay-Malabry, par le diocèse d’Evry à Athis-Mons, le diocèse de saint Denis accueille des Érythréens à Montreuil. À Paris c’est la paroisse EPUdF de l’église saint-Paul, boulevard Barbès, qui reçoit une quarantaine de fidèles mais doit laisser la place pour le culte de 10h30 ; la divine liturgie est donc célébrée de 7h00 à 9h45. Pour les grandes fêtes, on leur prête les paroisses catholiques de Notre-Dame-de- Clignancourt et de saint Denis-de-la-Chapelle. Mgr Heryacos dispose d’une vingtaine d’églises d’accueil en Allemagne, de huit en Italie dont deux à Rome, et de vingt et une implantations stables dans le Grand Londres » [1]
.
L’Eglise Orthodoxe tewahedo Ethiopienne est représentée par une association cultuelle qui
  • Assure l’exercice public du culte Orthodoxe Tewahedo Ethiopien en France ;
  • Pourvois aux frais et besoins du culte orthodoxe Tewahedo sous la présidence du Prêtre nommé par l’Archevêque de l’Eglise Orthodoxe Tewahedo Ethiopienne pour l’Europe du Sud-Ouest, du Sud et du Sud-Est et lui-même placé sous l’autorité du Patriarcat de l’Eglise Orthodoxe Tewahedo Ethiopienne à Addis Abeba en Ethiopie ;
  • Promeut la traduction de la liturgie (KEDASE) et les chants (MEZMUR) de l’Eglise Orthodoxe Tewahedo Ethiopienne en Français, afin de célébrer le culte dans la langue française

 

En Normandie

 

L’Eglise Orthodoxe tewahedo Erythréenne est accueillie par le diocèse de Rouen dans l’Eglise st Jean Eudes de la paroisse Sainte Marie des Nations de Bihorel-Hauts de Rouen.

 

 

La première messe orthodoxe erythréenne a été celebrée ce 17 fevrier 2019 par cinq prêtres et trois diacres.

[1] Extrait de l’ Editorial du Père Jérôme Bascoul, dans « Bulletin oecuménique information » du diocèse de Paris, été 2019: https://www.paris.catholique.fr/editorial-du-pere-bascoul-ete-2019.html


Annexe

 

1971 – La formule christologique de Vienne

 

En 1971, un premier colloque (non officiel) eut lieu entre théologiens des Églises orthodoxes orientales et de l’Église catholique. Le résultat le plus important de ce dialogue fut la définition désignée par la suite comme « formule christologique de Vienne » :

« Nous croyons que notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, est Dieu le Fils incarné ; parfait dans sa divinité et parfait dans son humanité. Sa divinité n’a pas été séparée de son humanité à un seul instant, même pas le temps d’un clin d’œil. Son humanité ne fait qu’un avec sa divinité, sans mélange, sans confusion, sans division, sans séparation.

Nous, dans notre foi commune dans le seul Seigneur Jésus-Christ, considérons son mystère inépuisable et ineffable et, pour l’esprit humain, jamais totalement compréhensible ou exprimable. »

Cette formulation fut utilisée, par la suite, dans les déclarations communes signées par les Églises.

 


Liens :

http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/dossiers/synodemo2010/motrador35.html

https://www.jeuneafrique.com/607269/societe/ethiopie-leglise-orthodoxe-se-reconcilie-27-ans-apres-son-schisme/

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/erythree/presentation-de-l-erythree/

Cadre juridique de la liberté religieuse et son application effective

 

 

 

Les baptisés sont membres du corps qu’est l’Église qui célèbre dans le lieu où ils se trouvent.

Mgr l’archevêque Jean de Charioupolis, exarque du patriarche œcuménique, a publié le communiqué qui suit :

 » L’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, exarchat du Patriarcat œcuménique de Constantinople, comme toutes les entités ecclésiales d’Occident, suit avec préoccupation l’évolution des relations tendues entre les Églises orthodoxes, mais les vit également de manière toute particulière en son sein.

En effet, étant enracinées dans l’héritage spirituel et culturel de l’émigration russe, les paroisses et communautés de l’Archevêché font face à de nombreuses interrogations des fidèles, en lien avec les tensions qui ont vu le jour récemment entre le Patriarcat de Moscou et le Patriarcat œcuménique dont nous dépendons. La première des questions à laquelle nos prêtres et nos laïcs sont confrontés, celle de la communion eucharistique est certainement la plus grave.

Le Patriarcat de Moscou a pris la décision unilatérale d’interrompre la communion eucharistique avec le Patriarcat œcuménique, en imposant cette décision à tous les fidèles, clercs ou laïcs. Pour l’Archevêché, habitué à concélébrer avec le Patriarcat de Moscou, cette interruption de communion est une grande souffrance. De fait, pratiquement à aucun moment de l’Histoire, l’Archevêché n’a été en rupture complète de communion avec le Patriarcat de Moscou, même dans les temps les plus sombres du 20e siècle, car tant l’Archevêché que l’ensemble du Patriarcat œcuménique de Constantinople et l’ensemble du Patriarcat de Moscou ont toujours continué de professer le même symbole de foi. C’est cette profession de foi qui est le critère de leur orthodoxie, et, jusqu’à ce jour, aucune de nos Églises n’a modifié son symbole de foi.

De par son caractère unilatéral (et selon nous disproportionné), la décision du Saint-Synode de Moscou n’est évidemment pas applicable dans les églises de l’Archevêché. Dans la situation actuelle, nos prêtres et nos diacres n’étant pas invités à concélébrer par les églises dépendant du Patriarcat de Moscou ; cela ne leur interdit pas de s’y rendre, à titre personnel, pour se joindre discrètement à la prière de toute l’Église. En revanche, pour les laïcs, c’est-à-dire pour les fidèles orthodoxes baptisés qui ne sont pas ordonnés diacres, prêtres ou évêques, cette interdiction, selon l’ecclésiologie orthodoxe, ne peut pas avoir cours. En effet, un laïc d’Europe occidentale, au plan sacramentel, appartient à l’unique Corps catholique du Christ, donc à toutes les juridictions simultanément et non à une structure hiérarchique, qu’elle soit celle de Constantinople, de Moscou ou une autre.

Les baptisés ne sont pas la propriété de leurs évêques, ils sont membres du corps qu’est l’Église qui célèbre dans le lieu où ils se trouvent à un moment donné. Par exemple, si un fidèle habitant Saint-Pétersbourg déménage sur l’île de Crète, il cesse d’être membre de l’Église de Russie et devient pleinement membre de l’Église de Crète (qui dépend du Patriarcat œcuménique) ; contrairement à un membre du clergé, le laïc n’a pas à demander de congé canonique à son évêque pour déménager.

Le fait que, dans les pays occidentaux, plusieurs juridictions épiscopales orthodoxes coexistent sur le même territoire a pour corollaire que, sur le plan sacramentel, nos fidèles sont, en puissance, simultanément membres de toutes les entités ecclésiales qui professent le même symbole de foi. Au plan administratif, certes, les fidèles peuvent assumer des charges spécifiques dans l’une ou l’autre paroisse particulière, mais cela n’entame pas leur appartenance au corps ecclésial entier. La coexistence de juridictions multiples sur un même territoire, qui par ailleurs est souvent décriée, apparaît, dans les circonstances actuelles, comme un facteur d’unité sacramentelle.

Nous ne devons pas insulter la Grâce de Dieu, présente et agissante dans toutes nos Églises, même lorsqu’elles vivent des conflits, tant que ceux-ci n’altèrent pas l’orthodoxie de la foi. Au contraire, il nous faut laisser agir l’Esprit Saint, tout particulièrement à travers ce partage eucharistique auquel nous sommes invités. Nous assurons les membres du clergé du Patriarcat de Moscou de notre amour fraternel et espérons pouvoir, au plus vite, à nouveau concélébrer avec eux ; en ce qui concerne les laïcs, nous leur redisons notre communion de foi et d’amour et attendons, autour du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, toute personne orthodoxe laïque qui veut répondre à cette invitation du Seigneur : « Prenez et mangez, ceci est mon corps, rompu pour vous en rémission des péchés. Buvez-en tous, ceci est mon sang, celui de la nouvelle alliance, répandu pour vous et pour la multitude en rémission des péchés ».

† Archevêque Jean de Charioupolis, exarque patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale

Paris, le 23 novembre 2018

Source : https://orthodoxie.com/message-pastoral-de-mgr-jean-de-charioupolis-sur-la-situation-des-clercs-et-des-fideles-face-levolution-des-relations-tendues-entre-les-eglises-orthodoxes/

La réponse de Marie

Tu l’as entendu, ô Vierge : tu concevras un fils, non d’un homme – tu l’as entendu- mais de l’Esprit Saint.
L’ange, lui, attend ta réponse : il est temps pour lui de retourner vers celui qui l’a envoyé. Nous aussi, nous attendons, ô Notre Dame. Accablés misérablement par une sentence de condamnation, nous attendons une parole de pitié. Or voici, elle t’est offerte, la rançon de notre salut.Consens, et aussitôt nous serons libres. Dans le Verbe éternel de Dieu, nous avons tous été créés ; hélas, la mort fait son œuvre en nous. Une brève réponse de toi suffit pour nous recréer, de sorte que nous soyons rappelés à la vie

Ta réponse, ô douce Vierge, Adaml’implore tout en larmes, exilé qu’il est du paradis avec sa malheureusedescendance ;
Il l’implore, Abraham, il l’implore, David, ils la réclament tous instamment, les autres patriarches, tes ancêtres, qui habitent eux aussi au pays de l’ombre de la mort. Cette réponse, le monde entier l’attend, prosterné à tes genoux. Et ce n’est pas sans raison, puisque de ta parole dépendent le soulagement des malheureux, le rachat des captifs, la délivrance des condamnés, le salut enfin de tous les fils d’Adam, de ta race entière.

 

Ne tarde plus, Vierge Marie. Vite,réponds à l’ange, ou plutôt, par l’ange réponds au Seigneur.
Réponds une parole et accueille la Parole ; prononce la tienne et conçois celle de Dieu ; profère une parole passagère et étreins la Parole éternelle.

Pourquoi tarder ? Pourquoi trembler? Crois, parle selon ta foi, et fais-toi tout accueil.
Que ton humilité devienne audacieuse, ta timidité, confiante.
L’ange, lui, attend ta réponse : il est temps pour lui de retourner vers celui qui l’a envoyé. Nous aussi, nous attendons, ô Notre Dame.
Certes il ne convient pas en cet instant que la simplicité de ton cœur virginal oublie la prudence ; mais en cette rencontre unique ne crains point la présomption, Vierge prudente. Car si ta réserve fut agréable à Dieu dans le silence, plus nécessaire maintenant est l’accord empressé de ta parole. Heureuse Vierge, ouvre ton cœur à la foi, tes lèvres à l’assentiment, ton sein au Créateur.
Voici qu’au dehors le Désiré de toutes les nations frappe à ta porte. Ah! Si pendant que tu tardes il allait passer son chemin, t’obligeant à chercher de nouveau dans les larmes celui que ton cœur aime.
Lève-toi, cours, ouvre-lui : lève-toi par la foi, cours par l’empressement à sa volonté, ouvre-lui par ton consentement.

Voici,dit-elle, la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole.

ST BERNARD, ABBE DE CLAIRVAUX : À la louange de la Vierge Mère. Sources Chrétiennes, n° 390.  Ed. Le Cerf. Paris 1993

Les Eglises Vieilles-Catholiques vers l’unité sans l’uniformité*

*le titre est du webmestre

Le frère Marie-Elie Joseph est prêtre de l’Eglise Vieille-Catholique Mariavite, animateur de la communauté Sainte Marie à Rouen.
Il nous fait entrer dans la complexité des relations entre les différentes églises qui composent le Vieux Catholicisme, à partir de l’expérience de son Eglise

 

 

L’Eglise Vieille- Catholique Mariavite est – elle une église vieille – catholique ?
Quelques réflexions:

 

Souvent la question est posée, et en elle même elle renferme la complexité des églises vieilles- catholiques.

 

En effet celles ci peuvent se répartir en 3 vagues suivant leurs apparition :
  • l’Eglise d’Utrecht qui est la première a se séparer de Rome au XVIII° avec la consécration sans mandat pontifical par une évêque romain, Mgr Varlet qui en 1724 ordonne  premier évêque , Cornelis Steenoven .
  • puis suite au concile Vatican I et le refus de l’infaibillité pontifcale des prêtres allemands, suisse à partir de 1875 constituent des églises nationales et demandent les ordres à l’Eglise d’Utrecht qui consacre alors des évêques pour ces pays. l’Autriche viendra ensuite au XX°.
  • en 1906, aux Etats-Unis et en Pologne, deux groupes de prêtres rejettent la juridiction romaine pour des raisons de sensibilités spirituelles, et cela donnent la PNCC[1]  aux USA, et l’Eglise Vieille -Catholique Mariavite en Pologne.

 

Ces différentes Eglises sont regroupées d’abord dans une « Union d’Utrecht » en 1889 sur la base de principes théologiques ( contenu de la foi  et des dogmes définis dans les 7° conciles œcuméniques , refus des dogmes nouveaux ( mariaux) et de l’infaillibilité pontificale   ….).
L’Union d’Utrecht est donc postérieure aux différentes consécrations épiscopales et relève à la fois d’un principe organisationnel mais surtout de principes théologiques et ecclésiologiques  notamment qui veut que l’Eglise du Christ soit une communauté de communautés réunies …
L’ecclésiologie vieille -catholique tient ensemble deux piliers :
  1. la primauté des églises locales ( nationales avec leurs synodes )
  2. et la communion  des églises nationales dans un ensemble plus grand qui témoigne de la communion qui fait l’Eglise ,sur le principe des églises anciennes ( d’où le nom de  « vieux- catholiques » ) .
L’Union d’Utrecht n’est pas une Eglise en soi, ni un super archevêché : chaque évêque avec les fidèles réunis en synode est l’Eglise. Le rôle de l’archevêque d’Utrecht est de veiller à la diversité et la communion, par et au travers cette diversité. L’image qui rassemble le mieux les églises issues d’Utrecht est celle d’une famille aux origines et cultures diverses mais manifestant tous  le même attachement à «  ce qui a été toujours cru, toujours et partout » selon le principe de St Vincent de Lérins.
De ce fait les expressions de la foi peuvent être diverses selon les pays  et il n’est que de participer aux eucharisties dans les différentes Eglises vieilles catholiques pour s’en rendre compte.

 

Les Eglises dernières entrées sont aussi celles qui sont sorties de l’Union d’Utrecht :
  • -En 2003 la PNCC quitte l’Union  principalement à cause de l’ordination des femmes et les bénédictions de coupe du même sexe  et forme alors l’Union de Scranton  (siège principal de cette Eglise aux Etats-Unis).
  • En 1924 l’Eglise vieille -catholique mariavite sort de l’Union à la demande de celle-ci suite à des innovations de l’archevêque vieux-catholique mariavite de l’époque, Jean-Michel Kowalski notamment le sacerdoce des religieuses   .
  • En 1935 le chapitre général (organe regroupant les prêtres mais aussi des fidèles pour certains d’entre eux, ce qui le rapproche d’un synode)  des Mariavites dépose l’archevêque Kowalski et revient aux  pratiques primitives et un évêque primat est chargé de coordonner l’Eglise depuis le siège de Plock.

Une minorité de fidèles, de religieuses, de prêtres suivent l’archevêque Kowalski et ses innovations  et forment l’Eglise mariavite dite de « Felicianow « : le titre de l’Eglise est « Eglise catholique mariavite », leur nombre va décroitre,  et actuellement ne restent que quelques sœurs -prêtres … il est à noter que ce groupe n’appartient pas au conseil œcuménique des Eglises et qu’il est uniquement en Pologne et parfois il y a confusion avec les vieux-catholiques mariavites  …

Il serait intéressant de revenir sur cet épisode de la sortie de l’Union d’Utrecht  et sur les motifs cette sortie en les replaçant dans le contexte de l’époque notamment le climat passionnel qui agitait le milieu polonais : persécution des  vieux- catholiques mariavites  , catholicisme polonais aux expressions dévotionnelles propres liant spiritualité et identité nationale .
Notons aussi que  ,malgré l’abandon des innovations de Mgr Kowalski en 1935, la seconde guerre mondiale  et la vie sous l’emprise soviétique  ainsi que  les difficultés de communications entre les blocs ,ont empêché le retour rapide  à une normalité des relations entre Plock et Utrecht   …

 

Il faudra attendre 1972 pour que l’intercommunion entre l’Eglise vieille- catholique mariavite  et le Siège d’Utrecht (non l’Union) soit rétablie.

Cette intercommunion avec l’Eglise historique d’Utrecht, et sous la présidence de l’Archevêque qui préside à l’Union du même nom, démontre bien la proximité dans la  foi et les sacrements. D’ailleurs les archevêques d’Utrecht depuis cette date ont participé comme consécrateurs à des ordinations  épiscopales vieilles -catholiques mariavites.
De même des évêques vieux-catholique mariavites ont été co-consacréateur pour un des évêque de l’Eglise vieille-catholique Polonaise. Ce qui montre, que même en dehors de l’appartenance à l’Union, la vie sacramentelle continue entre les membres des Eglises vivant de l’ecclésiologie vieille-catholique.
En 2009 à l’occasion du centenaire de la fondation de l’Eglise vieille-catholique mariavite, l’archevêque d’Utrecht J.Vercammen, envoya une lettre à l’évêque primat de Plock  rappelant le rôle de l’Eglise d’Utrecht dans la consécration du premier évêque vieux-catholique mariavite et le renouvellement des contacts depuis les années 1970 en vue d’un « renouvellement de l’adhésion à l’Union d’Utrecht ».
La présence de l’évêque vieux-catholique polonais à cette cérémonie en est un exemple .
Et les primat vieux- catholique mariavites sont  depuis ce jour invités à la conférence des évêques vieux catholiques d’Utrecht .
En 2014 était signé par l’ensemble des évêques  vieux –catholiques mariavites et des évêques vieux –catholiques de l’Union d’Utrecht  un décret de réintégration. (http://www.utrechter-union.org/2/395/communiqué_about_the_re-admissio ).
Il était demandé aux vieux –catholiques mariavites de s’interroger autour  des aspects  des pratiques mariales et de convoquer un synode pour acter cela .

 

A ce jour cela n’est pas encore fait .

Plusieurs éléments peuvent expliquer cela :
  • le dialogue a eu lieu entre évêques et de ce fait les fidèles vieux-catholiques mariavites ,n’ont pas été informé , ce qui provoqua une inquiétude des prêtres également  .
  • si les principes du vieux catholicisme sont bien reçus chez les vieux-catholiques mariavites depuis le début ,notamment l’essence de l’Eglise locale ,l’expression liturgique et dévotionnelle propre au mariavitisme est ancrée culturellement et  il faut beaucoup d’explication de part et d’autre pour comprendre ,par exemple, la place de la Vierge Marie ,immaculée conception, assomption, rôle de Notre Dame sous le vocable de Notre Dame du Perpétuel Secours, non comme  des dogmes mais comme  « opinion théologique » ; il en est de même avec la pratique de l’adoration du Saint Sacrement .

Nous touchons là les limites d’une diversité dans l’unité .

Quelques précisions permettent de mieux comprendre  les différents  existants:
  • les formes de spiritualités polonaises qui ont perduré dans le mariavitisme  peuvent être perçues comme dépassées ou trop « romaines »  pour certains vieux-catholiques de l’Union  alors qu’elles sont fortement identitaires pour les  vieux-catholiques mariavites à la fois dans l’aspect spirituel mais aussi national ( par exemple la place de la Vierge dans l’identité polonaise).
  •  L’importance du milieu de naissance du mariavitisme  est celui d’un ordre religieux féminin : Les ordres religieux n’existent pas dans l’Union d’Utrecht ( même si cela commence à changer timidement ) et l’expression propre  de ce mode de vie         ( par exemple le rôle clef du chapitre général, la formation religieuse des mariavites avec nom de religion, habit, l’importance de la vie spirituelle ancrée sur une vie liturgique dépassant les seuls sacrements ) peut interroger des Eglises vieilles-catholiques éloignées de ces formes d’expression communautaire .
  • Le climat de tension dans la société polonaise (persécution des premiers mariavites dont le mémoire est encore vive ) , les tensions politiques (joug soviétique, communication difficile ) impliquent  imprégnation  moins rapide  aux évolutions  sociétales et religieuses des années 1960/1989 et à  une sécularisation moindre de la société .
  • Les diversités nationales dans les expressions religieuses dans l’Union d’Utrecht également (les chronologies diverses  à accepter l’ordination des femmes ) tout le monde n’avançant pas au même rythme, font que chacun de parle pas forcement du même point  .
  • Une réticence peut être chez les vieux-catholiques mariavites à accepter certains points ( ordination des femmes par exemple ) qui les avait fait exclure de l’Union en 1924 ….. là encore les mémoires sont longues à guérir .
  • La présence sur une même territoire de plusieurs entités du vieux catholicisme : en Pologne et en France il y a une église vieille –catholique et les vieux –catholiques mariavite avec chacune des évêques  d’où une réflexion sur le poids de chacune au sein de l’Union et un vrai problème ecclésiologique : doit-il y avoir qu’un seul évêque par diocèse ou peut –il y avoir des évêques liés à des rites ou des communautés particulières …

 

Notons que les choses avancent avec une volonté ferme des deux côtés :

  • le primat vieux-catholique mariavite est toujours invité aux réunions de la conférence des évêques d’Utrecht .
  • la formation des séminaristes des 2 Eglises en Pologne a lieu dans un même endroit dans une université de Varsovie  avec des cours communs aux vieux catholiques  et aux vieux-catholiques mariavites., université qui accueille ensemble des orthodoxes , des protestants , des vieux-catholiques …
  • une volonté partagée de témoigner de l’apport du vieux catholicisme avec les autres églises chrétiennes.

Il faudra certainement encore du temps pour que les choses soient clarifiées.  Mais comme nous l’avons vu les liens spirituels  et de communion existent. [2]

 

Evêques Vieux-Cathoiques Mariavites (a g Mrg Le Bec (France))

 

Les Eglises vieilles-catholiques ne sont pas monolithiques et l’exercice de l’union  est toujours périlleux car il demande du temps, de la patience de part et d’autres pour rencontrer chacun en vérité sans froisser les légitimes expressions de sensibilités religieuses.
Les choses ne peuvent évoluer qu’à partir d’un travail commun entre les vieux-catholique de Pologne mais ces derniers sont à la fois dans l’union d’Utrecht et liés par leur histoire à la PNCC de Scranton qui elle est sortie d’Utrecht (2003) .
Rappelons que ces deux Eglises ont entamé des discussions avec Rome à part de l’Union  d’Utrecht des 1983 pour le PNCC … ce qui montre bien que l’Union n’est pas une uniformité .
Et l’extension des liens intercommunion de l’Union d’Utrecht avec l’Eglise de Suède scellée récemment (2018) ne fait qu’augmenter la difficulté (femmes évêques par exemple) sur le sol polonais.

 

Alors pour répondre à la question posée au départ : les vieux-catholiques mariavites sont bien des vieux-catholiques  par l’importance qu’ils accordent à l’ecclésiologie vieille-catholique, par leur histoire avec Utrecht.
Ils ne sont plus, ou par encore, dans l’Union d’Utrecht, mais la communion sacrementelle avec l’Eglise d’Utrecht existe de fait, et l’on sait l’importance de cette communio in sacris constituant l’Eglise.
Ceci peut sembler bien complexe vu d’une position plus centralisatrice comme par exemple l’Eglise catholique romaine ; Ceci est un défi pour tous au nom de l’Unité voulue par le Seigneur et de l’urgence de la paix entre tous.

 

Fr M.Elie-Joseph

 

[1] Polish National Catholic Church (PNCCÉglise catholique nationale polonaise) est une église catholique en dehors de la juridiction du Pape. Elle est surtout présente en Amérique du Nord et rassemble environ 30000 fidèles aux États-Unis et Canada, principalement parmi les Polono-Américains. Elle est membre du Conseil œcuménique des Églises.

[2]  Officiellement, à ce jour, cela n’a été le cas que pour l’Eglise des Pays-Bas. Il existe une commission mixte pour la discussion des questions à clarifier. Le problème des relations de l’Eglise vieille-catholique des Mariavites en Pologne avec des groupes hors de la Pologne est venu se greffer aux anciennes questions.
Malgré tout, la Conférence internationale des Evêques vieux-catholiques (IBK) espère que ces difficultés pourront être aplanies et qu’ainsi l’Union d’Utrecht ouvrira à nouveau ses portes à l’Eglise vieille-catholique des Mariavites en Pologne. voir: https://sites.google.com/site/mivicafrancophoneuniondutrecht/l-oecumenisme