Colloque Famille en Communauté

Quelque 200 personnes réfléchissent sur « Famille en communauté », dans le cadre d’un colloque international et œcuménique organisé du 3 au 6 mars en Suisse, par le Chemin-Neuf.

 

Comme d’autres communautés nouvelles, notamment les Béatitudes et le Verbe de Vie, le Chemin-Neuf a accueilli dès sa fondation des couples avec enfants. Ces familles partageant la vie des autres membres, célibataires, consacrés ou non, ont toujours été perçues comme une chance… Mais cette cohabitation a provoqué aussi incompréhensions et difficultés, en particulier pour l’éducation des enfants (lorsqu’il y avait délégation de l’autorité parentale à la communauté) ou pour l’articulation entre vie professionnelle et vie communautaire (lorsqu’un père de famille engagé à plein-temps dans la communauté ne ramenait pas d’argent à ses proches)…

D’où le besoin d’une réflexion théologique et canonique sur la place et le rôle des familles engagées en communauté.

C’est ainsi qu’un colloque international et œcuménique sur « Famille en communauté », à l’initiative du Chemin-Neuf, se tient du 3 au 6 mars, au centre œcuménique Bethanien de Sankt-Niklausen, sur les bords du lac de Sarnen, en Suisse alémanique. « Nous savions que cela était vécu chez les protestants depuis la Réforme, notamment dans l’Église mennonite où des familles vivent ensemble et mettent leurs biens en commun. Et nous souhaitions que ces autres traditions ecclésiales puissent nous éclairer sur la mission évangélisatrice des familles », explique Blandine Lagrut, consacrée de la communauté du Chemin-Neuf (CCN), professeur de philosophie au Studium de Chartres (pour les jeunes de la CCN) et coordinatrice de ce colloque suisse.

En lien avec le Synode des familles et l’Année de la Miséricorde

     Ce colloque en Suisse est une première, en lien avec le Synode des familles et l’Année de la Miséricorde. Parmi les intervenants, l’historienne Marie-Françoise Baslez, enseignante à la Sorbonne et au Centre Sèvres, a rappelé que jusqu’au début du IIIe siècle, les communautés chrétiennes étaient des maisonnées, rassemblant la famille, ses salariés et ses esclaves. « Dans une structure antique de maisonnée, tout le monde suivait la religion du chef de famille, comme on le voit avec les baptêmes collectifs dans les maisonnées de Lydie, de Philémon ou de Stephanus de Corinthe », citant les lettres de Paul et les Actes des apôtres.
D’autres experts (1) doivent prendre la parole, notamment Mgr Vincenzo Paglia, président du conseil pontifical pour la famille  (2), et le théologien jésuite Jean-Louis Ska, de l’Institut biblique de Rome.

 

     Les quelque 200 inscrits à ce colloque attendent beaucoup aussi de la quinzaine d’ateliers proposés autour de questions concrètes: « Rebondir après un échec: relecture d’une expérience communautaire difficile »; « Entre pauvreté et simplification de vie : quel chemin pour les couples? »; « Être grands-parents en communauté »…

Des ateliers qui devraient être riches, d’autant que plusieurs participants représentent des communautés protestantes ou catholiques accueillant des familles, telles « Bruderhof » et « Jesus-Bruderschaft » en Allemagne; « Cor et Lumen Christi » en Grande Bretagne; « Jahu » et « Diakonieverein » en Suisse; « Shalom » au Brésil.

Les deux significations du mot « utopie »

D’ailleurs, le sous-titre donné à ce colloque – « Famille en communauté?: l’avenir d’une utopie? » – rappelle qu’il y a deux significations au mot « utopie ». « Le modèle de familles vivant en communauté avec d’autres états de vie est-il voué à s’effondrer ou est-il une véritable espérance, en cohérence avec les origines du christianisme et la mission de l’Église? », résume Blandine Lagrut.

Le pardon placé au centre

Une telle vie commune entre différents états de vie suppose de relever de nombreux défis. « Si le pardon n’est pas placé au centre d’une vie commune entre différents états de vie, celle-ci ne durera guère plus que quelques mois », et elle insiste sur la « chance » de tenir ce colloque pendant l’Année de la miséricorde.

Quant aux communautés qui continuent d’accueillir des familles, elles constatent, assure-t-elle encore, que « cela porte du fruit ». Notamment des fruits d’évangélisation. Pour des jeunes de 18-35 ans qui ont du mal à gérer leur vie affective et sexuelle, il est « rassurant », selon elle, d’entendre le témoignage de couples. « Cela prouve que, quel que soit l’état de vie, tout baptisé reçoit un appel à suivre le Christ pauvre, humble et chaste. Et que la vocation à la sainteté est universelle. »

Claire Lesegretain, le 05/03/2016

(1) Les actes de ce colloque seront publiés dans une revue scientifique et un ouvrage rassemblera quelques témoignages de familles en communauté.

source: http://www.la-croix.com/Religion/Monde/Des-chretiens-reflechissent-au-modele-des-familles-chretiennes-vivant-en-communaute-2016-03-05-1200744442

 

(2) Mgr Paglia au Colloque international de la Communauté du Chemin Neuf : « Une alliance pour fermenter la société ».

 

Mgr-Vincenzo-Paglia

Une alliance entre la famille et la communauté chrétienne afin qu’elles ne se renferment pas dans leur cercle et qu’elles soient capables de « fermenter de façon ‘familiale’ toute la société ». C’est le souhait qu’a formulé le président du Conseil pontifical pour la famille, Mgr Vincenzo Paglia, en intervenant au Colloque international, intitulé « Famille en communauté, l’avenir d’une utopie ? », qui a été organisé par la Communauté du Chemin Neuf, en Suisse du 3 au 6 Mars 2016.

 

Au centre de cette rencontre, le rôle des familles dans l’église, avec pour objectif le fait de comprendre comment « suivre le Christ comme une famille » et être « des familles en mission » peut renouveler l’Église, en tenant compte des éléments d’harmonie qui existent entre la vocation à la famille et celle à la vie religieuse. En ce sens, Mgr Paglia a souligné la responsabilité des « nouvelles communautés » à vivre leur charisme justement d’une façon plus généreuse et créative, tout en étant solides dans la « perspective qui lie étroitement la famille et la communauté, le ministère ordonné, le sacrement nuptial et le célibat ».

 

L’utopie, qui est mentionnée dans le titre du colloque, – a ainsi expliqué le président du Conseil pontifical pour la famille – est « celle d’un nouveau mode de vie, qui ne reste pas enfermé sur lui-même, mais qui est ouvert à tous, et tout particulièrement aux pauvres. Dans une telle perspective, la responsabilité d’accueillir ceux qui n’ont pas de famille, tout comme les personnes qui sont seules et faibles afin qu’elles fassent partie de la grande famille de Dieu, devient tout à fait claire. Et c’est dans cette même perspective – a encore ajouté Mgr Paglia – que doit être également posée la question des divorcés remariés ou de ces familles imparfaites et en devenir. […] On pourrait dire que les familles sont trop peu ecclésiales, car elles se referment facilement sur elles-mêmes, et que les communautés chrétiennes sont trop peu familiales, car elles sont alourdies par la bureaucratie, voire rendues grisâtres par le fonctionnalisme ».

 

La famille – a encore poursuivi Mgr Paglia – « est une bénédiction irremplaçable pour la terre, qui est notre maison commune, la maison de tous les peuples d’hier, d’aujourd’hui et de demain. La promesse que Dieu fait à l’homme et à la femme, à l’origine de l’humanité, comprend tous les êtres humains, jusqu’à la fin de l’histoire. Si nous avons la foi – il en suffit de si peu – les familles des peuples de la terre regarderont les familles chrétiennes et les communautés chrétiennes, qui vivent déjà cette ample solidarité, et se reconnaîtront dans cette bénédiction. C’est le grand rêve de Dieu pour le monde, à savoir celui de réunir tout le monde – a enfin conclu Mgr Paglia – dans la seule et unique famille humaine ».

Source: http://www.familiam.org/pls/pcpf/v3_s2ew_consultazione.traduzione?id_pagina=12937&id_lingua=4

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