EXETER et BAYEUX-LISIEUX Colloque février 2017

En 2007, nous fêtions le 25e anniversaire du jumelage entre les deux diocèses à l’église St Gilles de Caen en présence de Mgr Michael Langrish, Mgr John Ford, Mgr Pierre Pican et des représentants des différentes confessions chrétiennes du Calvados. Pourtant, les liens qui unissent nos deux diocèses sont antérieurs à l’année 1982.
•Des démarches débutèrent en 1978 pour aboutir à un lien entre les deux diocèses.
•Ce lien fut établi en 1980
•C’est le lien le plus ancien qui existe entre Exeter et d’autres diocèses du monde.

En 2017 Mgr boulanger et l’équipe de Bayeux-Lisieux prennent le ferry pour rejoindre Exeter

 

Pour voir l’ensemble de l’article suivre le lien


 

50 ans du Renouveau charismatique dans l’église catholique

Le père Laurent Fabre, fondateur de la communauté du Chemin Neuf qui a en a été le responsable jusqu’en 2016, revient sur sa découverte du « baptême dans l’Esprit » dans les années 1970 et sur l’intégration du Renouveau charismatique dans l’Église catholique.

Comment avez-vous découvert le Renouveau charismatique ?

J’étais jeune jésuite et j’étudiais alors à la faculté de théologie sur la colline de Fourvière à Lyon. Nous avions la joie d’accueillir dans ma fraternité, un étudiant américain, Mike Cawdrey qui était membre du Renouveau Charismatique aux États-Unis. En 1967, en effet, un groupe d’étudiants catholiques de l’université de Duquesne, fondée par des Spiritains – ça ne s’invente pas ! – avait fait, grâce à des pentecôtistes, l’expérience du baptême dans l’Esprit.

Très vite, de nombreux groupes de prières s’étaient créés autour de cette expérience initiale et Mike, notre Américain à Lyon, en faisait partie. Il nous parlait tout le temps du Saint-Esprit, à tel point que cela nous énervait un peu. Il faut dire qu’on revenait de loin. À l’époque, on n’en parlait pas tellement dans l’Église. Le concile de Vatican II avait ouvert la porte à une redécouverte de cette personne de la Trinité, mais jusque-là, selon la formule de Joseph Ratzinger, l’Esprit Saint était vraiment ce « Dieu inconnu ».

Un jour, dans une petite chapelle de la Faculté, Mike s’était mis à parler d’une drôle de manière. C’était le chant en langue, pratique que j’ignorais bien sûr à l’époque. Je me disais : « Mais il ne va pas bien ? Que se passe-t-il ? » Nous avons discuté pendant deux heures et il m’a raconté comment il avait vécu une véritable conversion et comment il vivait vraiment du Saint-Esprit désormais. Avec Bertrand Lepesant, un autre étudiant jésuite, nous avons commencé à prier avec Mike. Face à cette nouveauté, nous avons eu une réaction de bon sens, à savoir chercher dans la Bible les références à l’Esprit Saint. Et nous avons eu la conviction que nous devions vivre, à notre tour, ce baptême dans l’Esprit.

Pouvez-vous nous raconter cette expérience ?

Nous sommes donc en 1971 et nous décidons de partir trois jours en montagne au Touvet, au-dessus de Grenoble, avec Mike et deux épiscopaliens américains, arrivés là par la providence alors qu’ils se rendent à Jérusalem en stop. Pour moi, être entouré ainsi de protestants est un certain combat. Et pourtant, ça allait être – je peux le dire aujourd’hui – le plus beau week-end de ma vie. J’étais heureux d’être jésuite, heureux d’être en formation en vue d’être ordonné, mais j’allais vivre là quelque chose qui allait me transformer.

Pendant la journée, nous priions et nous parlions ensemble, passant facilement de la vie à la prière dans une sorte d’osmose. Nous étions au coin du feu et j’ai senti que c’était le moment de demander qu’ils prient pour moi l’Esprit Saint. C’est l’un des deux épiscopaliens, Moses, un juif converti, qui a prié pour moi. Je me souviens que je n’avais pas envie de devenir protestant et que j’ai récité tout haut un « Je vous salue Marie » ! Il ne s’est rien passé d’extraordinaire, si ce n’est que je n’ai pas dormi de la nuit. Je me disais : « N’est-ce pas un peu américain tout cela ? » Bertrand, lui, avait très bien dormi. J’ai proposé que nous fassions une relecture de cette expérience. J’ai expliqué tout simplement le combat intérieur que je vivais et l’un des jeunes américains m’a expliqué, tel que l’aurait fait un vieux jésuite, que plus l’on avance vers la connaissance du Christ, plus le mauvais esprit agit et met des obstacles. Cet épiscopalien me décrivait exactement ce qu’on appelle la règle 315 dans le discernement ignacien. Nous avons alors prié le Psaume 51 choisi au hasard dans la Bible et j’ai vécu le moment le plus important de mon existence. J’étais monté dans ce chalet sur cette montagne pour découvrir le Renouveau Charismatique et en fait, j’ai découvert à la fois que j’étais pêcheur et l’amour très profond de Dieu pour moi. Je pleurais, faisant l’expérience de cette rencontre avec le Seigneur dans ma grande fragilité. Bertrand lui, souriait, tandis que les Américains, tout joyeux, lançaient des « Praise the Lord ! ». Je me disais que si quelqu’un nous voyait à ce moment-là, il nous prendrait tous pour des fous !

En redescendant à Lyon, j’ai réfléchi et écrit quinze pages de cette expérience que j’ai fait lire à mon directeur de conscience d’alors, qui a approuvé cette démarche. C’est comme cela que ça a commencé. Nous avons créé un groupe de prière, d’autres ont vécu la même chose que nous.

Comment le Renouveau Charismatique a-t-il été accueilli par l’Église ?

Dans ses débuts, la Communauté du Chemin Neuf a eu la chance d’être accompagnée par le cardinal Decourtray, archevêque de Lyon, avec qui nous nous retrouvions au moins deux heures par trimestre. Par la suite, les autres archevêques de Lyon nous ont beaucoup soutenus et cela fut pour nous une grande aide, notamment dans la crise que nous avons traversée dans les années 1995-1996.

Bien sûr, il y a eu des résistances, mais en France, particulièrement, nous avons eu de la chance. L’épiscopat français a eu dans son ensemble la sagesse d’accueillir ces communautés avec souplesse, sans chercher à les faire rentrer dans une case, et cela a porté du fruit. En Italie, la structuration du Renouveau dans une sorte de mouvement unique est presque trop forte à mon sens, tandis qu’en Allemagne, il fallait que tout passe par les paroisses.

Tout l’enjeu de l’intégration du courant charismatique dans l’ensemble de l’Église était que ces charismes à la fois ne soient pas étouffés, mais en même temps qu’ils ne dévient pas de leur but. Comme le dit Saint Paul, les charismes ne sont pas une fin en soi mais doivent construire la charité. Ils sont un don pour l’Église toute entière. À Rome, le cardinal Suenens, vis-à-vis officiel de l’Église catholique pour le Renouveau Charismatique durant trois pontificats, l’avait bien compris depuis le début. C’est lui qui avait encouragé le pape Paul VI à accueillir tous les membres du Renouveau Charismatique dès 1975 à Rome, alors que nombre de ses collaborateurs lui avaient conseillé de ne rien en faire. Je me souviens très bien, dans Saint-Pierre de Rome, des paroles prophétiques qu’il avait dites, qualifiant le Renouveau de « chance pour l’Église ».

En prenant du recul, quel a été l’apport du Renouveau à l’Église ?

Le premier aspect, reconnu par tous les évêques, c’est la vitalité insufflée dans l’Église par ce courant charismatique. Cette vitalité se traduit, entre autres, par le nombre important de prêtres venus du Renouveau, notamment de la Communauté de l’Emmanuel et qui sont donnés à l’Église. Ensuite, on pourrait parler de la formation des laïcs. Ces mêmes évêques se rendent compte que quand ils cherchent des responsables pour tel groupe, telle initiative, telle radio locale, ce sont souvent des « cadres » passés par le Renouveau qui se manifestent. Au niveau liturgique, les communautés charismatiques ont diffusé largement leur répertoire, désormais adopté dans presque toutes les paroisses. Dans ces mêmes paroisses, la prière de louange, mais aussi l’adoration eucharistique, deux pratiques ancrées dans le Renouveau Charismatique, sont maintenant bien présentes. Je note aussi un réveil missionnaire. D’une part un souci de l’évangélisation, d’autre part, un nombre important de couples et de familles qui sont prêts à tout quitter pour se mettre au service de l’Église dans le monde entier.

Certains estiment aujourd’hui que le Renouveau vit un essoufflement. Qu’en pensez-vous ?

L’histoire de l’Église est faite de renouveaux et d’essoufflements ! Il s’agit là d’un cycle normal. Concernant le Renouveau Charismatique, on peut noter une diminution du nombre de groupes de prière. De même, beaucoup de communautés ont vécu des crises plus ou moins graves et certaines d’entre elles ont disparu. De ce point de vue, je crois qu’il faut accepter que certaines choses soient faites pour être provisoires tandis que d’autres sont appelées à durer.

Parfois, des fondateurs ont voulu capter pour eux seuls l’autorité que leur donnait leur charisme et sont devenus des gourous. D’autres communautés ont survécu à des événements très douloureux car elles ont été soutenues et purifiées par l’Église.
Au Chemin Neuf, nous accueillons des membres toujours plus nombreux. Les vocations sont là. Mais l’important n’est pas tant la survie des communautés ou groupes de prière qui sont nés dans cet élan des années 70 que la transmission à l’Église entière des dons qu’ils ont reçus. Or, ce souhait de Paul VI que le Renouveau Charismatique soit une chance pour toute l’institution n’est à mon sens que partiellement réalisé. Il y a une grâce profonde qui n’a pas encore touché le cœur de l’Église.

Pourquoi ?

Je pense que le tort de beaucoup de gens est de voir le Renouveau Charismatique comme un mouvement parmi d’autres, une sensibilité.
C’est méconnaître sa nature ! La motion de l’Esprit Saint concerne toute l’Église, elle est destinée à tous les chrétiens.
Le cardinal Suenens, qui, comme nous l’avons dit plus haut, connaissait bien le sujet, l’explique en ces termes : « L’âme du Renouveau – « le baptême de l’Esprit » – est une grâce de rénovation pentecostale destinée à tous les chrétiens. Il ne s’agit pas d’un « Gulf stream » qui, ici et là, réchauffe des côtes mais d’un courant puissant destiné à pénétrer au cœur même du pays. Que nos théologiens ayant fait eux-mêmes l’expérience de « l’effusion de l’Esprit, l’analysent et la situent. Que nos pasteurs réfléchissent à ce que représente, comme possibilité de christianisation en profondeur, ce « baptême » pour les chrétiens déjà baptisés et confirmés sacramentellement. »

Je crois qu’il y a donc encore un grand travail à faire pour rendre disponible à tous le baptême dans l’Esprit Saint. C’est quelque chose que nous proposons aux fidèles dans les paroisses du Chemin Neuf, mais c’est encore trop marginal. À nous de l’expliquer, de le diffuser. C’est d’ailleurs à cela que le pape à appeler les communautés du Renouveau Charismatique en 2014 lors d’une grande rencontre : « J’attends de vous que vous partagiez avec tous, dans l’Église, la grâce du Baptême dans l’Esprit Saint. »

 

source: Communauté du Chemin Neuf_Actualité et nouvelles


 

Gagnés par le désir d’une société plus simple, les acteurs du renouveau charismatique ont été influencés par mai 68. « Je suis presque un enfant de mai 68 », témoigne  Vincent de Crouy Chanel. « C’est un esprit de fraternité qui était recherché », convient Mélina de Courcy.

Dans un contexte de crise pour l’Église catholique de France – 4 à 5.000 prêtres quittent le sacerdoce entre 1968 et 1972 – ce réveil charismatique se traduit par un renforcement de la vie fraternelle. Au début, « ces communautés nouvelles dérangent parce qu’on ne les attend pas », rappelle l’historien.

 

INVITÉS:
Olivier Landron , historien, spécialiste du catholicisme
Mélina de Courcy , co-référente de la communauté de l’Emmanuel pour les communautés de Paris et de Seine-Saint-Denis
Vincent de Crouy Chanel , diacre, membre de la communauté du Chemin Neuf

 

UN RETOUR AUX SOURCES
« Il y avait une aspiration à exprimer sa foi d’une manière proche des Actes des Apôtres, on avait envie de vivre ou de revivre ce que les premières communautés chrétiennes avaient vécu », témoigne Vincent de Crouy Chanel. Le mot « charisme » vient du grec et signifie la grâce. Au sein des communautés charismatique, les fidèles prient particulièrement l’Esprit saint, l’une des trois personnes de la Trinité.
« L’Esprit saint suscite dans nos vies cette audace, cette hardiesse, cette joie aussi de manifester au monde la bonne nouvelle du Christ ressuscité », témoigne Mélina de Courcy, membre de la plus importante des communautés charismatique aujourd’hui en France, la communauté de l’Emmanuel.

 

Ecouter sur RCF:

 

Le pape François et l’effusion de l’Esprit

Pentecôte 2017, ce sera les 50 ans après la naissance du courant de grâce du Renouveau charismatique dans l’Eglise catholique

 

Le pape s’implique personnellement dans la préparation de cet anniversaire pour lequel il veut un grand rassemblement œcuménique à Rome.
Quel est le sens de cet événement ? Décryptage.

 

En février 1967, un groupe d’étudiants catholiques de l’université du Saint Esprit à Duquesne (USA) faisait l’expérience de l’effusion de l’Esprit. C’était le début de ce qu’on a appelé le Renouveau Charismatique Catholique ou le Renouveau dans l’Esprit.

À la Pentecôte 2017, le 4 juin et les jours qui précèdent, le pape François désire célébrer cet anniversaire à Rome en rassemblant autour de lui des chrétiens de différentes dénominations, renouvelés dans l’Esprit Saint.

Cette démarche sort de l’ordinaire et s’explique par la vie même de notre pape François:

Lorsqu’il était encore cardinal de Buenos Aires, le pape François a en effet fait l’expérience de l’effusion de l’Esprit au cours d’un grand rassemblement œcuménique. Il a demandé la prière d’un groupe de responsables de différentes Églises parmi lesquels, outre le père Raneiro Cantalamessa ofm (prédicateur de la maison pontificale), se trouvaient plusieurs pasteurs évangéliques.
Le pape actuel est donc le premier pape qui, non seulement a vécu cette expérience du baptême dans l’Esprit, mais qui plus est, l’a reçue dans un contexte de communion avec les Églises évangéliques.

Ceci nous aide à comprendre l’initiative inédite du pape François pour célébrer les 50 ans du Renouveau Charismatique Catholique : il désire en faire une grande fête du Saint Esprit mais aussi une expérience de communion pour toute l’Église, en particulier avec les Églises Pentecôtistes et Évangéliques. Il rejoint ainsi les intuitions des premiers catholiques qui ont vécu le baptême dans l’Esprit et qui considéraient que le Renouveau Charismatique était une grâce providentielle pour vivre une communion nouvelle avec ceux que le Seigneur avait utilisés pour toucher l’Église catholique, à savoir les Églises Pentecôtistes et Évangéliques.

Le pape François n’a pas caché une autre intuition qui l’habite, spécialement lors des trois rencontres qu’il a eues avec des membres du Renouveau Charismatique depuis son élection. Pour lui, le Renouveau n’est pas un mouvement comme les autres. C’est « un courant de grâce ». Il reprend là l’intuition du cardinal Léon Joseph Suenens, le premier cardinal qui a été chargé de suivre le Renouveau par le pape Paul VI. Selon le cardinal Suenens, l’expérience de l’effusion de l’Esprit est destinée à tous les baptisés et est appelée à se diffuser largement pour renouveler l’Église toute entière selon la prière du saint pape Jean XXIII : « Renouvelle tes merveilles en notre époque comme une nouvelle Pentecôte. » C’est pourquoi le pape François n’a pas hésité à donner comme tâche aux membres du Renouveau de répandre largement cette grâce dans toute l’Église . Nul doute que l’évènement exceptionnel de la Pentecôte 2017 permettra au pape François de reprendre et d’approfondir cette intuition : que tous les baptisés puissent bénéficier cette merveilleuse grâce de l’Esprit Saint qu’est l’effusion pour le renouveau de l’Église toute entière.

Pour aller plus loin :

Source: http://www.emmanuel.info/actualites/rencontre-du-pape-avec-le-renouveau-charismatique/

 

 

Le pape et les charismatiques : de la samba au Jubilé d’or

Cinquante ans après les débuts du Renouveau charismatique catholique aux États-Unis, les mouvements charismatiques du monde entier se rassemblent à Rome pour célébrer leur Jubilé d’or, du 31 mai au 4 juin.

Trois rencontres avec le pape sont prévues, dont une grande veillée au Cirque Maxime. « Nous nous réunirons pour rendre grâce à l’Esprit Saint pour le don de ce courant de grâce qui est pour l’Église et pour le monde, et pour célébrer les merveilles que l’Esprit Saint a faites au cours de ces cinquante dernières années, en changeant la vie de millions de chrétiens », avait-il déclaré en 2015.

Un an auparavant, devant cinquante mille charismatiques réunis au stade olympique de Rome, il avait confié n’avoir pas perçu immédiatement les bienfaits du Renouveau lors de ses débuts en Argentine, le comparant à « une école de samba ! ». « Après, j’ai commencé à le connaître et en fin de compte j’ai compris le bien qu’il fait à l’Église », expliquait-il avant d’ajouter, non sans humour, qu’il avait été nommé quelques mois avant le dernier conclave « assistant du Renouveau charismatique en Argentine ».

Lors de ce rassemblement, le pape avait insisté sur la mission des charismatiques : « Sortez dans les rues pour évangéliser, en annonçant l’Évangile. Souvenez-vous que l’Église est née ‘‘en sortie”, ce matin de Pentecôte. […] Laissez-vous guider par l’Esprit Saint, avec cette liberté ; et, s’il vous plaît, n’emprisonnez pas l’Esprit Saint ! »

« Je vous attends tous ensemble à la Pentecôte 2017 pour célébrer le Jubilé d’or de ce courant de grâce. Une chance pour l’Eglise, comme l’a dit le bienheureux Paul VI dans la basilique Saint-Pierre, en 1975. Nous nous réunirons pour rendre grâce à l’Esprit Saint pour le don de ce courant de grâce qui est pour l’Eglise et pour le monde, et pour célébrer les merveilles que l’Esprit Saint a faites au cours de ces cinquante dernières années, en changeant la vie de millions de chrétiens. »  Pape François, vendredi 3 juillet 2015

 

Certains membres de la Communauté du Chemin Neuf participeront à Rome aux rencontres du mercredi 31 mai au dimanche 4 juin. Pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité de venir, voici les lieux qui permettent de suivre à distance les événements de la rencontre:

Le programme détaillé de la rencontre est disponible sur le site du Jubilé.


 

Pour mieux comprendre ce qui est en jeu, lire l’entretient  Laurent Landete, modérateur international de la communauté de l’Emmanuel avec le magazine « vie chrétienne », qui  revient sur les dons et les défis du Renouveau dans la vie de l’Église aujourd’hui  en suivant le lien ici

 

 

Decès de Jeanne CARBONNIER

Mlle Jeanne CARBONNIER
est décédée le 12/05/2017, à l’âge de 96 ans.
La cérémonie sera célébrée le 18/05/2017, à 14 heures, Église Saint-Joseph à Rouen (76000).
 
Jeanne Carbonnier catholique née en 1920, dans un foyer mixte, d’un père protestant et d’une mère catholique, était une pionnière de l’œcuménisme sur Rouen.
Voici ce qu’elle disait de son parcours à Unité des Chrétiens en 2013
 
q: Qu’a représenté dans votre vie votre engagement au service de l’unité des chrétiens ?
 
J’ai trouvé dans le mouvement œcuménique des responsabilités, des contacts avec les Églises – la mienne : les archevêques de Rouen, Mgr Pailler et Mgr Duval en particulier, ont toujours été très accueillants ; mais aussi les autres Églises avec lesquelles il m’a été donné de travailler. C’était ma famille !
L’épanouissement du vécu œcuménique des Églises, la progression de la marche vers l’unité de leurs responsables à tous niveaux, de leurs fidèles, dont je n’aurais même pas osé rêver lors de mes premières années de découverte à l’Amitié, était une joie constante.
C’était aussi une joie pour moi de rencontrer enfin les protestants au plan religieux, de prier avec eux, alors que cela m’avait été impossible dans mon enfance. Par exemple, mes relations avec une tante protestante de Mulhouse, qui avait toujours été très respectueuse de ma confession et d’une grande discrétion, ont pris une tout autre coloration, faisant place à des échanges sur notre foi qui nous ont apporté à toutes deux beaucoup de joie.
Sources : revue Unité des Chrétiens, N°169 – janvier 2013 Unité des Chrétiens
Pour voir l’intégralité de l’article: ici

Lendemain d’élection

J’adresserais volontiers à Emmanuel Macron ces lignes qu’en 1520, Luther écrit au Pape :

« Que fais-tu dans cette curie ? Infortuné Léon, tu sièges sur le plus périlleux des trônes […] Garde toi de prêter l’oreille à ces sirènes qui font de toi quelque chose de plus qu’un homme ordinaire, presque un dieu […] ne te laisse pas séduire par ceux qui font de toi le maître du monde ».

 

Luther dénonce les tentations et les illusions qui guettent les puissants. Il les appelle à l’humilité et au service.
Notre nouveau président a employé ces deux mots dans son allocution de dimanche soir ; j’espère qu’il ne s’agit pas pour lui seulement de mots.

 

Dans sa lettre de 1520, Luther s’en prend violemment à la curie romaine. Il serait injuste d’en faire de même pour la classe politique. On y trouve le meilleur (le dévouement) et le pire (la corruption).

 

Que la défaite suscite de l’amertume, des rancœurs et le désir de revanche ne me choque pas. Par contre, j’ai peur des passions, des excès de langage, des simplifications abusives des campagnes électorales. On y parle trop souvent, par exemple, de la souveraineté nationale, de l’Europe, de la mondialisation (la liste n’est pas complète) comme d’anges à honorer ou de dragons à abattre.
Le récit de la Genèse enseigne que les réalités de ce monde ne sont ni divines ni démoniaques. On ne doit ni les encenser ni les anathématiser, mais les désacraliser, les « démythologiser », pour en faire un bon usage et les mettre au service des humains.

 

André Gounelle
(pasteur, professeur honoraire de l’Institut Protestant de Théologie (Montpellier))

 

              via « Regards protestants« 

Visite du patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée à Taizé

Visite du patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée à Taizé 
mardi 25 avril 17

Dans l’église de la Réconciliation, il lance un appel à s’engager pour ce « ministère de communion » entre chrétiens : « Si nous ne nous devions employer qu’une seule image, nous utiliserions celle de la guérison. Réconcilier revient avant tout à guérir les maux de l’histoire, les cicatrices du temps, les incompréhensions mutuelles, les conflits de mémoire, les haines fratricides. En ce sens, la division entre chrétiens à laquelle nous entendons répondre en priant pour l’unité des Églises est une blessure spirituelle, aux responsabilités partagées – acceptées ou non. De fait, à l’ère œcuménique et à l’heure de la recherche de l’unité, il ne peut y avoir de réconciliation sans pardon. D’ailleurs, pour saint Jean Chrysostome, la réconciliation ne souffre pas l’attente. Si nous voulons être de véritables acteurs de réconciliation, nous devons prendre nos responsabilités, et être prêts à faire le premier pas. »

Texte complet: http://www.taize.fr/fr_article21841.html #taizé #Bartholomée#Oecuménisme #Unité

 

Agriculture biologique : des monastères se convertissent

12 MARS 2017

La pasteure Marie-Odile Wilson se réjouit que les communautés chrétiennes aiguisent leur sensibilité écologique.

Publié dans le journal protestant:
Le choix de l’agriculture biologique

 

Un article du journal La Croix de la mi-février fait état du passage récent et enthousiaste à l’agriculture bio de l’abbaye de Notre-Dame de Maylis dans les Landes, dont les moines suivent ainsi l’exemple d’une grosse poignée d’autres abbayes en France, engagées sur ce chemin depuis plus ou moins longtemps, comme les bénédictins de la Pierre-qui-Vire dans le Morvan.

Ce qui paraît intéressant ici, c’est ce qui a provoqué le déclic de cette communauté il y a trois ans. Il a fallu une rencontre entre deux facteurs : une infestation d’un charançon résistant aux traitements chimiques, et la parution de l’encyclique Laudato si’ (2015).

La réalité de la vie confrontée à la puissance de la parole, voilà qui devrait donner courage et audace à tous les prédicateurs du monde ! Certes, l’exhortation ne suffit pas toujours, hélas, à faire changer le regard de ses auditeurs, mais il arrive parfois que, confrontée à la réalité, elle germe et produise alors, comme dans cet exemple-ci, une conversion dans la réflexion, suivie d’une transformation radicale de l’action.

Dans ce cas précis, la conversion est effectivement profonde, puisque les moines ont choisi de passer de l’agriculture intensive et chimique à la permaculture. Nous pourrions le lire comme une parabole de ce que nous sommes tous, à notre place, appelés à faire.

 

Spiritualité, culture et attention

En effet, quand le frère Joseph déclare : « Avant, nous cherchions à protéger la plante, maintenant, nous nous demandons comment nourrir le sol », nous pouvons y entendre une invitation à penser plus globalement notre action, non plus sur le court terme, la productivité, et ce quels que soient nos champs d’activité, que sur le long terme, la préservation, le respect, le soin. Et cela vaut aussi pour nos relations humaines.

Il n’est plus question de prise de pouvoir, de possession, mais de mise en relation, et ici tant au niveau des plantes que des humains. Car il est question de l’attention à ce qui peut permettre au sol d’être mieux nourri, grâce aux végétaux que l’on y fait pousser, d’attention à la plante elle-même que l’on veut produire, en lui adjoignant des aides, des plantes – compagnes qui lui feront du bien. Voilà qui pourrait aussi fort utilement s’appliquer à notre société, à notre environnement humain.

En outre, ce mode de culture appelle à une mise en réseau entre les différents acteurs, localement pour le bon fonctionnement des choses : animaux, plantes et humains agissant en synergie pour obtenir un résultat optimal. Mais aussi réseau plus large entre utilisateurs de bonnes pratiques, pour le partage des découvertes, des méthodes, des processus.

 

Écologie et interdépendance

Cela aussi est un beau modèle de société. C’est le frère Joseph qui déclare encore dans l’article : « C’est un nouveau regard sur le frère et sur Dieu. » Voilà donc une belle démonstration de ce lien indéfectible que l’on a trop voulu ignorer dans les dernières décennies, entre l’humain, la nature et la spiritualité. Il ne s’agit de rien d’autre que de viser à notre cohérence interne, à retisser notre unité intérieure, entre notre physiologie, notre action et notre foi.

C’est sans doute cette unité-là qui nous aidera à éviter de tomber dans les tentations multiples de notre monde, individualisme, consumérisme à outrance, prise de pouvoir sur la nature et sur le frère.

Il est bon, utile et urgent de redécouvrir notre interdépendance, elle s’exprime sur de nombreux axes de notre vie.

Il est bon, utile et urgent d’en prendre grand soin, aussi bien pour nous, individuellement, que pour notre société, comme pour la Création.

Il est aussi réjouissant de voir que des communautés chrétiennes prennent leur part dans ce travail de fond-là, pour nourrir notre terreau commun, pour être le levain de la pâte, le sel de la terre, pour nous inviter, nous aussi à entrer dans ce cheminement-là.