La décision du patriarcat œcuménique de Constantinople de supprimer l’exarchat russe de France et d’Europe occidentale

 

Histoire d’un échec:

La décision du patriarcat œcuménique de Constantinople de supprimer l’exarchat russe de France et d’Europe occidentale n’est pas sans lien avec la reconnaissance de la nouvelle Église autocéphale ukrainienne. Constantinople ne veut pas se voir reprocher d’être en contradiction avec ses propres principes ecclésiologiques.

L’Église de Constantinople prétend exercer sa « sollicitude pastorale » sur tous les fidèles orthodoxes en situation de diaspora, alors que la plupart des Églises orthodoxes nationales veulent pouvoir contrôler leurs diasporas en les dotant d’une hiérarchie épiscopale. C’est cette différence de vue qui amène le patriarcat de Moscou à ériger de son côté un nouvel exarchat – à partir du diocèse qui existe déjà et qui porte le nom de Chersonèse – pour les Russes orthodoxes d’Europe occidentale. » [1]

Ce qui se joue est une question d’interprétation des différentes formes de relations entre pouvoir de juridiction et territoire qui fait question dans les églises orthodoxes[2]. A tel point que ce problème de l’accompagnement pastoral des diasporas qui devait être discuté au concile panorthodoxe de Crète en 2016, avait été retiré du programme, tant la situation était délicate [3]

La décision du Patriarcat de Constantinople de révoquer le tomos de 1999

2018 11 27 _ Décision du patriarcat œcuménique d’abolir le statut d’exarchat de l’Archevêché des Églises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale (http://exarchat.eu/spip.php?article2258)( http://exarchat.eu/spip.php?article2315)
La révocation du tomos de 1999 implique donc des bouleversements pour cette communauté, puisque, depuis 1963, ont été constituées par Constantinople des métropoles grecques dans chaque pays où se trouvent les diasporas grecques.

 

Cette révocation va entraîner un certain nombre de réactions ou peu à peu les positions vont se rigidifier :

2019 01 17 _ Mise en garde par un Communiqué du Conseil de l’Archevêché contre les tentatives de débauchage des paroisses de l’ Archevêché par les églises « grecques »: http://exarchat.eu/spip.php?article2310) et lettre du Conseil de l’Archevêché contestant le droit du Patriarcat œcuménique à  dissoudre l’Archevêché: (http://exarchat.eu/spip.php?article2314)

2019 02 23 _ Le conseil de l’Archevêché refuse sa dissolution: (http://exarchat.eu/spip.php?article2333)

2019 08 31 Plusieurs solutions sont proposées en Assemblée Générale Extraordinaire: (http://exarchat.eu/spip.php?article2393)

2019 09 07 _ Projets de rattachement au Patriarcat de Moscou seule garantie de conservation d’une certaine autonomie de l’Archevêché: (http://exarchat.eu/spip.php?article2396)

2019 09 14 _ Pour sauvegarder l’intégrité de l’archevêché, l’Archevêque Jean prend la décision de le réunir au Patriarcat de Moscou. (http://exarchat.eu/spip.php?article2400)

Ce même jour Le Saint-Synode du Patriarcat de Moscou reçoit dans sa juridiction l’archevêque Jean, avec le titre d’archevêque de Doubna, ainsi que le clergé et les communautés de l’Archevêché ce qui -après tout- n’est que le retour d’une partie de l’église de Russie que la révolution d’octobre 17 avait éloigné. (https://orthodoxie.com/le-saint-synode-du-patriarcat-de-moscou-recoit-dans-sa-juridiction-larcheveque-jean-renneteau-ainsi-que-le-clerge-et-les-communaute-de-larcheveche/)

 

Le résultat:

Il n’en reste pas moins que cette affaire laisse l’impression d’une fausse manœuvre de la part du Patriarcat de Constantinople qui montre -mais les autres patriarcats sont dans le même cas- une méconnaissance des réalités de ce qui est vécu dans les églises en diaspora, au point de ne pas pouvoir ne serai-ce qu’en parler ensemble (Le sujet a été retiré de l’ordre du jour du concile de Crête, mais il n’en reste pas moins que  la présence de plusieurs églises et plusieurs hiérarques sur un même territoire est dérogatoire au canons de l’Eglise Orthodoxe et est sensée être provisoire…)
Avec deux conséquences:
  1. Ce qui devait être un acte de consolidation du patriarcat de Constantinople se termine par un renforcement du patriarcat de Moscou et un affaiblissement de la koinona orthodoxe (en grande partie du fait de la brutalité de la décision du patriarcat œcuménique)
  2. Le risque de fracture à l’intérieur de l’ Archevêché des Églises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale à la suite de la décision de Mgr Jean de Doubna de rejoindre le patriarcat de Moscou est aussi à considérer, les vieilles blessures de 1917 n’étant pas toutes guéries.

Les ruptures ne sont hélas pas toutes accomplies


[1] Père Jérôme Bascoul. Bulletin Œcuménisme information,Editorial  [En ligne], 9/ 2019, consulté le 16 septembre 2019 https://www.paris.catholique.fr/remous.html

[2] Voir à ce sujet l’article passionnant de Vassillis Pnevmatikakis : PNEVMATIKAKIS Vassilis, La territorialité de l’Église orthodoxe en France, entre exclusivisme juridictionnel et catholicité locale », Carnets de géographes [En ligne], 6 | 2013, mis en ligne le 01 septembre 2013, consulté le 16 septembre 2019. URL : http://journals.openedition.org/cdg/918

[3] Fin des travaux de la commission préparatoire inter-orthodoxe : https://orthodoxie.typepad.com/orthodoxie/2011/02/chamb%C3%A9sy-fin-des-travaux-de-la-commission-pr%C3%A9paratoire-inter-orthodoxe.html

Décès du Père Bernard Vignot

Nous avons appris le décès jeudi 12 septembre, de Notre frère Bernard Vignot

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Le Père Bernard Vignot, prêtre Vieux-Catholique ancien recteur pour la France des vieux catholiques d’Utrecht était chanoine de la cathédrale anglicane de Paris et créateur et un des animateurs de la Fraternité st Vincent de Lérins
Il était membre fondateur de l’Association Chrétienne Oecuménique de Normandie (ACONor) et membre du conseil d’administration depuis l’origine jusqu’en 2015.
Bien que son état de santé ne lui ai pas permis de continuer a faire partie du conseil d’administration, il en restait un membre fidèle.
Son intérêt, son amour pour les autres confessions chrétienne ne s’est jamais démenti.
Nous rendons grâce au Seigneur pour ce regard bienveillant que Bernard avait sur nos Eglises
Je me permet de citer la lettre reçue du Pasteur Zoltan Zalay qui a été secrétaire de l’ACONor:


   Permettez que j’honore la mémoire de Bernard Vignot, avec reconnaissance, en mentionnant deux facettes de son travail de recension et de mémoire.

1) Son travail sur « Les Eglises parallèles »
est souligné ici ( https://unitedeschretiens.fr/Le-Pere-Bernard-Vignot.html )

et ici aussi ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Eglise_parallele )

Bernard Vignot a publié :
– Les Eglises parallèles (Cerf / Fides, collection Bref), 127 pp. 1991
– Le phénomène des Églises parallèles,  Cerf, Collection L’histoire à vif, 128 pages – sept. 2010
        cf. https://www.editionsducerf.fr/librairie/auteurs/livres/5989/bernard-vignot
        et https://www.decitre.fr/livres/le-phenomene-des-eglises-paralleles-9782204088015.html#resume

En outre il compilait et tenait à jour des annuaires, dont voici une trace :

Bernard VIGNOT et Marc BERET – ALLEMAND, Annuaire d’Eglises et de communautés sans liens canoniques avec les Eglises catholiques et orthodoxes. 1° fascicule. Chez Bernard Vignot (206 rue Léonard  de  Vinci, F. 76960 Notre Dame de Bondeville) 2005. 51 p. A4

 

2) Son mémoire pour l’histoire de l’Église anglicane à Rouen
« Mémoire pour servir à l’histoire de « All Saints Anglican Church Rouen » », Vignot, Bernard
[S.l.] : [s.n.] , 2014 ; 1 vol. (27-[19] p.). : ill., couv. ill. ; 30 cm

Ouvrage réalisé par photocopies
C’est ce travail qui mérite d’être sauvé de tout oubli, surtout maintenant que Bernard ne sera plus là pour le communiquer généreusement aux uns et aux autres.
C’est l’Histoire compilée non pas à distance, mais encore à chaud, en 2014
# alors que c’est en [2005 — avril 2008] que la paroisse All Saints Anglican Church Rouen a été tout à fait fermée, les fidèles étant appelés à rejoindre l’Église réformée, ou encore l’Église catholique ;
# et alors que Bernard Vignot, assistant la Rev. Ellen Labourel, en a été un dernier desservant.
L’intérêt unique de ce travail est d’être encore un témoignage vif, à juxtaposer encore si possible avec d’autres qui pourraient être recueillis.

J’aurais aimé convaincre Bernard de le mettre à disposition par une publication sur internet, il ne l’a pas fait ; sans doute il avait raison. On touche à l’histoire de Rouen, celle du foyer des marins et sa chapelle St Olav… et aussi les Champlaincies au Havre et à Dieppe, et encore L’Abbaye du Bec Hellouin.

Ceux qui, par la générosité de Bernard, détiennent ce fascicule, l’estiment pour ce qu’il est.

L’ouvrage est consultable à Rouen : à la Bibliothèque Municipale et aux Archives Départementales :


L’oecuménisme, c’est aussi garder mémoire, faire mémoire, quoi qu’il en soit.


Les obsèques de Bernard aurons lieu: Jeudi 19 septembre 2019, à 10h, à l’église saint Nicolas de Malaunay

 

Charis. Nouveau service pour le Renouveau charismatique catholique

Charis, le nouveau service pour le Renouveau charismatique catholique, a été lancé le dimanche de Pentecôte 9 juin 2019. Il dépend du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie. Une délégation du Chemin Neuf était présente parmi les représentants de 70 pays qui se sont retrouvés à Rome, salle Paul VI, pour trois jours de conférences, de prière et de rencontre, le point culminant étant le discours du pape François.

A sa demande, et après avoir accompagné le Renouveau charismatique dans l’Eglise catholique durant plusieurs années, l’ICCRS (International Catholic Charismatic Renewal Service) et la CFCCCF (Catholic Fraternity of Charismatic Covenant Communities and Fellowships) n’existent plus : Charis devient le service unique qui a parmi ses objectifs de faire connaître le Baptême dans l’Esprit Saint à toute l’Eglise, d’œuvrer en faveur de l’unité des chrétiens et le service des pauvres.

Nous sommes réunis ici pour célébrer « le courant de grâce du Renouveau charismatique catholique. Une œuvre qui naquit… catholique ? Non. Elle naquit œcuménique ! Elle naquit œcuménique parce que c’est l’Esprit Saint qui crée l’unité et c’est ce même Esprit Saint qui donna l’inspiration pour qu’il en fût ainsi ! »

Pape François, Veillée De Pentecôte, Cirque Maxime, 3 juin 2017

 

Le Pape offre une relique de saint Pierre à Bartholomée

Le Pape François a offert un reliquaire contenant une relique de saint Pierre au Patriarche Bartholomée à l‘occasion de la fête des saints Pierre et Paul.
Le cardinal Kurt Koch  et la délégation du patriarcat de Constantinople, avec le reliquaire

Jean Charles Putzolu – Cité du Vatican 28/06/2019

La délégation du patriarcat œcuménique de Constantinople présente à Rome pour participer à la messe du Pape François samedi 29 juin n’en revient toujours pas. C’est en descendant sous l’autel de la basilique vaticane, à la Confession de Pierre, à la fin de la messe samedi, que le Saint-Père annonce à l’oreille du chef de la délégation œcuménique qu’il souhaitait faire un don à son «frère» le Patriarche Bartholomée. Un cadeau dont le Pape ne précise pas la nature. Ce n’est qu’à la fin de la célébration que François emmène dans sa voiture Mgr Job. Celui-ci est accompagné jusqu’à la chapelle du Palais apostolique et c’est à cet instant que le Pape lui offre le reliquaire que son prédécesseur Paul VI avait fait déposer dans la petite chapelle.

Une grande joie pour le Patriarche Bartholomée

L’archevêque de Telmissos informe le Patriarche aussi vite que possible; celui-ci accueille la nouvelle avec une joie immense, puis organise le voyage du reliquaire jusqu’à Istanbul, où il a été remis au Patriarche par Mgr Andrea Palmieri, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des chrétiens, qui a, lui aussi, fait le déplacement à Istanbul. Le Patriarche Bartholomée a annoncé le don du Pape François personnellement et publiquement dimanche matin à ses fidèles, au cours de la célébration de la fête des Apôtres, célébrée le lendemain de la solennité des saints Pierre et Paul dans l’Église orthodoxe.

Un événement inespéré

«C’est pour nous un évènement extraordinaire, inattendu et qu’on ne pouvait pas espérer» déclare Mgr Job, joint par téléphone. Historiquement, les reliques de saint Pierre ont toujours été à Rome et la Ville éternelle était de ce fait une destination de pèlerinage orthodoxe. Il y a bien eu des reliques qui précédemment ont fait le voyage jusqu’à Istanbul, mais il s’agissait de reliquaires qui avaient été emportés par les croisés, et qui effectuaient, suite aux bonnes relations établies avec la communauté orthodoxe après Vatican II, leur «retour» vers leur patrie d’origine. Il s’agit cette fois de reliques de saint Pierre, et d’un «aller-simple» pour Constantinople, «un pas gigantesque de plus vers l’unité concrète», conclut l’archevêque orthodoxe de Telmissos.

Source: Vatican news

Le Pasteur Christian Blanc élu à la tête du CNEF

mardi 4 juin 2019

Nancy Lefevre de la Commission juridique du CNEF prie pour l’ancien et le nouveau président    © Alliance Presse

Après trois mandats de trois ans à la tête du Conseil national des évangéliques de France (CNEF), Etienne Lhermenault pasteur de la Fédération baptiste de France est remplacé par Christian Blanc pasteur des Assemblées de Dieu de France.

La cérémonie de passage de témoin a eu lieu le mardi 4 juin lors de l’assemblée plénière de l’organisation faîtière des évangéliques de France. Arnaud Schaumasse, chef du bureau central des cultes au Ministère de l’Intérieur était présent ainsi que de nombreux responsables d’unions d’Églises évangéliques en France, des représentants de l’Eglise catholique, de la Fédération protestante de France (FPF), de la Cause, de l’Institut Biblique de Nogent (IBN) dont Etienne Lhermenault est directeur, de l’Alliance Biblique française, de la Société biblique de Genève et des Parcours Alpha.

Le désormais ex-président a décrit trois défis auxquels le CNEF et les évangéliques doivent faire face dans les prochaines années : «une prédication fidèle à la Croix, qui demande de répondre au défi de la formation et de la vocation», une évangélisation avec compassion «qui évite le double écueil d’une grâce à bon marché et d’un légalisme mortifère» et le «défi d’une présence dans la cité qui privilégie une voix prophétique plutôt que l’illusion d’une société chrétienne».

Christian Blanc a exprimé sa reconnaissance pour « l’investissement de qualité » d’Etienne Lhermenault à la tête du CNEF et a salué le soutien précieux de Brigitte, l’épouse du pasteur baptiste, dans ces fonctions. Le nouveau président du CNEF a déclaré vouloir « maintenir le cap » de son prédécesseur, et entend mener le CNEF à la manière d’un « berger ariégeois qui se positionne pour avoir une vue d’ensemble du troupeau »

Il s’agit de la première passation de pouvoir pour le CNEF créé en 2010 et qui représente environ 70% des Eglises évangéliques en France.

Source Evangéliques.info