Histoire de l’Eglise II : unité et diversité.

 Petit retour en arrière

     Dans l’article précédent, nous avons vu comment, au gré des quatre premiers conciles œcuméniques et au fur et à mesure que les définitions christologiques s’affinaient,  cela a provoqué des différences d’appréciations, les hérésies[1], qui sont devenues facteur de séparation est d’excommunication.
   Avant d’aborder le problème de la séparation entre l’Eglise d’occident (Rome) et les Eglises d’Orient -en particulier Constantinople) il faut faire un retour en arrière sur ce qui se passe en occident de la fin de l’Empire Romain d’Occident [2] à la date de la rupture de 1054.

 

Du troisième au dixième siècle

Des peuples venus d’Asie (les Huns), de Scandinavie (les Goths) et de l’Europe de l’Est (les Francs et les Alamans) morcellent l’ancien Empire romain d’Occident en petits royaumes. En de nombreux endroits, l’Église est la seule force demeurant sur place qui peut négocier avec les nouveaux maîtres. Elle y préserva en même temps l’héritage de Rome, les barbares, peuples illettrés, conservant les systèmes administratif et juridique romains -et ceux qui savent le faire fonctionner.

Abandon de la partie occidentale de l’ Empire par Byzance

Après que Justinien Ier eut repris l’Italie, l’empereur Maurice (539 – †602) transféra son représentant, l’exarque, à Ravenne.

 En 590, une alliance est passée avec les Francs de Childebert II en vue d’anéantir les Lombards. Le roi franc envoie en Italie une armée, dont une partie se dirige vers Vérone. Pendant ce temps, les Byzantins, commandés par l’exarque, attaquent les Lombards. Après les premiers succès et alors que les Lombards sont sur le point de céder, brusquement, les Francs s’en retournent dans leur patrie pour ne plus en revenir. Les Byzantins ne sont plus alors en mesure de gagner la guerre et de restaurer l’unité de la péninsule, l’exarchat récupère quelques territoires, mais en raison de cette campagne, les conditions socio-économiques dans la péninsule se détériorent.

Plus ou moins en même temps, le pape Grégoire Ier demande à plusieurs reprises l’aide militaire à Romanus contre les Lombards de Spolète, qui attaquent et pillent le territoire romain. L’exarque, parce qu’il a une stratégie différente, refuse régulièrement d’apporter de l’aide à Rome. Grégoire, devant l’inaction du pouvoir impérial, tente de négocier une paix avec les Lombards afin de soulager les souffrances de la population romaine : débute ainsi l’activité politique et temporelle de l’Église de Rome malgré les protestations de l’empereur et de l’exarque Romanus qui refusa de reconnaître les ententes conclues entre le pape et le chef lombard.

   Reconstitution d’un Empire àoccidental autour des Francs

L’avance des Lombards se faisant de plus en plus inexorable, le pape Étienne II (règne 752 – †757) appela au secours Pépin le Bref (715 – †768) qu’il avait sacré roi des Francs deux ans plus tôt. Ce dernier remit au pape les terres dont les Lombards s’étaient emparés, y compris l’exarchat de Ravenne : ce fut le début des États pontificaux, créés à partir de territoires byzantins.
La papauté s’appuiera sur la fausse « Donation de Constantin »  jusqu’à la Renaissance pour justifier la création des États pontificaux[3], jusque-là territoires en majeure partie byzantins.

Quelques années plus tard, le roi lombard Didier ayant dénoncé le traité conclu avec Étienne II, le pape Adrien Ier (règne 772 – †795) résolut de faire appel à Charlemagne (742 – †814). Qui traversant une première fois les Alpes, défit le roi Didier en 774 à Pavie et confirma les dons de son père.

Cinq ans après son élection, le nouveau pape, Léon III (règne 795 – †816 couronna Charlemagne en le proclamant « imperator Augustus ». Ce faisant, le pape renversait la situation et se donnait le droit d’investir l’empereur des Romains, ce qui sous-entendait la supériorité de l’Église sur l’Empire. Il pouvait alors justifier cette autorité par le faux document, « la Donation de Constantin », selon lequel Constantin, reconnaissant la primauté du pape d’alors, Sylvestre (règne 314 – †335), lui aurait donné le droit de concéder la couronne impériale à qui bon lui semblerait..

Schisme de Photius

Ce schisme politico-religieux, qui n’affecta que l’Église d’Orient mais qui devait être la cause indirecte du schisme de 1054, fut le résultat de la chute du patriarche Ignace et de sa protectrice, l’impératrice Théodora. Le nouvel empereur, Michel III (règne 842 – †867) fit remplacer Ignace par Photius (843 – patriarche 858-867 – †886), un laïc haut-fonctionnaire responsable de la chancellerie impériale. Celui-ci reçut tous les ordres ecclésiastiques en six jours de façon à être intronisé pour les fêtes de Noël 858.

Choqué par cette procédure, le pape Nicolas Ier (pape 858 – †867) décida trois ans plus tard d’envoyer des légats à Constantinople avec mission d’enquêter sur ces irrégularités. Il se disait prêt à passer l’éponge sur celles-ci pourvu que l’Illyrie, la Sicile et la Sardaigne soient retournées au Saint-Siège. Or l’Illyrie recoupait la majorité des Balkans où la Bulgarie et la Moravie à l’Ouest songeaient à se convertir au christianisme.  Constantinople ne pouvait accepter ces conditions

Prétentions abusives du Pape Nicolas

Aussi un concile tenu à Rome en 863 décréta qu’Ignace était toujours le patriarche légitime et réduisit Photius au rang de laïc. Ce n’est que deux ans plus tard que l’empereur rompit le silence dans une lettre qui rappelait au pape qu’il avait été invité à envoyer des délégués pour discuter de l’iconoclasme et non des affaires intérieures de l’Église byzantine. La réponse du pape Nicolas montrait à quel point la mésentente était grande entre les deux Églises : il y affirmait que seul le pape pouvait convoquer un concile et que sans sa permission nul patriarche ne pouvait être nommé ou déposé. De plus, l’autorité de Rome s’étendait « super omnem terram, id est, super omnem ecclesiam »; en tant que pape, il avait donc le pouvoir de juger du cas d’Ignace.

l’imbroglio slave

À la même époque, le tsar Boris, qui avait demandé en vain l’envoi d’un patriarche grec, se tourna vers Rome qui se hâta de lui envoyer des missionnaires francs, lesquels professaient le credo en y incluant la formule du Filioque. Furieux, Photius convoqua un synode qui déclara le pape déposé et anathématisé en 867. Sur ces entrefaites, Basile le Macédonien (règne 867 – †886) renversa Michel III et s’empara du pouvoir, tout prêt à sacrifier Photius pour être reconnu par le pape et le parti des Ignatiens.

Ignace fut donc réinstallé en novembre 867. À peu près à la même époque, le pape Nicolas mourut et fut remplacé par Adrien II (règne 867 – †872). Un synode se tint à Saint-Pierre de Rome en 869 qui condamna Photius et le synode de 867, ne reconnaissant les évêques qui l’avaient appuyé que s’ils signaient un « libellus satisfactionis » qui affirmait que la Foi avait été maintenue par le Saint-Siège. Après quoi, le pape envoya des légats à un concile devant se tenir à Constantinople à l’automne.

Contrairement aux attentes de Rome, non seulement les évêques se montrèrent-ils hostiles au libellus, mais le concile conclut que l’accord des cinq patriarches était nécessaire pour toute décision de nature théologale (canon 21). Les occidentaux furent à nouveau défaits lorsque la question du siège dont relèverait la Bulgarie fut mise aux votes : le concile décida qu’il appartenait à l’empereur de trancher la question. Le pape était près d’excommunier Ignace lorsque celui-ci mourut en 877.

Une réconciliation ambigüe

L’empereur choisit alors de réinstaller Photius dont il avait appris à apprécier les talents. Ce dernier pour sa part voulait une réconciliation avec Rome, tout comme le pape Jean VIII (pape 872 – † 882). Un nouveau concile fut donc tenu à Constantinople en 879 qui annula les actes du concile de 869, affirma la parfaite orthodoxie de Rome, tout en anathématisant ceux qui ajouteraient quelque chose au credo de Nicée (autre effet des difficultés linguistiques, le grec des légats n’était peut-être pas suffisant pour qu’ils sachent ce qu’ils signaient). Par ailleurs, l’empereur envoya un message assignant l’Église de Bulgarie à Rome – ce que refusa le tsar bulgare. L’harmonie était ainsi retrouvée entre Rome et Constantinople de telle sorte que lorsqu’un nouveau schisme se déclara, à l’intérieur de l’Église de Constantinople cette fois, concernant le quatrième mariage de l’empereur Léon VI (règne 886 – † 912), le tact du patriarche et la prudence du pape évitèrent tout nouveau conflit50.

Schisme de 1054

Causes religieuses

Si la fin du schisme de Photius marqua le début d’une période d’apaisement entre les deux hiérarchies, elle fut aussi le point de départ d’une autre querelle à l’origine du schisme de 1054 : la querelle du Filioque. Dans une Encyclique aux patriarches de l’Est, le patriarche Photius dénonçait cet ajout au credo de Nicée par l’Église d’Occident qu’il accusait d’hérésie. Le Credo de Nicée (325) disait simplement que Dieu le Fils « procédait » du père et restait silencieux sur la nature du Saint-Esprit. Cet ajout (« ex patre filioque procedit ») affirmait que le Saint Esprit procédait à la fois du Père et du Fils.

Cette expression avait été adoptée au IIIe Concile de Tolède en 589 pour contrer l’arianisme prévalant alors en Espagne wisigothique jusqu’à la conversion du roi Récarède. À partir de là, elle fut adoptée en Gaule pour lutter contre les chefs francs qui étaient tous ariens. Tous, sauf Clovis (voir plus haut) qui s’était converti au catholicisme romain. Charlemagne, dans sa lutte contre les autres chefs francs, voulut faire pression pour qu’elle soit introduite dans le Credo, ce à quoi s’opposa fermement le pape Léon III (pape 795 – †816). Au cours du IXe siècle, la formule fut progressivement adoptée par les Églises d’Allemagne et de Lorraine. Des clercs allemands l’apportèrent à Rome. L’influence allemande grandissant à Rome, un des successeurs de Léon III, Benoit VIII (pape 1012 – †1024), qui avait désespérément besoin de l’appui de l’empereur dans la lutte qui l’opposait aux grandes familles romaines, finit par s’y résoudre 200 ans plus tard, lorsque l’empereur Henri II alla se faire couronner à Rome.

Causes politiques

L’hostilité à l’endroit de l’influence allemande aidant, c’est moins la question de la procession du Saint-Esprit qui faisait problème que de savoir si le pape était habilité à imposer seul une telle décision à l’ensemble de l’Église. Pour les Orientaux, le symbole de Nicée ayant été adopté par un concile réunissant toutes les Églises ne pouvait être modifié que par un autre concile œcuménique.

La pentarchie

On glissait ainsi du plan théologique au plan de l’administration de l’Église. Dans son édit 131, l’empereur Justinien avait promulgué que le gouvernement de la chrétienté serait confié aux cinq patriarches de l’Église sous l’égide d’un empire universel, ce que l’on appela la « pentarchie ». Rome se voyait concéder la primauté en raison de son lien historique avec la ville impériale. Tel que mentionné plus haut, il s’agissait donc d’une primauté d’honneur allant à la ville et non à l’individu qui y occupait le poste de patriarche. Du reste, cette primauté d’honneur n’était définie nulle part et ne n’impliquait aucune suprématie sur les autres patriarches.

Rome et le pouvoir

En Occident, les invasions avaient fait du pape l’unique force pouvant tenir tête aux barbares. Celui-ci était ainsi naturellement devenu non seulement le guide spirituel, mais aussi temporel des chrétiens d’Italie. Et si, comme on l’a vu avec Charlemagne, la papauté eut besoin de l’aide matérielle de l’empereur pour maintenir son pouvoir temporel sur la ville de Rome, elle tentera de s’en émanciper dès que le Saint-Empire romain sera créé. L’harmonie qui régna entre Otton Ier (912 – †973) et le pape d’alors fut remplacée dans les siècle suivants par une opposition croissante entre les deux. Grégoire VII (pape 1073 – †1085) parviendra à humilier l’empereur Henri IV (1050 – † 1106) à Canossa en 1077 et publia le Dictatus Papae, un recueil de 27 propositions affirmant la suprématie papale, incluant le pouvoir de nommer et de rejeter les souverains temporels et se réservant le titre exclusif de souverain « universel » ou œcuménique, une allusion directe à son collègue de Constantinople.

Les causes secondaires

Si ces sujets concernaient surtout les hautes sphères de la hiérarchie, la question du célibat ecclésiastique, imposé par Grégoire VII à toute l’Église sans concertation avec les autres évêques de la pentarchie, touchait l’ensemble du clergé et traduisait l’influence des réformateurs de Lorraine qui avaient l’appui de l’empereur germanique et de ceux de l’abbaye de Cluny. De même, à leurs yeux, les critiques adressées par l’Église latine aux Églises grecques concernant l’utilisation du pain avec levain, le jeûne du samedi durant la période du carême ou le baptême par une immersion au lieu de trois étaient autant de preuves que l’Église d’Occident voulait leur imposer ses propres coutumes germaniques et ignorait complètement leur propre développement historique.

Excommunications de 1054

 Les principaux acteurs du drame

Ce furent le patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire, et le légat du pape Léon III, le cardinal Humbert de Moyenmoutiers, cardinal de Silva Candida), appuyés par leurs supérieurs respectifs, le basileus Constantin IX (vers 1000 – †1055) à Byzance et les papes Léon IX (pape 1049 – †1054) et Victor II (pape 1055 – †1057) à Rome.
    Représentant authentique de la réforme clunisienne, le pape était dans un dilemme. S’il désirait l’alliance des Byzantins pour lutter contre les Normands, il ne voulait nullement voir ces territoires retourner sous l’autorité de Byzance. Capturé par les Normands en 1053, il fut emmené en captivité à Bénévent où il commença l’étude du grec. Les Normands autorisèrent son premier secrétaire, le cardinal Humbert, à venir l’assister.
Ce dernier réussit à convaincre le pape d’envoyer des légats à Byzance pour tenter un rapprochement entre les deux Églises, ouvrant la voie à une coopération politique sur les territoires d’Italie du sud.
Il rédigea à cette fin deux lettres pour la signature du pape: l’une, destinée au patriarche, jetait le doute sur la canonicité de son élection, rejetait les accusations de Cérulaire contre l’Église latine et l’accusait de s’ingérer dans les affaires des Églises d’Antioche et de Jérusalem. L’autre, destinée à l’empereur, traitait surtout de questions politiques, mais sa dernière phrase se plaignait de la conduite du patriarche.

Daccord sur un seul sujet: la rupture. Bétise franque et désunion greque.

 Accompagné de l’archevêque d’Amalfi (territoire byzantin) et de Frédéric de Lorraine, chancelier du Saint-Siège et futur pape Étienne IX (règne 1057 – †1058), il partit pour Constantinople en avril 1054.
     Insatisfaits dès l’abord de l’accueil qu’ils reçurent, les légats se rendirent d’abord chez le patriarche où ils lui remirent avec hauteur la lettre qui lui était destinée avant de se retirer sans échanger les compliments d’usage. Le patriarche fut choqué du ton de la lettre et mit en doute le statut de la délégation envoyée par un pape prisonnier.
Quelques jours plus tard, le pape Léon mourut et la nouvelle parvint à Constantinople quelques semaines plus tard. En vertu des précédents, les légats auraient dû retourner à Rome chercher de nouvelles instructions du successeur de Léon IX. Or ce ne fut qu’en septembre qu’Henri III nomma un nouveau pape en la personne de Victor II (pape 1055 – †1057), évêque d’Eichstatt en Allemagne. Il ne devait arriver à Rome qu’au mois d’avril 1055, ignorant probablement tout de cette délégation.
     Celle-ci toutefois reçut un accueil très cordial de l’empereur, alors que le patriarche décidait simplement de l’ignorer et de ne plus avoir de contact avec elle.
     Le climat se dégrada avec la publication de la lettre du pape ainsi que de deux documents qu’Humbert avait apportés avec lui. La lettre du pape provoqua une réponse, polie mais ferme, d’un moine du monastère de Studium du nom de Nicetas Stethatus. Elle provoqua la fureur du cardinal Humbert qui répondit par un torrent d’insultes.
Inquiet pour l’avenir de l’entente qu’il souhaitait, l’empereur força le moine à se rétracter et consentit même à discuter avec le cardinal de la question du Filioque, alors que le patriarche continuait à garder le silence et que le peuple s’irritait de cette ingérence dans les affaires de son Église.
     Le samedi 16 juillet 1054, les trois ex-légats se rendirent à Sainte-Sophie alors que l’on s’apprêtait à célébrer l’office de l’après-midi et déposèrent devant les fidèles une bulle excommuniant le patriarche et ses assistants, avant de repartir non sans avoir symboliquement secoué la poussière de leurs souliers.
     Fort de l’appui de son Église, le patriarche alla se plaindre à l’empereur pendant que la population ameutée grondait contre cette insulte à l’Église de Constantinople. L’empereur dut annoncer que la bulle incriminée serait solennellement brûlée.
Le dimanche 24 juillet, un synode convoqué à la hâte jeta l’anathème sur le cardinal de Moyenmoutiers et ses assistants, sans mentionner toutefois le pape ou l’Église d’Occident en général, espérant sans doute une déclaration du prochain pape à l’effet que la délégation avait outrepassé ses pouvoirs.

Réactions en Orient et en Occident

En dépit de son caractère spectaculaire, cet épisode ne fut considéré à Constantinople que comme l’une des péripéties qui marquaient de plus en plus souvent les relations entre les hauts dirigeants des deux Églises : les excommunications étaient dirigées vers leurs dignitaires et non contre les Églises elles-mêmes, il n’y avait donc pas de schisme à proprement parler.

La réaction fut plus marquée en Occident où les réformes entreprises par les empereurs allemands pour restaurer la crédibilité et l’influence morale de la papauté portaient fruit. Le rapport que fit le cardinal de Moyenmoutiers de sa mission fut reçu avec enthousiasme, l’anathème prononcé contre le patriarche étant vu comme la juste rétribution des accusations grecques contre l’Église latine. Le cardinal conserva sa place comme chef de file de la curie romaine. Le principal résultat toutefois devait être une acrimonie grandissante entre les deux Églises qui se traduisit à Constantinople par la publication d’un pamphlet intitulé « Contre les Francs ».

 

[1]    Dans l’Antiquité, le mot hérésie désignait simplement une école de pensée : le jardin  d’Épicure était une telle haíresis. Au fil des conciles qui définirent progressivement les dogmes chrétiens durant le premier millénaire de notre ère, la notion d’« hérésie » fut fréquemment opposée à celle d’« orthodoxie ». Elle acquit une valeur péjorative dans l’historiographie des églises trinitaires (catholique ou orthodoxe), et depuis lors, le mot hérésie désigne avant tout une opinion, doctrine ou dogme considéré comme sortant du cadre de ce qui est généralement admis ou tenu pour acquis dans les domaines de la pensée, de la connaissance, de la religion.

[2]   La convention veut que l’Empire d’Occident ait disparu le 4 septembre 476, lorsqu’Odoacre déposa Romulus Augustule.

[3]    Au VIIIe siècle, Pépin le Bref, chef des Francs, obtient du pape d’être reconnu roi à la place des Mérovingiens, héritiers de Clovis. Cette reconnaissance est la contrepartie du soutien apporté par Pépin au pape, en butte aux attaques de ses voisins lombards. Pour consolider sa rapprochement avec le Saint-Siège, Pépin garantit au pape Étienne II et à ses successeurs une pleine souveraineté sur Rome et l’Italie centrale. C’est l’amorce des États pontificaux, qui ne disparaîtront qu’en 1870 par absorption dans le royaume d’Italie.
Mais cette donation de Pépin, qui sera II donation de Pépinconfirmée par son fils et successeur Charles (futur Charlemagne) pose problème car les territoires en question relèvent virtuellement de l’empereur de Constantinople ! L’administration pippinide ou carolingienne lève l’obstacle en produisant en 754 un document apocryphe, sans doute le faux le plus célèbre du Moyen Âge : la «donation de Constantin».
Ce document est présenté comme une convention entre le premier empereur chrétien,Constantin le Grand, et le pape Sylvestre 1er, d’où il ressort que l’empereur aurait concédé au pape une pleine souveraineté sur Rome, l’Italie et les régions occidentales, au moment de quitter Rome pour Byzance, sa nouvelle capitale !

2 réflexions sur « Histoire de l’Eglise II : unité et diversité. »

  1. Merci, Georges, pour ces pages d’un grand intérêt ! C’est plus qu’un « blog ».

    Par culture, j’aimerais que les exposés présentés soient signés. Certes il y a des notes, des références, mm’enfin je persiste, même sur internet, à exiger que la « communication » soit référencée, et ce même si probablement tous les articles seraient signés de Georges (?), ou alors on peut mettre une signature telle que « Georges, éditeur du site », etc. ou bien si c’est repris d’ailleurs, etc, etc…

    fraternellement,
    Zoltan

    • Merci Zoltan de l’intérêt que tu porte à ce site.
      Par principe tout ce qui y est édité, sauf référence explicite, est à considérer comme venant de moi. Mais puisque ce qui va de soi va mieux en le disant, je vais mettre une note en ce sens sur la page d’accuiel
      Geo

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