Décès du Père Bernard Vignot

Nous avons appris le décès jeudi 12 septembre, de Notre frère Bernard Vignot

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Le Père Bernard Vignot, prêtre Vieux-Catholique ancien recteur pour la France des vieux catholiques d’Utrecht était chanoine de la cathédrale anglicane de Paris et créateur et un des animateurs de la Fraternité st Vincent de Lérins
Il était membre fondateur de l’Association Chrétienne Oecuménique de Normandie (ACONor) et membre du conseil d’administration depuis l’origine jusqu’en 2015.
Bien que son état de santé ne lui ai pas permis de continuer a faire partie du conseil d’administration, il en restait un membre fidèle.
Son intérêt, son amour pour les autres confessions chrétienne ne s’est jamais démenti.
Nous rendons grâce au Seigneur pour ce regard bienveillant que Bernard avait sur nos Eglises
Je me permet de citer la lettre reçue du Pasteur Zoltan Zalay qui a été secrétaire de l’ACONor:


   Permettez que j’honore la mémoire de Bernard Vignot, avec reconnaissance, en mentionnant deux facettes de son travail de recension et de mémoire.

1) Son travail sur « Les Eglises parallèles »
est souligné ici ( https://unitedeschretiens.fr/Le-Pere-Bernard-Vignot.html )

et ici aussi ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Eglise_parallele )

Bernard Vignot a publié :
– Les Eglises parallèles (Cerf / Fides, collection Bref), 127 pp. 1991
– Le phénomène des Églises parallèles,  Cerf, Collection L’histoire à vif, 128 pages – sept. 2010
        cf. https://www.editionsducerf.fr/librairie/auteurs/livres/5989/bernard-vignot
        et https://www.decitre.fr/livres/le-phenomene-des-eglises-paralleles-9782204088015.html#resume

En outre il compilait et tenait à jour des annuaires, dont voici une trace :

Bernard VIGNOT et Marc BERET – ALLEMAND, Annuaire d’Eglises et de communautés sans liens canoniques avec les Eglises catholiques et orthodoxes. 1° fascicule. Chez Bernard Vignot (206 rue Léonard  de  Vinci, F. 76960 Notre Dame de Bondeville) 2005. 51 p. A4

 

2) Son mémoire pour l’histoire de l’Église anglicane à Rouen
« Mémoire pour servir à l’histoire de « All Saints Anglican Church Rouen » », Vignot, Bernard
[S.l.] : [s.n.] , 2014 ; 1 vol. (27-[19] p.). : ill., couv. ill. ; 30 cm

Ouvrage réalisé par photocopies
C’est ce travail qui mérite d’être sauvé de tout oubli, surtout maintenant que Bernard ne sera plus là pour le communiquer généreusement aux uns et aux autres.
C’est l’Histoire compilée non pas à distance, mais encore à chaud, en 2014
# alors que c’est en [2005 — avril 2008] que la paroisse All Saints Anglican Church Rouen a été tout à fait fermée, les fidèles étant appelés à rejoindre l’Église réformée, ou encore l’Église catholique ;
# et alors que Bernard Vignot, assistant la Rev. Ellen Labourel, en a été un dernier desservant.
L’intérêt unique de ce travail est d’être encore un témoignage vif, à juxtaposer encore si possible avec d’autres qui pourraient être recueillis.

J’aurais aimé convaincre Bernard de le mettre à disposition par une publication sur internet, il ne l’a pas fait ; sans doute il avait raison. On touche à l’histoire de Rouen, celle du foyer des marins et sa chapelle St Olav… et aussi les Champlaincies au Havre et à Dieppe, et encore L’Abbaye du Bec Hellouin.

Ceux qui, par la générosité de Bernard, détiennent ce fascicule, l’estiment pour ce qu’il est.

L’ouvrage est consultable à Rouen : à la Bibliothèque Municipale et aux Archives Départementales :


L’oecuménisme, c’est aussi garder mémoire, faire mémoire, quoi qu’il en soit.


Les obsèques de Bernard aurons lieu: Jeudi 19 septembre 2019, à 10h, à l’église saint Nicolas de Malaunay

 

Charis. Nouveau service pour le Renouveau charismatique catholique

Charis, le nouveau service pour le Renouveau charismatique catholique, a été lancé le dimanche de Pentecôte 9 juin 2019. Il dépend du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie. Une délégation du Chemin Neuf était présente parmi les représentants de 70 pays qui se sont retrouvés à Rome, salle Paul VI, pour trois jours de conférences, de prière et de rencontre, le point culminant étant le discours du pape François.

A sa demande, et après avoir accompagné le Renouveau charismatique dans l’Eglise catholique durant plusieurs années, l’ICCRS (International Catholic Charismatic Renewal Service) et la CFCCCF (Catholic Fraternity of Charismatic Covenant Communities and Fellowships) n’existent plus : Charis devient le service unique qui a parmi ses objectifs de faire connaître le Baptême dans l’Esprit Saint à toute l’Eglise, d’œuvrer en faveur de l’unité des chrétiens et le service des pauvres.

Nous sommes réunis ici pour célébrer « le courant de grâce du Renouveau charismatique catholique. Une œuvre qui naquit… catholique ? Non. Elle naquit œcuménique ! Elle naquit œcuménique parce que c’est l’Esprit Saint qui crée l’unité et c’est ce même Esprit Saint qui donna l’inspiration pour qu’il en fût ainsi ! »

Pape François, Veillée De Pentecôte, Cirque Maxime, 3 juin 2017

 

Le Pape offre une relique de saint Pierre à Bartholomée

Le Pape François a offert un reliquaire contenant une relique de saint Pierre au Patriarche Bartholomée à l‘occasion de la fête des saints Pierre et Paul.
Le cardinal Kurt Koch  et la délégation du patriarcat de Constantinople, avec le reliquaire

Jean Charles Putzolu – Cité du Vatican 28/06/2019

La délégation du patriarcat œcuménique de Constantinople présente à Rome pour participer à la messe du Pape François samedi 29 juin n’en revient toujours pas. C’est en descendant sous l’autel de la basilique vaticane, à la Confession de Pierre, à la fin de la messe samedi, que le Saint-Père annonce à l’oreille du chef de la délégation œcuménique qu’il souhaitait faire un don à son «frère» le Patriarche Bartholomée. Un cadeau dont le Pape ne précise pas la nature. Ce n’est qu’à la fin de la célébration que François emmène dans sa voiture Mgr Job. Celui-ci est accompagné jusqu’à la chapelle du Palais apostolique et c’est à cet instant que le Pape lui offre le reliquaire que son prédécesseur Paul VI avait fait déposer dans la petite chapelle.

Une grande joie pour le Patriarche Bartholomée

L’archevêque de Telmissos informe le Patriarche aussi vite que possible; celui-ci accueille la nouvelle avec une joie immense, puis organise le voyage du reliquaire jusqu’à Istanbul, où il a été remis au Patriarche par Mgr Andrea Palmieri, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des chrétiens, qui a, lui aussi, fait le déplacement à Istanbul. Le Patriarche Bartholomée a annoncé le don du Pape François personnellement et publiquement dimanche matin à ses fidèles, au cours de la célébration de la fête des Apôtres, célébrée le lendemain de la solennité des saints Pierre et Paul dans l’Église orthodoxe.

Un événement inespéré

«C’est pour nous un évènement extraordinaire, inattendu et qu’on ne pouvait pas espérer» déclare Mgr Job, joint par téléphone. Historiquement, les reliques de saint Pierre ont toujours été à Rome et la Ville éternelle était de ce fait une destination de pèlerinage orthodoxe. Il y a bien eu des reliques qui précédemment ont fait le voyage jusqu’à Istanbul, mais il s’agissait de reliquaires qui avaient été emportés par les croisés, et qui effectuaient, suite aux bonnes relations établies avec la communauté orthodoxe après Vatican II, leur «retour» vers leur patrie d’origine. Il s’agit cette fois de reliques de saint Pierre, et d’un «aller-simple» pour Constantinople, «un pas gigantesque de plus vers l’unité concrète», conclut l’archevêque orthodoxe de Telmissos.

Source: Vatican news

Le Pasteur Christian Blanc élu à la tête du CNEF

mardi 4 juin 2019

Nancy Lefevre de la Commission juridique du CNEF prie pour l’ancien et le nouveau président    © Alliance Presse

Après trois mandats de trois ans à la tête du Conseil national des évangéliques de France (CNEF), Etienne Lhermenault pasteur de la Fédération baptiste de France est remplacé par Christian Blanc pasteur des Assemblées de Dieu de France.

La cérémonie de passage de témoin a eu lieu le mardi 4 juin lors de l’assemblée plénière de l’organisation faîtière des évangéliques de France. Arnaud Schaumasse, chef du bureau central des cultes au Ministère de l’Intérieur était présent ainsi que de nombreux responsables d’unions d’Églises évangéliques en France, des représentants de l’Eglise catholique, de la Fédération protestante de France (FPF), de la Cause, de l’Institut Biblique de Nogent (IBN) dont Etienne Lhermenault est directeur, de l’Alliance Biblique française, de la Société biblique de Genève et des Parcours Alpha.

Le désormais ex-président a décrit trois défis auxquels le CNEF et les évangéliques doivent faire face dans les prochaines années : «une prédication fidèle à la Croix, qui demande de répondre au défi de la formation et de la vocation», une évangélisation avec compassion «qui évite le double écueil d’une grâce à bon marché et d’un légalisme mortifère» et le «défi d’une présence dans la cité qui privilégie une voix prophétique plutôt que l’illusion d’une société chrétienne».

Christian Blanc a exprimé sa reconnaissance pour « l’investissement de qualité » d’Etienne Lhermenault à la tête du CNEF et a salué le soutien précieux de Brigitte, l’épouse du pasteur baptiste, dans ces fonctions. Le nouveau président du CNEF a déclaré vouloir « maintenir le cap » de son prédécesseur, et entend mener le CNEF à la manière d’un « berger ariégeois qui se positionne pour avoir une vue d’ensemble du troupeau »

Il s’agit de la première passation de pouvoir pour le CNEF créé en 2010 et qui représente environ 70% des Eglises évangéliques en France.

Source Evangéliques.info

 

Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale

Communiqué suite à l’assemblée pastorale de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale

Communiqué du bureau de l’administration diocésaine du 13 mai 2019 :

Le 11 mai 2019 s’est tenue dans les locaux de l’Institut de théologie Saint-Serge et avec l’aide de la paroisse Saint-Serge, l’assemblée pastorale que son Éminence l’archevêque Jean de Charioupolis avait convoquée dans sa lettre pastorale du 22 avril 2019.

Cette initiative fait suite au désarroi suscité par la décision en date du 27 novembre 2018 prise par le Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople d’abroger l’exarchat et du débat spontané qui s’est développé quand à l’avenir de notre Archevêché.

Après la célébration de la divine liturgie présidée par Monseigneur Jean, l’assemblée des prêtres, diacres et membres du conseil de l’Archevêché a entendu successivement les rapports des RP Jean Gueit (pourparlers en cours avec le Patriarcat de Moscou) et Alexandre Fostiropoulos (visite effectuée au siège du Patriarcat de Constantinople). Le RP Vladimir Yagello a présenté ensuite la position des membres favorables à la proclamation d’une autonomie ; le RP Jivko Panev, qui enseigne le droit canonique à l’ITO Saint-Serge, a exposé les raisons pour lesquelles une telle proclamation ne paraissait pas envisageable.

Le débat de deux heures qui s’en est suivi, dense et irénique, a mis en évidence la souffrance profonde subie par le corps ecclésial que constitue l’Archevêché ébranlé dans son intégrité et son identité. Dans sa conclusion, son Éminence l’archevêque Jean a expliqué qu’il n’avait pour sa part d’autre choix que de proposer une nouvelle solution canonique et qu’il considérait que la décision devait être prise dans les meilleurs délais afin d’éviter un démantèlement de fait de l’Archevêché.

Une assemblée générale extraordinaire sera convoquée le 7 septembre 2019.

Source: http://exarchat.eu/spip.php?article2363

Eglise grecque-orthodoxe de tradition russe en France

Communiqué de l’Archevêché
suite à l’Assemblée générale du 23 février

Communiqué de l’Archevêché – 23 février 2019

L’Assemblée générale extraordinaire (AGE) de l’Archevêché, constituée de tous les membres du clergé et des laïcs délégués des paroisses, s’est réunie à Paris, le 23 février 2019, pour délibérer sur la décision du Patriarcat œcuménique de « réorganiser le statut de l’exarchat », publiée dans le Communiqué du 29 novembre 2018 du Saint-Synode. Le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique ayant décidé d’abolir le statut d’exarchat patriarcal, l’Archevêché devait décider selon l’article 34 des Statuts de l’union directrice diocésaine des associations orthodoxes russes en Europe occidentale si, oui ou non, il souhaitait mettre un terme à son existence propre et que, par voie de conséquence, ses quelques 120 paroisses se subordonnent aux Métropoles grecques d’Europe occidentale.

Sous la présidence de Son Éminence Jean de Charioupolis, Archevêque dirigeant, les membres de l’AGE ont décidé statutairement, à une majorité de près de 93% des voix (191 sur 206), de ne pas dissoudre l’Archevêché, mais de le conserver comme entité ecclésiale unie selon sa forme primitive (Association fondée le 26 février 1924, J. O., 28.2.1924, №58, p. 2080). Le Conseil de l’Archevêché a pris acte de cette décision de l’AGE et va communiquer rapidement la décision à Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique de Constantinople ainsi qu’à son Saint Synode et enverra une délégation au Phanar pour remettre la lettre en mains propres.

Pour l’instant, la vie de l’Archevêché se poursuit comme à la veille de l’AGE. Notamment, dans les célébrations, l’Archevêque commémore le Patriarche œcuménique et le clergé paroissial commémore l’Archevêque selon la règle canonique.

Une nouvelle AGE sera convoquée ultérieurement, probablement en juin.

Source : http://exarchat.eu/spip.php?article2333

Eglise Erythréenne Orthodoxe à Rouen

Dimanche dernier 17 février 2019

L’Église érythréenne orthodoxe est une Église orthodoxe orientale autocéphale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles. Elle est accueillie par le diocèse de Rouen sur la paroisse Ste Marie des Nations à Bihorel.

la première messe a été célébrée par cinq prêtres venus de région parisienne et les trois diacres présents en région de Rouen.

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Mgr Kallistos Ware: « l’Ukraine fait partie de l’Église russe »

« Bien que je sois métropolite du Patriarcat œcuménique, je ne suis pas du tout du tout satisfait par la décision prise par le patriarche Bartholomée. Avec tout le respect que je dois à mon patriarche, je dois dire que je suis d’accord avec la position exprimée par le Patriarcat de Moscou sur le fait que l’Ukraine fait partie de l’Église russe »

Mgr Kallistos Ware (né Timothy Ware ) est évêque métropolite de l’Église Orthodoxe dépendant du Patriarcat œcuménique de Constantinople, en Grande Bretagne. Il est l’auteur d’ ouvrages de référence sur l’Église et la Foi chrétienne orthodoxe.

De 1966 à 2001, il a été conférencier en Études orthodoxes à l’Université d’Oxford. Depuis 1982, il est évêque titulaire de Diokleia. En 2007, il est devenu Métropolite titulaire de Diokleia.

 

Interrogé sur ce qu’il pense de la situation en Ukraine, le métropolite Kallistos note d’abord que c’est « extrêmement grave », qu’il en est très affligé et qu’il a du mal à imaginer le dénouement qui va en résulter.

Il exprime ensuite son désaccord avec le Patriarcat de Constantinople, dont il est membre : « Bien que je sois métropolite du Patriarcat œcuménique, je ne suis pas du tout du tout satisfait par la décision prise par le patriarche Bartholomée. Avec tout le respect que je dois à mon patriarche, je dois dire que je suis d’accord avec la position exprimée par le Patriarcat de Moscou sur le fait que l’Ukraine fait partie de l’Église russe. En effet, la métropole de Kiev a été transférée de l’omophore du Patriarcat œcuménique à celle du Patriarcat de Moscou par une décision de 1686. Ainsi, depuis 330 ans, l’Ukraine fait partie de l’Église russe ».

Et, comme beaucoup d’autres hiérarchies, primats et synodes, le métropolite Kallistos s’oppose ensuite au caractère unilatéral de telles actions, en particulier la révocation des documents de 1686, et ajoute : « C’est un fait historique que l’Ukraine a appartenu à l’Église russe ». Il fait aussi remarquer que donner l’autocéphalie à Philarète (Denisenko) et Macaire (Maletich), les dirigeants du « Patriarcat de Kiev » et de « l’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne » respectivement, qui se sont rassemblés et que Mgr Kallistos nomme « évêques schismatiques », est une erreur.

Et encore une fois, en résonance avec tant d’autres voix du monde orthodoxe, le métropolite Kallistos suggère de convoquer une réunion pan-orthodoxe des primats – pas seulement de Constantinople et de Moscou, précise-il, et peut-être même une prolongation du Concile de 2016 en Crète. Selon lui, la bonne marche à suivre est d’organiser une réunion pan-orthodoxe.

 

Cependant, le métropolite Kallistos dit ne pas pouvoir non plus être d’accord avec la réponse de l’Église russe aux agissements de Constantinople : « En même temps, je suis préoccupé par les mesures prises par le patriarche de Moscou, le patriarche Cyrille et l’Église de Russie. Je suis consterné qu’ils aient rompu la communion avec Constantinople. Je crois que cette discussion sur la situation en Ukraine doit être considérée dans un esprit d’amour fraternel, sans aucune rupture de communion. Je ne peux donc pas être entièrement d’accord avec l’une ou l’autre partie. Et je prie pour qu’il y ait une réconciliation ».

En cela, Mgr Kallistos est en accord avec Sa Béatitude Anastase, archevêque de l’Église d’Albanie, qui a également exprimé ses profondes inquiétudes face aux actions de Constantinople mais aussi son mécontentement devant la réponse de l’Église russe.

Source: orthodoxie.com

 

 

« Que cela plaise ou non, l’Église-Mère de l’Ukraine est le Patriarcat de Moscou »,

« Que cela plaise ou non, l’Église-Mère de l’Ukraine est le Patriarcat de Moscou », a déclaré l’archevêque de Boyarka Théodose (Église orthodoxe d’Ukraine)
 l’archevêque de Boyarka Théodose (Église orthodoxe d’Ukraine)

« Nous avons toujours, au cours d’un millénaire, été une seule Église. Des fonts baptismaux de Kiev en 988 a surgi l’Église russe qui a répandu la foi évangélique et la vie ecclésiale sur tout le territoire de la Russie d’alors » a déclaré l’archevêque Théodose, vicaire du diocèse métropolitain de Kiev. Comme celui-ci l’a rappelé, l’ancienne Église russe était, du point de vue canonique, un diocèse métropolitain du Patriarcat de Constantinople.

Ensuite, consécutivement aux guerres et aux destructions, la résidence du métropolite de Kiev et de toute la Russie a été transférée à Vladimir, puis à Moscou. « Le transfert du centre dirigeant de la Métropole de Kiev a été confirmé officiellement par le Synode patriarcal de Constantinople.

Ensuite, au XVème siècle, en raison des événements historiques, la métropole de Russie occidentale, avec Kiev, a été séparée du reste de l’Église russe. Cette séparation a duré presque 230 ans, et au XVIIème siècle, l’unité a été rétablie.

C’est ainsi que, spirituellement, nous avons toujours été une seule Église. Administrativement, il en était différemment » .

À la fin du XXème siècle, après l’effondrement de l’URSS et la création d’un État ukrainien indépendant, l’Église orthodoxe d’Ukraine est devenue indépendante, recevant les droits d’une large autonomie et la pleine indépendance dans son administration. En fait, notre Église ukrainienne a reçu des droits qu’elle n’avait jamais eus dans l’histoire.

Ce faisant, il reste à l’Église orthodoxe d’Ukraine un plein lien spirituel et canonique avec toute l’Église russe ».

 

Il a également précisé pourquoi l’Église orthodoxe russe est l’Église-Mère pour Kiev : « Dans la terminologie juridique ecclésiastique, l’Église-Mère (ou kyriarchique) est le Patriarcat ou l’Église locale, dans la composition de laquelle entre à un moment donné un territoire ecclésiastique, canoniquement et administrativement.

Ce n’est nullement l’Église de laquelle a été reçue en son temps la foi orthodoxe.

Dans une telle logique, l’Église kyriarchique pour l’ensemble du monde orthodoxe serait maintenant l’Église de Jérusalem. Et nulle autre. Mais ce n’est absolument pas ainsi.Pour l’Ukraine aussi, l’Église kyriarchique est l’Église orthodoxe russe, que cela plaise ou non », a déclaré l’archevêque Théodose.

Selon ses explications, même si l’on prend en compte que certains historiens du Phanar contestent le changement d’obédience de la métropole de Russie occidentale au XVIIème siècle, cela ne change rien : « Les règles canoniques déterminent une prescription trentenaire relativement à l’intangibilité de la soumission canonique d’un territoire à un évêque défini. C’est le fait de cette soumission qui compte, sans matière à polémique. Afin qu’il n’y ait pas de querelles et de désordres dans l’Église. Et ici plus de 300 ans se sont écoulés ».

L’archevêque. Il a également souligné que l’Église orthodoxe d’Ukraine dispose de possibilités et de droits d’une large autonomie bien plus grands que beaucoup d’Églises orthodoxes qui ont le statut autocéphale. « C’est un fait objectif et important : les droits d’indépendance de notre Église sont bien plus grands que dans de nombreuses Églises orthodoxes autocéphales. La majorité des fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine le comprennent. Ils le comprennent et l’estiment. En même temps, ils estiment aussi l’unité spirituelle avec tout le plérôme de l’Église russe, fondée par le saint prince Vladimir… En cette étape historique, la majorité écrasante de l’épiscopat, du clergé et des fidèles de notre Église sont satisfaits de son statut canonique et n’ont pas initié son changement.

Et je suis certain que faire de l’Église une monnaie d’échange dans des jeux politiques, cela, le peuple de Dieu, ne le laissera faire à personne » a conclu l’archevêque Théodose.

Jivko Panev

Ce qu’il y a derrière le schisme orthodoxe entre Russie et Ukraine

Le patriarche Philarète, de l'Église orthodoxe ukrainienne donne une conférence de presse à Kiev, le 11 octobre 2018. | Genya Savilov / AFP
Le patriarche Philarète, de l’Église orthodoxe ukrainienne donne une conférence de presse à Kiev, le 11 octobre 2018. | Genya Savilov / AFP

C’est plus qu’une simple guerre de clochers.

L’orthodoxie, cette galaxie chrétienne mal connue de plus de 250 millions de fidèles, sort brutalement de son sommeil à l’est de l’Europe. Elle résonne à nouveau d’un vocabulaire de guerre –«schisme», «anathème», «excommunication»– qu’on croyait enfoui dans les tréfonds de la mémoire la plus archaïque. Moscou et Constantinople, les deux «patriarcats» historiques de l’orthodoxie, en viennent aux mains –au sens propre quand ils se disputent la propriété de cathédrales et d’églises– à propos de la situation religieuse en Ukraine.

Mais en Ukraine, le religieux et le politique ne font souvent qu’un et derrière ce qui a tout l’air d’une simple «guerre de clochers», se cachent en fait des enjeux d’ampleur historique et symbolique. Il en va du sort de ces Églises orthodoxes en Russie et en Ukraine hier persécutées sous le joug soviétique et redevenues très influentes. Puis de l’avenir de relations déjà très abîmées entre Kiev et Moscou. Enfin, du devenir de cette puissante orthodoxie russe, bras droit religieux de Vladimir Poutine dans son entreprise de réarmement moral interne et d’expansion externe.

Par son énoncé même, le casus belli d’aujourd’hui résonne de manière sibylline à des oreilles peu exercées. Entouré de son Saint-Synode, le patriarche de Constantinople, primat d’honneur de l’orthodoxie mondiale, vient de reconnaître l’autocéphalie (indépendance canonique) de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Qu’est-ce que cela veut dire?

 

La poudrière religieuse de l’Europe

Pays tiraillé depuis des siècles entre l’orthodoxie russe et l’Occident catholique, l’Ukraine est un patchwork de confessions rivales et concurrentes. Après la chute du communisme, elle est devenue l’une des poudrières religieuses de l’Europe, au cœur des affrontements entre pro-russes et pro-européens.

Laissons de côté d’abord l’Église gréco-catholique (de rite byzantin, mais rattachée à Rome et au pape), grande victime de la terreur soviétique, réhabilitée –non sans mal–, restaurée et vivante. L’essentiel de la discorde actuelle oppose, d’un côté, l’Église orthodoxe dite du «patriarcat de Moscou», dépendance directe de la Russie, rare survivance de tous les redécoupages institutionnels de l’empire soviétique. De l’autre côté, l’Église orthodoxe dissidente dite du «patriarcat de Kiev» qui, depuis l’indépendance de 1991 (où elle a rompu avec l’orthodoxie russe), milite ardemment pour détacher le pays de toute influence de Moscou et le rapprocher de l’Union européenne, soutient le président Petro Porochenko anti-russe comme elle avait soutenu la «révolution orange» de 2004 et les émeutes de Maïdan en 2014.

C’est l’aboutissement d’une guerre de près de trente ans menée par Moscou contre l’Église dissidente du patriarcat de Kiev.

C’est cette dernière Église indépendante que vient de reconnaître officiellement et pour la première fois le patriarcat de Constantinople. Ce qui, pour le patriarcat orthodoxe de Moscou et pour le Kremlin, équivaut à un acte de trahison sans précédent. Depuis l’indépendance de l’Ukraine, le pouvoir russe –Église et État confondus– faisait tout pour retenir dans son orbite une orthodoxie ukrainienne qui lui fournit plus du tiers de ses paroisses et une grande partie de ses finances, mais qui était travaillée par de dangereuses tentations d’autonomie.

L’épisode d’aujourd’hui est donc l’aboutissement d’une guerre de près de trente ans menée par Moscou contre cette Église dissidente du patriarcat de Kiev qui a repris à l’Église officielle une grande partie de son clergé, de ses fidèles, de ses finances et de ses églises. Il constitue surtout un rebondissement de la guerre pour le leadership de l’orthodoxie que se livrent les patriarcats de Moscou et de Constantinople. Depuis la fin de l’Union soviétique, l’Église orthodoxe de Russie renaissante (plus de 100 millions de fidèles, soit le tiers des orthodoxes dans le monde) dispute férocement au patriarcat de Constantinople sa domination historique sur l’orthodoxie mondiale, alors même que le patriarcat de Constantinople (Istanbul) ne cesse de s’affaiblir. Son patriarche est quasiment sans troupes et captif de la Turquie dans un palais d’Istanbul, cette mégapole musulmane à cheval sur l’Europe et l’Asie où ne demeure plus qu’une poignée de chrétiens grecs-orthodoxes.

À Moscou donc, la force numérique et politique. À Constantinople, la force symbolique et historique. Les conflits de juridictions se multiplient entre les deux aux marches de l’ex-empire soviétique (Ukraine, mais aussi Estonie); la «diaspora» orthodoxe en Europe et en Amérique fait l’objet d’une compétition sans merci entre les deux patriarcats, dont la récente inauguration à Paris par Vladimir Poutine d’une cathédrale russe est un épisode spectaculaire.

Le berceau du christianisme russe

On ne peut pas comprendre la violence de cet affrontement sans remonter à l’histoire et à la situation géopolitique particulière d’un pays comme l’Ukraine. C’est sur cette terre qu’est né le christianisme slave. En 988, le prince Vladimir de Kiev se fit baptiser dans les eaux de la Dniepr et évangélisa l’ancienne Russie (la Rous). C’est un acte fondateur, encore célébré aujourd’hui à la fois en Russie et en Ukraine. Depuis, au fil des siècles, l’Ukraine a été ballotée entre l’hégémonie russe à l’est et l’influence des puissances (grand-duché de Pologne et de Lituanie, empire des Habsbourg) qui ont dominé le centre du continent européen.

Quand, à la fin du XVIe siècle, les forces venues de l’ouest et des papes de Rome réussissent à reconquérir des territoires orthodoxes et à faire avec eux une «union» (unya) lors du traité de Brest-Litovsk (1596) –acte de naissance de l’Église gréco-catholique dite «uniate»–, s’ouvrent quatre siècles de violents affrontements entre orthodoxes et catholiques. Cette reconquête catholique dans les terres orthodoxes de l’est européen et des Balkans (il y a aussi des Églises gréco-catholiques en Roumanie, en Slovaquie, à la frontière orientale de la Pologne) est restée une écharde dans la mémoire orthodoxe. Jusqu’à aujourd’hui. Les papes de Rome Jean-Paul II, Benoît XVI et François n’ont jamais pu se rendre à Moscou.

L’Ukraine, une écharde au cœur de la Russie

C’est le camp orthodoxe lui-même qui est fracturé aujourd’hui, et ce depuis l’effondrement de l’Union soviétique et l’indépendance de l’Ukraine. Entre l’Église orthodoxe officielle, courroie de transmission de la Russie, et l’Église dissidente, nationaliste et anti-russe, dirigée par le très contesté patriarche Philarète, 89 ans, corrompu jusqu’à l’os, marié et père de famille (ce qui est interdit pour un évêque) qui, jusqu’à aujourd’hui n’était pas reconnu par le reste de l’orthodoxie mondiale, la guerre est désormais à couteaux tirés.

Pour Moscou, l’Ukraine fait partie de son «territoire canonique» dans ce que le Kremlin et le patriarcat solidaires appellent la «Russie historique». La vision religieuse du patriarche Cyrille de Moscou rejoint en effet, au kilomètre près, la vision géopolitique, nationaliste et anti-occidentale de Poutine. Le patriarcat de Moscou est la seule institution à avoir gardé ses frontières de l’ex-État soviétique: il compte 100 millions de fidèles en Russie, 30 millions en Ukraine, 10 millions en Biélorussie, 4 millions dans les États baltes. La perte de l’Ukraine serait une écharde au cœur religieux de la Russie.

Comment oublier que l’orthodoxie est un pilier de l’identité nationale russe, qu’en Russie, même si la pratique religieuse n’est pas plus élevée qu’en France, l’appartenance nationale et l’appartenance religieuse ne font qu’un? L’écrivain Soljenitsyne disait déjà: «Si nous les Russes, nous en venions à tout perdre –territoires, populations, gouvernement–, il nous resterait encore et toujours l’orthodoxie».

 

Vladimir Poutine et l’actuel patriarche Cyrille de Moscou se rejoignent dans cette même vision d’une orthodoxie comme ferment de la «civilisation russe» face à la décadence européenne et occidentale. Pour eux, c’est ce ferment qui doit librement s’exercer dans des pays comme, outre la Russie, l’Ukraine ou la Biélorussie qui constituent le même espace spirituel, celui de la Sainte Russie issue du baptême de Kiev. Autant dire que Moscou n’est pas prêt de céder la moindre parcelle de son leadership sur l’Ukraine, promue au rang de gardienne des frontières spirituelles et des valeurs de la vieille et sainte Russie.

 

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