Retraites Jericho

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Les retraites Jericho à travers le monde:
Allemagne, Brésil, France, Burundi, Côte d’Ivoire, Italie, Lettonie, Liban, Pologne, RDCongo, Angleterre, Tchad, Tchéquie, Slovaquie…
La retraite Jéricho en fin d’année est vraiment « la » semaine de retraite de la Mission Jeunes de la Communauté du Chemin Neuf.
Un grand nombre de jeunes goûtent -parfois pour la première fois- la grâce du silence et de l’amour de Dieu.
Plus de 1000 jeunes vont vivre la semaine cette année dans plus de 15 pays. C’est une grande joie pour nous de pouvoir être au service des jeunes durant ce temps à l’écart qui transforme leur vie.
Jéricho est pour certains le lieu de leur première rencontre avec Jésus vivant, pour d’autres une école de prière ou un lieu de réconciliation, pour d’autres encore un lieu d’appel à suivre le Christ, mais tous goûtent la joie de l’écoute de la Parole de Dieu et apprennent à vivre davantage de l’Esprit Saint.
C’est une session pleine de grâces, et nous vous remercions pour votre prière, afin que ces retraites puissent être, cette année encore, une réelle bénédiction pour chacun où qu’il se trouve.
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Communauté du chemin neuf

Une nouvelle maison sur l’une des 7 collines de Nazareth

Une nouvelle maison sur l’une des 7 collines de Nazareth a été confiée à la Communauté

Elle et est prête à accueillir les pélerins en complément au Centre d’Evangélisation Marie de Nazareth.

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Chers amis,

 Nous sommes heureux de vous annoncer que l’Archeparchie d’Acre et Galilée de l’Eglise Grecque Catholique (Melkite) a confié à la Communauté du Chemin Neuf la mission de poursuivre le service de Sœur Martha à la Maison du Pèlerin Abuna Faraj.

 Sœur Martha va quitter la Terre Sainte prochainement. Nous la remercions pour le beau travail qu’elle a accompli durant de nombreuses années.

 Nous souhaitons continuer à vous accueillir ainsi que vos groupes dans les mêmes conditions.

 Bien cordialement

 

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 La Communauté du Chemin Neuf

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Des engagements à vie « inter-Afrique »

https://youtu.be/kYWv4faveA8

5 NOVEMBRE 2016

A Abidjan, le 5 novembre dernier, l’ambiance était à la fête.

Sept soeurs et un frère se sont engagés à vie pour le Royaume et dans la Communauté à la paroisse Saint Jean de Cocody. Ce n’est pas rien pour la Côte d’Ivoire, c’est la première fois qu’autant de frères et soeurs s’engagent à vie dans ce pays.

Il y a du monde dans l’église de la paroisse confiée à la Communauté il y a 26 ans. Les familles se pressent, toutes habillées de couleurs. Un moment chargé d’émotions. D’autant que ces engagements ont succédé au décès de la maman de deux de nos soeurs, Dorothée et Yolande. A la fin de la messe, la prise de parole du Cardinal Kutwa, Archevêque d’Abidjan embrase chacun par son dynamisme et tous chantent à haute voix: « Dieu nous aime, son amour n’aura pas de fin »’

La représentation internationale est forte puisque, parmi les engagés, Isaïe est actuellement au Tchad ainsi que Félicité et Rébecca, Dorothée à Madagascar, Rose et Adrienne en France, Delphine à Kinshasa… Des frères et soeurs communautaires de ces pays sont d’ailleurs venus pour l’occasion : Père Henri Rakotoarisoa, Muriel d’Hoffschmitt, Marie-Noëlle Marguerite, Catherine Bernit… une sorte de mobilisation inter-Afrique !

 

Quelques jours auparavant, les 7 futurs engagés sont allés à Tibériade pour une retraite : un temps de silence, de repos et de prière, pour permettre à chacun de se préparer intérieurement à un tel « passage ». Un temps fraternel aussi. François Michon, le nouveau berger et Dagmara Klosse, nouvelle responsable des célibataires consacrés les accompagnaient.

Le lendemain des engagements à vie, un temps communautaire a été animé par l’équipe nationale du pays. François a pu parler longuement à la communauté de Côte d’Ivoire, aujourd’hui le deuxième pays après la France en nombre de membres engagés dans la Communauté.

 

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Liban: Engagements à vie dans la Communauté

Ils se sont engagés!

En réponse à l’appel du Seigneur, six de nos frères et soeurs ont osé dire « Me voici » pour un engagement à vie, à cause du Christ et de l’Évangile.

Six petites graines ont été plantées comme une espérance nouvelle pour le Liban, pour la région et pour le monde : Dany et Céline Antonios, Christina Tabet, Hyam Radieldine, Joe Naïm, Guillaume Viennot. Deux soeurs consacrées, deux frères consacrés et un couple, quatre Libanais et deux Français.

En arabe, outre le singulier et le pluriel, on utilise la forme duelle, qui se retrouve bien ici. Cette forme duelle nous parle aussi du contraste étonnant du Liban, où la mer et la montagne se retrouvent, où le ciel touche la terre. Aussi, la sobriété de la liturgie latine a rejoint le foisonnement de la liturgie maronite. Le pont entre les deux, qui a touché beaucoup de cœurs, fut la litanie des saints (à la mode Chemin Neuf), chantée pendant que nos frères se prosternaient face contre terre, afin que beaucoup d’autres puissent se relever et contempler la face du Seigneur.

 

 

La communauté au Liban apprend petit à petit la simplicité franciscaine des sœurs de Notre Dame de la Route, le couvent qui nous a été confié il y a deux ans. Cette démarche s’allie finalement bien à l’hospitalité et la générosité surabondante de l’Orient que nos frères français, brésilien, hongrois, congolais ont pu découvrir à l’occasion de ces engagements : accueil, différents plats et goûts, visites de la vallée sainte et du sud, rencontres inattendues avec un ermite maronite et un prêtre orthodoxe…

 

Ce premier engagement à vie au Liban a été préparé sur place dans une joie et un enthousiasme « sans fatigue », et on a pu sentir la main de Dieu s’occuper des moindres petits détails. Par exemple, le décalage de l’horaire de la messe a permis au Père Laurent Fabre de présenter la communauté, à Céline (en un très bon arabe !) et Dany de raconter leur chemin de vie, à Guillaume d’expliquer sa démarche de s’engager au Liban pour la paix. Christina a pu voir un message enregistré de son père, mort quelques jours plus tôt. Mystère du don et de la mort…

La joie des célébrations et rencontres a continué le lendemain dans une journée communautaire et l’ordination diaconale de Saba Al Andary, marié et père de 4 enfants, en vue de la prêtrise dans l’Eglise maronite (catholique).

Et l’on peut se demander si l’élection présidentielle qui a suivi ces deux journées et était attendue depuis plus de deux ans n’est pas déjà un signe d’espérance que tout est possible pour Dieu, même en cet Orient complexe qu’il a choisi comme lieu d’incarnation ?

Thomas Gèze – ccn

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Noviciat international de la Communauté.

L’Abbaye de Melleray (Loire-Atlantique) accueille pour la deuxième année le noviciat international de la Communauté.

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Novembre 2016

Ce temps de formation d’une année rassemble des jeunes dont la plupart viennent de s’engager pour la première fois (et pour 3 ans) au célibat et des couples désireux de poursuivre leur formation spirituelle et communautaire. L’année est rythmée, entre autre, par trois semaines consacrées plus spécifiquement aux trois voeux, et enfin et une semaine de retraite d’Exercices spirituels.

 

Début novembre s’est déroulé à l’Abbaye le premier temps fort de la formation des novices, qui concerne cette année 20 frères et sœurs, dont un couple et un prêtre, issus de 8 pays différents. Ils ont reçu des enseignements, ont prié et partagé sur la pauvreté et la simplification de vie.

 

Témoignage d’un jeune frère consacré :
« Cette semaine était très riche par bien des aspects. C’était tout d’abord une occasion de retrouver certains frères un peu éparpillés en France et de passer un bon temps fraternel. Nous avons partagé, prié et écouté des enseignements sur le voeu de pauvreté et la simplification de vie dans la Communauté.
J’ai pris conscience de la radicalité que nous vivons dans le partage communautaire.
Nous avons aussi eu la chance d’être sensibilisés à la conversion à « l’écologie intégrale » lancée par l’encyclique Laudato Si’ et reprise par le chapitre de la communauté cet été. L’après-midi nous avons eu un très bon d’échange sur ce que cela mettait en route pour chacun de nous et pour notre vie communautaire.
Nous avons aussi accueilli l’évêque de Nantes, Mgr Jean-Paul James, qui nous a partagé son expérience au sein de la communauté de l’Arche. »
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Eglise et Unité VI: un siècle de réformes 1450-1550 (4ème partie)

Un siècle de réformes 1450-1550 (4ème partie)

Les réformateurs (suite)

ulrich-zwingli-1Zwingli réorganise l’Église, s’occupe de la formation des pasteurs (on appelle ainsi les ministres du culte réformé à la suite d’une prédication de Zwingli, en 1523, sur « le berger » ; rappelons que pasteur veut dire berger).

Zwingli ne veut pas d’une Église coupée de la société : il y a pour lui non pas identité mais interférence entre communauté ecclésiastique et société civile. Ce qui le conduit à lutter, au nom de l’Évangile, contre les abus socio-politiques.

 

Certains de ses premiers partisans souhaitent une coupure radicale entre la Cité et l’Église : ils se séparent de Zwingli et sont à l’origine du mouvement anabaptiste (qui refuse le baptême des enfants). Soupçonnés d’être de dangereux anarchistes, ils seront abominablement persécutés à travers toute l’Europe et notamment à Zurich où certains sont noyés dans le lac.

Chronologie de Huldrych Zwingli

  • naissance à Wildhaus (dans le canton de Saint-Gall) 
  •  1502 :
    S’inscrit à l’université de Bâle, où il obtient le grade de maître ès arts.
  • 1506 :
    Achève ses études de théologie et est ordonné prêtre à Constance.
  • 1506-1516 :
    Curé de la ville de Glaris. Ses sermons anti-mercenariat ne plaisent pas à la communauté rurale.
  • 1516-1518 :
    Chapelain de l’abbaye territoriale d’Einsiedeln (Notre-Dame des Ermites).
  • 1512 :
    Comme aumônier militaire des Suisses à la solde du pape, il participe aux batailles de Novare (1513) et de Marignan 1515.
  • 1516 :
    Rencontre Érasme et l’imprimeur Johann Froben à Bâle.

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  • 1519:
    Le 1er janvier : Zwingli prêche pour la première fois à la Grossmünster de Zürich. Marqué par l’épidémie de peste qui décime plus du tiers des habitants de la ville cette année-là, il approfondit sa foi et devient peu à peu un authentique réformateur.
    Devient curé de Zurich.
  • 1520 :
    Renonce volontairement à sa pension papale.
  • 1522 :
    16 mai Par la publication de « Exhortation contre les enrôlements et les pensions« , Zwingli commence à se faire connaitre en dehors de Zurich.
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    der grossmunster

    1523 :

    Passe définitivement à la Réforme avec la rédaction des 67 thèses (les Schlussreden) qu’il rédige pour participer à la première dispute de Zurich [1] qui se tient le 29 janvier. Dès lors Zwingli va tout faire pour que Zurich devienne une cité réformée.
  • 1524 :
    Épouse la veuve Anna Reinhart. Ils auront quatre enfants 
  • 1525 :
    Septembre Zurich abolit la messe (Berne l’interdira en 1528, Bâle et Glaris en feront de même en 1529).
  • 1526 :
       Mars:  Le premier culte réformé est célébré. Les moines se dépouillent de leurs habits religieux, la lecture du texte sacré se substitue au chant et les
    reliques sont abandonnées.
       Mai:  Zwingli est excommunié à la suite de la dispute de Baden (canton d’Argovie).
  • 1529 :
    Colloque de Marbourg.[2] Sous la présidence du landgrave Philippe Ier de Hesse, Zwingli y rencontre Martin Luther pour faire le point de leurs accords et désaccords sur la doctrine eucharistique.
    En juin, première bataille de Kappel. La Réforme, grâce à la Ligue évangélique réunissant les cantons de Berne, Saint-Gall, Bâle et Zurich, et sous l’action de Zwingli, s’étend aux bailliages communs (« alliance combourgeoise ») après la première paix de Kappel.
    Zwingli était devenu l’oracle des Suisses qui partageaient ses opinions religieuses. Les catholiques, de leur côté, le détestaient autant que les protestants l’estimaient. Ils le regardaient généralement comme un boute-feu et comme la cause des maux de la patrie. Ils persécutaient violemment les partisans des nouvelles idées, qui, à leur tour, ne se montraient ni assez prudents, ni assez réservés. Au milieu de tant de tracasseries, de tant de violations de la liberté de conscience de part et d’autre, il était impossible que la paix se conservât. Elle fut rompue.
  • 1530:
    Zwingli envoya à la diète d’Augsbourg une confession de foi approuvée de tous les Suisses, et dans laquelle il expliquait nettement que le corps de Jésus-Christ, depuis son ascension, n’était plus que dans le ciel, et ne pouvait être autre part ; qu’à la vérité, il était comme présent dans la cène par la contemplation de la foi, et non pas réellement ni par son essence. Il accompagna sa confession de foi d’une lettre à Charles-Quint, dans laquelle il tient le même langage. La même année, il envoya à François Ier, par son ambassadeur, une autre confession de foi.
  • 1531 :
    mort-de-zwingliOctobre Les cantons catholiques attaquent les Zurichois et les battent à la 2e bataille de Kappel. Zwingli – aumônier des troupes zurichoises – est tué sur ce champ de bataille le 11 octobre 1531 alors qu’il assiste blessés et mourants.

 

[1] Les trois disputes de Zurich (1523-1524)

Première Dispute (janvier 1523)

Au jour fixé [29 janvier 1523], le colloque ouvrit ses séances. L’évêque de Constance y était représenté par Jean Faber, son grand vicaire, et par d’autres théologiens ; le clergé du canton avait à sa tête Zwingli et ses amis. Il y avait en tout près de six cents personnes. Zwingli demanda instamment qu’on le convainquît d’hérésie, s’il en était coupable, en se servant toutefois de la seule autorité de l’Écriture.
Le conseil ordonna que Zwingli, n’ayant été ni convaincu d’hérésie ni réfuté, continuerait à prêcher l’Évangile comme il l’avait fait, que les pasteurs de Zurich et de son territoire se borneraient à appuyer leur prédication sur l’Écriture sainte.

 

Deuxième Dispute (octobre 1523)
Le grand conseil convoqua un nouveau colloque pour examiner si le culte des images était autorisé par l’Évangile et s’il fallait conserver ou abolir la messe.
Le colloque dura deux ou trois jours. Zwingli ne réussit pas à persuader le grand conseil, qui ne prit aucune détermination, par la crainte peut-être de choquer les autres cantons et les évêques qui avaient refusé d’envoyer des députés au colloque.

 

Troisième Dispute (janvier 1524)
En janvier 1524, il se tint une troisième conférence, qui fut un nouveau triomphe pour le réformateur. L’abolition de la messe en fut le résultat, et désormais le sénat et le peuple de Zurich montrèrent la plus grande déférence aux avis de Zwingli.
Quant à la messe, elle ne fut définitivement supprimée qu’en 1525, le jour de Pâques, où l’on célébra la cène.
[2] Colloque de Marbourg
Zwingli s’y rendit en 1529, avec Rodolphe Collinus, Martin Bucer, Hédion et Œcolampade ;
   Après bien des entretiens particuliers et des contestations publiques, ces théologiens rédigèrent quatorze articles qui contenaient l’exposition des dogmes controversés, et ils les signèrent d’un commun accord.
Quant à la présence corporelle dans l’eucharistie, il fut dit que la différence qui divisait les Suisses et les Allemands ne devait pas troubler leur harmonie, ni les empêcher d’exercer, les uns envers les autres, la charité chrétienne, autant que le permettait à chacun sa conscience.

 

Eglise et Unité VI: un siècle de réformes 1450-1550 (3ème partie)

Un siècle de réformes 1450-1550 (3ème partie)

Les réformateurs (suite)

Martin Bucer 

Humaniste, il a, toute sa vie, tenté de sauvegarder l’unité de l’Église. Dans l’opposition entre Luther et Zwingli sur la Cène (communion) il tente vainement de trouver un accord. Il accueille à Strasbourg les anabaptistes persécutés. Il essaie aussi de rapprocher catholiques et protestants sur les points fondamentaux. Mais ses tentatives échouent.

 

Chronologie de Martin Bucer

 

1491:

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     Martin Bucer naît le 11 novembre à Sélestat. Il entre en 1506-1507 au couvent dominicain de Sélestat, puis il est envoyé à celui de Heidelberg, où il est immatriculé à l’université en 1517. Il se consacre alors à l’étude de la scolastique médiévale (de Thomas d’Aquin essentiellement), ainsi qu’à la lecture des ouvrages des humanistes.

     Il fait sien le programme d’Érasme, qui veut renouveler le christianisme par le retour à ses sources et par la simplification des institutions, des doctrines et des rites.

 

1518:

     À la fin du mois d’avril  Bucer assiste à la dispute que tient dans la ville Martin Luther. Fasciné par son discours, il lui demande une entrevue. Dès lors, il devient un fidèle partisan des idées de ce frère augustin dissident.

 

1521:

     Suspect aux yeux de l’Inquisition. Il fuit Heidelberg au début de l’année vers Spire où se trouvent plusieurs de ses amis. 
En même temps, il se fait dispenser de ses vœux monastiques et se met au service du comte palatin Frédéric (le futur électeur Frédéric II) en tant que chapelain, malgré les mises en garde de ses amis.
     Il le suit notamment à Nuremberg, où il prend contact avec les humanistes et les évangéliques de la ville.

 

1522:

     Il accepte la cure de Landstuhl, où il rencontre Élisabeth Silbereisen, une ancienne nonne de Lobbach. Bravant les interdits, il se marie avec elle durant l’été  et devient ainsi l’un des tout premiers prêtres mariés.
     À l’automne, le jeune couple quitte en catastrophe Landstuhl  pour Wissembourg; Il y prêche de novembre 1522 à avril 1523, malgré les citations à comparaître devant l’évêque de Spire.

 

1523:

     Ce dernier, irrité par l’attitude de Bucer, l’excommunie. Ils décident alors de trouver refuge dans une ville alliée, Strasbourg chez Matthieu Zell, curé de la chapelle Saint-Laurent de la cathédrale Notre-Dame et initiateur de la Réforme au sein de Strasbourg.
     Ce dernier aide Bucer à s’installer et à gagner sa vie, en lui proposant de donner des cours bibliques semi-publics et de l’aider au sein de sa paroisse. C’est également grâce à une initiative de Zell qu’il commence à pouvoir prêcher, celui-ci lui laissant de temps en temps sa chaire. L’amitié entre les deux hommes est telle que c’est à Bucer que Zell demande la bénédiction de son union avec Catherine Schutz.
Il continue parallèlement à développer sa propre pensée théologique, en publiant trois ouvrages durant l’été 1523, dont le premier (« Das ym selbs niemant, sonder anderen leben soll » ou Traité de l’amour du prochain) élabore déjà un programme de la Réforme strasbourgeoise, axé principalement sur un christianisme de la pratique.

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1524:

      La situation des Bucer s’améliore. Tout d’abord élu prédicateur de la paroisse Sainte-Aurélie, Martin Bucer en devint le pasteur dès le mois d’août.
     De ce fait, il peut enfin participer activement à l’élaboration du nouveau culte évangélique. Il est chargé par les autres réformateurs d’en dresser le tableau justificatif dans un pamphlet.
     Afin de propager la nouvelle doctrine, il entreprend de traduire de l’allemand vers le latin des cycles de sermons de Luther.

 

1525:

      La Guerre des paysans éclate. Bucer, Capiton et Zell essayent, sans succès, de détourner les révoltés de leurs actions violentes.
     En réaction à ce soulèvement dans les campagnes, les messes sont momentanément supprimées à Strasbourg, à l’exception de celles données dans les quatre églises principales.
     Dans un même temps, les querelles deviennent de plus en plus vives entre partisans de Luther et de Zwingli, ce qui désespère Bucer qui correspond avec des membres des deux camps. Il multiplie donc les prises de contact afin de trouver une solution pour conserver l’unité du mouvement évangélique.
     Dans les différents conflits qui agitent le développement de la Réforme, Bucer s’impose progressivement comme le porte-parole du mouvement évangélique strasbourgeois, à la fois vis-à-vis des autorités municipales, des représentants de l’Église catholique (comme Thomas Murner) et des mouvements radicaux dissidents.

 

1528:

     En janvier, il fait son entrée avec Capiton sur la scène européenne, en participant à la dispute de Berne qui aboutit au passage à la Réforme de ce puissant canton suisse.
     Il y trouve de nouveaux appuis, comme le réformateur de Constance, Ambroise Blaurer, qui devient son principal confident. Il poursuit ses efforts quant à une politique d’alliance entre les évangéliques avec de plus en plus d’assurance, proposant une « comparaison » entre Luther et Zwingli en 1529.

 

1529:

     La messe catholique est supprimée dans toutes les églises de Strasbourg à la suite d’un vote des échevins.

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La ville bascule dans le camp protestant, ce qui permet à Bucer de gagner encore en autorité. Il devient pasteur de la paroisse Saint-Thomas en  et consacre beaucoup de temps à l’enseignement de l’exégèse et à l’écriture de ses livres.  

     Il assiste au colloque de Marbourg en 1529

 

1530:

     Il est mis à la tête de l’organisation de la nouvelle Église, écrivant la confession propre de celle-ci, la Confession tétrapolitaine lors de la diète d’Augsbourg, qui est appliquée dans quatre villes libres d’Empire, (Strasbourg, Memmingen, Constance et Lindau).
     Il préside également le Convent ecclésiastique, devenu un organisme officiel de la ville à la suite de l’ordonnance du 30 octobre 1531.
     Dans sa lutte contre les non-conformistes, il mène plusieurs disputes. Son effort se conjugue à celui des autorités civiles, Bucer obtenant du Magistrat en octobre 1531 l’institution des Kirchenpflerger, chargés de veiller au respect de la nouvelle doctrine en ville.

 

1533:

     Un synode rassemblant les pasteurs, les professeurs et les Kirchenpfleger est organisé, présidé par quatre membres du Magistrat. Avant tout chargé d’établir un texte fixant l’organisation de l’Église, il se charge également de réduire au silence les revendications des non-conformistes. Bucer prend une grande part à la rédaction. L’Ordonnance ecclésiastique qui en résulte alors est valable jusqu’en 1598.
     Parallèlement à cette intense activité strasbourgeoise, il continue également à se manifester aux différents colloques organisés dans l’Empire: en plus de la diète d’Augsbourg. Il poursuit ses tentatives de réconciliation entre Zwingli et Luther.
     Il participe également à l’introduction de la Réforme dans de nouvelles régions, comme à Ulm. Les morts de Zwingli et d’Œcolampade à la fin de l’année 1531 amènent les Strasbourgeois à se rallier à la Ligue de Smalkalde et donc à signer la confession luthérienne dite d’Augsbourg, ce que Bucer justifie à l’assemblée de Schweinfurt en avril 1532.   

 

1536:

     Strasbourg étant alliée dorénavant aux princes protestants allemands, Bucer cherche ensuite à trouver une entente avec les Suisses, effectuant dans ce but plusieurs voyages.

    En mai, accompagné de Capiton et des délégués de l’Allemagne du sud-ouest, il conclut avec Luther la Concorde de Wittemberg et il réussit à ramener à l’Église la majorité des anabaptistes de Hesse en faisant introduire dans les Ordonnances ecclésiastiques la confirmation des catéchumènes et l’exercice de la discipline des mœurs par les « anciens ».retable-de-wittenberg_der-reformationsaltar-natur

      Grâce à Bucer, la Concorde de Wittenberg permet un véritable rapprochement entre les protestants et la future hégémonie du luthéranisme doctrinal ; il s’agit de sa plus grande réalisation.

 

1539:

ecrits-martin-bucer     En mai se tient un nouveau synode, où il est surtout question de la discipline ecclésiastique. Beaucoup étaient déçus par l’attitude des pouvoirs publics qui n’aidaient pas à combattre l’immoralité au sein de la ville. Les Kirchenpfleger ne faisaient pas le minimum de ce que Bucer et ses amis attendaient d’eux. Il y a un gouffre entre les attentes des réformateurs et les visées pragmatiques des dirigeants qui, s’ils agréaient la nouvelle doctrine, pouvaient également très bien discuter de l’agrandissement du lupanar de la ville.   
    
Progressivement, Bucer se tourne vers une nouvelle voie, en créant une discipline « interne » à l’Église en créant des Christlichen Gemeinschafften, des petites communautés de chrétiens professants et engagés au sein des paroisses, même si celles-ci restent multitudinistes. Il tente également d’introduire l’excommunication, mais Hédion s’y oppose catégoriquement.

 

1540:

     Le ciel bucérien s’assombrit définitivement.
Son écriture se fait de plus en plus incisive, il continue inlassablement ses voyages, et pourtant, ses entreprises s’enlisent.
   Son projet unificateur, colporté par son activité débordante, irrite de plus en plus, agaçant même Philippe de Hesse, prince et chef de file des protestants de la Ligue de Smalkalde.  
     Martin Bucer éprouve pour lui un profond respect jusqu’au jour où Philippe prend une seconde épouse, au grand effroi des évangéliques. Bucer s’attire la suspicion et le désaveu de bon nombre de ses amis à cause de ses concessions de plus en plus importantes.

 

1541

     Il subit une cuisante défaite lors de la diète de Ratisbonne, où ni les catholiques ni les protestants ne cherchent à s’entendre, malgré la demande de Charles Quint.
En 1541 également, il perd sa femme ainsi que la plupart de ses enfants lors d’une grande épidémie de peste qui ravage la ville. Quelque temps plus tard, il se remarie avec Wibrandis Rosenblatt, la veuve de Capiton, ce dernier ayant lui aussi succombé à la maladie.

 

1547:

     Après la terrible débâcle protestante de Mühlberg en avril , qui signe la chute de la Ligue, Charles Quint souhaite établir son propre règlement religieux. Par conséquent, les autorités ordonnent à Bucer de quitter la ville, le réformateur étant devenu un élément de trouble détesté par la plupart des dirigeants. Il se réfugie alors pendant trois semaines chez Catherine Zell, retournant dans la maison qui l’avait autrefois accueilli.
Une fois sa fuite préparée, il quitte Strasbourg avec Paul Fagius et se rend au mois d’août 1549 en Angleterre.

 

     Le royaume d’Angleterre est alors en pleine mutation économique, sociale et religieuse, se tournant très nettement vers le protestantisme, comme le souhaite Henri VIII. C’est pourquoi Bucer avait accepté l’invitation de l’archevêque de Canterbury Thomas Cranmer, jugeant qu’il serait peut-être d’une quelconque utilité dans la mise en place de la nouvelle doctrine. Cependant, la vision idyllique qu’il s’était forgée de ce pays ne correspondait nullement à la réalité, les paysans se révoltant sans cesse contre leurs seigneurs, provoquant un fort sentiment d’insécurité. Fagius et lui commencent tout d’abord par faire une nouvelle traduction latine de la Bible, puis ils s’installent à Cambridge où on leur propose de devenir professeurs. Fagius meurt malheureusement peu de temps après et Bucer est lui-même très affaibli. Une fois que sa femme et sa belle-fille l’ont rejoint, l’état de santé de Bucer s’améliore et il décide de faire un nouveau cours sur l’Épître aux Éphésiens. Il retrouve à Oxford l’un de ses anciens collègues strasbourgeois, le théologien protestant italien Pierre Martyr Vermigli.

 

1550:

     Il est rapidement consulté pour organiser l’Église anglaise, comme il l’escomptait. Dans ce but, il rédige un traité sur l’ordination, qui est utilisé pour l’Ordinal officiel de. Son avis est également pris en compte lors de la refonte en 1551 du Book of Common Prayer.

 

1551:

     À la mi-février, il tombe gravement malade et meurt peu de temps plus tard dans la nuit du 28 février. Il a droit alors à de grandes funérailles.

 

  1556 

  Cependant, à la suite de l’accession au trône de la catholique Marie Tudor, son corps est déterré, ainsi que celui de Fagius, et on les brûle publiquement comme hérétiques, avec leurs écrits.

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     Sa mémoire est solennellement réhabilitée en 1560 grâce à l’avènement d’Élisabeth I.

Eglise et Unité VI: un siècle de réformes 1450-1550 (2ème partie)

Un siècle de réformes 1450-1550 (2ème partie)

Les réformateurs (suite)

Jean Calvin

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Chronologie

  • 1509:
    Il nait le 10 juillet, à Noyon, petite ville de l’Oise : Jean Calvin appartient donc à la génération qui suit celle de Martin Luther.Son père, est administrateur des biens des chanoines de la cathédrale de Noyon.
    Parcours  scolaire   et   universitaire   : études de droit, à Orléans puis à Bourges ; études de la philologie humaniste ; il apprend l’hébreu, perfectionne son grec, et gagne sa vie en donnant des cours sur Sénèque.

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  • En 1532 / 1533:
    Calvin se rallie à la Réforme : il parle lui-même d’une «conversion subite».
    A l’automne 1533, Calvin revient à Paris et s’engage très activement aux côtés du recteur de l’université partisan de la Réforme.
  • 1535:Suite à « l’affaire des Placards » il rejoint le recteur Cop à Genève.
  • 1536-1538 :Premier séjour de Calvin à Genève.En mars 1536, Calvin publie la première édition, en latin, de son « Institutio Christianae Religionis »  (Institution de la religion chrétienne)
  • 1538-1540 :
    strasbourg-16sSéjour à Strasbourg, où Calvin est pasteur de l’Église réformée de langue française.C’est pendant son séjour à Strasbourg que Calvin a élaboré sa liturgie du culte. Il prend appui sur la liturgie strasbourgeoise réformée en langue allemande de 1539 qu’il traduit et adapte. Cette liturgie est publiée en 1540
    En 1540 Calvin épouse Idelette de Bure, veuve d’un premier mariage.
  • 1541:
    Retour définitif de Calvin à Genève.

    geneve-1602

    Il réorganise l’Église à travers les Ordonnances ecclésiastiques qui définissent la nouvelle Eglise et ses rapports avec le pouvoir séculier.
    Quatre ministères sont établis :
    • les pasteurs, qui prêchent la parole et administrent les deux sacrements (baptême et Cène) ;
    • les docteurs, qui enseignent l’Ecriture ;
    • les anciens, qui veillent à la moralité des fidèles et au respect de la discipline ecclésiastique ;
    • les diacres, qui assistent les malades et les pauvres.
 La liturgie est reprise en 1542 à Genève sous le titre « La forme des prières et chants ecclésiastiques« , avec la manière d’administrer les sacrements et consacrer le mariage selon la coutume de l’Église ancienne.
Dans le culte réformé, si le chant d’assemblée revêt une importance particulière, la place prépondérante est réservée à la lecture de la Bible et à la prédication.
Calvin admet que la forme du culte peut varier suivant les lieux et les époques.
la Cène:
Calvin n’approuve pas Luther en ce qui concerne la Cène.
     Pour Luther, le pain et le vin demeurent comme tels, mais le corps et le sang du Christ sont présents en, dans et avec eux, (et non à leur place comme chez les catholiques) : en quelque sorte, ils possèdent une double substance ; on parle de consubstantiation.
     Pour Calvin, le Sauveur est au ciel, assis à la droite du Père et ne peut être matériellement présent dans le pain et le vin. Pour autant, Calvin n’a pas une conception purement symbolique du sacrement : si le pain reste du pain et si le vin reste du vin, au moment où le croyant prend la Cène, Dieu se rend présent en lui, par le Saint-Esprit ; l’Esprit est présent dans le croyant, et non dans le pain et le vin.
       Calvin parle de présence spirituelle du Christ lors de la Cène.
  • 1541: 
    Première édition en français de l’Institution de la religion chrétienne qui sera remaniée plusieurs fois jusqu’à la dernière édition en 1559. (Dans la publication de 1536, l’Institution de la religion chrétienne est composée de 6 chapitres, et dans celle de 1559, de 4 volumes avec 80 sections. (Voir ci-dessous).

    0000000218lL’autorité de Calvin fut pratiquement incontestée dans les dernières années de sa vie et il disposait d’une réputation internationale en tant que réformateur distinct de Martin Luther. Les deux hommes avaient initialement un respect mutuel l’un pour l’autre mais un conflit doctrinal s’était développé entre Luther et le réformateur Ulrich Zwingli de Zurich au sujet de l’eucharistie. L’opinion de Calvin sur la question força Luther à le mettre dans le camp de Zwingli.

    Calvin participa activement aux polémiques entre les branches luthériennes et réformées du protestantisme. Au même moment, Calvin était consterné par le manque d’unité parmi les réformateurs et il signa le Consensus Tigurinus, un concordat entre les églises de Zurich et de Genève.

    Il entra également en contact avec l’archevêque de Cantorbéry, Thomas Cranmer, lorsque ce dernier appela à un synode œcuménique de toutes les églises protestantes. Calvin soutenait l’idée mais Cranmer ne parvint pas à la réaliser.

    La plus grande contribution de Calvin à la communauté anglophone fut l’accueil à Genève des exilés protestants chassés d’Angleterre par les persécutions de Marie Ire à partir de 1555. Sous la protection de la ville, ils formèrent leur propre église réformée menée par John Knox et William Whittingham et ramenèrent finalement les idées de Calvin en Angleterre et en Écosse.

    Calvin était cependant plus intéressé par la réforme de son pays natal, la France. Il soutint la construction d’églises en distribuant des livres et en fournissant des pasteurs. Entre 1555 et 1562, plus de 100 ministres furent envoyés en France. Ces actions furent entièrement financées par l’église à Genève car le conseil refusa de s’impliquer dans les activités prosélytes. Les protestants de France étaient persécutés dans le cadre de l’Édit de Chateaubriand du roi Henri II de France et lorsque les autorités françaises se plaignirent des activités des missionnaires, Genève put nier en être responsable

  • 1564:
    Décès à Genève le 27 mai, à 54 ans.
L’Institution de la religion chrétienne
 Devient rapidement le livre de référence de l’Eglise Réformée
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Un corps de doctrine

Cette œuvre développe de façon systématique la doctrine de la Réforme telle que prônée par Calvin.  À travers son texte, il accentue le contraste entre la toute-puissance de Dieu et la misère de l’homme, égaré par le péché originel. Depuis ce péché qui a entraîné sa chute, l’homme est corrompu dans sa nature, étant assujetti au péché. La distance de Dieu à l’homme est immense parce que la perfection divine est infinie alors que la créature est radicalement corrompue depuis le péché originel : l’image de Dieu est détruite en elle. L’homme vit sous le règne de la loi de Dieu, signe d’une déchéance dont il ne peut sortir par lui-même : il ne lui reste que la louange de Dieu et la repentance, c’est-à-dire la reconnaissance de son néant et sa totale dépendance de Dieu. Mais cette attitude même est éclairée par l’infinie miséricorde divine car Dieu donne la foi, signe de sa justification et de son salut. Son salut dépend uniquement de la grâce divine, dont les bénéficiaires sont établis de façon prédestinée.

Les réformateurs recherchent la vérité dans la Bible, qui est la source de l’Église. Calvin affirme que Dieu se révèle à l’homme par sa parole, l’Écriture à laquelle l’homme adhère par la foi. Ce sont les principes du « sola scriptura » et du « sola fide » : bases de l’édifice.

L’Institution de la religion chrétienne connaît immédiatement un grand succès dès sa sortie en 1536 à Bâle. Beaucoup de raisons peuvent expliquer ce succès. Non seulement, les réformateurs et les réformés la trouvent intéressante pour résumer leur conviction. De plus beaucoup de personnes pensent que ce livre est un moyen d’obtenir leur salut. Il y a une crise religieuse, une peur de la fin des temps. En effet la population connaît une période très difficile sur les plans économique et social. On peut donc imaginer que n’importe quel changement aurait attiré leur attention.

Dans la publication de 1536, l’Institution de la religion chrétienne est composée de 6 chapitres, et dans celle de 1559, de 4 volumes avec 80 sections. Cette évolution montre que cette œuvre a été retravaillée.

Résumé des quatre volumes du livre de 1559

PREMIER LIVRE

Calvin explique qu’il ne faut pas forcément éluder les mystères par des propositions logiques, qu’il n’y a pas besoin de prouver l’existence de Dieu.

Pour lui, il n’y a pas besoin de preuves réelles, l’évidence de l’existence de Dieu est dans la nature, l’homme, ainsi que sa complexité et son intelligence (pour Calvin, il n’y a que Dieu qui a pu inventer cela). La nature, pour Calvin, est une image visible du Dieu invisible. Il n’y a donc pas besoin d’image représentant Dieu, puisque la nature prouve son existence…
Il y a pour les catholiques un problème dans le raisonnement de Calvin. Pour Calvin, l’Écriture est au centre. Les gens lui répondent alors que les apôtres ayant existé avant l’Église, c’est l’Église qui a transmis les Écritures sur la base des transmissions orales des paroles des apôtres. Pour les catholiques, c’est l’Église qui prime sur l’Écriture. Calvin pense que malgré le fait que les Écritures sont venues après, elles sont restées importantes parce que les paroles écrites avaient de la valeur. Calvin croit que l’Écriture est inspirée de Dieu.
La Trinité
Calvin reste fidèle à la trinité. La Bible ne mentionne pas le mot mais la dévoile. Calvin dit que toute doctrine doit être tirée de l’Écriture. C’est le conflit qui l’opposera à Michel Servet.
Dieu et le malheur :

Pour Calvin, Dieu n’est pas responsable du mal, dans le sens qu’il n’est pas coupable. Mais les événements amenant la souffrance, la difficulté, ne sont pas forcément mauvais du point de vue de Dieu. Ceci n’est pas compréhensible pour Calvin, mais il l’accepte car il a une confiance absolue en Dieu et son action en faveur du bien.

DEUXIEME LIVRE

Le péché

Pour Calvin, le péché occupe toutes les parties de l’âme. Nous sommes pécheurs par principe : « Nous sommes de pauvres pécheurs, conçus et nés dans l’iniquité et la corruption, enclins au mal, incapables de tout bien, et dans notre dépravation, nous transgressons les saints commandements de Dieu, sans cesse et sans fin » (paroles de Calvin). Pour Calvin, cette pensée n’est pas culpabilisante, elle dit que nous sommes pécheurs malgré nous. L’autocélébration est le fait de considérer que l’être humain peut faire du bien et progresser. Calvin critique l‘Église catholique car elle s’enrichit grâce aux indulgences que payent les fidèles. Ce système révolte Calvin.

TROISIEME LIVRE

La foi
D’après Calvin, la foi est personnelle, elle ne peut pas nous être transférée par l’Église. La foi est un don du Saint Esprit, elle ne peut pas s’acquérir, elle est en nous. La foi nécessite une connaissance intérieure de nous. Calvin réfute que l’on puisse acquérir le droit d’aller au Paradis. Pour lui nous sommes tous pardonnés pour nos péchés, Dieu nous accepte en dépit de qui nous sommes. La Prédestination est la manière dont la grâce divine semble être inégalement répartie entre les différents êtres humains.

Selon L’Écriture, Dieu décide de la destinée de chacun. Pour Calvin, ces inégalités ne doivent pas décourager les citoyens, car ils n’en sont pas responsables. La volonté de Dieu reste mystérieuse et l’on doit se contenter de l’accepter. Les humains n’ont aucun moyen de juger qu’un acte de Dieu est injuste ou faux.

QUATRIEME LIVRE

L’existence de l’Église
Calvin parle d’Église « invisible », qui est connue de Dieu seul. Cette Église « invisible » est composée de l’ensemble de tous les croyants sincères. En opposition, il y a l’Église « visible », qui intègre le bon grain et l’ivraie (les croyants sincères et ceux qui ne le sont pas). Cette Église « visible » est donc imparfaite. D’après Calvin, il ne faut pas créer une Église d’êtres purs (sélection), mais de pécheurs qui cherchent à progresser grâce à l’Évangile. Pour les protestants, deux sacrements seulement sont reconnus : le baptême et l’eucharistie.
Pour Calvin, l’eucharistie est un signe, une aide visuelle du message de Dieu mais ce n’est pas la transformation réelle du pain en corps du Christ. C’est seulement une évocation symbolique. Tandis que chez les catholiques, la transformation est réelle (transsubstantiation).
Rapport du pouvoir politique et de l’Église
Le pouvoir politique doit être respecté par les chrétiens parce qu’il est plus ou moins établi par Dieu. Il y a cependant des limites : si un pouvoir politique va trop à l’encontre de l’enseignement de l’Écriture, il peut être remis en question.
L’Écriture se situe au-dessus du pouvoir politique.
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Walter Kasper : Musique et unité «une communion des différences réconciliées»

Réflexions autour d’un concert à Trente pour les 500 ans de la Réforme

Le cardinal Walter Kasper voit “le final” du dialogue entre catholiques et protestants comme “une polyphonie », « une communion des différences réconciliées » sur « une base commune de la Parole de Dieu ».

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Ste Marie-majeure

Le  président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a présenté le concert qui avait eu lieu le 16 novembre 2016 à Trente, dans le contexte d’une rencontre œcuménique pour les 500 ans de la Réforme.

Organisé par l’office de l’œcuménisme de la Conférence épiscopale italienne en collaboration avec la Fédération des Églises évangéliques en Italie, il s’est tenu dans l’église Sainte-Marie-Majeure qui à l’époque du Concile de Trente a été le siège des discussions théologiques qui ont conduit à la division des Églises.

 

« Nous avons fait des pas importants pour apprendre à jouer ensemble », a poursuivi le cardinal en filant la métaphore musicale, même si « la cacophonie du passé ne peut pas aujourd’hui être transformée en une symphonie harmonieuse ».

La recherche théologique et le dialogue œcuménique, ont marqué un « tournant dans la compréhension de la figure de Luther ». « Diabolisé » pendant des siècles, Luther est maintenant considéré comme un « homme religieux », un « témoin du Christ qui ne voulait pas construire une église réformée, mais voulait commencer une réforme, un renouvellement évangélique de toute l’Église. Aujourd’hui, nous parlons d’une nouvelle évangélisation ».

Le cardinal a évoqué le document commun sur la doctrine de la justification représentant une étape importante dans les relations des deux Églises.

Avec un autre document en élaboration sur « Église, Eucharistie et Ministère », a-t-il ajouté, « nous pouvons espérer parvenir à un consensus, si non complet, large ». « Le concert symphonique continue, a-t-il résumé, et comme une symphonie il se joue à plusieurs temps ».

Source: Zenit.org
Merci au pasteur Zoltan Zalay de nous avoir signalé cet article

 

Martin Luther. Une perspective œcuménique

Dans ce texte qui est la conclusion d’une conférence donnée en Allemagne le 18 janvier 2016, le cardinal Walter Kasper, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, fait un point d’étape dans le processus œcuménique entre luthériens et catholiques.

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Luther n’était pas un homme œcuménique au sens actuel du terme. Ses adversaires ne l’étaient pas davantage. Les deux camps étaient enclins à la polémique et à la controverse. Cela a conduit à des restrictions et à des durcissements des deux côtés. Les questionnements se sont intensifiés dès  le départ, de la question de la justice révélée dans l’Évangile et de la miséricorde de Dieu jusqu’à  la question de l’Église, spécialement la question du pape. Dès lors que le pape et les évêques refusaient de procéder à la réforme, Luther, sur la base de sa compréhension du sacerdoce universel, dut se contenter d’une ordination d’urgence. Il a néanmoins continué à avoir foi dans le fait que la vérité de l’Évangile se serait imposée d’elle-même et a ainsi laissé la porte fondamentalement ouverte pour une possible entente future.

Du côté catholique également, au début du XVIe siècle, de nombreuses portes restaient ouvertes. Il n’y avait pas d’ecclésiologie catholique  harmonieusement  structurée,  mais uniquement  des approches,   qui   étaient   plus   une   doctrine   sur   la   hiérarchie   qu’une véritable   ecclésiologie. L’élaboration   systématique   de   l’ecclésiologie   s’obtiendra  uniquement dans la théologie controversée comme antithèse à la polémique de la Réforme contre la papauté. La papauté devint ainsi, d’une façon jusqu’alors inconnue, le contreseing de l’identité du catholicisme. Les thèses et antithèses confessionnelles respectives se   conditionnèrent et se bloquèrent mutuellement.

Seul le récent œcuménisme a ouvert un peu plus la porte. Le dialogue s’est substitué à la controverse. Le dialogue ne signifie pas jeter à la mer ce que l’on a considéré jusqu’à présent comme la vérité. Seules des personnes qui, bien qu’ayant chacune leur point de vue, sont néanmoins disposées à s’écouter réciproquement et à apprendre les unes des autres, peuvent mener un authentique dialogue. Un tel dialogue n’est pas un événement purement intellectuel ; c’est un échange de dons. Cela présuppose de reconnaître aussi bien la vérité de l’autre que ses propres faiblesses, et la volonté d’affirmer sa propre vérité d’une façon qui ne blesse pas l’autre, de façon non polémique, mais de dire la vérité dans l’amour (Ep 4,15), soustrayant  aux controverses le poison de la division et en le transformant en don, de sorte que les deux parties grandissent dans la catholicité, entendue au sens originel et qu’elles grandissant ensemble,   qu’elles reconnaissant davantage la miséricorde de Dieu en  Jésus-Christ  et  lui  rendent ensemble témoignage face au  monde.

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1999 Déclaration commune sur la justification

Telle est la route parcourue depuis le dernier Concile, qui a tracé à cet effet une voie que l’on ne peut inverser – une voie, pas une solution toute prête ! La réception du concile Vatican II, même cinquante après sa conclusion, n’est pas encore arrivée à terme. Le pape François a inauguré une nouvelle phase dans un tel processus de réception. Il souligne l’ecclésiologie du peuple de Dieu, le peuple de Dieu en chemin, le sens de la foi du peuple de Dieu, la structure synodale de l’Église et pour la compréhension de l’unité, met en jeu une nouvelle approche intéressante. Il décrit l’unité œcuménique non plus avec l’image des cercles concentriques autour du centre romain, mais avec l’image du polyèdre [I], c’est-à-dire  d’une  réalité  à  multiples facettes,  pas  un  puzzle  assemblé  de l’extérieur, mais un tout et, s’il s’agit d’une pierre  précieuse, un tout qui reflète la lumière qui le frappe de manière merveilleusement multiple. En  se référant à Oscar Cullman, le pape François reprend le concept de la diversité réconciliée. Dans l’exhortation apostolique Evangelii gaudium, son « essai programmatique », il part de l’Évangile et invite à une conversion pas uniquement de chaque chrétien, mais également de l’épiscopat et du primat.

Ainsi, sous-entend-on: au centre est placée l’exigence originaire fondamentale de Luther, à savoir l’Évangile de la grâce et de la miséricorde, ainsi que l’appel à la conversion et au renouveau.

Non seulement l’histoire de la réception du dernier Concile, mais également l’histoire de la réception de Luther est loin de toucher à sa fin, pas plus dans l’église catholique que dans les églises évangéliques [II]. Il y a  aussi un oubli et une extranéité (qualité de ce qui est extérieur, étranger. ndr) de Luther [par rapport à] la partie évangélique.
Pensons à la doctrine relative à la Cène et à la piété eucharistique. Celle-ci montre que Luther, contre Zwingli, est resté fermement fidèle à une compréhension réaliste de l’Eucharistie et qui ne peut être bloquée de façon rigide dans le schéma d’une religion de la pure intériorité.
Pensons en outre à la compréhension du ministère de Luther de la maturité, à son ouverture fondamentale à l’égard de l’épiscopat historique, de même qu’à son affirmation qu’il aurait encensé et embrassé les pieds d’un  pape  qui  aurait  accueilli  et reconnu  son  Évangile.

Il  n’est  pas  possible  pour  cette raison de  se  référer  uniquement  aux affirmations  polémiques  de  Luther.  Nous  devons  et nous pouvons plutôt reprendre  aussi  la question, fondamentale pour le progrès de l’œcuménisme, de la compréhension et du rapport entre Église, ministère et Eucharistie.

À cet égard, le fait de prendre au sérieux les aspects mystiques de Luther pourrait permettre de faire un pas en avant. Ceux-ci  ne  se  trouvent  pas  seulement  chez  le  jeune  Luther,  mais  également  chez  le   plus sympathique de ses importants écrits réformateurs: « Von der Freiheit eines Christenmenschen » (en français: la liberté du Chrétien [III]).

Cela pourrait ouvrir des possibilités de dialogue. En effet, unité et réconciliation n’arrivent pas seulement dans la tête, mais en premier lieu dans les cœurs, dans la piété personnelle, dans la vie quotidienne et dans la rencontre entre les personnes.

En d’autres termes, plus académiques : nous avons besoin d’un œcuménisme accueillant, en mesure d’apprendre  les  uns  des  autres.  Il  n’y  a  que  par  celui-ci  que  l’Église  catholique  peut réaliser concrètement et pleinement sa catholicité ; vice versa, l’instance originelle de Luther,  qui est au fond une exigence œcuménique, ne peut trouver une pleine  satisfaction que par le   biais  d’un œcuménisme  accueillant.  Nous  n’avons  encore  aucune  solution  commune,  mais une  possible perspective commune et une voie commune vers l’avenir est en train de s’ouvrir.   La voie vers la pleine unité est ouverte, mais celle-ci peut être longue et semée d’obstacles.

La contribution la plus importante de Martin Luther pour développer l’œcuménisme ne réside pas dans les approches ecclésiologiques demeurées ouvertes en lui, mais dans son orientation originelle vers l’Évangile de la grâce et de la miséricorde de Dieu et dans l’appel à la conversion. Le message de la miséricorde de Dieu était la réponse à son problème personnel et à son besoin, de même qu’aux interrogations de son temps ; celui-ci est aussi aujourd’hui la réponse aux signes des temps et aux questions pressantes de nombreuses personnes. Seule la miséricorde de Dieu peut assainir les profondes blessures que la division a infligées au corps du Christ qui est l’Église. Celle-ci peut transformer et renouveler nos cœurs, afin que nous soyons disposés à nous convertir, à faire montre de miséricorde entre nous, à nous pardonner  réciproquement  les injustices  du  passé,  à  nous réconcilier et à nous mettre en chemin pour nous retrouver ensemble, avec patience et pas à pas, sur le chemin vers l’unité dans la diversité réconciliée.

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« Jardin de Luther » à Wittenberg

En ce sens, je voudrais reprendre une phrase qui a été attribuée à Martin Luther. Comme le dicton sur l’Antéchrist, celle-ci se place dans une perspective eschatologique, mais est plus sereine,   plus détendue et orientée vers l’espérance. « Même si je savais que le monde devait disparaître demain, je planterais un pommier aujourd’hui encore ».

Le 1er novembre 2009, j’ai pu planter un petit tilleul dans le jardin de Luther à Wittenberg ; répondant à ce don, sous le mandat de mon successeur, les luthériens ont planté un olivier dans la basilique romaine de Saint-Paul-hors-les-Murs.

Celui qui plante un petit arbre nourrit l’espérance, mais a aussi besoin de patience. La graine doit en premier lieu grandir en profondeur et planter ses racines profondes pour pouvoir résister aux intempéries. Nous aussi devons aller « ad fontes et ad radices ». Nous avons besoin d’un œcuménisme spirituel dans la lettre commune de l’Écriture et dans la prière commune. En second lieu, l’arbrisseau doit grandir en hauteur et s’élever dans le ciel vers la lumière.

Nous ne pouvons « produire » l’œcuménisme, nous ne pouvons ltelechargement-2’organiser ou l’exiger par la force. L’unité est un don de l’Esprit Saint de Dieu. Nous ne pouvons mésestimer sa puissance, nous ne pouvons jeter l’éponge de façon précipitée et perdre l’espérance prématurément. L’Esprit de Dieu, qui a entamé l’œuvre de l’unité, la conduira à son accomplissement, une unité pas comme nous la voulons nous, mais comme lui la veut.

 

Enfin, le petit arbre doit grandir et prendre de l’ampleur, afin que les oiseaux du ciel puissent faire leur nid parmi ses branches (cf. Mt 13,32), c’est-à-dire afin que tous les chrétiens de bonne volonté trouvent leur place sous lui et dans son ombre. Conformément à l’image du polyèdre, nous devons permettre l’unité dans une grande multiplicité réconciliée, être disponibles à l’égard de toutes les personnes de bonne volonté et donner aujourd’hui déjà un témoignage commun de Dieu et de sa miséricorde.

telechargement L’unité est aujourd’hui plus proche qu’il y a cinq cents ans. Celle-ci a déjà commencé. En   2017, nous ne sommes plus, comme en 1517, sur la voie de la séparation, mais sur celle de l’unité. Si nous faisons preuve de courage et de patience, nous ne serons pas déçus au bout du compte. Nous nous frotterons les yeux avec reconnaissance, nous nous étonnerons de ce que l’Esprit de Dieu, peut- être  de  façon  totalement  différente  de  ce  que  nous  pensions,  nous  a  fait obtenir. Dans cette perspective œcuménique, 2017 pourrait être pour les chrétiens évangéliques et pour les catholiques une opportunité. Nous devrions savoir l’exploiter : cela ferait du bien aux deux Églises, à de nombreuses personnes qui nourrissent des attentes à cet égard et également au monde qui, surtout aujourd’hui, a besoin de notre témoignage commun.

(Texte publié dans l’Osservatore Romano en langue française, le 26 mai 2016.)

 

[I] Le pape François a exprimé cette conviction dans Evangelii gaudium, quand il écrit : « Le modèle n’est pas la   sphère, qui n’est pas supérieure aux parties, où chaque point est équidistant du centre et où il n’y a pas de différence entre un point et un autre. Le modèle est le polyèdre, qui reflète la confluence de tous les éléments partiels qui, en lui, conservent leur originalité. » (n. 236) ; DC 2014, n. 2513, p. 67.

[II] Le  terme  «  évangélique  »  utilisé  dans  ce  texte  –  «  églises  évangéliques  »,  «  partie  évangélique  »  ou  « chrétiens évangéliques » – est à comprendre au sens de « protestant » (Note du Service national pour l’unité des chrétiens).

[III] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k932392w/f5.image.r=martin%20luther