A propos geo

Marié, Catholique, membre engagé de la Communauté de Chemin Neuf, membre du CA de l'Association Chrétienne Oecuménique de Normandie.

Eglise et unité VIId_Le concile de Trente

Deuxième session:

Huit sessions, du 1 mai 1551 au 28 avril 1552.

 

 

Jules III, succède à Paul IV en 1550
En 1542, on lui avait confié le travail préparatoire à la convocation du concile de Trente.
 En février 1545, il fut nommé le premier président du concile. Il y représentait les intérêts pontificaux contre l’empereur Charles-Quint.
Prié par l’empereur de rouvrir rapidement le Concile, il donne son accord et dans une Bulle, datée du 13 novembre 1550, il ramène le concile de Bologne à Trente et ordonne qu’on y reprît les séances le 1er mai 1551.

 

 

Charles Quint force ses États protestants à dépêcher des représentants au concile. Seuls les ducs de Saxe et de Wurtemberg, l’électeur de Brandebourg et la ville de Strasbourg s’y plient. Sitôt arrivés, les ambassadeurs protestants posent leurs conditions, qui sont rejetées par le concile qui, au contraire, réaffirme le dogme de la transsubstantiation. Parallèlement, les Pères espagnols et la papauté s’opposent sur la réforme disciplinaire des clercs.

Les discussions portèrent sur l’Eucharistie, la pénitence, l’extrême-onction, et sur des questions juridiques, sans oublier toutefois, de jeter l’anathème contre les thèses de Zwingli et de Luther.[1]

En 1552, les États protestants et Henri II déclarent la guerre à Charles Quint. L’armée de Maurice de Saxe qui dirige la ligue de Smalkalde[2] menace le sud de l’Allemagne.
Le Concile est suspendu de nouveau le 15 avril 1552 parce que les évêques français ne peuvent pas y participer et que, pour échapper à ses ennemis, l’empereur doit fuir d’Innsbruck et signer la paix de Passau, défavorable aux impériaux
Le 28 avril, le concile est levé et évacue la ville.

 

Le nombre de votants n’a pas dépassé les 65 pendant cette deuxième session.

 

[1] Textes et décrets du concile: http://lesbonstextes.awardspace.com/trentetabledeschapitres.htm

[1] La ligue de Smalkalde  est une union militaire au sein de l’Empire romain germanique de Charles Quint, formée  en 1531, par des princes protestants allemands du Nord dirigés par Philippe de Hesse, puis l’Électeur Jean-Frédéric de Saxe. Ces princes ont besoin d’appuis supplémentaires. La ligue demande alors l’aide du grand rival de l’Empereur, le roi de France François Ier, puis Henri II

 

 

Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens

06

 

A ROUEN

Célébration œcuménique

au Temple st Eloi à Rouen le samedi 20 janvier à 16h.

Le Pasteur James Lowe conduira la célébration
 Mgr Dominique Lebrun assurera la prédication.

 

Les échanges de chaires sur le diocèse :

A Rouen :
21 janvier 10h30 : la paroisse de l’Eglise Protestante Unie de France de Rouen va à la cathédrale avec prédication du Pasteur Lowe.
28 janvier 10h30 : la paroisse Catholique de Rouen-Centre va au Temple st Eloi avec prédication du Père Gérault curé de ND de Rouen Centre .

 

A Elbeuf :
21 Janvier 10h30 : la Paroisse Catholique d’Elbeuf va au temple d’Elbeuf avec prédication du Père Duriez Curé de la paroisse ND d’Elbeuf
27 janvier 18h30 : la paroisse de l’Eglise Protestante Unie de France d’ Elbeuf va à l’Eglise de Caudebec lès Elbeuf le avec prédication du Pasteur De Putter.

 

A Luneray :
21 janvier 10h30  la paroisse Catholique va au temple de Luneray avec prédication du Père Lièvre Curé de la paroisse Saint-Ouen de Luneray – Saâne et Dun
4 février 10h30 : la paroisse de l’Eglise Protestante Unie de France  va à l’église de Luneray avec prédication du Pasteur Rossiter.

 

 

Sur RCF Haute Normandie-Rouen,

 

 

 les commentaires d’évangile à 8h45 durant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens seront assurés par :

 

  •  Mme Alice d’Anthenaise : mère de famille, catholique, engagée dans la communion du chemin neuf
  •  Le Père Luc-Marie Duprey : Prêtre catholique, prêtre référent du service œcuménique diocésain
  • Le Pasteur Luc Réaux : Pasteur de l’Eglise Evangélique Protestante du Buisson Ardent de Louvetôt (76)
  • Le Pasteur James Lowe : Pasteur de l’Eglise Protestante Unie de France de Rouen
  •  Mr Georges Fournier, ccn: Délégué à l’œcuménisme du diocèse de Rouen

A CAEN

Samedi 20 janvier 2018 de 19 h à 19h 45  
Avec l’ Eglise Orthodoxe Roumaine:
Office  d’intercession pour les victimes  de la persécution et du trafic d’êtres humains en 2017
à la chapelle du C.H.R.  14 av. Georges  Clemenceau à  Caen

 

:dimanche 21 janvier à 17h30.
Célébration œcuménique
au Centre st Pierre de Caen

 

 

 

Semper reformanda

Les protestants, dont je suis, sont les champions tous azimut de la réforme. L’année 2017 vient de nous le rappeler à satiété. Mais il ne faut pas que cette pulsion réformatrice devienne trompeuse.
Fêter les 500 ans de Luther, c’est bien. Pas seulement pour les protestants.

 

La tendance du protestantisme est assez paradoxale; les évangéliques cultivent souvent un conservatisme peu critique, là où les libéraux sont tentés de fuir en avant, confondant l’esprit de la réforme avec l’adaptation illimitée aux modes du temps présent.

Or la vraie Réforme comporte deux implications rigoureuses et exigeantes: la fidélité à l’Evangile, d’une part, le respect de la communion fraternelle, d’autre part. La fidélité à l’Evangile ne signifie pas le fondamentalisme littéraliste, mais demande de nous laisser inspirer par l’Esprit de l’Evangile. Par exemple, l’amour inconditionnel des personnes homosexuelles va dans ce sens, mais pas nécessairement l’idée d’un mariage pour tous, peu conforme à l’idée du mariage chrétien. Le respect de la communion fraternelle n’exige pas une unanimité de doctrine et d’éthique, mais la capacité de vivre ensemble des divergences pratiques et théoriques.

Entre catholiques et protestants, nous avons encore de grandes différences doctrinales, par exemple sur la question des ministères et des sacrements.
Comme protestants, nous considérons depuis belle lurette que les femmes sont tout aussi bien habilitées à exercer le saint ministère pastoral que les hommes, et qu’elles peuvent donc également célébrer tous les sacrements. Et, de même, nous reconnaissons pleinement le droit des pasteurs, hommes ou femmes, à se marier.
Nous sommes persuadés que l’Eglise catholique finira un jour par adopter de tels points de vue. Pour le moment, nous vivons ces réalités dans la divergence, sans que cela doive entraver nos relations œcuméniques.

C’est dire que l’œcuménisme n’est jamais une paisible ou insipide cohabitation entre des points de vue figés: il est toujours légitime et fécond de nous interpeller mutuellement. Je respecte le point de vue catholique; mais je ne l’estime jamais définitif ni intouchable.

Comme l’Eglise protestante, l’Eglise catholique est sans cesse à réformer.
Aimons-nous, sans jamais renoncer au questionnement réciproque.

 

Denis Müller | 06.11.2017
Théologien et éthicien protestant, professeur honoraire d’éthique à l’université de Lausanne (Faculté de théologie et de sciences des religions), et à la Faculté autonome de théologie protestante de l’université de Genève.

 

Source: https://www.cath.ch/blogsf/semper-reformanda/

Victor Hugo et la Bible

On doit au poète et romancier français, l’un des rares poèmes sur la Bible. On le trouve dans le recueil des Contemplations intitulé «Aux Feuillantines». Il relate la découverte émerveillée de la Bible par trois enfants :

… Sur le haut d’une armoire un livre inaccessible.
Nous grimpâmes un jour jusqu‘à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fîmes pour l’avoir,
Mais je me souviens bien que c’était une Bible…
Des estampes, partout ! Quel bonheur ! Quel délire !…
Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain ;
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes…

 

 

                Victor Hugo et la Bible Martin

Le jeune Hugo emprunte de nombreux ouvrages à la Bibliothèque de l’Arsenal et à la Bibliothèque royale. Les registres de prêts attestent qu’il en a sorti le 26 juin 1822 un des volumes de « La Sainte Bible contenant l’Ancien et le Nouveau Testament, traduite en français sur la Vulgate, par Lemaistre de Sacy, 1701 »
Trente ans après, le 6 juillet 1852, Victor Hugo s’est réfugié à Bruxelles. Il écrit à son épouse : « J’avais aussi des volumes très précieux, Ronsard, l’Histoire de Paris, ma Bible… Je pense que tu as tout mis en sûreté. »
On peut toujours voir aujourd’hui, dans la bibliothèque de sa maison d’exil à Guernesey (Hauteville House), la Bible de David Martin, sa préférée.

                « Une Bible par cabane »

Dans son livre « Claude Gueux », Victor Hugo dénonce la misère dans laquelle la société abandonne le peuple. C’est l’histoire d’un homme ne sachant ni lire ni écrire, sans travail qui, voyant sa famille mourir de faim, vole et est condamné à cinq ans de prison. Grâce à cette histoire vraie, Victor Hugo démontre que la société pervertit l’homme en le laissant dans l’ignorance et la pauvreté.
Son premier vœu est que la société donne accès à l’instruction gratuite et obligatoire pour tous les hommes. Cependant cela ne suffit pas : encore faut-il savoir quoi lire. Quel livre peut apporter réconfort, espérance ? Quel livre offre un message d’amour qui s’adresse à tous les hommes ? Victor Hugo reconnaît que seule la Bible a ce pouvoir d’insuffler l’espérance à un homme découragé.
Que chaque homme possède une Bible et un travail, la misère et la corruption disparaîtront. C’est le message que Victor Hugo a laissé à la postérité : « Souvenez-vous qu’il y a un livre… plus éternel que la charte de 1830 : c’est l’Écriture Sainte. Donc ensemencez les villages d’évangiles. Une Bible par cabane. Que chaque livre et chaque champ produisent à eux deux un travailleur moral. »

José Loncke

Lire l’article sur Croire et Vivre

 

un œcuménisme assumé

Les Églises réformée et catholique vaudoises renforcent l’utilisation mutuelle de leurs lieux de culte

La nouvelle convention entre réformés et catholiques sur l’utilisation des lieux de culte reflète un œcuménisme assumé.

« Nous avons adapté les procédures à la réalité. La nouvelle convention certifie que l’œcuménisme n’est pas une option, mais une évidence. Il y a trente ans, ce document aurait nécessité une longue réflexion, alors qu’actuellement il s’agit d’une simple procédure administrative », se réjouit Cédric Pillonel, secrétaire général de la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud (FEDEC-VD). Une nouvelle convention sur l’utilisation des lieux de culte entre réformés et catholiques vaudois est entrée en vigueur le 1er septembre 2017, remplaçant celle de 1984.

Des messes dans des temples et des cultes dans des églises catholiques. La nouvelle convention entre réformés et catholiques sur l’utilisation des lieux de culte reflète un œcuménisme assumé.

« Nous avons adapté les procédures à la réalité. La nouvelle convention certifie que l’œcuménisme n’est pas une option, mais une évidence. Il y a trente ans, ce document aurait nécessité une longue réflexion, alors qu’actuellement il s’agit d’une simple procédure administrative », se réjouit Cédric Pillonel, secrétaire général de la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud (FEDEC-VD). Une nouvelle convention sur l’utilisation des lieux de culte entre réformés et catholiques vaudois est entrée en vigueur le 1er septembre 2017, remplaçant celle de 1984.

« La principale nouveauté concerne l’utilisation régulière et sur la durée d’un lieu attribué à l’autre confession », souligne Xavier Paillard, le président du Conseil synodal (exécutif) de l’Église réformée évangélique du canton de Vaud (EERV). Jusqu’à maintenant, il s’agissait principalement de situations ponctuelles, comme l’utilisation d’un temple pour un enterrement catholique ou l’inverse, notamment dans des petits villages où il n’y a pas d’édifices de la confession du défunt. La convention vaut pour l’ensemble des lieux de cultes des deux Églises, sauf la cathédrale de Lausanne et l’abbatiale de Romainmôtier, et concerne les célébrations paroissiales, d’aumônerie ou de groupes particuliers, les services funèbres et les mariages.

« Notre volonté a été d’assouplir l’échange de lieux de culte et de renforcer le côté complètement réciproque de cette démarche », explique Xavier Paillard. « Nous avons également adapté le vocabulaire à la loi sur les relations entre l’État et les Églises reconnues de droit public (LREEDP), établie en 2007 », précise le pasteur.

Eviter les temples inoccupés

Actuellement, un des projets du Conseil synodal vise à réduire le nombre de cultes dominicaux afin de rassembler les participants. Les temples inoccupés pourraient-ils devenir des églises catholiques ? « Nous y réfléchissons. Si les paroisses délaissent certains édifices, la question se posera. Il serait ridicule que les catholiques construisent de nouvelles églises alors que des monuments se trouveraient inoccupés. Mais tout cela se décidera au cas par cas et avec les communes propriétaires », explique le président du Conseil synodal.

Source : Protestinfo – novembre 2017

 

ECLAIREUR DE RENCONTRE, BÂTISSEUR DE PAIX

La Lumière de la Paix de Bethléem 2017

 

La Lumière de la Paix de Bethléem est un événement scout chrétien qui se déroule chaque année pendant la période de l’Avent.
Allumée dans la grotte de la nativité à Bethléem, la lumière est rapportée à Vienne, puis transmise de main en main partout en Europe.
Elle constitue un symbole de paix.
La Lumière est une opportunité à saisir pour porter ensemble une joie et une espérance au monde ; Nous devenons ainsi ensemble des éclaireurs de la rencontre et des bâtisseurs de paix

 

 

Le Dimanche 17 décembre 2017

Diocèse de Rouen: à 14h à l’ Eglise st François d’assises à Rouen

Diocèse de Bayeux et Lisieux: à 15h00 à l’Eglise Saint Julien à Caen

Diocèse de Sées: 15h00. A l’église Notre Dame à Mortagne au Perche

(Pour les diocèses de Coutances-Avranches et Evreux, voir les groupes scouts)

 

 

 

 

Rencontres à Citeaux

Cette année de Commémoration des 500 ans de la Réforme nous réserve des rencontres inattendues. Ainsi, deux soeur consacrées de la Communauté du Chemin Neuf, une luthérienne Michaela  et une catholique Blandine, se sont-elles retrouvées à parler de Martin Luther à une petite vingtaine de Cisterciens, en octobre dernier à l’abbaye de Citeaux

 

 

L’abbaye est toute proche de Nuits-Saint-Georges (le nom fait rêver les amateurs de vin…). Après avoir croisé le frère Albéric à la porterie, nous sommes accueillies par le frère Raphaël qui s’occupe de la formation permanente. A la curiosité se mêle une légère anxiété : nous entrons dans un univers vraiment différent du nôtre. Les moines arrivent dans la salle d’enseignement, et à 18h Dom Olivier Quenardel nous introduit.

La session commence avec un bref rappel historique de la vie de Luther.

Lorsque vient l’heure de l’Office, nous découvrons une église pure, blanche, très belle. Entre le psautier, le carnet de vêpres et la petite feuille, nous avons besoin de quelques minutes pour nous y retrouver. Puis le chant grégorien de ces premières vêpres festives nous enveloppe. Nous restons muettes. C’est tout simplement magnifique.

Au dîner, Dom Olivier et frère Bertrand sont avec nous. On échange quelques nouvelles de nos communautés : Melleray, les Dombes, Thibirine… on a finalement beaucoup de choses à se dire ! Nous apprenons que les frères ont démarré une fondation en Norvège à Munkeby. Le monastère est en terre luthérienne, les moines se trouvent donc dans une situation œcuménique inédite. Nous écoutons attentivement car leur expérience nous rappelle notre propre appel : sur les lieux frontières, être signe d’unité.

La fête de la Dédicace et l’accueil d’un frère en noviciat

Ce Mardi, le 17 octobre, les moines fêtent solennellement la dédicace de l’église. La communauté a choisi cette date pour l’entrée en noviciat d’un postulant. Hier il s’appelait Laurent, mais à compter de ce jour, c’est frère Lucien. Il vient de revêtir l’habit blanc des novices. Nous assistons aux premiers pas d’un Cistercien, une nouvelle pierre vivante sous nos yeux.

A L’écoute de Luther

Patiemment, nous nous mettons à l’écoute du Réformateur. Michaela présente le Traité de la liberté chrétienne. Nous nous arrêtons sur le passage fameux du « Joyeux échange » où le Christ est représenté comme un époux qui s’unit à l’âme du pêcheur. L’image semble résonner au cœur de ces moines rompus à la lecture du Cantique des Cantiques, texte central dans la spiritualité de S. Bernard.

Nous découvrons aussi des extraits du Commentaire du Magnificat. Je bénis plusieurs fois Anne-Cathy Graber pour son livre Marie, une lecture comparée (1)!

Les heureuses coïncidences

Au fur et à mesure de nos échanges, nous commençons à entrevoir le sens profond de notre présence. Il nous semble que Dieu nous a précédées ; que, de longue date, il prépare cette rencontre.

Ainsi, les moines nous présentent un frère âgé, le frère Etienne Goutagny, qui était moine à l’Abbaye des Dombes. Pendant plusieurs années, il fut le secrétaire du groupe des Dombes. De nuit, il mettait au propre les textes pour qu’au matin les théologiens puissent reprendre le travail ensemble.

Petit à petit, une conviction grandit : « Dieu ne gâche rien ». Si, aujourd’hui, deux soeurs de la Communauté du Chemin Neuf peuvent parler du Renouveau autour de la figure de Martin Luther et des avancées oecuméniques, c’est bien parce que le Groupe des Dombes a fourni un travail théologique considérable. « Dieu ne gâche rien » : avec Michaela, nous ne faisons que redonner un fruit théologique que les Cisterciens ont eux-mêmes rendu possible en accueillant et en soutenant le Groupe des Dombes.

La joie de Dieu : « l’Office de None pour l’Unité »

Nous choisissons de conclure la semaine en priant ensemble pour l’unité des chrétiens. Avec le frère Benoît, nous préparons ce temps de prière. Il s’agit de fusionner la célébration de Lund en Suède où le Pape François avait rejoint l’évêque luthérien Mgr Junge le 31 octobre 2016 et l’office classique de None.

 

Pari osé… et réussi ! A 14h30, dans l’oratoire, nous faisons une procession avec la coupe et la patène vides, nous prononçons les cinq engagements pour l’unité tiré du texte Du Conflit à la communion, et récitons ensemble la prière pour l’Unité. L’ensemble ponctué de cinq psaumes… nous restons tout de même sur la terre liturgique des moines de Cîteaux !

Ces journées à Cîteaux nous ont aidées à mieux comprendre le lien si particulier qui existe entre vie monastique et œcuménisme. Le travail pour l’unité demande du silence, de la prière, une sorte de réserve pour se mettre à l’écoute et ne pas parler trop vite. La vie contemplative offre le socle de silence et d’écoute nécessaire au travail si délicat de l’unité. Ce n’est pas un hasard si le Père Couturier a choisi la Trappe des Dombes pour réunir les théologiens catholiques et protestants ; il ne cessait de le répéter : « Il faut que notre théologie soit ruisselante de prière ».

 

SR BLANDINE LAGRUT, CCN –
REVUE FOI N°55 DÉCEMBRE 2017-JANVIER-FÉVRIER 2018

 

 

 

[1] A. C. Graber, Marie, Une lecture comparée de « Redemptoris Mater » et du « Commentaire du Magnificat », Le Cerf, Collection Cerf Patrimoines, 2017.

 

La Communion Anglicane adopte la déclaration commune sur la justification

Le Conseil consultatif anglican a avalisé la Déclaration conjointe lors de sa rencontre en 2016 à Lusaka, en Zambie. C’est avec gratitude et « dans l’esprit de Martin Luther » que cette adhésion à la Déclaration conjointe, a été reconnue par l’Archevêque de Cantorbéry Justin Welby lors de la célébration œcuménique à Westminster Abbey en présence du Cardinal Vincent Nicholl, de Mgr Brian Farrel, secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité chrétienne, et des pasteurs Martin Junge (secrétaire général de la FLM), Ivan Abraham Williams (Conseil méthodiste mondial) et Chris Ferguson (secrétaire général de la CMER). A la suite de cette adoption, des enfants de différentes confessions ont allumé des bougies sur l’autel de l’abbaye de Westminster.

« C’est merveilleux de marquer l’anniversaire de la Réforme en soulignant le fait que toutes les Églises historiques occidentales ont maintenant une compréhension commune de la justification » a affirmé la pasteure Kaisamari Hintikka, secrétaire générale adjointe de la FLM et responsable des relations œcuméniques. « Ce qui était autrefois facteur de division est maintenant un sujet qui nous unit »

Mgr Farrell, souligna ce point de vue. « La convergence sur cette question amène les Chrétiens luthériens, catholiques, méthodistes, réformés et anglicans vers une communion plus profonde, en chemin vers la pleine réconciliation des Églises désiré par le Seigneur. »

« A l’occasion de l’anniversaire historique de 2017 les Anglicans se réjouissent de la réalisation extraordinaire qu’a été la Déclaration conjointe concernant la doctrine de la justification et tout ce que cela représente comme signe de guérison 500 ans après la division. » déclarait le directeur pour l’unité, foi et constitution de la Communion anglicane, le chanoine John Gibaut. « Les Anglicans ont étudié les questions concernant la justification dans les différents dialogues bilatéraux, avec l’Église Catholique ainsi qu’avec la communion d’Églises de la Fédération luthérienne mondiale, et nous sommes d’accord sur l’essentiel des aspects concernant notre salut en Christ. »

Dans sa prédication, l’archevêque Justin Welby a affirmé que « La reforme a ré-ouvert l’Église toute entière à des vérités éternelles qui sont indispensables, auxquelles il nous faut tous continuer d’adhérer, non seulement y adhérer mais les proposer à nouveau pour répondre aux besoins d’aujourd’hui.».

En signe fort pour cette journée, la bibliothèque de Lambeth Palace a installé son exemplaire de la Bible de Luther de 1536 sur l’autel de l’Abbaye pendant la célébration. Des musiciens et des chorales luthériennes et anglicanes ont accompagné la célébration par des chants en plusieurs langues.

 

Article de la Pasteure Jane Stranz paru sur:protestants2017.org

Lire l’homélie de Mgr Welby  ici

 lire l’article de La Croix:  Les anglicans rejoignent la déclaration sur la justification par la foi-2017-10-31

Modification de la 6° demande du « Notre Père »

La dimension œcuménique du Notre Père

En 1966, la Conférence épiscopale catholique, les quatre Églises luthériennes et réformées en France et les évêques de trois juridictions de l’Église orthodoxe en France ont décidé d’adopter une traduction commune de la prière du Notre Père récitée par leurs fidèles. Cette version dite « œcuménique » a ensuite été reçue plus largement par les différentes familles ecclésiales francophones. À ce jour, c’est celle qui est utilisée au cours des célébrations œcuméniques et, le plus souvent, celle qui est récitée au cours des offices dans les Églises qui ont cette pratique.
Dans l’Église catholique,  en lien avec la Congrégation pour le culte divin à Rome, les Conférences épiscopales des pays francophones (Afrique du Nord, Belgique, Canada, France, Luxembourg et Suisse) travaillent ensemble aux traductions en langue française. Lors de leur assemblée du printemps 2009, les évêques catholiques français ont souhaité, qu’ « après concertation avec les autres Églises ou communautés ecclésiales » la formule « et ne nous laisse pas entrer en tentation » soit adoptée pour le texte du Notre Père de la messe.

 

En septembre 2009, l’Église catholique a informé ses partenaires au sein du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) de ce projet de modifier la traduction de la sixième demande de la prière du Notre Père (à partir de l’Avent 2016) et a sollicité leur avis.

 

À l’assemblée du 25 novembre 2010, la délégation orthodoxe au CÉCEF a rappelé que les communautés qui prient le Notre Père en français ne le font pas toujours avec la version dite « œcuménique », que les orthodoxes utilisent toutefois cette traduction lors des célébrations œcuméniques, et que la formulation en projet d’adoption par l’Église catholique ne leur fait pas problème.
La délégation de la Fédération protestante de France (FPF) au CÉCEF a déclaré approuver les conclusions d’une note préparée, à la demande de son conseil : « Nous ne voyons donc pas d’inconvénient si l’on accepte la proposition soumise ». Il a ensuite été rappelé que la FPF n’avait pas mandat de ses Églises membres pour décider de la traduction du Notre Père qui doit être utilisée dans leurs liturgies propres. C’est ainsi que lors de son synode d’Avignon (mai 2014), l’Église protestante unie de France a décidé d’entamer une réflexion sur la traduction du Notre Père.
Le synode national de l’Église protestante unie de France réuni à Nancy du 5 au 8 mai 2016 recommande dans un souci œcuménique aux paroisses et Églises locales d’utiliser pour la 6e demande, la version « ne nous laisse pas entrer en tentation » retenue pour les Églises catholiques francophones.
En conséquence, le CÉCEF recommande  qu’à partir de l’Avent 2017, lors des célébrations œcuméniques, la sixième demande du Notre Père soit ainsi formulée : « et ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Emmanuel Gougaud – Prêtre du diocèse de Versailles, responsable du Service national pour l’unité des chrétiens

 

 

La nouvelle traduction de la Bible présente une modification notable de la 6e demande du Notre Père

« Ne nous soumets pas à la tentation » devient « ne nous laisse pas entrer en tentation »[1] La décision de modifier la prière du Seigneur n’allait pas de soi : d’abord parce qu’elle est la prière la plus mémorisée par les fidèles, ensuite parce que la traduction en usage a fait l’objet d’un consensus œcuménique. Il fallait donc de sérieuses raisons pour ce changement.

 

Fidélité au texte grec
Il faut d’abord dire que ce verset est très complexe à traduire. Les exégètes estiment que derrière l’expression en grec du texte de Mt 6, 13 et Lc 11, 4 se trouve une manière sémitique de dire les choses. Aussi, la formule en usage depuis 1966, « ne nous soumets pas à la tentation », sans être excellente, n’est pas fautive d’un point de vue exégétique. Mais il se trouve qu’elle est mal comprise des fidèles à qui il n’est pas demandé de connaitre les arrière-fonds sémitiques pour prier en vérité la prière du Seigneur. Beaucoup comprennent que Dieu pourrait nous soumettre à la tentation, nous éprouver en nous sollicitant au mal. Le sens de la foi leur indique que ce ne peut pas être le sens de cette sixième demande. Ainsi dans la lettre de Saint Jacques il est dit clairement : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : ‘Ma tentation vient de Dieu’, Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne » (Jc 1, 13).  D’où la demande réitérée d’une traduction qui tout en respectant le sens du texte original n’induise pas une fausse compréhension chez les fidèles.

 

Fidélité à l’esprit de l’Évangile
Cependant le problème n’est pas qu’une question de mots. La difficulté est celle d’exprimer et de comprendre (pour autant qu’on le puisse !), le mystère de Dieu dans sa relation aux hommes et au monde marqué par la présence et la force du mal. Le récit de la tentation de Jésus est éclairant. Il nous est rapporté par les trois évangiles de Matthieu, Marc et Luc, et toujours selon la même séquence, aussitôt après le baptême de Jésus dans le Jourdain. Jésus vient d’être manifesté comme le Messie et le Fils que Dieu donne à son peuple, celui sur qui repose l’Esprit Saint. Et c’est poussé, conduit pas l’Esprit, qu’il part au désert pour y être tenté par Satan. Le baptême inaugure son ministère, et l’Esprit qui demeure sur lui le conduit d’emblée au lieu du combat contre le mal. Ce combat, il le mène en délivrant les hommes de la maladie, des esprits mauvais et du péché qui les défigurent et les éloignent de Dieu et de son royaume. Cependant, au début de ce ministère, Jésus va livrer combat avec le tentateur lui-même. Combat redoutable, car c’est au cœur même de sa mission de Messie et de Sauveur des hommes, de sa mission de fils envoyé par le Père, que Satan va le tenter.

 

Une décision pastorale
On le voit, il ne s’agit pas ici simplement de l’épreuve à laquelle Dieu peut soumettre ses fidèles. Épreuve différente de celle vécue par le peuple d’Israël lors de traversée du désert. Il est dit qu’au désert, Dieu a éprouvé la foi et la fidélité de son peuple, en lui donnant chaque jour la manne à manger ; épreuve de la foi, car au jour le jour, chacun devait s’en remettre en toute confiance à la parole de son Seigneur, se souvenant qu’il est celui qui l’a fait sortir d’Égypte pour lui donner la liberté et le conduire vers une terre où ruissellent le lait et le miel. La tentation de Jésus et la prière du Seigneur nous renvoient à une autre épreuve, celle du combat à mener contre celui qui veut détourner les hommes du chemin d’obéissance et d’amitié avec Dieu leur Père.

 

La nouvelle traduction, « Ne nous laisse pas entrer en tentation », écarte l’idée que Dieu lui-même pourrait nous soumettre à la tentation. Le verbe « entrer » reprend l’idée ou l’image du terme grec d’un mouvement, comme on va au combat, et c’est bien du combat spirituel dont il s’agit. Mais cette épreuve de la tentation est redoutable pour le fidèle. Si le Seigneur, lorsque l’heure fut venue de l’affrontement décisif avec le prince de ce monde, a lui-même prié au jardin de Gethsémani : « Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi », à plus forte raison le disciple qui n’est pas plus grand que le maître demande pour lui-même et pour ses frères en humanité : « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Jacques Rideau – Ancien directeur du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS), Directeur au Séminaire français de Rome

 

[1] Article qui a fait l’objet d’une publication dans Découvrir la Tradition officielle liturgique de la Bible, AELF-Mame-Magnificat, Paris, 2013, p. 69-72.

 

 

Rencontre du groupe de travail Catholique-Orthodoxe Saint-Irénée

A l’invitation de l’Église orthodoxe roumaine, le Groupe de travail catholique-orthodoxe Saint-Irénée[1] a tenu sa quatorzième rencontre annuelle au monastère de Caraiman (Roumanie) du 4 au 8 octobre 2017.

 

La rencontre de cette année se concentra sur quelques aspects de la relation entre primauté et synodalité, afin de conclure l’étude menée en commun sur ce thème. Les contributions traitèrent du rôle des patriarcats durant le premier millénaire, de la place de l’apôtre Pierre dans la tradition ecclésiale en Orient et en Occident ainsi que du droit d’appel (ekkliton) en Orient et en Occident. Les conclusions de la rencontre de cette année furent résumées par les participants dans les thèses qui suivent.

Le rôle des patriarcats durant le premier millénaire

1)         Le célèbre modèle de la pentarchie (le gouvernement des cinq anciens patriarcats de Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem) ne fut que très rarement mis en pratique, en tant que tel. Les réserves romaines, le schisme qui suivit Chalcédoine et surtout la conquête arabe en limitèrent le fonctionnement dans les faits.
2)         Le modèle patriarcal de gouvernement ecclésial s’est superposé au système métropolitain (c’est-à-dire au modèle de gouvernement construit autour des capitales provinciales). Ce modèle s’est construit sur un enchevêtrement de facteurs complexes : la fondation apostolique, la coutume, la géographie, la politique. Son histoire est largement une histoire de compétitions et d’antagonismes.
3)         L’histoire des cinq patriarcats anciens se caractérise aussi par la recherche de l’unité de l’Église et par le souci de l’orthodoxie de la foi. Très spécifiquement, dans le contexte des conciles œcuméniques, ces cinq patriarcats ont manifesté visiblement l’unité de l’Église au sein de l’histoire.
4)         La rupture entre l’Orient et l’Occident ainsi qu’un certain nombre de tensions persistantes au sein de l’Orthodoxie (par exemple la relation entre primauté et synodalité) sont dans une certaine mesure un héritage du système patriarcal.
Thèses sur le rôle de l’apôtre Pierre dans la tradition orientale et occidentale
5)         La position de Pierre au sein du collège des Apôtres, attestée par l’Écriture, l’est également par la tradition apostolique. Dans le rite byzantin comme dans le rite romain, l’apôtre Pierre est commémoré en même temps que l’apôtre Paul, le 29 juin. Dans le rite romain, la fête des Apôtres est une solennité ; dans la tradition byzantine, plus tardive, la fête est précédée par un jeûne spécifique qui souligne le statut spécial des deux apôtres.
6)         Dès le second siècle, l’Église de Rome est associée à Pierre qui confessa le Christ et y souffrit le martyre. Très rapidement son tombeau y fut vénéré. La vénération des tombeaux de Pierre et de Paul, combinée à l’importance de Rome comme capitale de l’Empire, constitua la base du statut spécial accordé à l’évêque de Rome à partir du troisième siècle.

Thèse sur le droit d’appel (ekkliton) en Orient et en Occident

Le droit d’appel (ekkliton) est pratiqué durant le premier millénaire. Le concile Quinisexte (691-692), considéré comme œcuménique, passe en revue tous les canons antérieurs et énumère, en son canon 2, ceux qui sont toujours en vigueur. Parmi eux, on trouve le droit d’un évêque, condamné par un synode local, d’en appeler à l’évêque de Rome, conformément au synode de Sardique (343). Cette disposition constitue une base importante pour tout futur accord sur la primauté entre catholiques et orthodoxes.

[1] Le Groupe de travail catholique-orthodoxe Saint-Irénée se compose de vingt-six théologiens, treize catholiques et treize orthodoxes, provenant de plusieurs pays d’Europe, du Proche Orient et des Amériques. Il fut créé à Paderborn (Allemagne) en 2004.
La prochaine rencontre se tiendra à Graz (Autriche), en octobre 2018.