SODOMA

SODOMA de Frédéric Martel
ed Robert Laffont, Paris 2019

Cette rubrique s’appelle « J’ai aimé lire »…Or je n’ai pas du tout aimé lire Sodoma

C’est une purge, un vermifuge, quelque chose qu’on prend par nécessité, pour  évacuer un mal qui vous envahit.
Et en ce sens Sodoma est nécessaire par ce qu’il révèle plus que par ce qu’il dénonce, même si ce qu’il dénonce donne envie de vomir.
Le pape François à commencé à nettoyer cette moderne écurie d’Augias qu’ est la Curie Vaticane. Et on peut regretter que le travail n’ai pas été entamé plus tôt.
Oui Sodoma est outrancier, oui c’est un livre écrit par un auteur homosexuel et par bien des égards un livre autoréférenciel. Et le présupposé de Frédérique Martel qui veut que ceux qui, chez les prêtres sont homosexuels mais tiennent leur engagement au célibat se mentent à eux-même et en conçoivent une réelle aversion pour l’homosexualité et que les autres ne sont que des menteurs cyniques est un peu cour. Il oublie tous ceux qui, quelle que soit leur orientation, homo, hétéro, ou bisexuels, peu importe, sont fidèles à leur voeux de chasteté ou leur engagement au célibat.

 

Alors en quoi ce livre est nécessaire ?

D’abord, il met à jour un mécanisme qui n’est pas criminel en soi, mais qui influe sur le recrutement des candidats à la prêtrise ou au monasticat: chez les homosexuels, le fait de vivre dans un milieu ou le célibat va être une valeur majeure de son état est un bénéfice et non pas une question. Il est donc logique qu’on en retrouve une partie dans les candidats a l’ordination presbytérales
Le Prêtre conçu comme un être à part et « pur » de toute sexualité est une idéologie qui, en l’occurence, va faire des ravages. D’autant plus que vient se greffer la-dessus tout ce qui a trait au pouvoir qui va dégénérer en abus de pouvoir. Ce que le Pape François dénonce sous le terme de « cléricalisme ».

 

L’enquete de Frédérique Martel nous oblige à ouvrir les yeux.

Ce qui pouvait être perçu comme des dérives isolées apparaît comme un système de cooptation et de complicité. Et cet état de chose a amené un tel système de dissimulation qu’il a constitué un abri idéal dont ont profité les criminel écclésiastiques: qu’ils soient pédocriminels, violeurs (et ce que nous aprenons sur les viols de religieuses est atterrant), voire proxénètes.
Il n’est plus possible après la lecture de ce livre de proclamer comme autrefois que l’ Eglise est sans péché, mais jamais sans pécheurs. Notre Eglise Catholique Romaine est devenue au moins en partie « structure de péché ».
Le combat auquel nous invite le pape François -et qui trouve tant de résistance au sein même de la curie romaine- est la condition même de la survie de l’Eglise Catholique Romaine comme lieu d’évangélisation crédible

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