A propos geo

Marié, Catholique, membre engagé de la Communauté de Chemin Neuf, membre du CA de l'Association Chrétienne Oecuménique de Normandie.

Semaine œcuménique des Avents – Amitié entre chrétiens

 

 

Du 9 au 13 juillet 2018 à Sees,

les Avents – Amitié entre chrétiens organiseront leur session annuelle sous le thème :

« Envoyés en mission ».

Fondée sur l’envoi du Fils par le Père, l’Église reçoit mission d’annoncer la bonne nouvelle.
Au fil de l’histoire et aujourd’hui encore, cette mission a pris des formes différentes.
La session visera à interroger ces modèles et leur fondement biblique.
Comment la mission, enracinée dans le don de l’Esprit, manifeste-t-elle la nature même de l’Église ?

 

Avec l’intervention d’Eric Boone, Eric Brauns, Agathe Brosset et Marianne Seckel.

 

En savoir +

Renseignements :
Email : f.e.wild@orange.fr
www.avents-unite-des-chretiens.org

Semaine œcuménique 

La mort de Jésus, un sacrifice ? et la messe ?

 

Notre dernière rencontre sur le thème du sacrifice approche.
Nous nous retrouvons

 

Lundi 28 mai
45 rue de Buffon, à Rouen.

 

Notre soirée débute à 18 h 15 par l’assemblée générale de notre association suivie de notre rencontre sur le Sacrifice, à 20 h 15.

 

Enrichis de nos précédentes rencontres sur la notion de sacrifice, nous nous demanderons :
  • est-ce que la mort de Jésus doit être considérée comme un sacrifice ?
  • D’abord, lui-même comment l’a t-il envisagée ? concrètement vécue ? quel sens lui a-t-il donné ? Pour cela nous interrogerons en particulier les récits de la Passion.
  • Nous verrons aussi ce qu’en dit l’épitre aux Hébreux, quelle analyse elle en a fait.

 

Un pasteur protestant et un prêtre catholique nous présenterons comment cela se traduit dans nos liturgies respectives.

 

Comme d’habitude, tout ceci se fera à partir des textes de l’Ecriture, d’abord en groupes- n’oubliez pas de prendre votre Bible- puis avec des mises en commun.
Venez échanger, apporter vos propres questions, il n’est jamais trop tard pour nous rejoindre : « Venez et Voyez »
Venez nombreux et dès 18 h 15 si vous pouvez avec votre pique nique.Vous pourrez donner votre avis à l’assemblée générale et faire vos propositions pour le thème 2018-2019.

 

Une exposition sur la Bible est prévue du 6 au 15 octobre 2018, au temple Saint Eloi. 
Une réunion est organisée le lundi 11 juin à 14h30 au 45 rue de Buffon pour en parler et prévoir les animations autour de l’exposition.
site de La Bible à Rouen: ici: http://labiblearouen.org/

Les Eglises Vieilles-Catholiques vers l’unité sans l’uniformité*

*le titre est du webmestre

Le frère Marie-Elie Joseph est prêtre de l’Eglise Vieille-Catholique Mariavite, animateur de la communauté Sainte Marie à Rouen.
Il nous fait entrer dans la complexité des relations entre les différentes églises qui composent le Vieux Catholicisme, à partir de l’expérience de son Eglise

 

 

L’Eglise Vieille- Catholique Mariavite est – elle une église vieille – catholique ?
Quelques réflexions:

 

Souvent la question est posée, et en elle même elle renferme la complexité des églises vieilles- catholiques.

 

En effet celles ci peuvent se répartir en 3 vagues suivant leurs apparition :
  • l’Eglise d’Utrecht qui est la première a se séparer de Rome au XVIII° avec la consécration sans mandat pontifical par une évêque romain, Mgr Varlet qui en 1724 ordonne  premier évêque , Cornelis Steenoven .
  • puis suite au concile Vatican I et le refus de l’infaibillité pontifcale des prêtres allemands, suisse à partir de 1875 constituent des églises nationales et demandent les ordres à l’Eglise d’Utrecht qui consacre alors des évêques pour ces pays. l’Autriche viendra ensuite au XX°.
  • en 1906, aux Etats-Unis et en Pologne, deux groupes de prêtres rejettent la juridiction romaine pour des raisons de sensibilités spirituelles, et cela donnent la PNCC[1]  aux USA, et l’Eglise Vieille -Catholique Mariavite en Pologne.

 

Ces différentes Eglises sont regroupées d’abord dans une « Union d’Utrecht » en 1889 sur la base de principes théologiques ( contenu de la foi  et des dogmes définis dans les 7° conciles œcuméniques , refus des dogmes nouveaux ( mariaux) et de l’infaillibilité pontificale   ….).
L’Union d’Utrecht est donc postérieure aux différentes consécrations épiscopales et relève à la fois d’un principe organisationnel mais surtout de principes théologiques et ecclésiologiques  notamment qui veut que l’Eglise du Christ soit une communauté de communautés réunies …
L’ecclésiologie vieille -catholique tient ensemble deux piliers :
  1. la primauté des églises locales ( nationales avec leurs synodes )
  2. et la communion  des églises nationales dans un ensemble plus grand qui témoigne de la communion qui fait l’Eglise ,sur le principe des églises anciennes ( d’où le nom de  « vieux- catholiques » ) .
L’Union d’Utrecht n’est pas une Eglise en soi, ni un super archevêché : chaque évêque avec les fidèles réunis en synode est l’Eglise. Le rôle de l’archevêque d’Utrecht est de veiller à la diversité et la communion, par et au travers cette diversité. L’image qui rassemble le mieux les églises issues d’Utrecht est celle d’une famille aux origines et cultures diverses mais manifestant tous  le même attachement à «  ce qui a été toujours cru, toujours et partout » selon le principe de St Vincent de Lérins.
De ce fait les expressions de la foi peuvent être diverses selon les pays  et il n’est que de participer aux eucharisties dans les différentes Eglises vieilles catholiques pour s’en rendre compte.

 

Les Eglises dernières entrées sont aussi celles qui sont sorties de l’Union d’Utrecht :
  • -En 2003 la PNCC quitte l’Union  principalement à cause de l’ordination des femmes et les bénédictions de coupe du même sexe  et forme alors l’Union de Scranton  (siège principal de cette Eglise aux Etats-Unis).
  • En 1924 l’Eglise vieille -catholique mariavite sort de l’Union à la demande de celle-ci suite à des innovations de l’archevêque vieux-catholique mariavite de l’époque, Jean-Michel Kowalski notamment le sacerdoce des religieuses   .
  • En 1935 le chapitre général (organe regroupant les prêtres mais aussi des fidèles pour certains d’entre eux, ce qui le rapproche d’un synode)  des Mariavites dépose l’archevêque Kowalski et revient aux  pratiques primitives et un évêque primat est chargé de coordonner l’Eglise depuis le siège de Plock.

Une minorité de fidèles, de religieuses, de prêtres suivent l’archevêque Kowalski et ses innovations  et forment l’Eglise mariavite dite de « Felicianow « : le titre de l’Eglise est « Eglise catholique mariavite », leur nombre va décroitre,  et actuellement ne restent que quelques sœurs -prêtres … il est à noter que ce groupe n’appartient pas au conseil œcuménique des Eglises et qu’il est uniquement en Pologne et parfois il y a confusion avec les vieux-catholiques mariavites  …

Il serait intéressant de revenir sur cet épisode de la sortie de l’Union d’Utrecht  et sur les motifs cette sortie en les replaçant dans le contexte de l’époque notamment le climat passionnel qui agitait le milieu polonais : persécution des  vieux- catholiques mariavites  , catholicisme polonais aux expressions dévotionnelles propres liant spiritualité et identité nationale .
Notons aussi que  ,malgré l’abandon des innovations de Mgr Kowalski en 1935, la seconde guerre mondiale  et la vie sous l’emprise soviétique  ainsi que  les difficultés de communications entre les blocs ,ont empêché le retour rapide  à une normalité des relations entre Plock et Utrecht   …

 

Il faudra attendre 1972 pour que l’intercommunion entre l’Eglise vieille- catholique mariavite  et le Siège d’Utrecht (non l’Union) soit rétablie.

Cette intercommunion avec l’Eglise historique d’Utrecht, et sous la présidence de l’Archevêque qui préside à l’Union du même nom, démontre bien la proximité dans la  foi et les sacrements. D’ailleurs les archevêques d’Utrecht depuis cette date ont participé comme consécrateurs à des ordinations  épiscopales vieilles -catholiques mariavites.
De même des évêques vieux-catholique mariavites ont été co-consacréateur pour un des évêque de l’Eglise vieille-catholique Polonaise. Ce qui montre, que même en dehors de l’appartenance à l’Union, la vie sacramentelle continue entre les membres des Eglises vivant de l’ecclésiologie vieille-catholique.
En 2009 à l’occasion du centenaire de la fondation de l’Eglise vieille-catholique mariavite, l’archevêque d’Utrecht J.Vercammen, envoya une lettre à l’évêque primat de Plock  rappelant le rôle de l’Eglise d’Utrecht dans la consécration du premier évêque vieux-catholique mariavite et le renouvellement des contacts depuis les années 1970 en vue d’un « renouvellement de l’adhésion à l’Union d’Utrecht ».
La présence de l’évêque vieux-catholique polonais à cette cérémonie en est un exemple .
Et les primat vieux- catholique mariavites sont  depuis ce jour invités à la conférence des évêques vieux catholiques d’Utrecht .
En 2014 était signé par l’ensemble des évêques  vieux –catholiques mariavites et des évêques vieux –catholiques de l’Union d’Utrecht  un décret de réintégration. (http://www.utrechter-union.org/2/395/communiqué_about_the_re-admissio ).
Il était demandé aux vieux –catholiques mariavites de s’interroger autour  des aspects  des pratiques mariales et de convoquer un synode pour acter cela .

 

A ce jour cela n’est pas encore fait .

Plusieurs éléments peuvent expliquer cela :
  • le dialogue a eu lieu entre évêques et de ce fait les fidèles vieux-catholiques mariavites ,n’ont pas été informé , ce qui provoqua une inquiétude des prêtres également  .
  • si les principes du vieux catholicisme sont bien reçus chez les vieux-catholiques mariavites depuis le début ,notamment l’essence de l’Eglise locale ,l’expression liturgique et dévotionnelle propre au mariavitisme est ancrée culturellement et  il faut beaucoup d’explication de part et d’autre pour comprendre ,par exemple, la place de la Vierge Marie ,immaculée conception, assomption, rôle de Notre Dame sous le vocable de Notre Dame du Perpétuel Secours, non comme  des dogmes mais comme  « opinion théologique » ; il en est de même avec la pratique de l’adoration du Saint Sacrement .

Nous touchons là les limites d’une diversité dans l’unité .

Quelques précisions permettent de mieux comprendre  les différents  existants:
  • les formes de spiritualités polonaises qui ont perduré dans le mariavitisme  peuvent être perçues comme dépassées ou trop « romaines »  pour certains vieux-catholiques de l’Union  alors qu’elles sont fortement identitaires pour les  vieux-catholiques mariavites à la fois dans l’aspect spirituel mais aussi national ( par exemple la place de la Vierge dans l’identité polonaise).
  •  L’importance du milieu de naissance du mariavitisme  est celui d’un ordre religieux féminin : Les ordres religieux n’existent pas dans l’Union d’Utrecht ( même si cela commence à changer timidement ) et l’expression propre  de ce mode de vie         ( par exemple le rôle clef du chapitre général, la formation religieuse des mariavites avec nom de religion, habit, l’importance de la vie spirituelle ancrée sur une vie liturgique dépassant les seuls sacrements ) peut interroger des Eglises vieilles-catholiques éloignées de ces formes d’expression communautaire .
  • Le climat de tension dans la société polonaise (persécution des premiers mariavites dont le mémoire est encore vive ) , les tensions politiques (joug soviétique, communication difficile ) impliquent  imprégnation  moins rapide  aux évolutions  sociétales et religieuses des années 1960/1989 et à  une sécularisation moindre de la société .
  • Les diversités nationales dans les expressions religieuses dans l’Union d’Utrecht également (les chronologies diverses  à accepter l’ordination des femmes ) tout le monde n’avançant pas au même rythme, font que chacun de parle pas forcement du même point  .
  • Une réticence peut être chez les vieux-catholiques mariavites à accepter certains points ( ordination des femmes par exemple ) qui les avait fait exclure de l’Union en 1924 ….. là encore les mémoires sont longues à guérir .
  • La présence sur une même territoire de plusieurs entités du vieux catholicisme : en Pologne et en France il y a une église vieille –catholique et les vieux –catholiques mariavite avec chacune des évêques  d’où une réflexion sur le poids de chacune au sein de l’Union et un vrai problème ecclésiologique : doit-il y avoir qu’un seul évêque par diocèse ou peut –il y avoir des évêques liés à des rites ou des communautés particulières …

 

Notons que les choses avancent avec une volonté ferme des deux côtés :

  • le primat vieux-catholique mariavite est toujours invité aux réunions de la conférence des évêques d’Utrecht .
  • la formation des séminaristes des 2 Eglises en Pologne a lieu dans un même endroit dans une université de Varsovie  avec des cours communs aux vieux catholiques  et aux vieux-catholiques mariavites., université qui accueille ensemble des orthodoxes , des protestants , des vieux-catholiques …
  • une volonté partagée de témoigner de l’apport du vieux catholicisme avec les autres églises chrétiennes.

Il faudra certainement encore du temps pour que les choses soient clarifiées.  Mais comme nous l’avons vu les liens spirituels  et de communion existent. [2]

 

Evêques Vieux-Cathoiques Mariavites (a g Mrg Le Bec (France))

 

Les Eglises vieilles-catholiques ne sont pas monolithiques et l’exercice de l’union  est toujours périlleux car il demande du temps, de la patience de part et d’autres pour rencontrer chacun en vérité sans froisser les légitimes expressions de sensibilités religieuses.
Les choses ne peuvent évoluer qu’à partir d’un travail commun entre les vieux-catholique de Pologne mais ces derniers sont à la fois dans l’union d’Utrecht et liés par leur histoire à la PNCC de Scranton qui elle est sortie d’Utrecht (2003) .
Rappelons que ces deux Eglises ont entamé des discussions avec Rome à part de l’Union  d’Utrecht des 1983 pour le PNCC … ce qui montre bien que l’Union n’est pas une uniformité .
Et l’extension des liens intercommunion de l’Union d’Utrecht avec l’Eglise de Suède scellée récemment (2018) ne fait qu’augmenter la difficulté (femmes évêques par exemple) sur le sol polonais.

 

Alors pour répondre à la question posée au départ : les vieux-catholiques mariavites sont bien des vieux-catholiques  par l’importance qu’ils accordent à l’ecclésiologie vieille-catholique, par leur histoire avec Utrecht.
Ils ne sont plus, ou par encore, dans l’Union d’Utrecht, mais la communion sacrementelle avec l’Eglise d’Utrecht existe de fait, et l’on sait l’importance de cette communio in sacris constituant l’Eglise.
Ceci peut sembler bien complexe vu d’une position plus centralisatrice comme par exemple l’Eglise catholique romaine ; Ceci est un défi pour tous au nom de l’Unité voulue par le Seigneur et de l’urgence de la paix entre tous.

 

Fr M.Elie-Joseph

 

[1] Polish National Catholic Church (PNCCÉglise catholique nationale polonaise) est une église catholique en dehors de la juridiction du Pape. Elle est surtout présente en Amérique du Nord et rassemble environ 30000 fidèles aux États-Unis et Canada, principalement parmi les Polono-Américains. Elle est membre du Conseil œcuménique des Églises.

[2]  Officiellement, à ce jour, cela n’a été le cas que pour l’Eglise des Pays-Bas. Il existe une commission mixte pour la discussion des questions à clarifier. Le problème des relations de l’Eglise vieille-catholique des Mariavites en Pologne avec des groupes hors de la Pologne est venu se greffer aux anciennes questions.
Malgré tout, la Conférence internationale des Evêques vieux-catholiques (IBK) espère que ces difficultés pourront être aplanies et qu’ainsi l’Union d’Utrecht ouvrira à nouveau ses portes à l’Eglise vieille-catholique des Mariavites en Pologne. voir: https://sites.google.com/site/mivicafrancophoneuniondutrecht/l-oecumenisme

L’ Eglise Vieille-Catholique Mariavite

Au début, il s’agissait d’un mouvement intérieur visant à une réforme du clergé polonais, mais après un conflit avec des évêques polonais elle est devenue une Église séparée et indépendante qui compte actuellement suivant ses chiffres plus de 35 000 fidèles dont environ 5 000 familles en France

Le nom de « mariavite » vient des mots latins : Mariae vitam (imitans) – ([celui qui imite] la vie de Marie).

Histoire

Situation de l’Église catholique en Pologne sous l’Empire russe
L’histoire du mouvement mariavite remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle.
En 1887, Feliksa Kozłowska fonda une congrégation de clarisses, ordre qui fut appelé plus tard l’Ordre des Sœurs mariavites, mais qui, au début, était une communauté religieuse catholique parmi bien d’autres.
Ces organisations religieuses étaient illégales selon les lois de l’Empire russe.

Révélation de Feliksa Kozłowska – 1893-1903

En 1893 Feliksa Kozłowska, en religion sœur Maria Franciszka, reçut sa première révélation.
Plusieurs visions de sœur Maria Franciszka entre 1893 et 1918 furent recueillies en 1922 dans le volume intitulé « L’Œuvre de la Grande Miséricorde », qui est la source religieuse la plus importante pour les mariavites à côté de la Bible.
Dans sa révélation la fondatrice reçut l’ordre de se battre contre le déclin moral du monde, particulièrement contre les péchés du clergé.

 

Tentatives pour légaliser le mouvement – 1903-1906

Pour sœur Maria Franciszka et les prêtres mariavites, le mouvement qui venait de se créer devait être le moyen de fonder une mission intérieure destinée à réformer l’Église. On ne se proposait pas de créer une Église différente. Jusqu’à 1903, l’existence du mouvement n’a pas été officiellement reconnue par les autorités catholiques dans la Pologne divisée et occupée. C’est cette année-là que les provinciaux de l’ordre des mariavites décidèrent de présenter les textes des révélations et l’histoire du mouvement aux évêques de trois diocèses concernés : Płock (où sœur Maria Franciszka vivait), Varsovie et Lublin.
Les chefs du mouvement furent interrogés et les documents envoyés au Saint-Siège.
1903: Election du Minister Generalis (Ministre Général) de l’ordre, Jan Maria Michał Kowalski, qui était alors la personne la plus en vue dans le mouvement.
1904: La décision finale fut prise par la Congrégation Saint-Office en août, un mois après l’audience du pape et annoncée en décembre 1904, : les révélations de Feliksa Kozłowska étaient écartées, le mouvement était dissout et tout contact était interdit entre les prêtres et la fondatrice. Les historiens actuels reconnaissent que c’est la hiérarchie polonaise à son sommet très hostile au mouvement mariavite, qui a joué le rôle le plus important dans la prise de  décision.
Avec le temps l’attitude des mariavites changea. Au lieu d’obéir aux recommandations du Saint-Siège ils se rebellèrent contre elles.
1906: le pape Pie X prépara l’encyclique « Tribus circiter » où il approuvait la décision du Saint-Office.
En décembre 1906, Feliksa Maria Franciszka Kozłowska et Jan Maria Michel Kowalski furent excommuniés avec tous leurs disciples, prêtres et fidèles. (On comptait de cinquante à soixante mille mariavites regroupés en seize paroisses.)
Le mouvement fut légalisé par les autorités russes en tant que « secte tolérée » en novembre 1906, alors que le conflit avec la hiérarchie catholique était à son comble.

 

L’Église mariavite – Première période

1909: A Utrecht, consécration épiscopale du premier évêque mariavite. Adoption officielle du nom d’Église vieille-catholique des mariavites.
1912: Reconnaissance comme une Église particulière et indépendante. Choix de la langue locale comme langue liturgique.
1921: La mort de Feliksa Kozłowska marqua la fin de la première époque du mouvement. graduellement le nombre des adhérents diminua et en 1921 il ne restait plus officiellement que 43 000 mariavites.

 

Sous l’administration de l’archevêque Kowalski (1921-1935)

Il Introduit dans l’Église un grand nombre de changements, qui relevaient – dans un  sens très large – du modernisme théologique et dogmatique, qui suscitèrent de vives controverses, non seulement de la part des catholiques, mais chez les mariavites eux-mêmes. Entre autres:
  • la possibilité pour un prêtre d’être marié (1922-1924),
  • la communion sous les deux espèces (1922),
  • le sacerdoce des femmes (introduit en 1929, supprimé en janvier 1935),
  • la suppression des titres ecclésiastiques (1930),
  • la suppression des prérogatives du clergé (1930).
Ces changements perturbent les relations avec les Vieux-Catholiques.
1924: Sortie de l’Union d’Utrecht, mais conservation des liens d’intercommunion.

 

La crise de 1935

Le Chapitre Général du 29 Janvier 1935 déposa Mgr Jean Marie Michel KOWALSKI de sa fonction.
Très rapidement, il se retira de l’Église, formant avec 2 prêtres, 80 religieuses et 20% des fidèles, une scission qui dure encore aujourd’hui.
Ce même Chapitre Général supprima la plupart des nouveautés introduites par l’Archevêque KOWALSKI.
L’administration de l’Église fut basée sur le système collégial et synodal. Le premier Evêque-Primat, après la réforme et le retour aux sources du Mariavitisme fut l’Evêque Klemens Maria Filip FELDMAN.
L’Église comptait en 1935, outre les 3 évêques, 110 prêtres, 484 religieuses et 45.000 fidèles.

 

Aujourd’hui

Aujourd’hui, cette branche de l’Église mariavite est la plus importante et elle compte environ 25 000 adeptes en Pologne et  environ 5 000 en France (surtout à Paris) Le clergé est encore jeune et les deux tiers des prêtres ont entre 25 et 45 ans.
L’évêque-primat est Mgr Marc M. Karol BABI depuis 2015
 L’Église vieille-catholique des mariavites est membre fondatrice du Conseil Œcuménique Polonais .

 

Relations avec l’église catholique

En 1972 la Conférence Épiscopale catholique romaine de Pologne, par l’intermédiaire de son secrétaire de la Commission épiscopale polonaise pour l’œcuménisme, le Père Stanislaw BAJKO, s.j.  adressa une demande de pardon à l’Église Mariavite pour toutes les persécutions dont elle fut l’objet dans le passé de la part de l’Église catholique romaine.
Également leur attitude envers Feliksa Kozłowska a changé:  le Père Bajko, a fait une étude théologique sur les révélations de Feliksa Kozłowska et n’y a trouvé aucune trace de discordance avec la doctrine catholique.
Le fait que le Saint-Siège a reconnu comme vraie la révélation à Faustyna Kowalska de la Miséricorde du Seigneur, est pour eux un signe évident de la pertinence et de la véracité du message que Dieu a adressé aux hommes par Mère Feliksa Kozłowska.
 Une commission mixte de dialogue catholique-mariavite travaille depuis 1997.
Une petite critique sur les publications de l’ Eglise Mariavite concernant les relations avec l’église catholique: il est fait état d’une mention dans un projet de rédaction du décret sur l’oecuménisme du concile Vatican II de l’église Vieille-Catholique comme pleinement église.
Il faut remarquer que ce texte est un extrait du rapport de la commission mixte internationale Catholique Romaine / Vieille-Catholique (en français; revue ISTINA, 2012,1 et sur le site du Vatican.
Cet extrait de la relation de 1964  fait état du projet d’un paragraphe exprimant la notion d’ Eglises appliquée aux communautés Vieilles-Catholiques comme elle l’est aux communautés Orthodoxes, et de fait de la reconnaissance de la validité du sacrement de l’ordre et de l’eucharistie dans leurs Eglises.
Ensuite il est question d’une note de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1987 autour de l’application du canon 844 .3. Par exemple ( 844.1); la note de 1987 précise que  » parmi les Eglises  , qui se trouvent dans la même situation que les églises orientales nommées dans la canon 844.3, on compte les Eglises vieilles-catholiques en Europe et l’Eglise nationale polonaise aux Etats-Unis »  et ceci  , même sans caractère officiel exprime une opinion communément admise par le Siège Apostolique« .

Ces deux textes ( le projet de relatio de 1964 et celui de 1987 ) se répondent et marquent le fait que la commission en 2012 voulait marquer déjà les acquis d’un dialogue commun .

Une autre source à consulter: le décret  » Dominus Jésus » chap. 17, qui fait la distinction entre Eglises et communautés ecclésiales sur la base de la validité du sacrement de l’ordre et de l’eucharistie.

On peut donc penser a bon droit que -dans la mesure ou l’ Eglise Mariavite est reconnue comme église Vieille-Catholique- cela s’applique à elle.

 

 

En France:

La paroisse ste Marie à Paris est fondée en 1972

Mgr M. André LE BEC, évêque, a été consacré le 21 Octobre 1979

La province et diocèse de France est érigé en 1989 et suite à l’effondrement du bloc communiste, la consécration épiscopale de Mgr M. André LE BEC est reconnue en 1993 dans l’église de Varsovie par l’évêque-primat.

 

En Normandie

Le Père Elie-Joseph POTTIN, (à droite de Mgr Le Bec sur la photo) anime la communauté Sainte Marie de Rouen.
Il est membre de l’ Association Chrétienne Œcuménique de Normandie.
 Pour d’autres renseignements:
– Le livre de Mgr Marie André Le Bec: Miséricorde & Amour, l’ Eglise Mariavite, ECAP Paris 2017.
– Le site de l’église mariavite en France: http://mariavite.fr/index.php/fr/bienvenue

Cet ETE

#METTEZ LE BAZAR

 

UNE SEMAINE DE VACANCES DANS UNE SUPERBE ABBAYE ENTRE LAC ET MONTAGNE,

AVEC DES JEUNES DU MONDE ENTIER.

AVENTURIERS, PHILOSOPHES OU APÔTRES, IL Y EN A POUR TOUS LES GOÛTS !

 

NOUS SOUHAITONS QU’À TRAVERS CE FESTIVAL, DES JEUNES SOIENT RENOUVELÉS PAR L’AMOUR GRATUIT DE DIEU

POUR ÊTRE, À LEUR TOUR, SEL ET LUMIÈRE DU MONDE.

NOTRE DÉSIR, C’EST DE FAIRE L’EXPÉRIENCE DU ROYAUME DE DIEU SUR TERRE ET DE GOÛTER AU BONHEUR DÈS MAINTENANT.

 


 

CANA « ESTIVAL » 2018

 

 

  • CANA Couples :

Mariés ou non, croyants ou non, prenez du temps à deux pour retrouver le sens de la vie de couple, de l’engagement, de la famille aujourd’hui, en abordant des questions telles que le dialogue, le pardon, la sexualité. Partagez avec d’autres les difficultés et les joies de la vie à deux.

Comme CANA est un lieu d’Église où les ministères – sacerdotal, conjugal et parental – se reçoivent et se complètent pour l’évangélisation du couple et de la famille, les prêtres, séminaristes et célibataires consacrés sont les bienvenus. Des rencontres spécifiques sont proposées.

  • CANA Fiancés / Prépa Mariage :

Pour avancer à deux, quelle que soit l’étape où on en est. Est-ce bien lui ? Est-ce bien elle ? Pourquoi se marier à l’église ? Comment construire notre couple sur le roc ? … Une semaine pour creuser ces questions et découvrir que Dieu agit dans notre amour.

  • CANA Espérance :

Pour les personnes vivant seules après une séparation ou un divorce, trouver un lieu d’écoute, de prière, de partage fraternel. Retrouver un chemin de foi et d’espérance, pour choisir quelle direction prendre.

  • CANA autrement :

Pour les personnes ayant déjà vécu la Semaine CANA.

Au Programme, quel que soit le parcours :

Enseignements, témoignages, temps en couples (pour CANA Couples), spectacle, sports, workshops, ateliers artistiques, prière personnelle, prière guidée, partage fraternel, accueil spirituel, louange…

Ensemble, témoins de Jésus-Christ, recevoir et transmettre l’Évangile.

Pour finaliser les commémorations à l‘occasion du cinquième centenaire de la Réforme, cet événement qui a bouleversé l’histoire du christianisme moderne et plus largement la culture, nous vous invitons:  

 

le samedi 14 avril 2018 
au Centre diocésain 1 rue Nicolas Oresme à Caen

 

sur le thème :
Ensemble, témoins de Jésus Christ,
Recevoir et transmettre l’Évangile.

 

Nous entendrons les interventions de:

  • Frédérique CHAVEL (Pasteur Luthérien, docteur en théologie, professeur de dogmatique à l’Institut Protestant de Théologie de Paris, assistant protestant du directeur de l’Institut Supérieur d’Etudes Oecuméniques de l’ Institut Catholique de Paris) sur « les réformes du XVI° siècle »,
  • JB SEBE (Prêtre Catholique, docteur en théologie, enseignant à l’Institut Catholique de Paris, Directeur du Centre Théologique Universitaire de Rouen, Curé à Rouen) sur « transmettre ensemble l’ Evangile de Jésus-Christ »
Nous nous partagerons nos expériences dans les ateliers  et nous prierons ensemble.

 

 Pour tous renseignements:
    Yves NOYER :  yves.noyer@hotmail.fr.
    Isabelle BERTHELIER: isabelle.berthelier@neuf.fr
    Georges FOURNIER: georges.fournier@chemin-neuf.org

 

Pour s’inscrire Imprimez le fichier 
et envoyez-le à
     Georges Fournier -ACONor
     18 rue Thiers
     76160 Darnetal
accompagné de 5 euros pour les frais de dossier, indispensable à la prise en compte de votre inscription.

 

 

Accueillir « l’inattendu de Dieu »

La Communauté du Chemin Neuf est née d’un Groupe de Prière en 1973, elle a été comme engendrée par cette dynamique du Renouveau dans l’Esprit Saint en France. La Communauté est donc née dans cette grâce du Renouveau, avec cette double conviction : « le Renouveau sera œcuménique ou ne sera pas » comme aime le dire le Père Laurent Fabre, fondateur du Chemin Neuf, et un profond enracinement dans la spiritualité de St Ignace qui donne une stabilité à ce Renouveau.

 

Depuis plus de 40 ans, notre Communauté continue à se recevoir des assemblées de prière. Combien de fois, lors d’une assemblée des engagés d’un pays ou lors du Chapitre, l’écoute attentive de la Parole de Dieu, l’interprétation d’une image ou d’une parole prophétique nous a permis de comprendre ce que le Seigneur souhaitait pour notre Communauté. Cela fait partie des éléments que le Seigneur nous donne pour un discernement communautaire.

 

Ecouter l’Esprit Saint au quotidien

Une vraie question pour aujourd’hui, mais qui a toujours été vraie, est notre manière d’écouter l’Esprit Saint dans notre quotidien. Pour cela, le Groupe de Prière hebdomadaire, le mardi soir au Chemin Neuf, est un lieu qui nous aide à vivre de l’Esprit Saint au quotidien, dans ce qui fait l’ordinaire des jours.

 

Il semble évident que pour tous ceux qui ont vécu cette démarche du Baptême dans l’Esprit Saint une fois dans leur vie, tous ceux qui ont donc donné leur vie à Jésus, qui acceptent de se laisser conduire par l’Esprit Saint et qui choisissent d’accueillir les dons et charismes, ils ont besoin d’un lieu de prière communautaire pour continuer à vivre de l’Esprit Saint et pour exercer les charismes.

 

Cette préparation au Baptême dans l’Esprit Saint qui peut être vécue par le parcours des « 7 semaines », parfois 5 semaines, parfois lors d’une retraite ou d’une session Jeunes ( 14-18 ans ou Welcome To Paradise), ou Cana … ne peut s’arrêter là. Nous devons aider les personnes à vivre avec l’Esprit Saint dans tout ce qui fait leur vie ordinaire. Nous aimons dire chaque matin cette phrase : «Esprit Saint, aujourd’hui, viens dans ma vie, qu’allons-nous faire aujourd’hui ensemble ? ». Il s’agit de réactiver cette force qui nous a été donnée, pas pour le groupe de prière mais pour notre vie, tout ce qui fait notre vie !

 

Aider chacun à accueillir des charismes

Nos groupes de prière ont vraiment besoin de se réveiller en vivant des charismes. Il ne suffit pas seulement de se réunir, de chanter, de louer … il s’agit de demander au Seigneur des charismes pour l’assemblée, d’entendre et de discerner quelle est Sa volonté, d’aller au-delà de ce qui est habituel, pour accueillir « l’inattendu de Dieu » comme le disait si bien le Pasteur Thomas Roberts.

Nous avons mis en place une école des charismes, pour aider chacun à se réveiller et à oser recevoir ce que l’Esprit Saint veut nous donner. Cet été, lors de la semaine des Fraternités Paroissiales Missionnaires du Chemin Neuf, à l’Abbaye des Dombes, nous avons pu vivre cela. Tous les matins, après avoir accueilli l’Esprit Saint, nous faisions un exercice pour nous réveiller dans l’Esprit Saint ! Quelle merveille de voir ainsi l’ouverture aux charismes des personnes présentes et de contempler la puissance de l’Esprit Saint, en accueillant le fruit de l’Unité.

 

Jusqu’à la guérison …

 

Depuis 2011, nous avons aussi redécouvert les assemblées de prière pour la guérison. A la suite d’une rencontre providentielle avec Damien Stayne, catholique anglais, nous nous sommes réappropriés cette pratique, que nous avions connu et exercé, mais que nous avions un peu oublié, malgré des paroles de science pratiquées régulièrement.

La Communauté du Chemin Neuf a alors retrouvé cette joie de l’évangélisation par l’exercice de la guérison de manière communautaire.

Il ne s’agit pas en effet que quelqu’un exerce seul un charisme de guérison, mais ce charisme est donné à la Communauté en prière. En effet, Jésus nous invite à prier pour les malades et lorsque nous prions pour les malades, certains sont guéris, pas tous ! Même du temps de Jésus, tous ne sont pas guéris. Mais ceux qui sont guéris et qui en témoignent deviennent force d’évangélisation. Quelle joie de voir un homme aveugle voir à nouveau, une femme avec une tumeur qui disparaît, une autre femme qui ne pouvait plus marcher qui se remet à marcher. Gloire à Dieu !

Le but n’est pas la guérison pour la guérison, mais de permettre à tous ceux présents d’être des canaux de la grâce et de la gratuité de Dieu. Ces soirées de guérisons sont organisées régulièrement soit dans des paroisses confiées au Chemin Neuf, soit dans des groupes de prière.

 

Demande du Renouveau Charismatique Catholique en France

Fin 2016, l’Instance de Communion du Renouveau Catholique en France a demandé au Chemin Neuf d’animer un week-end « Charismes et Guérisons » pour les responsables des communautés nouvelles et les groupes de prière. Quelle joie de partager ce que nous avons reçu depuis Emiliano Tardif jusqu’.à Damien Stayne … avec d’autres et ainsi permettre de raviver dans nos groupes, dans nos communautés, ces charismes que nous avons demandé lors du Baptême dans l’Esprit Saint, mais que nous avons parfois un peu, oublié de « réclamer » au Seigneur. Ainsi progressivement dans des groupes de prière, les frères et sœurs osent accueillir davantage cette réalité de pouvoir prier simplement pour la guérison, et cela renouvelle nos groupes de prière.

 

Un courant de grâce

Lors du Jubilé d’or du Renouveau Charismatique qui a été célébré à la Pentecôte 2017 à Rome, ce courant de grâces s’est déversé sur les 60.000 personnes présentes pour que celles-ci les transmettent aux quatre coins du monde. Ce courant de Pentecôte est né bien avant chez les Pentecôtistes. Le Pape François a voulu montrer que cette grâce est née œcuménique et la vigile de Pentecôte au Circo Maximo a été comme un envoi pour qu’ensemble, tous les chrétiens dans l’Unité, nous recevions le même Esprit Saint pour l’évangélisation des nations.

 

Exemple de Wesoła

Une petite paroisse rurale en Pologne a été confiée à la Communauté du Chemin Neuf depuis quelques années. A peine 100 paroissiens, un village de 800 âmes dans une église de 200 places !

Le nouveau curé nommé depuis septembre 2016 a souhaité relancer le groupe de prière local. Il a alors choisi de prendre des versets des chants et de les chanter par cœur en litanie (car beaucoup de participants sont peu lettrés). Et … il n’y a pas de musiciens dans le groupe … mais ils ont accueilli les charismes dans cette apparente pauvreté. Des guérisons ont alors lieu et le groupe augmente peu à peu. Il faut mettre une tente extérieure pour accueillir tout ce monde qui vient ! Des personnes sont guéries physiquement, d’autres de leur addiction d’alcool … aujourd’hui, près de 400 personnes viennent suivre chaque mardi cette assemblée de prière … toujours sans musiciens ! Merci Seigneur …

 

Quel avenir pour nos groupes de prière ?

Le Seigneur nous dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » … et alors il agit par amour, gratuitement. Mais sans doute ne désirons nous pas assez que l’Esprit Saint agisse dans notre groupe … dans notre vie ordinaire ! Souhaitons-nous lui laisser la place ? Désirons-nous qu’il œuvre au milieu de nous ? Acceptons-nous les guérisons et les prodiges qu’Il voudra bien opérer ? La réponse est bien sûr « Oui ». Mais avec quelle intensité ?

La vie avec l’Esprit Saint est quotidienne ; minute après minute, simplement et doucement, faisons de la place à l’Esprit Saint … afin que la Gloire de Dieu se manifeste au milieu des hommes et que ceux-ci puissent reconnaître qu’Il est le Seigneur !

 

Marc Hodara ccn 

Eglise et unité VIIg_Le concile de Trente

Bilan

 

Concile de Trente: Réforme ou contre-réforme ?

A son ouverture le concile est divisé comme l’ analyse Nicole Lemaître[1]:  » Si depuis le dernier concile l’autorité du pape sur le concile a été rétablie, la méfiance reste grande pourtant, aussi le pape ne participe-il au concile que par légats interposés.
Ces derniers, dont plusieurs deviendront papes, ont su arbitrer entre les groupes nationaux. Ils avaient en général l’appui du clergé italien, proche du pape en raison de son pouvoir,
mais c’était bien différent avec le clergé espagnol, qui se distinguait par sa haute culture théologique.
Le clergé français était gallican, c’est-à-dire attaché aux privilèges nationaux de la France et hostile à l’intrusion de la papauté dans ses affaires.
Le clergé allemand était enclin au compromis avec les protestants.
Pour tous, le Saint-Siège était responsable du désastre, mais ils n’étaient pas d’accord entre eux:
Espagnols et Allemands voulaient une réforme disciplinaire et en particulier obliger les évêques à la résidence pour mieux défendre leur pouvoir de droit divin sur leur diocèse.
Les Italiens et les Espagnols s’affrontaient aux Français pour imposer des définitions des dogmes antérieures à la venue des Français, en 1562.
La majorité était cependant favorable à la réforme du Saint-Siège, contre les Italiens. »

 

Les décisions importantes du Concile de Trente[2]

A Trente l’Église catholique revoit entièrement ses fondements et précise le contenu de sa foi. C’est sur les décisions de ce concile qu’ elle s’appuiera, pendant plusieurs siècles.
Le travail du Concile de Trente a permis à l’Église catholique, face aux propositions de la Réforme protestante, de redéfinir ses dogmes.
Les abus qui minaient l’Église Catholique à cette époque furent dénoncés et parfois corrigés, et des réformes importantes proposées et misent en œuvre..

 

Au final, Trente est un concile à la fois doctrinal et pastoral.
Au plan doctrinal, il forge la réponse catholique à la doctrine de la justification et réaffirme face aux luthériens l’importance des sacrements, notamment de l’Eucharistie.

 

Au plan pastoral, la réforme de l’Église fut une entreprise encore plus difficile. La Curie et les papes firent leur possible pour la différer, prenant justement prétexte de cette autre Réforme qui se mettait en place dans l’Europe du Nord. Il est vrai que les papes ne sont guère des modèles de vertus, alors que, sur le terrain, les fidèles sont laissés à eux-mêmes par des évêques absents, ou cumulant les diocèses par souci du gain, et des prêtres guère plus présents : en moyenne, à peine la moitié des curés résident dans leurs paroisses…
De ce point de vue, le concile fit œuvre considérable. L’institution de séminaires, pour les futurs prêtres, est souvent considérée comme sa réussite majeure.
  • Mais Trente réaffirme aussi le rôle du curé, lui donne pour charge de prêcher, et en remettant le sacrement de la confession au centre de la vie catholique, le place dans le rôle de  » juge des consciences « . Le confessionnal, inconnu avant le concile, devient en quelques décennies l’indispensable mobilier des lieux de culte catholique.
  • Le rôle de l’évêque est redéfini. Le concile précise qu’il doit prêcher, s’occuper des séminaires, visiter les institutions, tenir des synodes avec le clergé, et parfois des laïcs. Bref, il  » appartient  » à son diocèse comme les pasteurs à leurs paroisses.
  • Et le pape ? En début de concile, la papauté est contestée par les souverains européens, mise à mal par les cardinaux réfractaires au pouvoir de la Curie, décrédibilisée par son propre comportement, et défiée par les hérésies protestantes.

A la clôture du concile, le pape symbolise l’unité préservée du catholicisme. Le concile lui donne la possibilité d’unifier et donc de contrôler la formation des fidèles et des prêtres (publication d’un catéchisme), l’organisation des diocèses, le rite et même la langue, avec le latin, désormais langue liturgique.

 

Face à l’émergence des Églises protestantes nationales, le catholicisme s’organise. Mais il le fait autour de l’institution papale, qui en sort, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, plus que jamais, renforcée[3]. Le jésuite Robert Bellarmin, va donner la définition de l’Église qui aura cours jusqu’au concile Vatican II (1962 soit quatre siècles plus tard) :  » l’Église est la société des fidèles institués par Jésus Christ, gouvernée par le pape, et par les évêques sous l’autorité du pape « .
 « D’une façon générale, Trente sous-tend une vision très cléricale de l’Église, qui passe par une différenciation sociale du clerc : le clerc doit être décent, s’habiller de façon distincte des laïcs, ne pas fréquenter les tavernes ». C’est Charles Borromée, en tant que cardinal secrétaire d’État, qui mettra en œuvre l’application du concile. [4]

 

Conclusion

Le concile est adopté avec joie par le clergé mais aussi par les intellectuels catholiques:

  • premièrement c’est la preuve que par-delà des difficultés politiques, il a su exprimer un consensus catholique, et que ses décisions correspondent aux attentes et aux sensibilités du moment.
  • Deuxièmement, dans les difficultés de réception, la forme de l’Église catholique centralisée et bureaucratisée, sous l’autorité pontificale s’affirme rapidement.
  • Troisièmement, le retour à l’unité des chrétiens est abandonné par les catholiques comme il l’était par les protestants depuis 1545.

 

Ce concile réuni pour ramener les protestants dans l’ Eglise Catholique Romaine, entérine de fait la division.
Dès l’origine de la réforme Luthérienne le principe d’autorité posé par les représentants du pape ne pouvait que conduire à l’échec. Avec l’aspect politique qui s’est développé plus tard chez les Protestants, municipal d’abord, puis après la paix d’Augsbourg en 1555 officialisée au niveau des états princiers, il ne pouvait plus être question pour les protestants d’engager le dialogue.
La lutte infernale menée par le pouvoir papal pour conserver la mainmise sur les revenus de l’ église catholique et son corollaire: l’empêchement de toute réforme de la curie romaine, à consommé un état de fait.
Dès son ouverture le concile de Trente est un concile de contre-réforme. Et pourtant, au fur et à mesure de son déroulement, il devient un concile réformateur.
L’église catholique qui en est issue va durer quatre siècles. On peut aujourd’hui critiquer des prises de positions, des affirmations, voire des décisions inappropriées au regard de notre théologie aujourd’hui.
Mais à l’aurore de cette année 1563 les 220 Pères qui sortent de la cathédrale Saint-Vigile de Trente pour la dernière fois peuvent le faire avec le sentiment du devoir accompli.

 

Eglise et unité VIIf_Le concile de Trente

Troisième session:

Neuf sessions, du 18 janvier 1562 au 4 décembre 1563

 

Contexte

 En seulement dix ans le paysage politique et religieux à l’ouverture de cette dernière session du concile de trente à complètement changé:

– Quatre papes vont se succéder sur le trône de Pierre: Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV;
– Du côté de l’Empire: Charles Quint  abdique en faveur de son frère Ferdinand Ier  et de son fils Philippe II roi d’Espagne.
– Dans les Pays-Bas espagnols, les guerres de Religion prennent la forme d’une guerre d’indépendance connue sous le nom de guerre de Quatre-Vingts Ans[1].
– En France, François II (15 ans) succède à Henri II pour 17 mois. Son frère Charles IX (10 ans) lui succède sous la régence de Marie de Médicis. Déclanchement des guerres de religion par le massacre des protestants à Wassy le 1er mars 1562 par François de Guise.[2]

 

Le pape Pie IV va inviter (sans succès il est vrai, mais quand même !…) des Eglises Orientales séparées, ainsi que le patriarche des Coptes d’Alexandrie, le Patriarche Œcuménique de Constantinople, le patriarche de l’ Eglise Arménienne d’Antioche et le Patriarche de Moscou.
 Il invite les princes allemands luthériens à dépêcher des envoyés au concile.

 

Pour diverses raisons  plus ou moins fallacieuses les Catholiques ne sont pas plus empressés ce qui fera dire au légat Comodone que « les protestants sont bien éveillés alors que les catholiques sont assoupis. On a l’impression que ce ne sont pas les protestants mais bien les catholiques qui mettent leur confiance dans une foi sans les œuvres au vu du peu d’efforts qu’ils déploient pour empêcher l’effondrement complet du catholicisme en Allemagne[3]« 

 

Dans ce contexte, le refus des protestants et des Français de participer à un concile qu’ils trouvaient trop lié à Rome, retarde à nouveau le début des séances qui ne reprennent que le 18 janvier 1562.

 

Le concile redémarre

 Le 18 janvier 1562, le concile est de nouveau ouvert, cette fois avec davantage de prélats, mais encore majoritairement italiens.

Le blocage du concile pendant dix mois (17 septembre 1562 au 15 juillet 1563) est dû au débat portant sur la nature de l’épiscopat.
En novembre, la délégation française arrive, présidée par le cardinal de Lorraine. Les affrontements sont rudes entre la « conception romaine » fondée sur le pouvoir pontifical et la « conception épiscopaliste » défendue par les Espagnols, les Français et une minorité italienne, selon laquelle la fonction de l’évêque est d’institution divine.
Finalement les canons 3 et 8[4] positionnent l’évêque comme délégués du siège apostolique.
Il faudra attendre Vatican II pour que l’ Evêque trouve sa place de Prêtre plénier et pasteur « de droit divin » (jus divinum) de son diocèse.
Ce blocage fut résolu grâce à la grande habileté du nouveau légat pontifical, le cardinal Morone qui va conduire le concile à bonne fin.

Dans leur élan, les Pères conciliaires entendent s’attaquer aux abus des princes. Aussitôt, les rois de France et d’Espagne font part de leur mécontentement. Les ambassadeurs français quittent Trente après maintes protestations. Le projet de décret est finalement écarté.

Le concile s’achève, l’ennui et le découragement aidant, par l’adoption facile de décrets importants, notamment sur le célibat des prêtres et le Purgatoire, le culte des saints ou encore les reliques et la célébration de la messe qui donnait lieu avant le concile à des fantaisies et/ou des omissions de parties entières (y compris le canon!).

Les 3 et 4 décembre 1563 se tient la séance de clôture.
L’ensemble des décrets du concile est lu devant les Pères, rassemblés dans la cathédrale Saint-Vigile de Trente. Les archevêques et les évêques y sont beaucoup plus nombreux que dans les réunions précédentes.
220 prélats signent l’acte final le 4 décembre 1563.

 

Au terme de cette lecture, le légat Giovanni Girolamo Morone, secrétaire du concile, demande aux Pères s’ils souhaitent clore leur assemblée.
Tous ayant répondu amen, le cardinal de Lorraine rend grâce aux différents acteurs du concile,  religieux ou laïcs .
Enfin, il s’exclame : « Anathème à tous les hérétiques ! », repris par les Pères : « Anathème, anathème ! »

 

 

[3] John. w. O,Malley, Le concile de Trente, Lessius, Bruxelles 2013, p 210
[4] http://lesbonstextes.awardspace.com/trentevingtdeuxiemesession.htm#refchap8 22°session, décrets de réformation, chap 3 et 8

Eglise et unité VIIe_Le concile de Trente

Inter-session

 du 28 avril 1552 au 18 janvier 1562

 

10 ans !
La seconde session du concile de Trente se termine le 28 avril 1552 et ne reprendra que le 18 janvier 1562.
Dix ans d’interruption. Pourquoi ?

 

Des raisons politiques:

La paix de Passau signée par Ferdinand, frère de l’empereur Charles Quint en 1552 préfigure les termes de la paix d’Augsbourg qui sera signée en 1555, et qui accorde la légitimité au luthéranisme sur les terres d’empire, et permet aux princes souverains de déterminer quelle sera la religion de leur territoire selon le principe « cujus regio, eius religio » (littéralement  » A chaque région sa religion « )[1]
En 1556, Charles Quint abdique et partage ses possessions entre son fils Philippe II et son frère Ferdinand Ier du Saint-Empire. Il meurt en 1558.

 

En 1559, c’est le roi de France Henri II qui trouve la mort accidentellement.
Son successeur François II meurt dès l’année suivante laissant le trône à son frère Charles IX qui, avec leur mère, Catherine de Médicis, face à une France déchirée, souhaite alors convoquer un concile purement français pour régler la question religieuse. Ce sera la tentative du colloque de Poissy (1561).

 

 

Pour la papauté, un concile séparé est inacceptable.

 

Des raisons religieuses

Jules III prend acte de l’échec du concile en matière d’unité chrétienne.
Il se replie sur la réforme de l’Église catholique mais meurt le 23 mars 1555 avant d’avoir pu publier la bulle « variétas temporum[2] » qui devait réformer profondément la Curie et l’Eglise.

 

Après le après le très bref pontificat de Marcel II (21 jours  du 9 au 30 avril 1555) Paul IV est élu pape à l’âge de 79 ans le 23 mai 1555.
Jusque-là, il n’avait cessé de parler de réformes, mais une fois élu il pratique un népotisme jugé outrancier même pour l’époque.
Pour renforcer l’Église catholique, Paul élargit les pouvoirs de la « Sainte Inquisition ».
Ce fut politiquement et spirituellement une brute[3].
Il ne continua pas le Concile de Trente, qui avait été suspendu, puisqu’il regardait la rénovation de l’Église comme une tâche relevant essentiellement de la Curie pontificale et du Sacré-Collège.
Un de ses derniers actes fut de mettre en vigueur en 1559, une censure des livres par l’interdiction des écritures suspectes d’hérésie et/ou de subvsersion morale par le moyen de l’Index librorum prohibitorum, institution qui demeura (hélas) en vigueur jusqu’en 1966, sous Paul VI.

 

Pie IV, élu en décembre 1559 doit faire face à des pressions divergentes. Le roi d’Espagne Philippe II veut reprendre les débats du concile. L’Empereur Ferdinand Ier, les Français, les Allemands souhaitent l’organisation d’un nouveau concile qui réaliserait un accord avec les protestants.

Le pape convoque de nouveau, le concile, conformément à la capitulation électorale votée par les cardinaux pendant le conclave, et avec l’appui du roi d’Espagne, rouvre en 1562 le concile de Trente.

 

 

[1] Cette doctrine est d’origine protestante et ne correspond pas à la conception catholique du gouvernement civil. En effet, la doctrine catholique exigeait que les souverains soient soumis au pape, ce qui favorisait l’unité religieuse des royaumes et limitait les risques de conflits entre les princes. De surcroît, elle confirme la fin de l’unité confessionnelle de l’Empire, chaque prince souverain ayant désormais le libre choix de se déclarer catholique ou protestant.
[2] « La bulle Varietas temporum, véritable réforme de l’Église en 150 chapitres dont les numéros 86 à 102 concernaient les pratiques curiales des absolutions et des grâces, devait être publiée au printemps 1554. Elle ne fut jamais officialisée, pour des raisons apparemment inconnues, et la mort de Jules III (23 mars 1555) remisa le tout au fond des tiroirs. » in: http://www.publications.efrome.it/opencms/export/sites/efrome/documenti/B347_FRANCE_POUVOIR_PONTIFICAL_PONCET_INTRODUCTION.PDF.pdf.