Eglise et unité_Xb_La seconde guerre (1567-1568)

L’édit d’Amboise est la première d’une longue série de paix précaires.

Les réformés se plaignirent de voir leur culte soumis à des conditions rigoureuses et blâmèrent le prince de Condé d’avoir signé le traité, tandis que les catholiques reprochaient à Catherine sa mansuétude vis-à-vis des dissidents.

À travers le royaume, les querelles reprirent. Selon les régions, l’un ou l’autre parti imposait sa loi (les victimes étant plus nombreuses du côté protestant, qui constituait une minorité) : émeutes, pillages, massacres se succédèrent.

Le 1er janvier 1564, deux serviteurs de la reine mère, le mestre de camp Charry et son adjoint La Tourette, furent assassinés à Paris par un séide de Coligny. Malgré tout, Catherine tenait à ce que les protestants comme les catholiques fussent représentés au Conseil (Coligny y avait repris sa place), mais, dans les cœurs, les passions continuaient à bouillonner.

Seconde guerre (1567-1568)

Après avoir connu la paix pendant quatre ans, le royaume de France est de nouveau la proie des armes. La reprise des hostilités en 1567 s’explique par trois raisons :

  • l’échec de l’édit d’Amboise qui ne laisse la liberté de culte qu’aux nobles,
  • le contexte international orageux,
  • la rivalité de cour entre le prince de Condé et le jeune frère du roi, Henri duc d’Anjou. L’ambitieux Condé prend ombrage de l’ascension politique du jeune prince à peine âgé de seize ans et quitte la cour pour manifester sa contrariété.

La « surprise de Meaux »

Sentant monter les périls, Condé décida de monter une action préventive malgré les réserves de Coligny. Prenant prétexte que le roi de France était menacé par les Italiens qui envisageaient de le capturer, il fit investir, le 28 septembre 1567 le château de Montceaux-en-Brie, près de Meaux, pour s’emparer de la personne du roi.
Celui-ci et sa mère ne parvinrent à échapper aux protestants que d’extrême justesse et purent s’enfuir à Meaux puis gagner Paris.
Cette opération que l’histoire a retenue sous le nom de « surprise de Meaux » fut le prétexte au déclenchement de nouvelles violences. L’échec du complot faisant craindre aux protestants des représailles, ils s’emparent du pouvoir dans les villes où ils sont puissants.

Catherine de Médicis abandonne sa politique de tolérance. Michel de l’Hospital est renvoyé.

Les villes protestantes du Midi se soulèvent à nouveau et les deux armées s’affrontent  à nouveau.
Le lendemain, jour de la Saint-Michel, des prêtres catholiques furent massacrés et des atrocités furent commises lors de la « Michelade[1]) » de Nîmes.

La bataille de Saint-Denis, l’apogée de cette guerre en novembre 1567, est restée indécise : si le prince de Condé a été repoussé, le connétable de Montmorency a été tué. Dès lors, les deux armées se cherchent sans pour autant souhaiter s’affronter : les protestants tentent la jonction avec les reîtres allemands du prince palatin Jean Casimir, l’armée royale attend les troupes allemandes du duc de Saxe et les troupes italiennes du Piémont.
Le manque de finances de part et d’autre oblige les deux camps à la paix.
Négocié par Odet de Coligny et François de Montmorency, le traité de Longjumeau conclut la deuxième guerre de religion française.
Les conditions de l’édit d’Amboise sont renouvelées (culte autorisé dans une ville par bailliage, interdiction de culte à Paris, dans les villes intra-muros). Les armées sont licenciées, celle des protestants partant en premier.

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Michelade

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.