A propos geo

Marié, Catholique, membre engagé dans la Communauté de Chemin Neuf, Co-Président de l'Association Chrétienne Oecuménique de Normandie, délégué à l’œcuménisme et à la promotion de l'unité des chrétiens du diocèse de Rouen

Tensions entre les patriarcats de Constantinople et de Moscou

Dans le cadre des tensions entre les patriarcats de Constantinople et de Moscou, nous reproduisons l’entretien avec Jean-François Colosimo, publié dans le Figaro.

Source: https://www.paris.catholique.fr/jean-francois-colosimo-un-geste.html

Dans son édition de ce samedi 15 septembre 2018, Le Figaro était le premier quotidien généraliste à informer amplement ses lecteurs de la crise que traverse actuellement l’Église orthodoxe. Le mérite en revient à l’éminent journaliste religieux qu’est Jean-Marie Guénois, lequel a accompagné son article de fond d’une interview de Jean- François Colosimo, président du Conseil d’administration de l’Institut Saint-Serge de Paris. On retrouvera les considérations de M. Guénois dans l’édition papier du jour ou en ligne tandis que nous donnons ici, pour rappel, le texte de l’entretien. (Orthodoxie.com)

Après leur rencontre au sommet fin août, les patriarches de Constantinople et de Moscou sont à présent au bord du schisme : la question ukrainienne est-elle seule en cause ?
L’Ukraine est le détonateur d’un conflit de pouvoir qui remonte au XVIIIe siècle. L’orthodoxie est alors l’otage de deux empires ennemis, l’ottoman et le russe. L’Etat tsariste instrumentalise l’Église au service de son expansionnisme. L’Union soviétique récupère cette politique à son profit. Le Kremlin, sous Poutine, la reprend à son compte. Moscou, la « troisième Rome », n’aura ainsi cessé d’affaiblir Constantinople, la « seconde Rome » à qui revient la primauté, en opposant la force et le nombre à l’ordre et au droit. En refusant de se rendre au Grand Concile de juin 2016, attendu depuis un siècle, Cyrille a adressé à Bartholomée la formule de Staline au pape : « Combien de divisions ? ». Tragique erreur car, dans la sphère spirituelle, le symbolique l’emporte sur le matériel. Il en paye le prix aujourd’hui : si le patriarcat de Moscou estime peser la moitié du monde orthodoxe, l’Ukraine concentre la moitié de ses ressources. Sans elle, il rentre dans le rang.

Qui exagère dans cette crise, Moscou ou Constantinople ? Ou les deux, qui se mêlent peut-être de ce qui ne les regarde pas en Ukraine ?
Le conflit de juridiction est réel mais dissymétrique. Moscou se revendique de l’histoire pour perpétuer un lien de dépendance que les Ukrainiens refusent dorénavant en grande majorité, y compris une partie notable des orthodoxes. L’affaire cause un hiatus profond entre Cyrille et Poutine, jusque-là alliés, mais aux obligations et aux stratégies désormais divergentes, l’Église russe ne pouvant envisager de perdre le berceau de sa foi. Constantinople argue du droit canon : en tant qu’Église-mère, évangélisatrice de la Kiev médiévale, elle n’a jamais concédé formellement ce territoire au patriarcat de Moscou, qui lui doit par ailleurs son existence, et, en répondant aux aspirations du peuple ukrainien, elle déclare accomplir sa fonction d’arbitrage. La politique a également sa part dans cette zone tampon où se confrontent l’Est et l’Ouest, le patriarcat œcuménique étant traditionnellement proche de Washington via l’influent lobby grec qui existe en Amérique. Mais cela, c’est l’écume. Une partie plus essentielle se joue derrière les discours souvent artificiels et surannés.

Quel est l’enjeu, en définitive ? La primauté sur l’orthodoxie mondiale ? L’indépendance de l’orthodoxie avec les politiques nationales ?
Plus encore ! L’enjeu ultime, c’est la coïncidence de l’orthodoxie avec l’évangile. Le nationalisme politico-religieux a ravagé le monde orthodoxe à partir des révolutions du XIXe siècle et porté une grave atteinte à l’unité de l’Église. Prophétiquement, le patriarcat de Constantinople a condamné en 1872 cette confusion comme une forme moderne de l’hérésie. C’est à nouveau de manière prophétique que le patriarche Bartholomée tend aux orthodoxes un miroir qui fait fi de leur habituelle cécité ou hypocrisie sur leurs manquements et faiblesses. Certes, le Trône œcuménique ne va pas sans critiques quant à ses propres embarras et lui aussi a des réformes à accomplir. Certes, son intervention sur la question d’Ukraine risque paradoxalement de renforcer un chauvinisme inadmissible, voire de susciter un schisme indésirable. Mais le fait est là : le primat de l’orthodoxie a préféré la crise, qui est un moment de vérité, à l’inertie. Il a clairement dit non à l’hégémonie d’une hiérarchie russe qui, au passage, par ses errances idéologiques, trahit jusqu’au renouveau intellectuel et à l’holocauste martyre de l’Église de Russie au XXe siècle. Et, plus généralement, il crève l’abcès de nos arrangements avec la vérité.

Peut-on encore éviter le schisme ? 
La crise similaire d’Estonie a débouché, en 1996, sur une rupture de communion qui a été résolue de la pire des façons, à savoir par la coexistence de deux épiscopats, l’un moscovite et l’autre constantinopolitain, dans une sorte de négation absolue de l’ecclésiologie. L’orthodoxie doit retrouver un exercice de la primauté qui soit conforme à son principe de communion, c’est-à-dire au service de tous, mais qui soit aussi effective et capable de relever les défis du monde actuel. C’est en ce sens que la crise ne pourra être surmontée que par un sursaut théologique. Paris, avec l’Institut Saint-Serge, doit en être l’un des lieux.
Jean-François Colosimo 14 septembre 2018
Source : Le Figaro, repris sur orthodoxie.com

L’Eglise orthodoxe ukrainienne obtient l’autocephalie du Patriarcat oecuménique

Sous tutelle russe depuis 332 ans, l’Eglise orthodoxe ukrainienne obtient son indépendance

Source: Le Monde du 11 octobre 2018 

Le patriarche de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, Philarète, lors d’une conférence de presse à Kiev, le 11 octobre.
Le patriarche de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, Philarète, lors d’une conférence de presse à Kiev, le 11 octobre. GENYA SAVILOV / AFP

Le patriarcat de Constantinople, avec à sa tête Bartholomée Ier, considéré comme le « premier parmi ses pairs » dans le monde orthodoxe, a reconnu, jeudi 11 octobre, l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne. Une décision très politique.

Dans un communiqué rendu public à l’issue d’un synode de deux jours, le patriarcat œcuménique qui siège à Istanbul ne s’est en effet pas contenté de réitérer sa volonté « déjà acquise » d’octroyer l’autocéphalie à l’Eglise ukrainienne, ni même de « réintégrer dans ses fonctions hiérarchiques » le patriarche de Kiev, Philarète, excommunié depuis onze ans ; il a aussi « révoqué » le décret qui avait placé les croyants ukrainiens sous la tutelle directe du Patriarche de Moscou… en 1686.

C’est un séisme et sans doute le plus grave revers jamais essuyé par la puissante Eglise orthodoxe russe. « Par ses actes, le patriarcat de Constantinople a franchi une ligne rouge », a fustigé l’un de ses représentants, Alexandre Volkov, en agitant l’épouvantail d’un « schisme ». La décision « sans précédent » de lever l’anathème qui pesait sur Philarète, a renchéri Vladimir Legoïda, porte-parole de l’Eglise russe, « sape les fondements du système canonique orthodoxe ».

Le patriarcat de Moscou, qui devrait réunir son propre synode, le 15 mars 2019 à Minsk, en Biélorussie, est resté silencieux jeudi soir. Il pourrait décider de rompre totalement ses relations avec Constantinople, avec lequel les relations n’ont cessé de se tendre. Cela aboutirait, de fait, à un schisme inédit depuis mille ans dans la chrétienté.

Un conflit, aussi, politique

Dès l’indépendance de l’Ukraine en 1991, après la chute de l’Union soviétique, l’influence de l’Eglise russe avait commencé à être contestée. Ancien hiérarque du patriarcat de Moscou, Philarète avait créé une Eglise ukrainienne affranchie à la tête de laquelle il s’était autoproclamé patriarche, ce qui lui avait valu d’être excommunié en 1997.

Non reconnu jusqu’ici par aucune instance orthodoxe, sa place, relativement modeste, n’a toutefois cessé de croître après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et le conflit meurtrier qui oppose depuis plus de quatre ans des séparatistes prorusses et les forces loyales à Kiev dans le Donbass, à l’est du pays.

Sans doute le patriarche de Moscou paie-t-il aussi sa proximité affichée avec le président russe Vladimir Poutine. En réaction, mais aussi parfois sous la contrainte, des dizaines d’édifices religieux ont petit à petit basculé du côté du « dissident » Philarète, aujourd’hui âgé de 89 ans, surtout dans la partie ouest de l’Ukraine.

« Les gens descendront dans la rue »

Le patriarcat de Moscou règne sur 11 392 édifices et 12 328 communautés de croyants (contre 3 784 édifices et 5 114 communautés qui ont rallié sa rivale). La bataille s’annonce déjà particulièrement âpre autour de la Laure des grottes de Kiev, le principal monastère et la résidence du primat.

Le patriarche Philarète lors d’une messe à la cathédrale Volodymysky à Kiev, le 11 octobre.  Le patriarcat œcuménique orthodoxe de Constantinople a reconnu, le même jour une église indépendante en Ukraine.
Le patriarche Philarète lors d’une messe à la cathédrale Volodymysky à Kiev, le 11 octobre.  EFREM LUKATSKY / AP

Quelques minutes après la fin du synode d’Istanbul qui a levé l’anathème sur lui, le patriarche de Kiev annonçait son intention ’organiser « prochainement » un synode destiné à réunir toutes les sensibilités orthodoxes. « C’est Moscou qui veut une confrontation, nous, les Ukrainiens, n’en voulons pas », a-t-il assuré devant des journalistes et une petite foule réunis, tandis que sur les réseaux sociaux, des internautes laissaient éclater leur joie.

Interrogé pour sa part sur un éventuel appel de l’Eglise orthodoxe russe à ses fidèles pour défendre sa présence, le métropolite Hilarion, chef du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, avait déjà répondu à l’avance : « Bien sûr les gens descendront dans la rue pour défendre leur sanctuaire. » « C’est l’Eglise qui réunit la majorité des orthodoxes malgré les fausses statistiques qu’utilisent certains médias et que le patriarche Bartholomée a malheureusement crues », a-t-il affirmé, cité par les médias russes.

 

UN FORUM CHRÉTIEN FRANCOPHONE SUR LYON

Les Églises de France et d’Europe Francophone (Belgique, Suisse, Luxembourg) veulent  contribuer significativement à la découverte et à la consolidation de leurs liens fraternels.
Elles vont s’appuyer sur la vision du  Forum Chrétien Mondial, formulée en 2002 afin  d’offrir un espace de rencontre entre des responsables ecclésiaux de toutes traditions et expressions et sur l’expérience des premiers Forums de 2007 au Kenya, de 2011 en Indonésie et de 2018 en Colombie.
Récemment, plusieurs forums nationaux ou régionaux ont vu le jour (au Pays-Bas, au Bangladesh, en Indonésie, en Inde, en Tanzanie, en Pologne),
Le premier Forum Chrétien Francophone se tiendra  à Lyon, métropole européenne, dotée d’une intense histoire œcuménique.

Ce forum rassemblera 250 responsables ecclésiaux au Centre de conférences de Valpré, du 28  au 31 Octobre 2018. Il ne s’agit pas d’une conférence académique ou institutionnelle, mais d’une expérience à vivre.

Suivre ensemble le Christ

Le dialogue œcuménique s’est construit pendant plusieurs décennies  entre les Églises catholique, orthodoxe, anglicane et les Églises issues de la Réforme. Aujourd’hui, les Églises évangéliques et pentecôtistes en croissance apportent des changements significatifs dans le paysage mondial du christianisme.
Face à cette évolution, l’idée d’un Forum Chrétien Mondial voit le jour au début du 21ème siècle.
C’est un espace de rencontre et de partage pour toutes les Eglises chrétiennes Elles témoignent ainsi de leur amour pour Jésus-Christ, plus fort que les murs  séparant leurs institutions.

Programme

Durant trois jours, les délégués :

  •  Partageront ensemble leur cheminement personnel avec Jésus (groupes de partage, tables rondes, conférences)
  • Écouteront ensemble le Seigneur qui les unit (prières, célébrations, méditations de la Parole de Dieu autour du texte de Marc 3, 13-14)
  • Témoigneront ensemble  de Jésus Christ en paroles et en actes

 

Le mardi 30 octobre 2018, une soirée ouverte à tous se déroulera dans le hall de l’université catholique-site saint Paul.
Une célébration réunira les délégués et tous ceux qui veulent découvrir la richesse de nos Eglises.

 

Pour plus d’info: Forum Chrétien Francophone

Fin du schisme dans l’Eglise Orthodoxe Ethiopienne

IMPOSSIBLE DE PENSER L’ÉTHIOPIE SANS PENSER À L’ÉGLISE ORTHODOXE ÉTHIOPIENNE TEWAHEDO,
SELON LE PREMIER MINISTRE M. ABIY

 

Remontant au 4e siècle, l’Église orthodoxe Ethiopienne est une église non calcédoniènne. Elle est la première d’Éthiopie (40% de la population), qui compte aussi de larges minorités musulmane (35%) et protestante (20%). M. Abiy est lui-même de confession protestante.

« Tout en notant que cet événement pour la réconciliation marque un bond historique, le Premier ministre a souligné que c’était quelque chose qui aurait dû avoir lieu il y a longtemps ».

L’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo s’était scindée en deux en 1991 après la nomination d’un nouveau patriarche suite à l’arrivée au pouvoir du Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF) et à la fin du brutal régime militaro-marxiste du Derg.

Une Église dissidente avait alors été fondée aux États-Unis autour du patriarche, l’abuna Merkorios, nommé du temps du Derg et dont certains membres de l’Église considéraient que la coutume voulait qu’il occupât ce rôle à vie.

Les discussions entre les deux mouvements avaient commencé il y a des années, mais le réformiste Abiy Ahmed, nommé en avril, est crédité d’avoir accéléré le processus de réconciliation.

Retour de l’abuna Merkorios en Éthiopie

Pour sa première visite aux États-Unis, le Premier ministre a pris part jeudi à une cérémonie de réunification à Washington, au milieu de prêtres en soutanes noire et rouge.

« Après d’importants efforts de médiation, les deux synodes sont réunis en un Saint Synode après 27 ans de séparation »

L’accord conclu à cette occasion prévoit que l’abuna Merkorios rentrera en Ethiopie et reprendra ses fonctions de patriarche, a indiqué OCP Media Network, un site internet consacré aux différentes Églises orthodoxes, qui en publie les points principaux.
L’abuna Mathias, qui était jusque-là le seul patriarche reconnu par le pouvoir éthiopien, conservera également ce rôle et sera chargé de « mener l’Église en effectuant les tâches administratives »,selon la même source.
Aussi longtemps que les deux patriarches seront vivants, ils seront considérés sur un pied d’égalité par l’Église, prévoit encore l’accord, qui précise bien qu’à compter de ce jour il n’y a plus qu’une Église unifiée.
Le comité d’unification et réconciliation a exprimé sa plus profonde gratitude au Premier ministre Abiy Ahmed pour ses efforts importants pendant le processus de réconciliation.

Source: jeuneafrique.com

Vers l’unité « Primauté et synodalité dans le deuxième millénaire et aujourd’hui »

27-29 juin 2018 / Vatican

Délégation orthodoxe à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul

 

 

Une délégation du Patriarcat œcuménique, conduite par Mgr Job, archevêque de Telmessos, coprésident de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe s’est rendue au Vatican du 27 au 29 juin 2018 à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul.

« Nous nous joignons spirituellement à votre célébration en perpétuant la bienheureuse tradition d’échanger des délégations à l’occasion des célébrations de nos sièges respectifs » a déclaré le patriarche œcuménique Bartolomée dans une lettre adressée au pape François.

Lors de l’audience, l’archevêque Job de Telmessos a lu la lettre suivante du patriarche œcuménique Bartholomé, adressée au pape François:

« Votre Sainteté,

Nous sommes particulièrement ravis que la Commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre dans une nouvelle phase et que le Comité de coordination, qui s’est réuni en septembre dernier sur l’île de Leros, ait été choisi comme sujet pour la prochaine étape du dialogue: Vers l’unité. Dans la foi: questions théologiques et canoniques.
En effet, une réflexion commune sur les problèmes théologiques et canoniques non résolus est essentielle au rétablissement de la communion entre nos Églises sœurs. Comme nous le savons, des comités de rédaction travaillent déjà sur ce sujet, ainsi que sur le très important thème « Primauté et synodalité dans le deuxième millénaire et aujourd’hui ». « Nous prions pour que la réunion du Comité de coordination en novembre prochain au monastère de Bose parvienne à finaliser ces deux documents. Et nous espérons que les divisions du passé pourront être surmontées afin d’apporter un témoignage commun à notre monde contemporain « afin que, d’un même esprit et d’une seule voix, nous puissions glorifier le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ »

La délégation, reçue préalablement par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a également pu assister à la réunion du Consistoire pour la création de nouveaux cardinaux et à la messe solennelle pour la fête des saints Pierre et Paul.

(Sources: UDCn°192 et ecupatria.org)

 

La Bible un Jardin de Vie

EXPOSITION au Temple Saint Eloi place Martin Luther King à Rouen
Du samedi 6 octobre au dimanche 14 octobre,

 

Exposition « La Bible un Jardin de Vie »

 

 

 Dix panneaux soit une superficie de 66 mètres carrés, pour le texte complet de la Bible (version Nouvelle Bible Segond)
Entrée libre avec invitation à participer aux frais.

Horaires : 11h – 19h en semaine et 12h 30 – 19h les dimanches.

Des animations sont proposées chaque jour  :
A partir du dimanche 7 Octobre et chaque jour différents temps forts sont proposés :

 

de 14h à 15h : des concerts d’orgue
de 15h à 16h : des contes bibliques, des poèmes
de 16h à 17h : des temps de réflexion « La Bible et nous »
Dieu dans ma vie ?
Un Dieu qui libère …
Qu’est ce qu’un prophète ?
L’attente d’un Messie …
Qui est Jésus ?
Qu’est-ce qu’aimer ?
La résurrection, y croire ?
Qu’est ce que l’Apocalypse ?

 

Vous trouverez également un stand de librairie (en partenariat avec La Procure), avec des livres pour tous les âges .

 

 

Ordinations à la Semaine Communautaire à Sablonceaux

Vendredi 24 Août 2018 à l’Abbaye de Sablonceaux (17).

 

Ordinations presbytérales et diaconales

La célébration de l’ordination presbytérale de Clément SALAÜN-PENQUER et de Guillaume VIENNOT,
de l’ordination diaconale de Toussaint DUMBI, ÁronSISAK et Goh Rodrigue YAPI
ont été célébrées par Monseigneur Georges COLOMB, Evêque de La Rochelle et Saintes, au cours de la semaine communautaire.

Engagements à Vie 2018

Le 23 juin 2018 à l’Abbaye des Dombes.

Se sont engagés au célibat à vie pour le Royaume et
ont fait professions perpétuelles dans l’Institut du Chemin Neuf :

Stéphanie BARBAN, Annadeline BURGNARD, Maria Olga DIAZ ESTEBAN,
Toussaint DUMBI, Maher EL HAGE, Damien GENBRUGGE, Thomas GEZE,
Jacqueline KANYANGE, Rita KISPÁL, Marie Jeanne KOFFI, Hubert NAGEL,
Sarah NG TIM HUNG, Gisèle NOIRAN, Séverine PEROUSE DE MONTCLOS,
Ryan RABATHALY, Yvon-Amour SIMBARE, Áron SISAK, Christian SOLOFONIRINA
Maureen SOOKAHET, Goh Rodrigue YAPI.

Se sont engagés à vie dans la Communauté du Chemin Neuf :

Stéphanie BARBAN, Annadeline BURGNARD, Maria Olga DIAZ ESTEBAN,
Toussaint DUMBI, Maher EL HAGE, Damien GENBRUGGE, Mauro & Antonella GHIGNONE, Thomas GEZE, Jacqueline KANYANGE, Rita KISPÁL, Marie Jeanne KOFFI,
Hubert NAGEL, Séverine PEROUSE DE MONTCLOS, Raphaël & Marie SALMON,
Yvon-Amour SIMBARE, Áron SISAK, Goh Rodrigue YAPI.

lors d’une eucharistie présidée par Mgr. Giacomo MORANDI,
archevêque secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

 

 

 

Que devient le Monastère de Tibhirine

Que devient le Monastère de Tibhirine

Faisons tout d’abord un petit rappel historique. Les trappistes (moines cisterciens de la stricte observance) se sont installés une première fois en Algérie au 19ème siècle entre 1843 et 1904 à Staoueli à 20 km d’Alger. Ils étaient plus de 100 moines.

Les moines veulent revenir au 20ème siècle et achètent en 1938 le domaine de Tib-Harine (jardins potagers en berbère) propriété de l’avocat Benoit Mosca. Tib-Harine deviendra Tibhirine en 1962. Ce domaine de 374 ha à 1000 mètres d’altitude est proche la ville de Médéa mais suffisamment isolé pour respecter leur besoin de solitude.
Le monastère a été érigé en abbaye en 1947 ; frère Luc venait d’arriver. Le dispensaire, qu’il ouvre aussitôt pour la population voisine constitue assez vite un lien fort avec l’extérieur. Quelques moines décident de rester en 1962 lors de l’indépendance de l’Algérie. Le cardinal Duval réussit à convaincre les responsables cisterciens de maintenir une communauté sur place grâce à l’arrivée de nouveaux moines.
Les moines de Tibhirine ont donné la quasi totalité du domaine à l’Etat Algérien dès 1964 en ne conservant que 14 ha dont 8 ha de terres agricoles.

En 1984 la communauté élit un nouveau prieur le père Christian de Chergé. Après avoir tous décidé de rester en 1993 malgré les menaces et les événements tragiques de la décennie noire, sept d’entre eux sont enlevés dans la nuit du 26 au 27 Mars 1996 et exécutés en Avril ou Mai 1996.

Avec la venue de 5 moines d’autres abbayes, les 2 « rescapés » frère Amédée et frère Jean-Pierre essaient de relancer la vie monastique. Les normes exigées de sécurité ne s’accordent pas au rythme cistercien de prière et de travail. Aussi, après avoir planté environ 1 600 arbres fruitiers, pommiers surtout, ils confient en Mai 2001 le domaine au diocèse d’Alger qui appelle le père Jean-Marie Lassausse prêtre de la Mission de France. Celui-ci a une formation agricole et avec deux ouvriers algériens Samir et Youssef ils exploitent les 8 ha de cultures principalement des arbres fruitiers.

En 2010 Xavier Beauvois réalise un film « Des hommes et des Dieux » sur les moines de Tibhirine qui retrace leur vie quotidienne et leurs angoisses face à la montée de la violence dans le pays durant les mois précédant leur enlèvement. Ce film a un succès considérable compte tenu du sujet (plus de 3 millions de spectateurs) et contribue à la notoriété du monastère en France et à l’international .

En Août 2016 le diocèse d’Alger en la personne du père Paul Desfarges appelle la Communauté du Chemin Neuf à prendre la suite. Le père Henri Teissier évêque d’Alger de 1988 à 2008 avait déjà demandé à de nombreuses communautés de venir.

Quel est le rôle de la Communauté du Chemin Neuf (CCN) aujourd’hui ? Il est de plusieurs ordres : maintenir une vie de prière et une tradition d’hospitalité en ce lieu dédié à la fraternité, entretenir les lieux et exploiter les terres agricoles, élargir sa vocation pour l’Unité des Chrétiens au dialogue entre les personnes de religions différentes.

Actuellement nous parons au plus pressé l’exploitation agricole, l’entretien de la maison et l’accueil des nombreux visiteurs qu’ils soient des membres des communautés chrétiennes d’Algérie dans une hôtellerie d’une dizaine de lits, des familles d’expatriés, de quelques groupes de touristes mais surtout des visiteurs algériens de plus en plus nombreux attirés par ce lieu de mémoire. Ces visiteurs se chiffrent par centaines chaque mois. Certains viennent par exemple par amitié car beaucoup d’entre eux ou de leur famille ont été soignés par le frère Luc (Frélou!) Mais si les sept moines sont martyrs c’est à dire témoins de leur foi et de leur amitié pour le peuple Algérien ; on peut dire aussi pour reprendre l’expression de l’écrivain Karima Berger que « c’est l’hospitalité Algérienne qui a été martyrisée à Tibhirine », nos visiteurs veulent en témoigner.

La présence de la CCN se limite aujourd’hui à trois frères, deux prêtres Eugène et Bruno, Yves et une sœur célibataire consacrée Félicité qui a pris la suite du père Jean-Marie Lassausse pour les travaux agricoles avec les fidèles Youssef et Samir. Ils reçoivent des aides bénévoles ponctuelles.

Pour l’entretien de la maison les besoins sont importants. Le monastère dont certains bâtiments ont plus de 100 ans et d’autres datent des années 1950 a été érigé pour héberger une vie commune de cinquante moines ! L’ancienne ferme coloniale du 19ème a un besoin urgent de refaire sa toiture (notre photo – un semi-remorque de tuiles). L’hôtellerie manque de confort. Le chauffage central n’a pas fonctionné depuis plusieurs décennies….

Que nous réserve l’avenir nous ne le savons pas mais Tibhirine est un pont entre les peuples Algériens et Français, entre l’Islam et le Christianisme.

 

Arnaud Motte, ccn  Vincennes
30 mai 2018

 

 

 

Site internet du monastère de Tibhirine

Page Facebook du monastère de Tibhirine

Bibliographie sur les moines de Tibhirine géré par l’abbaye d’Aiguebelle

ccn

La Communauté du Chemin Neuf installée à  Tibhérine

Tibhérine: vingt-deux ans après, les moines sont de retour.
Reportage de Matthieu Delmas publié le 22/06/2018 dans le Figaro Magazine

 

En mai 1996, sept moines trappistes étaient sauvagement assassinés en Algérie. Depuis deux ans, une nouvelle communauté catholique s’est installée à Tibhérine. Alors que l’enquête n’a toujours pas déterminé les vrais responsables du massacre, nous avons rencontré ces quatre religieux décidés à vivre leur foi en terre d’islam, malgré les dangers qui demeurent.

Elle est toujours là, perchée sur le rocher Abd el-Kader qui surplombe le village. La Vierge de l’Atlas n’a jamais cessé de contempler Tibhérine, veillant sur les villageois et sur le monastère. Elle a tout vu: l’indépendance de l’Algérie, le repli de l’abbaye sur quelques hectares après la nationalisation de ses terres, et bien sûr le drame de 1996, au plus fort de la guerre civile: l’enlèvement et l’assassinat des sept moines catholiques, annoncé le 21 mai dans un communiqué attribué au Groupe islamique armé (GIA). Un sacrifice qui a acquis une dimension planétaire avec le film Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois (2010), et qui a laissé ici des cicatrices aussi profondes que les vallées de la région.

Vingt-deux ans après, une nouvelle communauté religieuse s’est installée à Notre-Dame de l’Atlas. Depuis deux ans, dans une grande discrétion, père Eugène, sœur Félicité, frère Yves et frère Bruno de la Communauté du Chemin Neuf (1) ont décidé de faire revivre l’esprit des moines dans ces montagnes meurtries par ce que les Algériens appellent désormais «la décennie noire».

Les baroudeurs de la foi

À la suite des moines cisterciens, ils se sont installés dans ce monastère perché à 1000 mètres d’altitude au-dessus des gorges de la Chiffa, une merveille naturelle connue pour le ruisseau des Singes où les Algérois aiment à se rendre en famille. Un havre de paix à une centaine de kilomètres au sud de la capitale où la terre est fertile et la nature généreuse, grâce à des sources d’eau abondantes qui permettent l’irrigation des cultures. «Tibhérine» signifie, en langue tamazight, «les jardins potagers».

À l’image de père Eugène, un ancien médecin passé par l’Afghanistan et la jungle congolaise, les nouveaux habitants de l’abbaye sont des baroudeurs de la foi ayant déjà servi l’Église dans les endroits les plus reculés. Eugène a accepté de s’installer à Tibhérine après un temps de réflexion. «C’est un beau cadeau d’être ici, nous prenons la suite des moines qui sont restés à Tibhérine par amour de Dieu et des Algériens. Avant de m’en aller pour le monastère, je suis parti faire une retraite et j’ai compris que la Vierge avait reçu notre projet ; je savais que nous serions guidés une fois sur place.» Eugène a été ordonné prêtre en 1986 puis a consacré sa vie à l’Eglise. «Le testament de Christian de Chergé (un des moines assassinés, qui avait accepté par écrit une mort violente au nom de sa foi, ndlr) nous montre le chemin. C’est un prophète car il voit loin, il sent bien qu’un rapprochement est possible. Il a une vision de Dieu qui ne nous sépare pas. Les moines font vœu de stabilité, ils sont enterrés là où ils sont morts.»

«Le café est prêt. Viens!» Au téléphone, Youssef appelle frère Yves, 75 ans, un autre religieux du monastère, fine barbe blanche et yeux bleus perçants, qui a consacré sa vie à la spiritualité de saint Ignace. Chaque matin, les frères se retrouvent avec Youssef et Samir, les deux ouvriers agricoles originaires du village qui, comme leurs pères avant eux, partagent la vie de ces hommes de religion. En apparence, la vie s’écoule paisiblement. Le monastère produit à nouveau du fromage, des confitures et du miel dont la vente permet de rémunérer les deux ouvriers agricoles et les dépenses courantes des frères. Depuis la fondation de l’abbaye en 1938, l’activité agricole a permis de créer des liens solides avec les habitants des villages voisins. Un temps, les paysans de la vallée venaient même y utiliser le pressoir pour fabriquer leur huile d’olive.

Escorte policière

Mais le temps de la paix n’est pas encore revenu: aujourd’hui, les frères sont tenus de sortir dans le village accompagnés d’une escorte policière, et vivent le plus souvent reclus derrière les murs du monastère, surveillés jour et nuit par des gardiens communaux installés face à l’entrée.

La Communauté du Chemin Neuf tente tant bien que mal de faire perdurer l’esprit de Tibhérine en continuant le travail de dialogue interreligieux commencé par les moines assassinés. C’est le Ribat es-salam – le Lien de la paix -, fondé par le père Christian de Chergé en 1979, qui consiste en des rencontres avec les autorités religieuses musulmanes, notamment la communauté soufie et son représentant, le cheikh Bentounès. Ce lien, Père Eugène le résume ainsi: «Pour nous, Tibhérine doit être un espace de dialogue avec les Algériens. Une passerelle plutôt qu’un mur.»

Des visiteurs venus de tout le pays toquent chaque jour à la porte métallique noire du monastère, celle-là même par laquelle les habitants de la vallée sont entrés pendant près de cinquante ans afin de se faire soigner par le frère Luc, le médecin. Il s’agit «d’accueillir l’amitié de l’autre, comme Marthe et Marie accueillaient l’amitié de Jésus à Béthanie», résume Jean-Marie Lassausse, prêtre et agronome, qui a passé quinze ans à cultiver la terre du monastère et à découvrir l’héritage spirituel des frères, avant de passer la main. Ouvrir les portes aux visiteurs, quelles que soient leurs confessions, «c’est le chemin pour que les barrières de la langue, de la culture et des traditions s’estompent». C’est la statue de la Vierge qui remporte le plus franc succès auprès des visiteurs algériens qui enchaînent les selfies. Frère Bruno qui a appris l’arabe en Égypte puis étudié l’islamologie au Caire l’explique ainsi: «La Vierge Marie est un pont entre l’islam et le christianisme. Marie est souvent citée dans le Coran comme la mère de Jésus. Les musulmans lui vouent aussi une dévotion.» Les visites s’achèvent dans le cimetière du monastère, où les sept moines assassinés reposent côte à côte, comme ils l’étaient dans leur foi, dans leurs doutes, et peut-être dans leur peur, jusqu’à la mort. Les stèles de marbre blanc affichent leurs prénoms, Christian, le responsable de la confrérie ; Célestin, l’hôtelier ; Luc, le médecin ; Christophe, l’agriculteur ; Michel, le cuisinier, et les frères Bruno et Paul, qui étaient arrivés au monastère la veille de leur enlèvement, dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.En 2016, quatre religieux de la Communauté du Chemin Neuf se sont à nouveau installés à Tibhérine.

Le souvenir des martyrs

Ce matin, un groupe d’une dizaine de visiteurs suivent frère Yves. Parmi eux, Souleymane, originaire de la région se souvient de frère Luc, «Frélou» de son surnom, interprété par Michael Lonsdale dans Des hommes et des dieux. «Il m’a soigné pour une otite en 1966 à l’âge de 6 ans. Les moines étaient des personnes d’une grande humanité qui priaient Dieu chaque jour.» Youcef Sekini, un autre visiteur, en convient: «Ils étaient une source de bonheur, ils ont choisi de rester au côté du peuple algérien pendant la décennie noire. C’est une preuve d’amour que nous ne pouvons oublier.»

Le comédien Michael Lonsdale s’est lui-même rendu ce printemps à Tibhérine. Il évoquera ce voyage bouleversant dans un ouvrage à paraître cet été (2). En particulier le moment où il a découvert la tombe de Paul Gabriel Dochier (frère Luc). «Quelle émotion! Une émotion rentrée. Un peu privée. Je cherche mes mots pour le saluer. Nous nous connaissons depuis longtemps, mais nous nous rencontrons pour la première fois! C’est pour lui que je viens en premier lieu puisque c’est lui que j’ai incarné à l’écran, mais, à travers lui, ma pensée va à tous les moines, ses frères». Lorsqu’ils évoquent les moines, les deux ouvriers agricoles du monastère, se souviennent eux aussi «d’hommes de paix appréciés par les habitants de la vallée». Youssef esquisse un large sourire, «les frères ont toujours aidé les gens d’ici», et Samir de baisser le regard puis de murmurer:«Lorsque nous avons appris leur disparition, j’étais à la maison. Nous n’aurions jamais pensé qu’ils seraient tués. Jusqu’à l’annonce de leur mort, nous étions convaincus qu’ils reviendraient.» Personne ici ne souhaite s’attarder sur les circonstances de ces assassinats. Seules les têtes des moines ont été retrouvées un mois après leur enlèvement devant une station-service à l’entrée de Médéa. Youssef concède seulement que «c’était une période très difficile. Nous devions nous cacher. Nous vivions dans la peur».

 

Mgr Paul Desfarges, l’archevêque d’Alger qui nous reçoit dans son bureau du centre-ville, veille avec sollicitude sur les nouveaux habitants du monastère. «C’est une excellence chose que des religieux retournent vivre à Tibhérine. C’est une joie pour nous. Vous savez, nous sommes une petite Eglise. Pour nous, l’important n’est pas de se montrer mais d’aider les autres. Nous mettons en place des bibliothèques, des centres culturels dans les maisons diocésaines. C’est une manière de servir sans être prosélyte.»

 

La prudence des catholiques

La vie des catholiques en Algérie n’est pas simple. L’Eglise nationale compte 5000 fidèles répartis sur quatre diocèses qui sont menacés depuis 2008 par l’application de plusieurs lois, notamment l’ordonnance 06-03 qui limite la pratique des religions non musulmanes. Le prosélytisme non musulman constitue une infraction criminelle passible d’une amende d’un million de dinars (7500 euros) et d’une peine de cinq ans de prison pour quiconque «incite ou contraint un musulman à se convertir à une autre religion». Les personnes qui fabriquent ou distribuent des documents dans l’intention «d’ébranler la foi» d’un musulman peuvent se voir infliger cette peine.

Mgr Desfarges en est convaincu, «la suspicion des musulmans et des autorités augmente à cause des Églises évangéliques. Contrairement à nous, elles sont dans une dynamique de conversion de natifs algériens et de rejet de l’islam». Pour l’évêque, «c’est leur activisme qui a provoqué la rédaction de cette ordonnance qui nous mettrait tous hors la loi si elle était vraiment appliquée».

La presse arabophone qui mène une campagne contre le prosélytisme évangélique organise cet amalgame en illustrant systématiquement ses articles par des photos de la basilique Notre-Dame d’Afrique, à Alger. Pourtant, l’évêque confie ne pas se sentir menacé en Algérie: «Parfois, des musulmans frappent à nos portes. Nous prenons le temps d’un long discernement afin de vérifier qu’il s’agisse d’une réelle expérience spirituelle. La difficulté de certains chrétiens algériens vient de leurs familles. Parfois, cela peut être très difficile, certains sont déshérités.»

Bientôt béatifiés

Le décret en béatification des 19 ecclésiastiques tués pendant les années noires, signé en janvier dernier par le Vatican, fait la joie de la communauté catholique algérienne malgré certaines inquiétudes. Il concerne Mgr Pierre Claverie tué en août 1996 par une bombe déposée dans l’enceinte de l’évêché d’Oran, et 17 religieux tués entre 1993 et 1996, dont les moines de Tibhérine.

«Nous souhaitons construire une humanité avec ce que nous avons et avec ce que nous sommes», résume le père Christian Reille en visite au monastère. Les béatifications n’étaient pas une évidence pour celui qui a rejoint la communauté jésuite de Constantine en 1970: «A titre personnel, j’étais contre, par crainte de blesser les Algériens. 99 imams ont aussi été tués. Des centaines de milliers de victimes innocentes ont perdu la vie pendant le conflit. Ils étaient pour leur immense majorité des Algériens.» Ne pas donner le sentiment d’une autocélébration, c’est le dilemme auquel est confrontée la communauté. «Notre vocation ici, poursuit ce père jésuite, est d’être ouvert à ce pays qui est magnifique. Dieu fait partie de la vie des Algériens. Nous devons favoriser le dialogue entre les religions. Etre chrétien seul dans son coin est inutile, nous croyons que nous avons quelque chose à faire ensemble.»

 

(1) Fondée par le père jésuite Laurent Fabre, à Lyon, en 1973, à partir d’un groupe de prière charismatique, la Communauté du Chemin Neuf, à vocation œcuménique, compte aujourd’hui près de 2 000 membres permanents répartis dans 26 pays.

(2)Retour à Tibhirine, Cerf, 144 p., 15 €. Le même éditeur publiera aussi les autobiographies spirituelles des moines assassinés: Heureux ceux qui espèrent, 448 p., 22 €.

Crédits photo : Chris Huby / Le Pictorium

 

Article du Figaro Magazine paru dans FOI revue de la Communauté du Chemin Neuf: https://www.chemin-neuf.fr/fr/actualites/5b34f88d396588123da6e614/tibherine:-vingt-deux-ans-apres,-les-moines-sont-de-retour