Modification de la 6° demande du « Notre Père »

La dimension œcuménique du Notre Père

En 1966, la Conférence épiscopale catholique, les quatre Églises luthériennes et réformées en France et les évêques de trois juridictions de l’Église orthodoxe en France ont décidé d’adopter une traduction commune de la prière du Notre Père récitée par leurs fidèles. Cette version dite « œcuménique » a ensuite été reçue plus largement par les différentes familles ecclésiales francophones. À ce jour, c’est celle qui est utilisée au cours des célébrations œcuméniques et, le plus souvent, celle qui est récitée au cours des offices dans les Églises qui ont cette pratique.
Dans l’Église catholique,  en lien avec la Congrégation pour le culte divin à Rome, les Conférences épiscopales des pays francophones (Afrique du Nord, Belgique, Canada, France, Luxembourg et Suisse) travaillent ensemble aux traductions en langue française. Lors de leur assemblée du printemps 2009, les évêques catholiques français ont souhaité, qu’ « après concertation avec les autres Églises ou communautés ecclésiales » la formule « et ne nous laisse pas entrer en tentation » soit adoptée pour le texte du Notre Père de la messe.

 

En septembre 2009, l’Église catholique a informé ses partenaires au sein du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) de ce projet de modifier la traduction de la sixième demande de la prière du Notre Père (à partir de l’Avent 2016) et a sollicité leur avis.

 

À l’assemblée du 25 novembre 2010, la délégation orthodoxe au CÉCEF a rappelé que les communautés qui prient le Notre Père en français ne le font pas toujours avec la version dite « œcuménique », que les orthodoxes utilisent toutefois cette traduction lors des célébrations œcuméniques, et que la formulation en projet d’adoption par l’Église catholique ne leur fait pas problème.
La délégation de la Fédération protestante de France (FPF) au CÉCEF a déclaré approuver les conclusions d’une note préparée, à la demande de son conseil : « Nous ne voyons donc pas d’inconvénient si l’on accepte la proposition soumise ». Il a ensuite été rappelé que la FPF n’avait pas mandat de ses Églises membres pour décider de la traduction du Notre Père qui doit être utilisée dans leurs liturgies propres. C’est ainsi que lors de son synode d’Avignon (mai 2014), l’Église protestante unie de France a décidé d’entamer une réflexion sur la traduction du Notre Père.
Le synode national de l’Église protestante unie de France réuni à Nancy du 5 au 8 mai 2016 recommande dans un souci œcuménique aux paroisses et Églises locales d’utiliser pour la 6e demande, la version « ne nous laisse pas entrer en tentation » retenue pour les Églises catholiques francophones.
En conséquence, le CÉCEF recommande  qu’à partir de l’Avent 2017, lors des célébrations œcuméniques, la sixième demande du Notre Père soit ainsi formulée : « et ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Emmanuel Gougaud – Prêtre du diocèse de Versailles, responsable du Service national pour l’unité des chrétiens

 

 

La nouvelle traduction de la Bible présente une modification notable de la 6e demande du Notre Père

« Ne nous soumets pas à la tentation » devient « ne nous laisse pas entrer en tentation »[1] La décision de modifier la prière du Seigneur n’allait pas de soi : d’abord parce qu’elle est la prière la plus mémorisée par les fidèles, ensuite parce que la traduction en usage a fait l’objet d’un consensus œcuménique. Il fallait donc de sérieuses raisons pour ce changement.

 

Fidélité au texte grec
Il faut d’abord dire que ce verset est très complexe à traduire. Les exégètes estiment que derrière l’expression en grec du texte de Mt 6, 13 et Lc 11, 4 se trouve une manière sémitique de dire les choses. Aussi, la formule en usage depuis 1966, « ne nous soumets pas à la tentation », sans être excellente, n’est pas fautive d’un point de vue exégétique. Mais il se trouve qu’elle est mal comprise des fidèles à qui il n’est pas demandé de connaitre les arrière-fonds sémitiques pour prier en vérité la prière du Seigneur. Beaucoup comprennent que Dieu pourrait nous soumettre à la tentation, nous éprouver en nous sollicitant au mal. Le sens de la foi leur indique que ce ne peut pas être le sens de cette sixième demande. Ainsi dans la lettre de Saint Jacques il est dit clairement : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : ‘Ma tentation vient de Dieu’, Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne » (Jc 1, 13).  D’où la demande réitérée d’une traduction qui tout en respectant le sens du texte original n’induise pas une fausse compréhension chez les fidèles.

 

Fidélité à l’esprit de l’Évangile
Cependant le problème n’est pas qu’une question de mots. La difficulté est celle d’exprimer et de comprendre (pour autant qu’on le puisse !), le mystère de Dieu dans sa relation aux hommes et au monde marqué par la présence et la force du mal. Le récit de la tentation de Jésus est éclairant. Il nous est rapporté par les trois évangiles de Matthieu, Marc et Luc, et toujours selon la même séquence, aussitôt après le baptême de Jésus dans le Jourdain. Jésus vient d’être manifesté comme le Messie et le Fils que Dieu donne à son peuple, celui sur qui repose l’Esprit Saint. Et c’est poussé, conduit pas l’Esprit, qu’il part au désert pour y être tenté par Satan. Le baptême inaugure son ministère, et l’Esprit qui demeure sur lui le conduit d’emblée au lieu du combat contre le mal. Ce combat, il le mène en délivrant les hommes de la maladie, des esprits mauvais et du péché qui les défigurent et les éloignent de Dieu et de son royaume. Cependant, au début de ce ministère, Jésus va livrer combat avec le tentateur lui-même. Combat redoutable, car c’est au cœur même de sa mission de Messie et de Sauveur des hommes, de sa mission de fils envoyé par le Père, que Satan va le tenter.

 

Une décision pastorale
On le voit, il ne s’agit pas ici simplement de l’épreuve à laquelle Dieu peut soumettre ses fidèles. Épreuve différente de celle vécue par le peuple d’Israël lors de traversée du désert. Il est dit qu’au désert, Dieu a éprouvé la foi et la fidélité de son peuple, en lui donnant chaque jour la manne à manger ; épreuve de la foi, car au jour le jour, chacun devait s’en remettre en toute confiance à la parole de son Seigneur, se souvenant qu’il est celui qui l’a fait sortir d’Égypte pour lui donner la liberté et le conduire vers une terre où ruissellent le lait et le miel. La tentation de Jésus et la prière du Seigneur nous renvoient à une autre épreuve, celle du combat à mener contre celui qui veut détourner les hommes du chemin d’obéissance et d’amitié avec Dieu leur Père.

 

La nouvelle traduction, « Ne nous laisse pas entrer en tentation », écarte l’idée que Dieu lui-même pourrait nous soumettre à la tentation. Le verbe « entrer » reprend l’idée ou l’image du terme grec d’un mouvement, comme on va au combat, et c’est bien du combat spirituel dont il s’agit. Mais cette épreuve de la tentation est redoutable pour le fidèle. Si le Seigneur, lorsque l’heure fut venue de l’affrontement décisif avec le prince de ce monde, a lui-même prié au jardin de Gethsémani : « Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi », à plus forte raison le disciple qui n’est pas plus grand que le maître demande pour lui-même et pour ses frères en humanité : « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Jacques Rideau – Ancien directeur du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS), Directeur au Séminaire français de Rome

 

[1] Article qui a fait l’objet d’une publication dans Découvrir la Tradition officielle liturgique de la Bible, AELF-Mame-Magnificat, Paris, 2013, p. 69-72.

 

 

Rencontre du groupe de travail Catholique-Orthodoxe Saint-Irénée

A l’invitation de l’Église orthodoxe roumaine, le Groupe de travail catholique-orthodoxe Saint-Irénée[1] a tenu sa quatorzième rencontre annuelle au monastère de Caraiman (Roumanie) du 4 au 8 octobre 2017.

 

La rencontre de cette année se concentra sur quelques aspects de la relation entre primauté et synodalité, afin de conclure l’étude menée en commun sur ce thème. Les contributions traitèrent du rôle des patriarcats durant le premier millénaire, de la place de l’apôtre Pierre dans la tradition ecclésiale en Orient et en Occident ainsi que du droit d’appel (ekkliton) en Orient et en Occident. Les conclusions de la rencontre de cette année furent résumées par les participants dans les thèses qui suivent.

Le rôle des patriarcats durant le premier millénaire

1)         Le célèbre modèle de la pentarchie (le gouvernement des cinq anciens patriarcats de Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem) ne fut que très rarement mis en pratique, en tant que tel. Les réserves romaines, le schisme qui suivit Chalcédoine et surtout la conquête arabe en limitèrent le fonctionnement dans les faits.
2)         Le modèle patriarcal de gouvernement ecclésial s’est superposé au système métropolitain (c’est-à-dire au modèle de gouvernement construit autour des capitales provinciales). Ce modèle s’est construit sur un enchevêtrement de facteurs complexes : la fondation apostolique, la coutume, la géographie, la politique. Son histoire est largement une histoire de compétitions et d’antagonismes.
3)         L’histoire des cinq patriarcats anciens se caractérise aussi par la recherche de l’unité de l’Église et par le souci de l’orthodoxie de la foi. Très spécifiquement, dans le contexte des conciles œcuméniques, ces cinq patriarcats ont manifesté visiblement l’unité de l’Église au sein de l’histoire.
4)         La rupture entre l’Orient et l’Occident ainsi qu’un certain nombre de tensions persistantes au sein de l’Orthodoxie (par exemple la relation entre primauté et synodalité) sont dans une certaine mesure un héritage du système patriarcal.
Thèses sur le rôle de l’apôtre Pierre dans la tradition orientale et occidentale
5)         La position de Pierre au sein du collège des Apôtres, attestée par l’Écriture, l’est également par la tradition apostolique. Dans le rite byzantin comme dans le rite romain, l’apôtre Pierre est commémoré en même temps que l’apôtre Paul, le 29 juin. Dans le rite romain, la fête des Apôtres est une solennité ; dans la tradition byzantine, plus tardive, la fête est précédée par un jeûne spécifique qui souligne le statut spécial des deux apôtres.
6)         Dès le second siècle, l’Église de Rome est associée à Pierre qui confessa le Christ et y souffrit le martyre. Très rapidement son tombeau y fut vénéré. La vénération des tombeaux de Pierre et de Paul, combinée à l’importance de Rome comme capitale de l’Empire, constitua la base du statut spécial accordé à l’évêque de Rome à partir du troisième siècle.

Thèse sur le droit d’appel (ekkliton) en Orient et en Occident

Le droit d’appel (ekkliton) est pratiqué durant le premier millénaire. Le concile Quinisexte (691-692), considéré comme œcuménique, passe en revue tous les canons antérieurs et énumère, en son canon 2, ceux qui sont toujours en vigueur. Parmi eux, on trouve le droit d’un évêque, condamné par un synode local, d’en appeler à l’évêque de Rome, conformément au synode de Sardique (343). Cette disposition constitue une base importante pour tout futur accord sur la primauté entre catholiques et orthodoxes.

[1] Le Groupe de travail catholique-orthodoxe Saint-Irénée se compose de vingt-six théologiens, treize catholiques et treize orthodoxes, provenant de plusieurs pays d’Europe, du Proche Orient et des Amériques. Il fut créé à Paderborn (Allemagne) en 2004.
La prochaine rencontre se tiendra à Graz (Autriche), en octobre 2018.

 

La commémoration de la Réforme, 31 octobre 2017

La commémoration de la Réforme, expression d’une « soif spirituelle commune » entre catholiques et luthériens

 En ce 31 octobre 2017 qui marque les 500 ans de la Réforme luthérienne,

 

Le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et la Fédération luthérienne mondiale ont publié un communiqué commun.

 

Il marque la conclusion de l’année de commémoration conjointe de la Réforme. Cette année avait été ouverte il y a tout juste un an avec une prière œcuménique à laquelle avait participé le Pape François à Lund, en Suède.

Ce communiqué commun exprime tout d’abord une action de grâces «pour les dons spirituels et théologiques reçus à travers la Réforme» et une reconnaissance pour le «chemin œcuménique parcouru ensemble durant les cinquante dernières années», qui a permis de commencer à guérir les blessures : «nous avons demandé pardon pour nos échecs et pour la manière dont les chrétiens ont blessé le Corps du Seigneur et se sont offensés mutuellement pendant les cinq cents ans qui se sont écoulés entre le début de la Réforme jusqu’à aujourd’hui», est-il écrit dans ce document.

Le «pèlerinage» assumé en commun tout particulièrement durant cette année de commémoration «a abouti à la disparition des préjugés, à l’amélioration de la compréhension réciproque et à l’identification d’accords théologiques décisifs. Devant tant de bénédictions qui jalonnent notre parcours, nous élevons nos cœurs afin de louer le Dieu trinitaire pour la miséricorde que nous recevons.»

Face à la «responsabilité pastorale commune pour répondre à la soif et à la faim spirituelles de nos fidèles d’être un dans le Christ», catholiques et luthériens veulent poursuivre leurs efforts œcuméniques, notamment à travers des actions de charité.

«Ce que nous avons en commun est bien plus grand que ce qui nous divise encore», se réjouissent les signataires, saluant l’adhésion croissante à la Déclaration commune sur la Justification, signée par la Fédération luthérienne mondiale et l’Église catholique romaine en 1999. Les méthodistes et les réformés y ont adhéré récemment, et aujourd’hui la Communion anglicane s’y associe également. «Sur ce fondement, nos communions chrétiennes peuvent nouer des liens toujours plus étroits de consensus spirituel et de témoignage commun au service de l’Évangile.»

Source et texte intégral: Radio Vatrican.fr

Communiqué du CNEF  : https://gallery.mailchimp.com/602087635bf95fa82349a5049/files/7ebafdea-0654-46c0-bdd4-b616d19204d0/Cnef_communique_500ansReforme_171102.pdf?utm_source=Newsletter+du+Cnef&utm_campaign=c4c26ca04d-EMAIL_CAMPAIGN_2017_10_30&utm_medium=email&utm_term=0_feda7341f5-c4c26ca04d-146243477

Commémoration des 500 ans de la Réforme à Chartres

A Chartres, les relations œcuméniques sont le fruit d’une longue histoire de dialogue et de relations personnelles entre les responsables des diverses églises présentes sur la région. L’entretien de ces relations a d’ailleurs été l’une des missions données sur place à la Communauté du Chemin Neuf, qui est en charge du Centre Œcuménique et Artistique.

Nous avons donc, ce week-end du 14-15 octobre, commémoré avec nos frères et sœurs de l’Église Protestante Unie de France, de l’Église Orthodoxe et de plusieurs églises évangéliques de Chartres les 500 ans de la Réforme, à 2 semaines de l’anniversaire de l’affichage des 95 thèses de Luther à Wittenberg.

Ce week-end fut l’occasion tout d’abord de conforter nos relations fraternelles, mais aussi de temps d’enseignements, de contemplation et de fête !

Nous avons commencé le vendredi soir autour de la Parole de Dieu, avec des extraits choisis de l’évangile de Luc, mis en scène par Alain Combes, qui nous a permis de réentendre certains récits, avec des points de vue… différents, parfois surprenants ! Ainsi, la parabole du Fils prodigue racontée par… le veau gras !

 

Le samedi fut l’occasion d’écouter le pr. Blandenier sur le message de Luther, puis Mgr Pansart, évêque d’Évry, sur la réception de la « Déclaration commune sur la justification par la foi » de 1999 dans les différentes Églises. Après un repas partagé, nous avons participé à différents ateliers : apprentissage d’un choral de Luther, contemplation de l’oeuvre de Rembrandt, Anne la prophétesse, avec notre sœur Marina, film Net for God sur les 500 ans de la Réforme, et historique de la Réforme par le prBlandenier.

Suite à cela, nous nous sommes retrouvés pour la conférence du pr. André Birmelé sur le document « Du conflit à la communion », émis par la Commission luthéro-catholique en vue de la commémoration des 500 ans de la Réforme. Après un bon temps de louange, nous avons partagé une choucroute, puis avons fini la journée avec un concert de rap chrétien.

 

 

Le dimanche, après le culte luthérien célébré par le pr. Birmelé, le week-end s’est clôturé par un repas partagé et le très attendu gâteau d’anniversaire des 500 ans.

 

Que retenir de ce temps ? Le plus marquant fut la joie de la fraternité entre nous et la force de la prière, qui étaient sans doute le coeur de ce que nous avions à vivre. Dans cela, nous avons pu vivre quelque chose du Royaume de Dieu, qui s’est approché un peu de nous… Ces gestes que nous avons posés, ces paroles échangées, n’auront peut-être pas de conséquences directes pour la réalisation de l’Unité des Chrétiens… et pourtant, nous avons senti que, dans le coeur de Dieu, cet événement, de même que tous ceux qui ont eu lieu et vont encore se dérouler dans cette année de commémoration, était important, était capital !

Pour conclure, je reprendrais les invitations d’André Birmelé pour continuer dans l’annonce ensemble de l’Évangile :
« Le salut par la foi, c’est nous rappeler que la logique de Dieu est d’inverser les verbes « faire » et « être » : ce n’est pas mon faire qui fait ce que je suis, mais mon identité de Fils de Dieu qui fait que j’agis en chrétien.
 Dans notre société, c’est la mort qui met un terme à la vie. Mais pour les chrétiens c’est l’inverse : la vie met un terme à la mort. Dieu pouvait est entré dans la mort pour mettre un terme à la mort. Il nous reste donc à annoncer la Vie !
 Dans la prière, gardons toujours la certitude que ce n’est pas tant nous qui prions Dieu que Dieu qui nous prie de venir à Lui, de Le recevoir.« 

 

Conférences, ateliers, temps de louange, soirée Rap Chrétien et un dimanche ensemble au culte! Choucroute& Bière comme aimait Luther et un magnifique gâteau des 500ans pour clore la fête! Un weed-end mémorable à Chartres de différentes églises! « Le miracle de l’unité à déjà commencé… & ce que Dieu commence il l’achève » (Le pape François )

Plus de photos sur la page Facebook de la Communauté à Chartres

 

L’archiprêtre Nicolas Lossky, grande figure de l’œcuménisme, est décédé

L’archiprêtre Nicolas Lossky, figure majeure de l’émigration russe de Paris, est mort, lundi 23 octobre à l’âge de 87 ans.  il a été une voix forte de l’orthodoxie et de l’œcuménisme.
Né le 20 novembre 1929, petit-fils du philosophe russe Nicolas Lossky et fils du grand théologien orthodoxe Vladimir Lossky, Nicolas Lossky, docteur ès lettres, fut professeur de civilisation britannique à l’université de Paris-X-Nanterre où il a été, de 1970 à 1976, membre de l’équipe de direction présidée à l’époque par René Rémond.
À partir de 1976, il est professeur d’histoire de l’Église en Occident à l’Institut de théologie orthodoxe de Paris (Institut Saint-Serge).
Il occupe aussi pendant six ans, de 1990 à 1996, le poste de directeur de l’Institut Supérieur d’Etudes Oecuménique de l’Institut catholique de Paris.
Nicolas Lossky a été un acteur constant du dialogue œcuménique. Spécialiste de l’anglicanisme, le théologien a notamment été membre, de 1974 à 1998, de la commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises, du Groupe mixte de travail entre l’Église catholique et le Conseil œcuménique des Églises de 1998 à 2006, et de la commission mixte française de dialogue catholique-orthodoxe française pendant plus de 20 ans.
Ordonné prêtre en 2006, il a desservi la paroisse Notre-Dame-joie-des-affligés et Sainte-Geneviève dans le quartier latin à Paris.
Aux avant-postes du combat pour la reconnaissance de l’orthodoxie sur la scène mondiale, le père Lossky fut également un artisan d’unité au sein du monde orthodoxe, un pont entre le Patriarcat de Moscou, dont il était prêtre, et le Patriarcat œcuménique de Constantinople.
Source: La Croix

Il est l’un des initiateurs de la création de l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France (voir le témoignage de sa petite fille: https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Eglise-dans-le-Monde/Le-pere-Nicolas-Lossky-1929-2017-conciliateur-2017-11-03-1200889257

 

 

Conférence du Professeur Matthieu Arnold sur Luther, à Rouen

C’est une conférence exceptionnelle que « La Bible à Rouen » nous propose le 4 décembre.
Faite le savoir et venez nombreux

 

20171204 Mathieu Arnold

 

Matthieu Arnold fait ses études supérieures à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg jusqu’au doctorat qui porte sur la correspondance de Martin Luther (1994). En 1996, il soutient son habilitation à diriger les recherches, qui porte sur la Réformation et sur l’histoire de la théologie dans la première moitié du xxe siècle.
Le 1er septembre 1997, il est nommé professeur à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, succédant ainsi à Marc Lienhard dans la chaire d’histoire du christianisme moderne.
En septembre 2002 il est le premier théologien protestant à être nommé, au titre de membre junior, à l’Institut universitaire de France. Il y restera jusqu’en août 2007.
Il est aujourd’hui un des meilleurs spécialistes de la pensée et de l’oeuvre de Luther.

La Maison d’Unité

Communauté de jeunes :

un projet œcuménique

pour les 18 – 35 ans

Vivre une année en colocation chrétienne avec d’autres jeunes en poursuivant ses études ou sa vie professionnelle et s’engager à participer à un enseignement et à un temps de prière tous les mardis de 18 h à 22 h.
Les candidatures sont ouvertes toute l’année pour une  nouvelle  promotion.

Contact par mail : lamaisondunite@gmail.com

 

  • Prière du mardi 20h30 – 21h30,  ouverte à tous
Prière hebdomadaire, sauf vacances scolaires, , animée par un groupe œcuménique ou un groupe membre d’une des Eglises chrétiennes, à la Chapelle Sainte Clotilde, 101 rue de Reuilly, Paris 12ème .
Métro Montgallet / Daumesnil / RER A Nation / Bus n°46.
Contact: 06 79 85 93 75, le mardi après-midi: 01 43 46 65 60.

Site internet : https://lamaisondunite.wixsite.com/paris pour des informations complémentaires.

Calendrier  novembre – décembre 2017
 7/11:  à 20h30 : Prière avec la paroisse Saint Jean-Baptiste de l’ Eglise apostolique arménienne.
14/11: à 20h30 : Prière avec la paroisse catholique russe de la Très- Sainte- Trinité.
21/11: à 20h30 Conférence A l’auditorium de l’hôpital des Diaconesses de Reuilly 18 rue du Sergent Bauchat,  Paris 12ème  Métro :Nation, Montgallet
« La liturgie dans nos traditions respectives : enjeux et perspectives »
 Regards croisés
   avec le Pasteur Jean-François Breyne (EPUdf),
   le  Père Norbert Hennique, catholique
  Mgr Job de Telmessos, orthodoxe.
28/11: à 20h30 : Prière avec la paroisse protestante du Marais (EPUdf)
 5/12: à 20h30 : Prière avec la paroisse mennonite de Châtenay-Malabry
12/12: à 20 30 : Prière avec la Communauté du Chemin Neuf
19/12:  Chants de Noël à l’hôpital de Reuilly

Eglise et unité VIIc_Le concile de Trente

Inter-session

17 septembre 1549 – du 1 mai 1551

 

Après l’état semi-comateux de la dernière année du concile à Bologne, le pape « autorise les derniers évêques encre sur place à retourner chez eux » sans ajourner ni clôturer le concile [1].

Après la mort de Paul III le 10 novembre 1549 c’est un candidat de compromis qui est élu: Giovanni Del Monte le principal légat à Trente qui prend le nom de Jules III. Sans être un parangon de vertu, vu les mœurs du temps on peut le considérer comme modèle de retenue…
Neutre politiquement, il souhaite ne fâcher ni le Roi de France ni l’Empereur et est prêt a autoriser le reprise du concile à Trente pourvu que ce dernier ne remette pas en cause l’autorité du Siège Apostolique et ne se mêle pas de réforme de la Curie ( Même s’il ne tombe pas dans le népotisme effréné de son prédécesseur, il est sujet de quelques scandales peu reluisants)

 

Ce climat politique plus favorable incite Charles Quint à tenter de faire pression sur les Luthériens pour les faire venir à Trente. Mais les conditions posées par ceux-ci sont telles qu’ il n’y a pas de terrain d’entente possible. Et sauf l’Empereur pour des raisons politiques internes, personne ne le souhaite vraiment.[2]

La guerre entre Henri II de France qui a succédé à François Ier le et Charles Quint vint mettre la pagaille là où c’était déjà le désordre et tout le monde se trouva brouillé avec tout le monde.

 

C’est au milieu de ce chaos que va s’ouvrir l’éphémère seconde session du Concile de Trente.

 

[1] John O’Malley: le concile de Trente, p172 Editions Lessius Paris 2013
[2] Les conditions sont: Considérer toutes les décisions prises à la première session comme nulles et non avenues; de pouvoir voter au même titre que les évêques; de fonder toutes les décisions sur les Ecritures; et que l’assemblée ne soit sous la présidence ni du Pape ni de ses légats. (John O’Malley op.cit.)