Eglise et unité V: L’Eglise de la fin du moyen-âge

Le monde vers 1450

Introduction: L’Eglise de la fin du moyen-âge

La vie intellectuelle en occident est marquée par la scolastique cherchant à concilier la foi et la raison et par l’apparition d’universités dans les grandes villes. La philosophie de Thomas d’Aquin, les peintures de Giotto, la poésie de Dante et de Chaucer, les récits de Marco Polo et l’architecture des grandes cathédrales gothiques -comme celle de Chartres- sont parmi les plus grandes réalisations de cette période qui est aussi celle des grandes famines, de la Peste noire et de guerres qui réduisirent fortement la population de l’Europe occidentale.

L’Église catholique traverse de profondes crises théologiques. Les changements culturels et technologiques de la période transforment profondément la société européenne et ouvrent la voie à la Renaissance et par là même à la remise en cause des bases sur lesquelles reposait la société.

        Le monde orthodoxe se développe en dehors de l’occident. Avec la prise de Constantinople en 1453, la Russie devient la puissance dominante en fait, mais non la référence légitime en droit [1].
    L’Église de Constantinople sous la domination turque est à la fois persécutée et tolérée ; les quatre patriarcats traditionnels de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem, connaîtront alors une existence précaire pendant des siècles. En même temps, les grands centres de spiritualité orthodoxe, en particulier les monastères de Sainte-Catherine au Sinaï et ceux de la  » Sainte Montagne « , le Mont Athos en Grèce, continuent de rayonner même sous la domination musulmane.
     Comme on l’a vu précédemment, en 1439 à Florence, sous la pression de l’invasion de l’empire byzantin par les musulmanes, un concile parvient à réunir le pape, le patriarche de Constantinople et le Métropolite de Moscou, Isidore de Kiev. Les délégations des trois parties s’entendent, mais les Byzantins, et le Grand Prince de Moscou Vassili II, rejettent cet accord.  Ce dernier enferme Isidore de Kiev dans un couvent en 1441. Le mariage, en 1472, de son fils, Ivan III, avec Sophie Paléologue, nièce du dernier empereur byzantin. En conséquence Moscou s’autoproclamera troisième Rome.

A la fin du ème siècle, les deux confessions Catholique et Orthodoxe vont commencer à s’étendre géographiquement de façon indépendante : les catholiques romains vers l’occident par la conquête des Amériques, les Orthodoxes par la poussée russe vers l’Orient

 

La chrétienté occidentale en crise

     papa_clemens_quintusLa crise de la chrétienté médiévale avait débuté avec l’installation du pape Clément V à Avignon en 1309. Il ne devait s’agir que d’un exil provisoire motivé par les troubles civils qui endeuillaient Rome.
Mais le pape, un Français du Midi, s’installe durablement dans sa nouvelle résidence, avec les encouragements du puissant roi de France.

Humiliée par Philippe le Bel quelques années plus tôt, la papauté, il est vrai, n’a plus les moyens de défier les souverains comme autrefois, du temps du combat contre l’empereur allemand pour imposer le règne de Dieu sur terre.

     Avignon connaît ses plus grands fastes sous le pontificat de Clément VI (1342-1352), un moine de la Chaise-Dieu. Dans le même temps débute la guerre de Cent Ans et survient la Grande Peste. Autant de malheurs que les contemporains ne se font pas faute de présenter comme une punition divine à l’égard du Saint-Siège.
     En 1367, Urbain V, ancien abbé de Saint-Victor, à Marseille, se décide à revenir à Rome mais son administration reste à Avignon. C’est seulement en 1377 que son successeur, Grégoire XI, met un terme définitif à la «captivité de Babylone», sur les recommandations pressantes d’une jeune dominicaine mystique, sainte Catherine de Sienne

Le Grand Schisme d’Occident

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Grégoire XI meurt le 27 mars 1378, peu après son pénible voyage de retour à Rome.

Seize cardinaux s’enferment en avril 1378 pour élire le nouveau titulaire de la chaire de Saint Pierre. Le conclave ne tarde pas à se diviser en trois clans : les Français du nord, ceux du Midi et les Italiens. C’est finalement la populace de Rome qui a le dernier mot. Elle enfonce les portes du conclave et sa colère n’est désarmée que par l’élection à la quasi-unanimité (15 voix sur 16) d’un Italien de 60 ans qui devient pape sous le nom d’Urbain VI.
Excessif, sinon déséquilibré, il soulève immédiatement contre lui la plupart des cardinaux.

Le roi de France Charles V conteste les conditions de l’élection et treize cardinaux, essentiellement français, se réunissent à Anagni, au sud de Rome, pour élire un nouveau pape, Robert de Genève, qui prend le nom de Clément VII et s’en retourne derechef à Avignon.

L’Europe se divise entre «urbanistes» et «clémentistes». C’est le début du «Grand Schisme». Notons qu’il ne touche pas au dogme et laisse indifférents la plupart des catholiques, qui n’ont en matière de religion d’autre interlocuteur que leur curé.

Des chrétiens troublés

Les divisions au sein du Saint-Siège ne vont cesser de s’aggraver dans les années suivantes.

Or, la papauté en lambeaux doit faire face au renouveau des hérésies et à la contestation d’illustres théologiens. L’Anglais John Wyclif et le Tchèque Jan Hus appellent à une réforme de l’Église et à un retour aux commandements de l’Évangile.

 John Wycliff (1330-1384)

john-wycliffNé dans une famille de petite noblesse du Yorkshire, docteur en théologie en 1372.

À partir de 1374, il publie par fascicules une véritable somme théologique dans laquelle il expose sa doctrine :

  • la hiérarchie ecclésiastique : la véritable Église est l’Église invisible des chrétiens en état de grâce. S’ils sont en état de péché mortel, les membres de la hiérarchie, et le pape lui-même, en sont exclus. Wycliff préconise même le tirage au sort de la dignité pontificale. Dieu exerce directement, sans l’intermédiaire du pape, son droit sur les biens terrestres ; les rois n’ont de comptes à rendre qu’à Dieu seul ;
  • la Bible est l’autorité suprême ;
  • les indulgences : un péché ne peut être pardonné sans qu’il y ait expiation et c’est Dieu seul qui pardonne ;
  • en revanche, Wycliff maintient le dogme de la présence réelle du Christ dans la l’hostie consacrée.

On reproche à Wycliff de semer le désordre social. Sa doctrine est condamnée en 1382 par trois synodes tenus à Londres par les dominicains, mais lui-même n’est pas excommunié.

Wyclif envoie de sa propre autorité ses disciples prêcher dans le royaume d’Angleterre ; ils sont appelés « Lollards ». Les Lollards veulent la pratique d’une foi simple et « évangélique » : tout homme doit avoir le libre accès aux Écritures dans sa propre langue. On doit aux Lollards deux traductions de la Bible en anglais.

Ces mouvements annoncent certaines idées de la Réforme protestante (1395 : Requête des Douze Conclusions demandant au parlement l’abolition du célibat des prêtres, de la transsubstantiation, des prières pour les morts, des offrandes faites aux images, de la confession et de plusieurs autres pratiques considérées comme des abus de l’Église catholique romaine.)

Jan Hus (1369-1415)

Tjan_hus_1héologien, universitaire et réformateur religieux tchèque des XIVe et XVe siècles.

En 1402, Jan Hus devient prédicateur à Prague. Influencé par Wyclif, il s’interroge sur les conséquences pratiques de l’obéissance au Christ.

À la chapelle de Bethléem, il prononce des sermons contre « les erreurs du catholicisme », où il préconise une réforme de l’Église. Avec d’autres, il prêche le retour à une Église apostolique, spirituelle et pauvre. Il soutient que la réforme de l’Église doit passer par le pouvoir laïc. Ces propos trouvent un écho favorable dans la noblesse, qui y voit l’occasion de s’approprier les biens ecclésiastiques.

Jan Hus se trouve bientôt à la tête d’un mouvement national de réforme. Il prend publiquement la défense des écrits de Wyclif, condamnés par une bulle pontificale du 20 décembre 1409 qui ordonne leur destruction et l’interdiction de prêcher leur doctrine.

Son excommunication en 1411, sa condamnation par l’Église pour hérésie, puis sa mort sur le bûcher le 6 juillet 1415, lors du concile de Constance, déclenchent la création -et la répression- de l’Église hussite.

Le protestantisme voit en lui un précurseur.

 Le concile de Constance

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La restauration de l’autorité pontificale se fait pressante. La France, principale puissance de l’époque, serait susceptible d’y contribuer mais elle est ravagée par la querelle et bien incapable d’agir.

Il faut attendre 1415 pour que l’empereur allemand Sigismond, excédé, impose enfin la réunion d’un concile sur les bords du lac de Constance. Pas moins de 70.000 personnes se déplacent pour l’occasion.

À Constance, le collège des cardinaux révoque les trois papes du moment et en élit un et un seul. Celui-ci, Oddone Colonna, appartient à la noblesse romaine. Comme il n’est pas encore prêtre, on répare cet oubli en lui conférant hâtivement le sacrement de l’ordination. Prenant le nom de Martin V, le nouveau pape s’établit définitivement à Rome. Son élection, le 11 novembre 1417, met pratiquement fin au Grand Schisme.

Consécutif à l’exil de la papauté à Avignon, ce conflit de personnes au sein de la haute hiérarchie de l’Église catholique a affaibli celle-ci. Il a permis l’émergence de mouvements contestataires et, à plus long terme, de la Réforme protestante.

Une réforme qui se fait attendre

Un nouveau concile se réunit à Bâle le 3 mars 1431, à l’initiative du nouveau pape en vue de réformer l’Église, voire de réunir les Églises d’Orient et d’Occident, les orthodoxes et les catholiques. Malheureusement, cette réforme ne viendra pas car le pape Eugène IV, successeur de Martin V, n’en a cure et dissout le concile.

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Notons que certains pères conciliaires s’insurgent contre cette décision. Ils se transportent à Constance, où ils élisent à la papauté le duc Amédée VIII de Savoie. Le dernier des antipapes prend le nom de Félix V. La chrétienté voit resurgir le spectre du schisme. Heureusement, celui-ci n’a guère de soutiens et le bon Félix V finit par se défaire de son autorité entre les mains du pape Nicolas V.

C’en est bien fini des papes et des antipapes qui se sont entre-déchirés pendant un demi-siècle, entre Rome et Avignon. Il n’empêche que le mal a été fait. La révolution religieuse en germe dans l’Empire allemand triomphera un siècle plus tard avec Martin Luther.

 La France en profite…

En publiant le 7 juillet 1438 la «Pragmatique sanction» de Bourges qui lui permet de choisir lui-même les évêques français et de contrôler leurs activités, le roi de France Charles VII profite de la faiblesse du Saint-Siège pour donner corps au «gallicanisme» : au pape ce qui relève de la foi ; au clergé français et à son souverain ce qui relève de l’administration de l’Église française.

La pragmatique sanction

Une édition post incunable 1503 PRAGMATICA SANCTIO, Philippe Pigouchet, Jean Parvi, Paris, 1503 ;     Cette ordonnance reprend, avec quelques modifications, une vingtaine de décrets pris par le concile de Constance dans l’esprit duquel elle s’inscrit et donne un statut particulier à l’Église de France.
Elle constitue en quelque sorte une alliance entre le souverain et le clergé, limite les prérogatives du pape en réaffirmant la suprématie des conciles qui ont clairement défini les pouvoirs du Saint-Siège.
     La royauté obtient de pouvoir « recommander » ses candidats aux élections épiscopales et abbatiales auprès des chapitres. L’ordonnance de Bourges établit aussi des juridictions permettant de limiter les appels (souvent onéreux) faits à Rome. Enfin, elle fixe un âge minimum pour devenir cardinal, réduit la possibilité du pontife de lever un certain nombre d’impôts (suppression des annates) et restreint les effets de l’excommunication et de l’interdit.
Bien que se référant à Rome, l’Église de France acquiert une grande autonomie. Le roi s’assure la loyauté du clergé français.
Cependant, la Pragmatique Sanction est inacceptable pour le pape, malgré le soutien apporté par Charles VII à Eugène IV contre l’antipape élu par les irréductibles de Bâle. Privé de précieux revenus, le Saint-Siège demande l’abrogation de la Pragmatique Sanction, ou du moins que celle-ci soit sérieusement amendée. On entame des discussions interminables. Le pape envoie sur place son légat Pietro Del Monte, en vain. La Pragmatique Sanction est acceptée par le clergé français et par la plupart des parlements.

Concordat de Bologne (1516)

     Le successeur de Charles VII, Louis XI, abolit la pragmatique sanction en 1461, pour ménager Pie II. Il la rétablit en 1464 pour protester contre les excès de la politique pontificale, puis l’abolit de nouveau en 1467 et conclut enfin, en 1472, un concordat qui rendait à Sixte IV des droits illusoires en échange d’un appui diplomatique dans les affaires italiennes. En 1478, la pragmatique sanction est rétablie par le concile gallican d’Orléans.
Finalement, François Ier et Léon X signent en 1516 le Concordat de Bologne par lequel le roi est reconnu comme le véritable maître de l’Église de France.

 

1492

2 janvier : entrée des Rois catholiques dans Grenade, qui marque la fin de la Reconquista.
reconquista2
26 juin : première ascension du Mont Aiguille par Antoine de Ville, seigneur lorrain                            de Domjulien et Beaupré et capitaine du roi, sur ordre de Charles VIII, roi de                         France.
             Cet exploit est généralement considéré comme l’acte de naissance de l’alpinisme.
18 août : publication de la Grammaire castillane d’Antonio de Nebrija, première grammaire
               d’une langue vernaculaire écrite en Europe.
12 octobre : découverte de l’Amérique. Arrivée de Christophe Colomb, parti de Palos le  1492_La découverte des Amériques3 août en compagnie des frères Martin et Vincent Pinzón à bord de la Pinta, de La Niña et de la Santa María.
  Le 12 octobre, ils atteignent l’île de       Guanahani (Bahamas), baptisée San   Salvador.  Aux Bahamas, Colomb rencontre les Indiens Arawak. Ils vivent dans des communautés villageoises et pratiquent la culture du maïs, de l’igname et du manioc. Ils savent filer et tisser mais ne connaissent pas le cheval et n’utilisent pas d’animaux pour le labour. Ils ignorent l’acier, mais portent de petits bijoux en or aux oreilles.

C’est le moment charnière entre le moyen-âge et la renaissance: Face aux « grands » du royaume  et aux chevaliers vont surgir « cinq figures d’aventuriers: le marchand, le mathématicien, l’artiste, le découvreur » [2] qui vont façonner le monde de demain. (Voir le passionnant livre de Jacques Attali: 1492 [3])

 

La chrétienté grecque en ruines

Michel VIII Paléologue (-1282) qui s’est emparé du pouvoir (1259) au détriment de la dynastie légitime devient le refondateur de l’Empire byzantin. Toutefois, l’Empire byzantin est loin d’être rétabli dans ses frontières d’avant 1204. Une grande partie de la Grèce est toujours détenue par le despotat d’Épire et par d’autres États francs (la principauté d’Achaïe et le duché d’Athènes). De même, les Italiens dominent l’espace maritime et les îles de la mer Égée par le biais notamment du duché de Naxos. Ainsi, Byzance n’est plus la grande puissance d’autrefois, mais seulement un État important à l’échelle régionale.

Grâce à une politique étrangère audacieuse mais très coûteuse, Michel VIII parvient à préserver les frontières de l’empire et à empêcher la formation d’une nouvelle croisade occidentale contre son empire, grâce notamment à sa politique en matière religieuse. Il est partisan de mettre fin au schisme de 1054, une vision impopulaire mais qui devient rapidement un enjeu politique majeur. Son fils Andronic II (1282-1328) face aux finances à sec et à une armée en sous-effectif, est contraint de céder peu à peu tous les territoires d’Asie Mineure avant qu’une guerre civile (1321-1328) avec son petit-fils Andronic III Paléologue (1328-1341) ne le chasse du pouvoir.

Le nouvel empereur au tempérament guerrier tente sans succès de sauver les dernières possessions asiatiques de l’empire mais il est défait lors de la bataille de Pélékanon (1329). L’Empire byzantin devient dès lors strictement européen, un fait qui se confirme par la conquête du despotat d’Épire en 1337.

En 1359 l’Empire byzantin se réduit à la Thrace, la Chalcidique, Mistra, quelques îles Égéennes, le sud de la Crimée et Philadelphie en Asie Mineure.

La guerre civile de 1341 à 1347 épuise les maigres ressources de l’empire. Si Jean VI en sort vainqueur, il règne sur un empire exsangue, privé des ressources commerciales qui ont fait la richesse de l’empire et finit par abdiquer en 1354, date à laquelle les Ottomans s’emparent de Gallipoli et s’installent de manière durable en Europe.

Il ne faut que quelques années pour que les possessions de l’Empire byzantin se réduisent à sa capitale, aux environs directs de celle-ci, à Thessalonique (qui chute en 1387) et au despotat de Morée qui s’étend sur une partie du Péloponnèse.

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Les empereurs byzantins désormais vassaux de l’Empire ottoman tentent de faire appel à l’aide de l’Occident pour susciter une croisade. Finalement, Bayezid Ier met le siège devant Constantinople en 1394 et Manuel II Paléologue (1391-1425) entame un long voyage en Europe pour demander de l’aide. Une armée occidentale est cependant lourdement vaincue à Nicopolis en 1396 et seule la victoire d’Ankara de Tamerlan sur les Ottomans en 1402 sauve l’Empire byzantin.

L’avènement de Mourad II en 1421 marque la fin de ce bref répit. Pour sauver son empire, Jean VIII Paléologue (1425-1448) fait de nouveau appel à l’Occident et signe l’Union des Églises au concile de Florence pour s’assurer du soutien de la papauté. Toutefois, une nouvelle armée occidentale est défaite à Varna en 1444 et la perspective d’une aide occidentale s’éloigne. L’arrivée au pouvoir de Mehmed II en 1451 met directement en péril la survie même de l’empire. Le nouveau sultan s’est en effet fixé pour objectif la ville de Constantinople.

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Après de longs préparatifs, il vient mettre le siège devant Constantinople
au début du mois d’avril 1453, et prennent la ville le 9 mai 1453. Constantin XI (1448-1453) est tué lors des derniers combats et en s’emparant de Constantinople, Mehmed II met fin à plus de 1 000 ans d’histoire byzantine.

Après la chute de Constantinople

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Dès le troisième jour après la conquête, le sultan entreprend un repeuplement par « importation » de prisonniers. Toutefois, l’acte le plus important dans cette direction fut assurément le rétablissement du patriarcat grec orthodoxe . Mehmed II avait enquêté dès l’été 1453, durant son séjour à Edirne, sur une personne – de préférence anti-unioniste – capable de se mettre à la tête des chrétiens orthodoxes. Le nom de Georges Scholarios, disciple de saint Marc d’Ephèse, lui avait été suggéré par son entourage. Celui-ci était prisonnier et se trouvait dans un village près d’Edirne. Le sultan l’a fait aussitôt racheter et emmener à Constantinople. Scholarios fut intronisé le 6 janvier 1454 avec le nom de Ghennadios II

 

[1] Jonas est nommé métropolite de Moscou et de toute la Russie en 1448 sans le consentement de Constantinople. En 1589, le régent Boris Godounov qui mène une politique d’indépendance de la Russie créera le patriarcat de Moscou : l’Église orthodoxe de Russie devient alors autocéphale
[2 et 3]   Jacques Attali, 1492, éd. Fayard, Le livre de poche 9563, Paris 1993

2 réflexions sur « Eglise et unité V: L’Eglise de la fin du moyen-âge »

    • Bien cher Père
      Je plaide coupable.
      Le raccourci permet à des lecteurs non avertis de mieux situer la chose.
      Mais bien évidement vous avez raison sur le fond.
      Merci de vos remarques et suggestions qui ne peuvent que m’aider…
      Geo

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