Le concile de Trente I_Première session

 

 Première période: Huit sessions, du 13 décembre 1545 au 17 septembre 1547

 

Etat politique
Charles V d’Espagne, après une guerre sans bénéfice avec François 1er lance une guerre contre la ligue de Smalkalde [1] et persuade la Pape Paul III de s’allier à lui, espérant en cas de victoire obliger les Luthériens à venir au Concile.
La durée de la guerre et sa conclusion vont faire échouer ce projet.

A la fin de son pontificat (1549) alors qu’il négocie avec l’Empereur la suspension du concile, le Pape va tenter de monter une ligue contre lui comprenant la France, la Suisse, de nombreuses villes italiennes et parle même de relancer les Turcs contre Vienne !

Etat religieux:
La chrétienté est profondément divisée avec d’un côté l’Empereur, le pape, et l’Angleterre et de l’autre la ligue de Smalkalde soutenue par le roi de France.
A l’ouverture du concile il y a seulement quatre Cardinaux (dont les trois légats) quatre archevêques, vingt et un évêques (un Anglais, un Français, un germanique, quatre Espagnols et quatorze Italiens) et les cinq supérieurs d’Ordres Mendiants. Calvin plaisantera à ce sujet : « Si c’était seulement un synode provincial, ils devraient avoir honte de se trouver si peu [2]« 

 

Le concile:
Les Pères conciliaires qui se réunissent pour cette première session, comme leurs théologiens, ont été témoins de la rupture avec Luther. Mais formés à l’école humaniste ils espèrent pouvoir concilier une condamnation des « erreurs » des réformateurs sans condamner les réformateurs eux-mêmes.
Le légat qui ouvre la première session précise les buts de la réunion : exaltation de la foi et de la religion chrétienne, extirpation des hérésies, paix et union de l’Église, réformation du clergé, extinction des ennemis du christianisme.
Tous les aspects de l’Église sont visés.
Rapidement, les Pères conciliaires entendent s’affranchir de la tutelle impériale. Contre Charles Quint qui entendait les limiter aux abus ecclésiastiques, ils se saisissent également des questions dogmatiques. Ils décident également de se saisir ensemble des questions de réforme nécessaires qui en résulteraient.
Devant leur audace, Paul III s’inquiète, alors que ses relations avec l’Empereur se tendent.
Les Pères condamnent les doctrines protestantes cherchant à préciser la doctrine catholique face à la doctrine protestante d’une façon très tranchée :
  • le 8 avril 1546, décret sur la réception des livres saints et des traditions.
  • le 17 juin, décret sur le péché originel.
  • le 13 janvier 1547, décret sur la justification
  • et le 3 Mars 1547, décret sur les sacrements [3]
Ils ne réussissent pas cependant à faire advenir la réforme de la tête tellement souhaitée –et si nécessaire.
En 1547, les protestations répétées et violentes des prélats allemands envers l’autorité papale amenèrent les légats à faire courir le bruit que la peste était aux portes de la ville.
Giovanni Maria Del Monte, légat pontifical et secrétaire du concile, fait transférer le concile à Bologne, plus au centre de l’Italie, et en territoire pontifical. Furieux, Charles Quint interdit à ses prélats de quitter Trente, et déclare invalide le transfert.
Dès lors, les sessions tenues à Bologne sont purement formelles. Les pères conciliaires, uniquement Italiens, prennent soin de ne prendre aucune décision, qui serait contestée par l’Empereur : aucun décret n’est voté pendant cette session. Parallèlement, Charles Quint ne fait pas poursuivre les travaux aux prélats allemands restés à Trente.

 

Le pape met donc fin à cette première série de réunion qui a compté jusqu’à 70 votants le 17 septembre 1549.
Il meurt peu après (le 10 novembre 1549).

 

[1] Le 27 février 1531, différentes principautés et villes d’Allemagne constituent à Smalkalde, en Thuringe, une ligue destinée à tenir tête à l’empereur Charles Quint. Les ligueurs, tous protestants de confession luthérienne, entendent avant tout préserver leur liberté religieuse. Pour cela, ils ne craignent pas de solliciter l’aide du très catholique roi de France.
Après la paix de Crépy-en-Laonnois conclue en 1544 avec François 1er, l’empereur décide d’en finir avec la ligue. Après une victoire des troupes impériales à Mühlberg, en 1547, le landgrave fait sa soumission tandis que l’Électeur est déposé et remplacé par son rival Maurice de Saxe.
Malgré ce succès, Charles Quint va devoir se résigner à la division religieuse de l’Allemagne. (Paix d’Augsbourg en 1555)
[2] Jean Calvin: « Les actes du concile de Trente avec le remède contre le poison » (1547)
[3] Pour le détail du texte des décrets voir : http://nouvl.evangelisation.free.fr/concile_de_trente.htm

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