Visite du Pape François pour les 70 ans du COE à Genève

21 Juin 2018

Le pape a été accueilli par le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE. Les deux hommes se sont fait une chaleureuse accolade.
Il s’est ensuite rendu dans la chapelle du centre pour la prière œcuménique où l’attendait les représentants du Comité central du COE qui réunit 350 Églises protestantes, orthodoxes et anglicanes de plus de 100 pays.

 

Le discours du Pape au COE

Dans son homélie, le pape François a mis l’accent sur le fait que l’humain est appelé à se mettre en route, de sa naissance à sa mort. « Marcher. L’homme est un être en chemin… Le cœur nous invite à marcher, à atteindre un but. Mais marcher est une discipline, un effort; il faut de la patience quotidienne et un entraînement constant. Il faut renoncer à beaucoup de chemins pour choisir celui qui conduit au but et vivifier la mémoire pour ne pas la perdre… Dieu nous appelle à cela, depuis les débuts… Jésus nous en a donné l’exemple. Pour nous, il est sorti de sa condition divine et il descendu parmi nous pour marcher, lui qui est le Chemin

Homélie du pape dans la chapelle du COE, 21 juin 2018. © Magnus Aronson

Le pape a aussi a rappelé à l’assemblée qu’en tant qu’êtres d’esprit mais aussi de chair, il nous faut perpétuellement lutter contre nos instincts et rejeter la mondanité. Ce dernier terme, présenté comme un facteur de division, est revenu à plusieurs reprises dans son homélie. «Au cours de l’histoire, les divisions entre chrétiens sont souvent advenues parce qu’à la racine, dans la vie des communautés, s’est infiltrée une mentalité mondaine: on défendait d’abord ses intérêts propres, puis ceux de Jésus Christ… L’œcuménisme nous a mis en route selon la volonté de Jésus et pourra progresser à condition qu’en marchant sous la conduite de l’Esprit, il rejette tout replis autoréférentiel.» (vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=zkN-A87Zabk  et texte: ici

 

Fondé en 1948, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) rassemble les Eglises orthodoxes, anglicanes, méthodistes, baptistes, luthériennes et réformées du monde entier, mais pas l’Eglise catholique, avec laquelle il a entretenu des relations complexes. La visite du pape s’inscrit dans son programme «Marcher, prier et travailler ensemble». Elle est le résultat de cinq années d’efforts de la part des responsables du COE pour le persuader de venir à Genève après sa nomination en 2013. Une cinquantaine d’observateurs du Vatican participent aux travaux des comités du COE traitant de questions telles que la promotion de la paix, la doctrine religieuse et l’éducation.

Cette visite au Conseil œcuménique des Églises et à l’institut oecuménique de formation de Bossey est un choix personnel du pape, qui voulait clairement éviter que d’autres sujets viennent éclipser la dimension œcuménique de sa journée à Genève.

 

Le discours du Pape François a été salué par le représentant du Patriarcat de Constantinople: l’archevêque Job de Telmessos qui partage ses impressions : « Le Pape François exhorte à un «nouvel élan évangélisateur» permettant à l’unité de «grandir». Et c’est depuis la tribune du COE qu’il est venu interpeller les chrétiens les appelant à marcher ensemble selon l’Esprit. Devant les membres de ce centre qui célèbre son 70e anniversaire, le Saint-Père a invité à une «charité démesurée» capable de «pardonner sans limite et d’être ensemble comme des frères et des sœurs réconciliés». Suite sur:  https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2018-06/pape-francois-geneve-wcc-entretien-representant-orthodoxe.html

Au retour, dans l’avion, le pape à la fin de sa conférence de presse a insisté : « …Je voudrais seulement dire un mot, clairement: aujourd’hui a été une journée œcuménique, véritablement œcuménique. Et à déjeuner, nous avons dit une belle chose, que je vous laisse pour que vous y pensiez et que vous y réfléchissiez et que vous fassiez une belle analyse sur cela: dans le mouvement œcuménique, nous devons ôter du dictionnaire un mot: prosélytisme. C’est clair? Il ne peut y avoir d’œcuménisme s’il y a du prosélytisme, il faut choisir: ou tu as un esprit œcuménique, ou tu es « prosélyte ».
Merci. »

 

2 réflexions au sujet de « Visite du Pape François pour les 70 ans du COE à Genève »

  1. Grand merci au Pape François pour sa visite au COE, qui est une forme d’égard.
    Mais, alors, pourquoi l’É glse catholique n’en fait pas partie.. Craint-elle d’être considérée comme l’une des 350 Églises qui en font partie.
    A-t-il actualisé la parole de Jésus, sur un disciple qui ne faisait pas partie du groupe des douze  » Ne l’en empêchez pas  »
    Pour les Évangéliques prosélytisme, c’est évangélisation.

    • L’Église catholique, si elle n’est pas membre du Conseil œcuménique des Églises, a un statut d’observatrice.
      Le Conseil œcuménique des Églises qui accueille orthodoxes, anglicans, baptistes, luthériens, méthodistes et réformés, ainsi que de nombreuses Églises unies et indépendantes, est né à Amsterdam en même temps que les Nations-Unies (1949), avec pour but de parvenir à l’unité visible de l’Église dans sa diversité, selon la théorie que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, théorie non partagée par l’Église catholique. ( Par exemple: le « bagage théologique minimum » du COE n’inclut la foi en la Trinité que depuis 1998)

      Il faut bien comprendre que la conversion de l’ Eglise Catholique à l’œcuménisme date du pontificat de Jean XXIII (1958-1963). Ors, dès 1964, un processus de constitution d’un Groupe mixte de travail entre l’Église catholique et le Conseil œcuménique des Églises est mis en place. (Ce groupe a, entre autres, publié en 2005 une étude sur la nature et objet du dialogue œcuménique).
      L’Église catholique a envoyé, de manière permanente, des observateurs à toutes les conférences majeures ainsi qu’aux réunions du Comité central et des Assemblées du Conseil œcuménique des Églises.

      Le Conseil œcuménique des Églises est un laboratoire d’idées et un creuset ou se confrontent les les différentes manières de vivre en Eglise la foi au Chrétienne. Et dans ce cadre, l’Eglise Catholique prends sa part. Pour mémoire, je rappelle que depuis 1968 des théologiens catholiques siègent, comme membres à part entière, à la commission Foi et Constitution, le département théologique du Conseil œcuménique des Églises, et le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens est en relation avec le COE de façon régulière, et c’est ce qui est le plus important (voir à ce sujet l’interview du secrétaire général du COE: https://www.cath.ch/newsf/olaf-tveit-la-visite-du-pape-au-coe-est-une-pierre-milliaire-de-loecumenisme/.Geo

      Après, on peut toujours se lamenter sur ce qui n’est pas. Mais il me semble plus important d’œuvrer pour que soit ce qui peut être.
      Geo

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