Eglise et Unité VI: un siècle de réformes 1450-1550 (6 ème partie)

A regarder les évènements dans leur masse et non dans le détail, il appert  qu’il n’y a pas à opposer des gentils protestants contre des méchants catholiques.

Il y a à saisir que deux projets de sociétés qui s’opposent, l’un se nourrissant d’expériences autonomes -et ce seront les réformes « protestantes »-, l’autre préférant le renforcement des pouvoirs centraux -et ce sera le concile de Trente qui est un concile de réforme plus que de « contre-réforme » même si c’est l’apparition du protestantisme qui le questionne-.

Nous avons vu dans les chapitres précédents le contexte de crise dans lequel la réforme va se développer. Il n’en reste pas moins qu’une poignée d’hommes qui veulent  soit réformer l’église catholique soit la remplacer vont convaincre environ la moitié des pays d’Europe occidentale de la justesse de leurs doctrines.
Un second point important à noter est que ces mouvements de réformes sont  concomitants sans être forcément liés: si Bucer et Œcolampade viennent à la réforme par les écrits de Luther,  Calvin, de même que Farel et  Zwingli développent des pensées très proches mais de façon indépendante.

 

Une réforme en plusieurs modèles

La réforme au XVIe siècle s’exprime selon quatre courants :
  • la Réforme luthérienne qui, partie d’Allemagne, s’appuie sur les princes et sur certains éléments urbains, tandis qu’en Suède elle s’appuie sur l’Église et le souverain,
  • le courant réformé qui, parti de Suisse avec Zwingli et de Genève avec Calvin, dépend fortement d’un élément populaire ou du moins bourgeois,
  • la Réforme anglicane, en Angleterre, qui s’accomplit d’en haut, selon la volonté du souverain, mais qui est plus -au moins au début- une réforme de structure plus qu’une contestation théologique.
  • la Réforme radicale, partie d’éléments populaires en Allemagne et en Suisse qui, estiment que les luthériens et les réformés ne vont pas assez loin et que la réforme s’arrête à mi-chemin. Elle remet profondément en cause les dogmes et l’ecclésiologie de l’Église catholique.Seul l’anabaptisme pacifique a réellement survécu aux diverses répressions orchestrées par les institutions tout au long du xvie siècle. Ce courant apparaît d’abord en Suisse sous l’action de Grebel et Mantz. Puis, il se développe dans le Tyrol avec les huttérites. Enfin, Menno Simons donne un nouveau souffle à ce courant en l’homogénéisant quelque peu. Ce courant est devenu l’ Eglise Mennonite

Les trois premiers courants constituent la « Réforme magistérielle » parce qu’ils sont conduits par des théologiens.

Il arrive que les deux types de réforme, « Réforme magistérielle » et Réforme radicale, entrent en conflit : Luther est confronté à la révolte des paysans en 1525, Calvin combat les anabaptistes et ceux qu’il appelle les « libertins spirituels », accusés de semer le désordre social ou la zizanie.

 

La Réforme protestante, si elle se retrouve toujours dans certaines affirmations fortes (justification par la foi, importance de la grâce, primauté de la Bible sur l’institution ecclésiale), s’est prêtée historiquement à des expressions souvent contradictoires.
Faut-il parler malgré tout de la Réforme au singulier, ne vaut-il pas mieux dire les Réformes au pluriel ?
L’expression « la Réforme protestante » garde le mérite de souligner les incontestables convergences qui existent entre ces différentes sensibilités, perçues comme une richesse et non comme une faiblesse dans un monde contemporain, familier du pluralisme.

Petite biographie paralèlle des principaux réformateurs

Plusieurs étapes jalonnent la progression du luthéranisme:

  • La diète de Spire en 1529, qui voit les princes des Etats allemands gagnés à la Réforme protester (d’où le nom «protestants») contre Charles Quint qui veut leur retirer la liberté de professer leur foi, pourtant accordée en 1526.
  • La Confession d’Augsbourg

    Timbre : lecture à Charles Quint de la Confession d'Augsbourg, 1530Durant l’été 1530, Charles Quint convoque une diète à Augsbourg pour tenter une conciliation entre catholiques et protestants au sein de l’empire. Luther se fait représenter par Melanchthon (1497-1560) qui soutient une confession de foi, inspirée des idées de Luther et connue sous le nom de Confession d’Augsbourg ; qui affirme le caractère universel de la foi luthérienne. L’empereur n’accepte pas la Confession et demande aux protestants de revenir au catholicisme. Luther demande alors à Melanchthon de composer une apologie de la Confession d’Augsbourg. Charles Quint mécontent remet en vigueur l’édit de Worms contre Luther et somme les protestants de se soumettre avant le 15 avril 1531. Les électeurs de Hesse et de Saxe refusent et constituent la Ligue de Smarkalde. L’empereur accepte la trêve de Nuremberg en juillet 1532.

    En 1537, Luther rédige des thèses doctrinales, dites Articles de Smalkalde, pour préparer la position de la Réforme dans la perspective d’un concile qui ne s’ouvrira à Trente que huit ans plus tard en 1545.

  • La Paix d’Augsbourg de 1555, qui reconnaît la division confessionnelle de l’Allemagne et accorde aux Etats protestants le droit de professer leur foi, et impose aux individus d’embrasser la religion de leurs princes.
    Au terme de plusieurs mois de négociations, Ferdinand concède aux princes allemands, par le recès d’Augsbourg, le libre choix de leur religion, catholique ou luthérienne. Il leur donne en prime le droit d’imposer leur religion à leurs sujets selon l’adage de l’époque: « cujus regio, ejus religio » (tel prince, telle religion). Seules les villes dépendant directement de l’empereur bénéficient de la tolérance religieuse.
    Une exception importante concerne les principautés ecclésiastiques gouvernées par un évêque. Ce dernier, s’il se convertit au luthérianisme, ne peut contraindre ses sujets catholiques à se convertir ou émigrer. Réciproquement, les habitants de ces principautés ont le droit de suivre la foi de Luther. D’autre part, les protestants autres que luthériens (calvinistes, anabaptistes, zwingliens) sont exclus du compromis d’Augsbourg.

     

  • La Formule de Concorde de 1577, qui apaise les controverses internes au luthéranisme et qui, avec la Confession d’Augsbourg et d’autres textes, constitue le canon de la foi luthérienne.

La réforme se développe selon plusieurs axes

Presque en même temps que Luther à Wittenberg, Zurich devient un des principaux pôles de la Réforme. Zwingli semble avoir adopté une position réformatrice vers 1520, sans avoir été influencé par Luther. Il est soutenu dans sa volonté réformatrice par le Conseil de Zurich, rapidement convaincu par ses arguments. La réforme prônée par Zwingli, accomplie pour l’essentiel de 1524 à 1525, est très proche de celle de Luther: seule l’Ecriture fait autorité, la messe est abolie, les images supprimées dans les sanctuaires, les couvents sécularisés.

La Réforme s’étend dans la Confédération Helvétique et gagne plusieurs cantons. Une guerre civile éclate entre cantons protestants et catholiques.  En 1531, Zwingli meurt à la bataille de Cappel. Henri Bullinger poursuit à Zurich son œuvre réformatrice et conclut en 1549 avec Calvin le Consensus Tigurinus, qui contribua largement à unir les réformes de Calvin et de Zwingli dans la confession qu’on appelle aujourd’hui «réformée».

 

Après Wittenberg, Zurich et Strasbourg – qui était devenu un foyer très actif de la Réforme grâce à Martin Bucer – c’était au tour de Genève de rallier le mouvement.

Jean Calvin, originaire de Noyon en Picardie, arrive une première fois à Genève en 1536, où il fait halte alors qu’il se rend à Strasbourg. Il a rompu avec l’Eglise romaine en 1534. En mars 1536, il a publié l’Institution de la religion chrétienne, pour présenter la foi évangélique au roi François Ier. Cet ouvrage, réédité et traduit à de très nombreuses reprises, deviendra la somme théologique des « Réformés ».
Le Dauphinois Guillaume Farel presse Calvin de rester à Genève pour y organiser la Réforme, qu’il prêchait dans cette ville depuis 1532. Calvin accepte et commence à organiser la structure de l’Eglise. Mais il rencontre rapidement l’opposition du magistrat et des bourgeois sur deux points litigieux: le droit qu’il demande pour l’Eglise d’excommunier les grands pécheurs et l’obligation pour tous les citoyens de signer une profession de foi.
Le réformateur picard quitte Genève en 1538 et s’installe à Strasbourg.
En l’absence de Calvin et de Farel, qui s’est fixé à Neuchâtel, la situation se dégrade à Genève. Le magistrat demande à Calvin de revenir. Le réformateur accepte à contrecœur. Il arrive en 1541, et restera à Genève jusqu’en 1564, date de sa mort.
Il amènera les Genevois à vivre selon l’Evangile au moyen d’une discipline ecclésiastique rigoureuse et ne manquera pas de se faire de nouveaux ennemis. Mais il tiendra bon.
Son succès sera consacré en 1559 par la création d’une Académie dont la réputation se répandra rapidement dans toute l’Europe. A la mort de Calvin, Théodore de Bèze assurera la continuité de son œuvre réformatrice.

 

  • On appela en France les partisans de Luther ou de Calvin, les Huguenots. Le basculement ne sera pas de la même ampleur, il aboutira au deuxième tiers de ce siècle à une guerre de religion qui durera plus de trente ans
  • En Angleterre, c’est le pouvoir royal qui provoquera le schisme anglican et les conséquences de nombreux troubles en Irlande et en Écosse.
  • Au Danemark, l’on poussera de force les Islandais à choisir la Réforme.
  • En Allemagne, les conversions sont massives, et ont un grand écho populaire.
La querelle sur la présence réelle dans la sainte Cène 
(Voir l’article passionnant er très complet de Marc Lienhardt dans Publicroire.com.:
« Théologie et pratique de la cène : les convergences entre luthériens et réformés »
sur la foi eucharistique des Eglises réformées hier et aujourd’hui)

À partir de 1525, un sérieux conflit opposa Luther à Zwingli, le réformateur de Zurich. Le premier maintenait avec vigueur l’affirmation de la présence réelle du Christ dans la Cène. En recevant le pain et le vin, le fidèle recevait véritablement, selon Luther, le corps et le sang du Christ sacrifiés pour lui sur la croix. Les Églises luthériennes conservèrent l’autel dans les églises, la célébration régulière de la Cène tous les dimanches (du moins au XVIe siècle), l’usage de l’hostie, une attitude respectueuse des fidèles envers les éléments, qu’ils recevaient le plus souvent à genoux.

L’orientation de Zwingli était différente. À Zurich on ne célébra plus la Cène que quatre fois l’an. Zwingli lui donnait une autre signification que Luther. Il ne convenait pas, à ses yeux, de parler de présence du corps du Christ. Tout au plus le Christ était-il présent dans le souvenir de ceux qui célébraient la Cène. Par la célébration, les fidèles ne commémoraient pas seulement l’œuvre du Christ accomplie sur la croix, ils manifestaient leur engagement au service du Christ et exprimaient leur appartenance à son Église.

Calvin, le véritable père spirituel des Églises réformés, se tiendra à mi-chemin entre Luther et Zwingli. Comme Luther, il soulignait dans la Cène l’importance du lien établi par le Saint-Esprit entre le fidèle et le corps du Christ. Par ailleurs, il était loin de relativiser les signes du pain et du vin : « Il vous faut avoir cette confiance indubitable, qu’en prenant le signe du corps, nous prenons pareillement le corps« (2). Mais la localisation du corps du Christ en un ciel compris de façon locale l’empêchait d’affirmer avec force la présence réelle du Christ. Un certain spiritualisme ne lui permettait pas de lier aussi fortement que Luther le corps et le sang du Christ aux éléments. Et surtout, il ne pouvait concéder que dans la Cène, les non-croyants recevaient également le corps du Christ.

 Le colloque de Marbourg

Dans l’empire, cinq princes et quatorze villes libres, dont Strasbourg, ont adopté la Réforme.

Vienne est assiégée par les Turcs de Soliman le Magnifique en 1529. Luther est, comme le prince électeur de Saxe, Jean le Constant, très attaché à l’empire. Il ne souhaitait pas une union politique protestante mais la recherche d’une unité doctrinale lui paraissait utile : c’est l’objet du colloque de Marbourg en octobre 1529 qui aboutit à une déclaration commune mais laisse subsister des avis divergents sur l’eucharistie. Luther reste attaché à l’idée de la présence réelle, et pas seulement symbolique, du Christ dans le pain et le vin de la communion. En cela il est opposé à d’autres réformateurs, dont Ulrich Zwingli.

Ce sera le point de divergence principal entre Eglise Luthérienne et Eglise Réformée qui ne trouvera sa solution qu’avec la concorde de Leuenberg en 1973

Donc en moins de cinquante ans, un nouveau rapport de force se met en place. A la sortie du Moyen âge, le catholicisme prédominait, et voilà que pointe un nouveau visage religieux et politique de l’Europe.

Pendant l’épanouissement de la Réforme, l’Eglise catholique n’est pas restée inactive. La papauté s’est enfin décidée à convoquer un concile réformateur à Trente,

 

Sources
Lien généraux
Film sur la vie de Luther (1h58):

 

Week End œcuménique à Londre

Les 30 et 31 octobre 2016, neuf membres du groupe œcuménique de la Paroisse Notre-Dame de Rouen, se sont rendus au Sud de Londres, puisque la Cathédrale anglicane de Southwark est jumelée avec Notre-Dame de Rouen.

 

 

Nous fûmes tous très chaleureusement reçus dans des familles britanniques qui participent aux activités œcuméniques de Southwark.

Pendant ce week-end, nos amis anglicans recevaient également une délégation de quatorze Luthériens de Bergen (Norvège), afin, non seulement de renouveler le jumelage de vingt ans entre la paroisse norvégienne et Southwark, mais aussi de célébrer (avec quelques mois d’avance) les 500 ans de la publication par Luther de ses 95 Thèses, qui fondèrent le protestantisme.

Les échanges commencèrent lors d’une soirée où les « porte-paroles » de nos trois groupes présentèrent, non pas les différences entre nos trois obédiences comme initialement prévu, mais les points de convergence et les défis à relever en ce début de XXIe siècle. Ainsi, l’Evêque Jonathan Clark (de Croydon) pour les Anglicans, le Pasteur Jan Otto Myrseth pour les Luthériens, et le Père Christophe Potel pour les Catholiques, soulignèrent tous la complexité grandissante de leurs diocèses, confrontés à la multi-ethnicité des populations et à la précarité. Line (Rouen) présenta sa mission de Serviteur de Communauté, fonction qui plut beaucoup aux Anglais et aux Norvégiens.

Les interventions se poursuivirent par des échanges plus informels entre les quelques 40 participants présents dans le pub londonien privatisé pour l’occasion.

Le lendemain nous nous retrouvâmes tous à la messe à la Cathédrale de Southwark, avant d’entamer de nouvelles discussions, plus centrées sur la place des jeunes dans nos communautés, sur le rôle des bénévoles, et les caractéristiques des Eglises d’Etat, puisque tel est le statut de l’Eglise Anglicane et de l’Eglise Luthérienne norvégienne. De plus en plus de parents souhaitent que leurs enfants acquièrent des valeurs qu’eux-mêmes ont du mal à transmettre, et donc se tournent (non sans méfiance toutefois) vers l’Eglise pour assurer cette tâche. C’est là que les bénévoles ont un rôle intéressant à jouer ; le défi étant, pour les trois obédiences, de faire venir vers l’Eglise ceux qui n’osent entrer, par méconnaissance ou par crainte. Cependant, dans le cas de l’Eglise Luthérienne norvégienne, comme chaque enfant doit recevoir (c’est inscrit dans la loi depuis 1990) 315 heures d’éducation religieuse jusqu’à ses 18 ans, la quasi-totalité de la population est sensibilisée aux questions religieuses.

L’après-midi dominical s’est achevé avec une célébration à la Seamen’s Church St Olav de Londres, pour fêter les 500 ans de la Réforme. Nous avons tous apprécié le sens de l’accueil des Norvégiens pendant, et après cette messe, en présence de l’Evêque de Southwark, Christopher Chessun.

Après simplement deux jours passés à Southwark, nous avions tous l’impression d’avoir engrangé des dizaines de journées d’échanges, de partage, de moments amicaux, et regrettions de devoir repartir si vite. Assurément, des liens se sont noués, fondés sur le désir d’écouter, de communiquer, sur l’amitié, et sur la promesse de futures rencontres.

Article de Catherine Becasse pour Notre-Dame info

Source: Notre Dame info

Taizé : la rencontre européenne à Riga

Taizé : la rencontre européenne à Riga 
Du 28 décembre 2016 au 1er janvier 2017

Proposer un « pèlerinage de confiance » ! Du 28 décembre 2016 au 1er janvier 2017 a lieu la traditionnelle rencontre européenne organisée par la communauté de Taizé. Cette année, la rencontre se tient à Riga, en Lettonie, au bord de la mer Baltique. Dans cette ville de tradition luthérienne et où des liens profonds existent entre les différentes confessions chrétiennes, des dizaines de milliers de jeunes catholiques, orthodoxes et protestants vont prier et vivre un temps de partage, ensemble. « Nous aimerions que les jeunes découvrent une confiance », invite Frère Alois, Prieur de la communauté de Taizé, « découvrent que la confiance est possible, que ce n´est pas un rêve, la confiance entre les peuples et la confiance en eux-mêmes. Et c´est dans la foi, la confiance en Dieu que nous voudrions puiser ce nouvel élan ! » Un appel à ouvrir de nouveaux chemins de paix et à être, malgré les crises traversées, un signe d´espérance au cœur même de l´Europe.

 

 

source: KTO

La communauté plante un arbre dans le « jardin de Luther »

23 JANVIER 2017

La communauté plante un arbre dans le « jardin de Luther » à Wittenberg et en France

 

 

« Si l’on m’annonçait que la fin du monde est pour demain, je planterai quand même un pommier aujourd’hui ».

Cette citation, attribuée à Luther, a donné l’idée à La Fédération Luthérienne Mondiale d’un Mémorial vivant et changeant, en signe d’espérance. Depuis 2009, autour de Wittenberg – la ville où Luther a affiché ses 95 thèses – le jardin de Luther se développe arbre par arbre, afin d’arriver au nombre symbolique de 500 arbres jusqu’à 2017.

 

Dès le début, ce projet s’est voulu œcuménique et c’est le Cardinal Walter Kasper qui planta le premier arbre, un tilleul, au nom de l’Eglise catholique romaine. Les quatre grandes dénominations chrétiennes ont ainsi planté la même sorte de tilleul autour de la croix, qui est notre terre commune.

 

La Communauté du Chemin Neuf participe à ce projet en plantant un « liquidambar » en septembre 2017 à Wittenberg, dans le cadre de la rentrée communautaire en Allemagne.
L’idée est de faire une sorte de jumelage d’arbres et donc de planter un autre arbre dans le lieu d’origine des participants ; dans notre cas ce sera la France. Le jardin aura donc un rayonnement à Wittenberg, mais aussi dans l’environnement local de chaque participant.

 

Nous espérons que ces arbres porteront beaucoup de fruits et revivifieront notre engagement dans le dialogue œcuménique par les rencontres et échanges fraternels

Rencontre des responsables des 31 pays dans lesquels la communauté est implantée.

Du 7 au 15 janvier, une centaine de responsables des 31 pays dans lesquels la communauté est implantée, s’est retrouvée à Tigery (91).

 

Cette rencontre annuelle permet à l’ensemble du corps communautaire international d’échanger avec les autres pays, de partager sur ses joies et difficultés, de se former ensemble et de grandir dans une vision large et globale de ce que nous vivons.

 

Un espace important est laissé aux rencontres interpersonnelles pays/missions. C’est aussi un temps de ressourcement, de « mini-retraite » pour ces responsables de pays happés par leur mission.

Un invité de marque, en la personne du Père Christian Delorme, nous a prodigué un enseignement introductif à l’Islam. La présence de la Communauté à Tibhirine amène chacun à se sensibiliser et à s’ouvrir à la question de l’inter-religieux.

Session oecuménique de la Communauté du Chemin Neuf

du 23 au 26 mars 2017 à l’Abbaye d’Hautecombe (73)
la Communauté du Chemin Neuf propose
dans le cadre de sa session oecuménique annuelle:

L’héritage de la Réforme protestante : du conflit à la communion

 

 

500 ans après la publication des 95 thèses de Martin Luther et la naissance du mouvement de la Réforme, protestants et catholiques du monde entier sont invités par leurs Eglises à revisiter ensemble l’histoire.

Cette commémoration nous met au défi de la relecture commune : la mémoire historique de nos traditions, au fil des siècles, a façonné des récits qui souvent ont accentué la confrontation et le conflit. « Certes, ce qui est advenu dans le passé ne peut être changé ; mais ce dont on se souvient de ce passé et la façon dont on transmet ce souvenir peuvent, au cours du temps, se modifier (…). Dans l’optique de 2017, il ne s’agit pas de raconter une histoire différente, mais de la raconter d’une manière différente ».
(Du conflit à la communion, Rapport de la Commission luthéro-catholique romaine sur l’unité, 2013)

 

Deux historiens, un protestant et un catholique, présenteront les moments clés de cette période de la Réforme dans une optique œcuménique. En contre-point, des théologiens de diverses confessions offriront leurs contributions.

 

Intervenants :

Matthieu ARNOLD Luthérien
professeur à la Faculté de théologie protestante,
Université de Strasbourg

 

et

Professeur à l’Institut catholique de Toulouse

 

Pour s’inscrire suivre ce lien

 

Textes et images
Communauté du Chemin Neuf

Que le SEIGNEUR te bénisse et te garde!

 

Que le SEIGNEUR te bénisse et te garde!
Que le SEIGNEUR fasse rayonner sur toi son regard et t’accorde sa grâce!
Que le SEIGNEUR porte sur toi son regard et te donne la paix!
Nb 6,24-26
C’est par ces mots reçus à notre groupe de prière en ce début d’année 2017 que je veux vous saluer.
Et le texte biblique poursuit:  » Ils apposeront ainsi mon nom sur les fils d’Israël, et moi je les bénirai.« 
Que le Seigneur bénisse donc votre année qui vient et fasse grandir en chacun et en tous l’esprit d’unité.

 

En ce début d’année, le pape a souligné, auprès des membres d’une délégation œcuménique des Églises de Finlande qu’il recevait jeudi 19 janvier au Vatican, que ce qu’avait voulu Martin Luther il y a 500 ans en s’opposant à Rome avait pour objectif de « renouveler l’Église, pas de la diviser ».

Cette reconnaissance de la part de l’Eglise Catholique me semble être un signe positif fort en faveur de la paix et de l’unité. Même si ceux que Mgr Jean de Chiaroupolis nomme les « zélotes partisans d’un intégrisme fanatique » sévissent dans son Eglise, mais aussi dans les nôtres !

 

Mon voeu pour cette année est que le Seigneur nous fasse progresser dans la joie d’être frères, sur ce chemin de l’unité.

 

Oui, frères Anglicans, Catholiques, Coptes-orthodoxes, Evangéliques, Orthodoxes, Protestants, Vieux-Catholiques,

Que le SEIGNEUR vous bénisse et vous garde!
Que le SEIGNEUR fasse rayonner sur vous son regard et vous  accorde sa grâce!
Que le SEIGNEUR porte sur vous son regard et vous donne la paix!

Le salut n’est pas à vendre !

Au Havre,les 4 et 5 février
Dans le cadre des animations régionales autour des 500 ans de la réforme , une rencontre exeptionnelle:

 

2017 02 Session oec Le Havret

 

André Birmelé accompagnera cette réflexion tout au long du week-end. Il nous fera revisiter ce qui est au fondement de la Réforme protestante, tout en nous conduisant dans l’actualité de cette question. Il en pointera également les enjeux œcuméniques.

 

Plusieurs rendez-vous sont proposés, ouverts à tous et gratuits :

Le salut n’est pas à vendre : regards croisés:

Table ronde interreligieuse le samedi 4 février, de 15h à 16h30, au temple du Havre : comment ce slogan, « le salut n’est pas à vendre », résonne pour nos frères et sœurs juifs, catholiques et musulmans ?

Avec la participation de :
> Jean-Luc Brunin, évêque du diocèse du Havre
> Youssef Cherraj, imam de la mosquée Es-Salam et du centre Islamique du Havre
> Victor Elgressy, président de l’association cultuelle israélite du Havre

Le salut. La grâce en disgrâce ?

Conférence d’André Birmelé le samedi 4 février, de 20h30 à 22h, au temple du Havre.

 Être juste devant Dieu.

Culte le dimanche 5 février à 10h30 au temple du Havre. La prédication sera assurée par André Birmelé.

Contacts :
Marion Heyl
06 74 64 38 75

Retraite Jéricho (18-25 ans)

Les inscriptions se font maintenant sur liste d’attente… 🙂

5 jours de prière, selon les Exercices sprirituels de Saint Ignace : se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, appendre à prier, reconnaître l’appel de Dieu et y répondre.

Prends le temps de t’arrêter pour apprendre à faire des choix à la lumière de l’Esprit Saint : dans tes études, tes relations, ton appel…

Au programme

MATIN (en silence)

OFFICE | ENSEIGNEMENT | PRIERE PERSONNELLE | EUCHARISTIE

APRES-MIDI

DETENTE | SPORTS | ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL | ATELIERS ARTISTIQUES | PARTAGE EN GROUPES | ADORATION

SOIREE

LOUANGE | TEMOIGNAGES | RECONCILIATION | NOUVEL AN !

Unité des chrétiens: ni uniformité ni absorption, explique le pape

10 NOVEMBRE 2016

 Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens © L’Osservatore Romano

L’unité des chrétiens ne peut pas consister en une « uniformité » ni en une « absorption », a déclaré le pape François en recevant au Vatican les participants à la session plénière du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens le 10 novembre 2016. Il leur a confié que  l’unité des chrétiens est « une de (ses) principales préoccupations ».

Devant les participants réunis autour du thème « Unité des chrétiens : quel modèle de pleine communion ? », le pape a démasqué certains « faux modèles de communion » : l’unité n’est pas d’abord « un objectif » mais « un chemin » qui requiert patience et ténacité. Elle « ne supprime pas les conflits et n’efface pas les contrastes ».

« L’unité se fait en marchant », a insisté le pape François : « Quand nous marchons ensemble, (…) que nous prions ensemble, que nous collaborons dans l’annonce de l’Évangile et dans le service des laissés-pour-compte, nous sommes déjà unis. Toutes les divergences théologiques et ecclésiologiques qui divisent encore les chrétiens ne seront dépassées que sur ce chemin ».

L’unité n’est pas non plus « uniformité »: « Les différentes traditions théologiques, liturgiques, spirituelles et canoniques qui se sont développées dans le monde chrétien, lorsqu’elles sont authentiquement enracinées dans la tradition apostolique, sont une richesse et non une menace pour l’unité de l’Église. Chercher à supprimer une telle diversité, c’est aller contre l’Esprit-Saint ». Pour le pape François, « c’est un devoir œcuménique de respecter les légitimes diversités ».

Enfin, « l’unité n’est pas absorption », a poursuivi le pape : elle « ne comporte pas un œcuménisme ‘en marche arrière’ selon lequel chacun devrait renier sa propre histoire de foi ; et elle ne tolère pas non plus le prosélytisme ». « L’œcuménisme est vrai quand on est capable de détourner l’attention de soi, de se propres argumentations et formulations, vers la Parole de Dieu (…). Les différentes communautés chrétiennes sont appelées non pas à ‘se faire concurrence’ mais à collaborer ».

 

Discours du pape François

Messieurs les cardinaux,
Chers frères évêques et prêtres,
Chers frères et sœurs,

Je suis heureux de vous rencontrer à l’occasion de votre session plénière qui traite du thème « Unité des chrétiens : quel modèle de pleine communion ? »

Je remercie le cardinal Koch pour les paroles qu’il m’a adressées en votre nom à tous. Au cours de cette année, j’ai eu l’opportunité de vivre de nombreuses rencontres œcuméniques importantes, ici à Rome ou pendant mes voyages. Chacune de ces rencontres a été pour moi source de consolation parce que j’ai pu constater combien le désir de communion est vivant et intense. En tant qu’évêque de Rome et Successeur de Pierre, conscient de la responsabilité qui m’est confiée par le Seigneur, je désire redire que l’unité des chrétiens est une de mes principales préoccupations et je prie pour qu’elle soit toujours plus partagée par tous les baptisés.

L’unité des chrétiens est une exigence essentielle de notre foi, une exigence qui jaillit de l’intime de notre être en tant que croyants en Jésus-Christ. Nous invoquons l’unité parce que nous invoquons le Christ. Nous voulons vivre l’unité parce que nous voulons suivre le Christ, vivre son amour, jouir du mystère de son être qui est un avec le Père, qui est l’essence de l’amour divin. Jésus lui-même, dans l’Esprit-Saint, nous associe à sa prière : « comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, […] moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. […] pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. » (Jn 17,21.23.26). Selon la prière sacerdotale de Jésus, ce à quoi nous aspirons est l’unité dans l’amour du Père qui vient à nous, donné en Jésus-Christ, amour qui informe aussi la pensée et les doctrines. Il ne suffit pas d’être d’accord dans la compréhension de l’Évangile, mais il faut que nous tous, croyants, soyons unis au Christ et dans le Christ. C’est notre conversion personnelle et communautaire, notre configuration graduelle en lui (cf. Rm 8,28), notre vie vécue de plus en plus en lui (cf. Ga 2,20) qui nous permettent de grandir dans la communion entre nous. C’est l’âme qui soutient aussi les sessions d’étude et toutes les autres sortes d’effort pour parvenir à des points de vue plus rapprochés.

En gardant bien ceci à l’esprit, il est possible de démasquer certains faux modèles de communion qui, en réalité, ne portent pas à l’unité mais la contredisent dans son essence.

 

Avant tout, l’unité n’est pas le fruit de nos efforts humains ni le produit construit par des diplomaties ecclésiastiques, mais c’est un don qui vient d’en-haut.
Nous, les hommes, nous ne sommes pas en mesure de faire l’unité tout seuls, et nous ne pouvons pas en décider les formes et les temps. Quel est alors notre rôle ? Que devons-nous faire pour promouvoir l’unité des chrétiens ? Notre devoir est d’accueillir ce don et de le rendre visible à tous. De ce point de vue, l’unité, avant d’être un objectif, est un chemin, avec ses feuilles de route et ses rythmes, ses ralentissements et ses accélérations, et aussi ses haltes. L’unité comme chemin requiert des attentes patientes, de la ténacité, de la fatigue et de l’engagement ; elle ne supprime pas les conflits et n’efface pas les contrastes, au contraire, parfois elle peut les exposer au risque de nouvelles incompréhensions. L’unité ne peut être accueillie que par celui qui décide de se mettre en chemin vers un but qui, aujourd’hui, pourrait paraître plutôt lointain. Toutefois, celui qui parcourt cette route est réconforté par l’expérience continuelle d’une communion joyeusement entrevue, même si elle n’est pas encore pleinement atteinte, chaque fois qu’on laisse de côté la présomption et que l’on se reconnaît tous comme ayant besoin de l’amour de Dieu. Et quel lien nous unit tous, chrétiens plus que l’expérience d’être pécheurs mais en même temps objet de la miséricorde infinie de Dieu qui nous est révélée par Jésus-Christ ? De même l’unité d’amour est déjà réalité quand ceux que Dieu a choisis et appelés à former son peuple annoncent ensemble les merveilles qu’il a accomplies pour eux, surtout en offrant un témoignage d’une vie pleine de charité envers tous (cf. 1 Pi 2,4-10). C’est pourquoi, j’aime répéter que l’unité se fait en marchant, pour rappeler que quand nous marchons ensemble, c’est-à-dire  que nous nous rencontrons en frères, que nous prions ensemble, que nous collaborons dans l’annonce de l’Évangile et dans le service des laissés-pour-compte, nous sommes déjà unis. Toutes les divergences théologiques et ecclésiologiques qui divisent encore les chrétiens ne seront dépassées que sur ce chemin, sans que nous sachions aujourd’hui comment ni quand, mais cela adviendra selon ce que l’Esprit-Saint voudra suggérer pour le bien de l’Église.

 

En second lieu, l’unité n’est pas uniformité.
Les différentes traditions théologiques, liturgiques, spirituelles et canoniques qui se sont développées dans le monde chrétien, lorsqu’elles sont authentiquement enracinées dans la tradition apostolique, sont une richesse et non une menace pour l’unité de l’Église. Chercher à supprimer une telle diversité, c’est aller contre l’Esprit-Saint qui agit en enrichissant la communauté des croyants par une variété de dons. Au cours de l’histoire, il y a eu des tentatives de ce genre, avec des conséquences qui parfois font encore souffrir aujourd’hui. Si, au contraire, nous nous laissons guider par l’Esprit, la richesse, la variété, la diversité ne deviennent jamais un conflit parce qu’Il nous pousse à vivre la diversité dans la communion de l’Église. C’est un devoir œcuménique de respecter les légitimes diversités et de porter à dépasser les divergences inconciliables avec l’unité que Dieu demande. La permanence de ces divergences ne doit pas nous paralyser mais nous pousser à chercher ensemble la manière d’aborder ces obstacles avec succès.

 

Enfin, l’unité n’est pas absorption.
L’unité des chrétiens ne comporte pas un œcuménisme « en marche arrière » selon lequel chacun devrait renier sa propre histoire de foi ; et elle ne tolère pas non plus le prosélytisme qui est au contraire un venin pour le chemin œcuménique. Avant de voir ce qui nous sépare, il faut percevoir aussi de manière existentielle la richesse de ce qui nous est commun, comme l’Écriture Sainte et les grandes professions de foi des premiers conciles œcuméniques. Ce faisant, nous, chrétiens, nous pouvons nous reconnaître comme frères et sœurs qui croient dans l’unique Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, engagés ensemble à rechercher la manière d’obéir aujourd’hui à la Parole de Dieu qui nous veut unis. L’œcuménisme est vrai quand on est capable de détourner l’attention de soi, de se propres argumentations et formulations, vers la Parole de Dieu qui exige d’être écoutée, accueillie et qu’on en témoigne dans le monde. C’est pourquoi, les différentes communautés chrétiennes sont appelées non pas à « se faire concurrence » mais à collaborer. Ma récente visite à Lund m’a rappelé combien est actuel ce principe œcuménique formulé par le Conseil œcuménique des Églises dès 1952, qui recommande aux chrétiens de « tout faire ensemble, sauf dans les cas où les profondes difficultés de convictions imposeraient d’agir séparément.

Je vous remercie pour votre engagement, je vous assure de mon souvenir dans la prière et je compte sur la vôtre pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous protège.»

© Traduction de Zenit, Constance Roques