Quel bilan pour le Grand et Saint Concile Panorthodoxe

carte orthodoxie

     Le principe du consensus panorthodoxe est la base du processus préconciliaire, depuis la Conférence de Rhodes en 1961.
« Le même principe est fixé dans le Règlement de l’organisation et du travail du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, élaboré par la Synaxe des Primats des Églises orthodoxes, qui a eu lieu à Chambésy du 21 au 28 janvier 2016. Le susdit Règlement prévoit, entre autres, que le Concile « est convoqué par Sa Sainteté le Patriarche œcuménique avec l’accord de Leurs Béatitudes les Primats de toutes les Églises orthodoxes locales autocéphales reconnues de tous » (art 1). Lors de cette même Synaxe, la majorité des Primats des Églises orthodoxes locales ont approuvé la convocation du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe aux dates des 18-27 juin 2016 en Crète.
     Ainsi un problème se pose dès la publication du règlement du concile : l’art 8 précise :
« 2) Ne peuvent être introduits pour être débattus dans le Concile des textes non approuvés à l’unanimité par les Conférences panorthodoxes préconciliaires et les Synaxes des Primats ou de nouveaux thèmes, hormis le Message final du Concile, dont le projet doit être préparé par un Comité spécial une semaine avant sa convocation avec l’approbation des Primats… » Or à la synaxe des primats des Églises orthodoxes à Chambésy (01/2016), le projet de décision du Concile sur le thème « Sacrement du mariage et ses empêchements » a été signé par les chefs de délégations de toutes les Églises locales, à l’exception de l’Église orthodoxe de Géorgie et de l’Église orthodoxe d’Antioche, dont les chefs de délégation ont exprimé par écrit leur désaccord sur ledit document. La délégation du Patriarcat d’Antioche a également exprimé son désaccord sur le texte du règlement des travaux du Concile, signé au nom des autres délégations ayant participé à la synaxe  ».

Stricto sensu le concile aurai dû être reporté pour aboutir à un consensus sur les textes présentés à la discussion et le règlement. Cette position « vertueuse » défendue par le  Patriarcat de Moscou accompagnée de l’annonce de sa non-participation intervenant le 13 juin -soit une semaine avant l’ouverture du concile- laisse entrevoir des arrières pensées qui ont peu à voir avec la vertu et beaucoup avec les querelles de leadership et la politique.

Il n’en reste pas moins que les débats ont eu lieu et que des résultats importants ont été obtenus et approuvés par une assemblée qui est à juste titre qualifiée de Concile Orthodoxe et qui engage dix des quatorze Eglises Orthodoxes et ne peut être ignorée par les quatre autres dont les mobiles sont divers et pas tous théologiques (voir lien).

 Il faut absolument écouter l’interview de Mgr Jean de Charioupolis[1] accordé le 1er juillet au père Guy Fontaine dans laquelle il commente les travaux et les décisions du Concile : https://www.mixcloud.com/orthodoxie/mgr-jean-de-charioupolis-sur-le-grand-et-saint-concile/
Il souligne la volonté du concile de ne pas se poser en opposition aux autres Eglises et Communauté, mais au contraire de continuer le dialogue de façon positive, et même de reconnaitre l’ecclésialité des « Eglises historiques » qui ne sont pas dans la communion orthodoxe (Eglises d’Orient et Eglise Catholique Romaine). -Le Protestantisme étant reconnu comme Communauté mais non comme Eglise.
C’est le grand sujet de dispute à l’intérieur de l’orthodoxie entre ceux qu’il nomme les « zélotes » partisans d’un intégrisme fanatique, et beaucoup de communautés monastiques qui fonctionnent sur le mode « quand on est sûr d’avoir raison, on a pas besoin de discuter avec ceux qui ont tort ».

Ce qui est intéressant, c’est que de nombreux évêques se plaignent de cette attitude.

Autre point intéressant : c’est la décision de rencontre tous les sept à dix ans pour continuer le travail commencé.
Et la tâche est immense !

Beaucoup de sujets sensibles ont été mis de côté dans ce concile qui ne traitait que d’affaires internes à l’orthodoxie. (voir article de La Croix)

     Reste à prendre connaissance des textes votés et de leur réception dans un monde orthodoxe sinon divisé au moins extrêmement diversifié :
  entre Grecs et Slaves ;
  entre tenant d’un approfondissement du dialogue théologique avec les « Eglises historiques » et les intégrismes majoritaires dans le monde slave ;
  entre les terres traditionnellement orthodoxes et les terres d’immigration (Europe, Amérique, Afrique subsaharienne) qui représentent aujourd’hui un tiers de l’effectifs de l’Eglises Orthodoxe, et qui devraient peu à peu devenir des Eglises autonomes par le biais des assemblées d’Evêques locales -comme l’ Assemblée des Evêques Orthodoxes de France (AEOF)-

 

[1] Jean Renneteau, évêque de Charioupolis, Archevêque-Exarque de l’Exarchat des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale. Français, est né le 13 novembre 1942, à Bordeaux.

Élection du nouveau responsable et du Conseil de Communauté

2016.08.12-ChapitreGeneral-HTC-58

« Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix ; mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. » Jean 3, 8

14 aout 2016:

Action de grâces à l’Abbaye d’Hautecombe à l’issue des scrutins.
L’unité et l’écoute fraternelle ont accompagné ces deux jours d’élections.

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François Michon, prêtre, 50 ans, est le nouveau responsable de la Communauté du Chemin Neuf. Après avoir été responsable de la Communauté à Kinshasa pendant une dizaine d’années puis en France, il a été élu au premier tour comme berger.

Le Conseil de Communauté a été élu à son tour. Il est ainsi composé :

Etienne Vetö, prêtre, franco-américain, 52 ans, professeur à l’Université Pontificale Grégorienne à Rome,

Katarzyna Łukomska, mariée, polonaise, 52 ans, responsable de la Communauté en Pologne,

Michaela Borrmann, célibataire consacrée, allemande, 45 ans, membre de l’Eglise luthérienne, théologienne, responsable de la Communauté en Allemagne,

Dagmara Klosse, célibataire consacrée, polonaise, 42 ans, responsable internationale des célibataires consacrés de la Communauté.

Un autre conseiller a été nommé par François Michon et son Conseil :Ezéchiel Hébié, marié, burkinabé, 48 ans, responsable de la Communauté au Burkina-Faso.

Conseil-1

de gauche à droite : Michaela Borrmann, Ezéchiel Hébié, Katarzyna Łukomska, François Michon, Dagmara Klosse, Etienne Vetö.

Les autres nominations des conseillers (trois au maximum) se feront par la suite. Le Chapitre se poursuit pour déterminer les priorités pastorales des années à venir pour la Communauté. Que l’Esprit Saint poursuive son oeuvre au coeur de la Communauté et des 72 capitulants qui demeurent à Son écoute. Que notre intercession ne fléchisse pas.

Contact Presse : Prisca Horesnyi – communication@chemin-neuf.org

la croix

Mercredi 17 aout

Le P. François Michon, à la tête du Chemin-Neuf

Âgé de 50 ans, ce prêtre diplômé en sciences politiques et qui a passé près de dix ans en Afrique est un proche du fondateur, le P. Laurent Fabre.

Le P. François Michon, à la tête du Chemin-Neuf

Photo: Nicolas RHONE/Communauté du Chemin Neuf

Impressionnant, exigeant… Ce sont les premiers mots qui viennent à l’esprit du P. François Michon, 50 ans, élu dimanche à la tête de la communauté du Chemin-Neuf.

Si ce prêtre originaire de Bresse connaît bien cette communauté catholique à vocation œcuménique, où il a prononcé ses premiers vœux en 1988, il n’en succède pas moins au fondateur lui-même, le jésuite Laurent Fabre, qui passe ainsi le témoin après avoir tenu la barre durant pas moins de 43 ans.

Un défi de taille qui suggère au P. Michon ces propos de Jean Vanier, le fondateur de la communauté de l’Arche : « On ne remplace, ni ne succède à un fondateur. »

Une communauté à la dimension internationale

Pour présider aux destinées de ce jeune vaisseau déjà bien installé dans le paysage de l’Église, le choix des électeurs s’est donc porté sur un religieux expérimenté. Ordonné prêtre dans l’Institut du Chemin-Neuf par le cardinal Albert Decourtray en 1994, ce diplômé en sciences politiques a déjà eu par deux fois l’occasion de diriger la communauté en France, en étroite collaboration avec son fondateur. La première fois entre 1996 et 2003, la deuxième après un séjour de près de dix ans à Kinshasa (RDC) où il est parti fonder une communauté.

En plus de quarante ans, l’intuition consistant à faire vivre en étroite communion des prêtres, des laïcs et des célibataires consacrés s’est développée dans le monde entier. Le Chemin-Neuf rassemble aujourd’hui près de 2 000 personnes, dont 350 célibataires consacrés et le nombre de novices a plutôt tendance à augmenter.

Le nouveau responsable souligne aussi la dimension internationale de sa communauté, dont les effectifs en France ne pèsent désormais plus que 40 % de l’ensemble. C’est en Europe centrale, en Afrique et au Brésil que la croissance est la plus rapide. Une tendance que reflète le conseil de communauté où hormis un prêtre franco-américain, l’Hexagone n’est plus représenté.

Un futur lieu de référence et de formation hors de France

Pour accompagner cet essor, le P. Michon sait pouvoir s’appuyer sur les atouts d’une communauté encore jeune, mais solidement enracinée dans la tradition ignatienne. Outre le choix d’un futur lieu de référence et de formation hors de France, le nouveau responsable entend mettre l’accent sur la formation.

« Il faut du temps pour former un frère. Or aujourd’hui, la pastorale et la mission nous demandent bien plus… » Autre priorité, l’attention portée aux jeunes et leur capacité à vivre l’Évangile sur de nouveaux territoires comme Internet. Mais pas seulement.

« Depuis deux ans émerge dans la communauté une petite fraternité politique rassemblant les jeunes désireux de s’investir au nom de leur foi. L’Église doit plus que jamais être présente sur ce lieu de diversité et de confrontation qu’est la politique. Et c’est cela que nous vivons au Chemin-Neuf. »

Samuel Lieven

Chapitre 2016 de la Communauté du Chemin Neuf

http://chemin-neuf.fr/fr/chapitre-de-la-communaute-du-chemin-neuf/

Le Chemin-Neuf, communauté catholique à vocation œcuménique, tient à partir de lundi 8 août, à l’abbaye d’Hautecombe (Savoie), un chapitre général historique : son fondateur s’apprête à passer la main après quarante-trois années à sa tête.

P Laurent Fabre

Le P. Laurent Fabre, jésuite de 76 ans et fondateur du Chemin-Neuf, revient sur les étapes de croissance de cette communauté aujourd’hui bien installée dans le paysage de l’Église.

La Croix: comment se porte votre communauté ?

P. Laurent Fabre : Elle est très paisible dans l’ensemble et, depuis notre crise en 1996, paraît unie. Nous le constatons en particulier chaque année pendant une semaine internationale qui rassemble les responsables de 30 pays. L’insertion dans les diocèses se passe généralement bien, et des ordres monastiques sont heureux que nous puissions reprendre les abbayes qu’ils sont obligés de quitter faute de vocations. Même si, pour être honnête, il nous arrive plus souvent de dire non que oui. Notre priorité va aux foyers d’étudiants et à l’évangélisation des jeunes.

Connaissez-vous un tassement des vocations comme d’autres communautés nouvelles ?

L.F. : Le nombre de novices a plutôt tendance à augmenter. Chaque année, 20 à 25 jeunes entrent dans la communauté, pensant être appelés au célibat consacré. Pour les couples, c’est plus difficile à compter, car ils n’ont pas un temps de noviciat fixe. Mais ce sont eux les plus nombreux. Et les Français ne sont plus la majorité.

> Lire aussi : Le Chemin-Neuf, de Hautecombe à Saragosse

Quarante-trois ans à la tête de la communauté… Cette durée ne vous a-t-elle pas été reprochée ?

L.F. : Je n’ai jamais été élu responsable « à vie », mais « sans terme fixé d’avance », cela veut dire que ce mandat peut durer peu ou très longtemps, comme ce fut mon cas. Cela fait déjà deux chapitres, soit quatorze ans, que je pensais à renoncer à ma charge. En 2009, nous étions en train de changer de statut canonique et à Rome on m’a conseillé de rester pour accompagner cette transition. Il me semble aujourd’hui que l’heure est venue…

Quelle relecture faites-vous des crises que votre communauté a connues ?

L.F. : L’histoire de l’Église montre qu’il n’y a pas de croissance sans crises. Nous aussi avons vécu une tempête douloureuse au lendemain du chapitre de 1995, et cinq membres qui avaient des responsabilités importantes dans la communauté nous ont quittés. Certains parlaient de « crise de pouvoir »,d’autres de « crise œcuménique », d’autres étaient sensibles à certaines polémiques qui visaient globalement les communautés nouvelles. En fait, comme souvent dans l’histoire de l’Église, les questions de pouvoir et de personnes étaient bien réelles. Je regrette d’avoir tardé dans certaines prises de décision. Il fallait trancher dans le vif et expliquer pourquoi… j’ai trop hésité.

Qu’est-ce qui vous a sauvés ?

L.F. : D’une part nous avons été soutenus par l’Église. Le cardinal Albert Decourtray (comme ses successeurs) rencontrait notre Conseil deux heures chaque trimestre. Cela n’a pas été le cas de toutes les communautés, certaines contournant en quelque sorte sa médiation. D’autre part, l’expérience de discernement dans la compagnie de Jésus (je suis entré au noviciat des jésuites il y a une cinquantaine d’années) a joué un rôle. Très vite, nous avons établi une dimension démocratique. Depuis le début de la communauté, je n’ai jamais pris une décision seul.

La présence des laïcs a-t-elle aidé également ?

L.F. : Oui, je dirais que ce qui a été notre force, c’est d’abord la mixité hommes-femmes et celle des états de vie (couples et célibataires). Nous vivons le plus possible le partage des responsabilités entre clercs et laïcs. Les femmes notamment ont une place très importante à tous les niveaux : plusieurs d’entre elles sont responsables de pays, comme aux Pays-Bas ou pour la Martinique.

Nous avons aussi vécu dès le début la confrontation de la diversité internationale et des différentes confessions chrétiennes. L’intégration de cette diversité nous a certainement rendus plus solides. Elle est choisie délibérément et doit être souvent rechoisie. C’est un patient travail d’unité qui nous aide à comprendre le quatrième vœu que prononcent nos membres engagés à vie :« Donner notre vie pour l’unité des chrétiens. »

Lire aussi : Pour le Chemin-Neuf, l’unité n’a pas de frontières

Tout cela, est-ce l’héritage du renouveau ?

L.F. : Probablement. Comme disait le P. Michel de Certeau dans la revue jésuite des Études, Mai 68 était un mouvement de « prise de parole ». Je crois que cela correspond à ce que le Renouveau a de plus profond. Pour moi et pour ceux de ma communauté, un groupe de prière est un lieu par excellence où nous sommes à l’écoute de l’Esprit qui peut prendre la parole parmi nous… y compris par celui qui vient d’arriver.

Le renouveau ne souffre-t-il pas d’un certain essoufflement ?

L.F. : Il y a certainement un tassement des groupes de prière en France. Mais sur le plan mondial, il y a encore une très grande vitalité, avec des initiatives très nombreuses. Comme ce prêtre de la télévision colombienne qui a lancé un projet de construction pour les enfants des rues. C’est devenu une ville de 60 000 habitants… L’Esprit Saint est inventif, à la mesure des problèmes de notre temps. L’histoire de l’Église est jalonnée de renouveaux. Ce qui est original dans le renouveau actuel, c’est sa dimension œcuménique – même si elle est moins perceptible en France que dans d’autres parties du monde.

On parle beaucoup de l’échange des dons. De fait, les parcours Alpha nous sont venus des anglicans. La réciproque, c’est qu’aujourd’hui ils nous ont sollicités pour animer une formation d’une année dans le palais de Lambeth où vit le primat de la Communion anglicane, dans laquelle nous proposons les trente jours d’exercices spirituels de saint Ignace. Sur le plan de l’aide aux plus pauvres, dans l’aide aux réfugiés, les frontières confessionnelles tombent également. Et tout cela ne fait que commencer, l’œcuménisme va avancer !

En quoi les interpellations du pape François vous rejoignent-elles ?

L.F. : Lors d’une rencontre avec le Renouveau qui rassemblait 55 000 personnes, le pape nous a demandé de partager la grâce du baptême dans l’Esprit Saint avec l’ensemble de l’Église. Or c’est précisément pour cela que je me bats depuis que j’ai vécu cette expérience. Elle n’est rien d’autre que d’expérimenter la Pentecôte ou la venue de l’Esprit Saint pour vivre son baptême en adulte et renouveler sa pratique des sacrements. Mais cette orientation a encore du mal à entrer dans les paroisses.

Pourquoi avez-vous accepté de venir à Tibhirine ?

L.F. : La proposition nous avait déjà été faite deux fois. Nous l’avions refusée, par peur, peut-être, ou parce que ce n’était pas le moment… et puis l’évêque de Constantine, devenu administrateur apostolique d’Alger, est revenu à la charge, et nous avons accepté. Le 15 août, deux frères dont un prêtre parlant arabe et deux sœurs du Chemin-Neuf seront à Tibhirine. Pour l’instant, la discrétion nous semble de mise. Cela implique pour nous de nous initier au dialogue interreligieux.

Lire aussi : À Tibhirine, la mémoire de sept vies données

Au moment de quitter votre responsabilité, quel message désirez-vous laisser ?

L.F. : En bon jésuite, j’ai toujours considéré qu’Ignace était le véritable fondateur du Chemin-Neuf. Que serait la communauté sans la spiritualité ignatienne ? J’aime beaucoup cette description d’Ignace par son secrétaire particulier : “Il avançait sur un chemin qu’il ne connaissait pas – moi j’ai pensé au Chemin-Neuf –, il ne précédait pas l’Esprit Saint mais fortiter et suaviter, il se laissait conduire par Lui » – c’est-à-dire avec force et avec goût. C’est ce que j’ai essayé de vivre pendant quarante-trois ans. De ne pas trop décider par moi-même, me laisser conduire sur un Chemin-Neuf que je ne connaissais pas mais que je reconnaissais, pas après pas, à la force et à la joie que donne l’Esprit.


► Le Chemin-Neuf, une communauté internationale

Fondée en 1973, la communauté du Chemin-Neuf, association publique de fidèles, est présente dans 30 pays, avec 1 800 membres dont près de 700 couples et 340 célibataires consacrés. Parmi ces membres, 300 sont engagés à vie. Elle repose sur 4 piliers : la formation spirituelle et théologique, le service des plus pauvres, le travail pour l’unité (engagement œcuménique), l’évangélisation des jeunes et des couples (Cana).

Elle tient son chapitre général du 8 au 22 août. Ce chapitre se réunit tous les sept ans, en présence de 72 délégués élus par les différents pays et les responsables des grandes missions internationales. Parmi les enjeux de ce chapitre, outre l’élection « sans terme fixé d’avance » du nouveau supérieur (« berger ») et de 4 des 7 membres du conseil (3 sont nommés), figurent la question des familles missionnaires et l’écologie.

Recueilli par Dominique Greiner et Céline Hoyeau
Source: La Croix du 26 aout 2016

 

Messe de passation à l’abbaye de Melleray

30 JUIN 2016 – MELLERAY

2016-06 Passation Melleray-01

Dimanche 19 juin 2016 l’abbaye cistercienne de Melleray est confiée à la Communauté du Chemin Neuf après un an de vie ensemble, frères et sœurs de la Communauté du Chemin Neuf et frères cisterciens rattachés à ce lieu. (Voir article de « la Croix » 1/9/15)

Les pères abbés, mères abbesses, moines et moniales de différents monastères cisterciens (Cîteaux, Rivet, La Trappe, Port-du-Salut, Bellefontaine, Bricquebec, Le Mont des Cats, Timadeuc, Laval…) sont présents pour accompagner leurs frères dans ce passage de relais.

     « C’est avec émotion que je prends la parole, au nom de mes frères, en cette circonstance toute particulière que nous sommes en train de vivre en cette chère Abbaye de Melleray. (…) Merci à vous tous, amis du monastère en particulier, d’être venus si nombreux pour nous accompagner dans cette démarche de transmission, de passage, d’une communauté cistercienne aux origines bien anciennes à une Communauté nouvelle, si récente et si dynamique pour notre Eglise d’aujourd’hui, la Communauté du Chemin Neuf. (…) Il n’était pas pensable que ce lieu d’église porté par les moines cisterciens et le peuple chrétien des environs depuis 900 ans, devienne une propriété privée. » (Dom Gérard, Père Abbé de l’Abbaye de Melleray.)

Aujourd’hui, frères et sœurs de la Communauté, moines et moniales cisterciens prient côte à côte, vivant une réelle communion fraternelle. Chants grégoriens et chants du renouveau s’alternent. Monseigneur James, évêque de Nantes, préside la cérémonie de passation. Au cœur de la célébration, où plus de 900 personnes sont présentes pour assister à l’événement, Dom Gérard, Père Abbé de l’Abbaye de Melleray, remet les clefs de la porte principale du bâtiment au Père Laurent Fabre, Fondateur et Supérieur Général de la Communauté du Chemin neuf ; un geste symbolique, chargé de sens.

     « Il y a bien sûr le cadeau de ce lieu magnifique, des murs, des hectares… mais tout ça ce n’est pas le plus important. Le plus important, c’est bien sûr l’héritage spirituel.» (Père Laurent Fabre.)

A l’issue de la messe, les frères et sœurs des deux communautés se retrouvent pour une photo qui à tout l’air d’une photo de « famille ». Photo qui en tout cas, marquera l’histoire de l’Eglise de la région et de ces deux communautés.

Source: http://ccn.chemin-neuf.fr/fr/actualites/

La vertu d’espérer

«  Mais l’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne.
Moi-même.
Ça c’est étonnant.Que ces pauvres enfants voient comme tout ça se
passe et qu’ils croient que demain ça ira mieux.
qu’ils voient comme ça se passe aujourd’hui
et qu’ils croient que ça ira mieux demain matin.
Ça c’est étonnant et c’est bien la plus grande merveille de notre grâce.
Et j’en suis étonné moi-même « .

Charles Péguy: Le Porche du mystère de la deuxième vertu.

 

Le Saint et Grand Concile Panorthodoxe qui avait commencé le dimanche de Pentecôte s’est achevé dimanche dernier, dimanche de tout les saints.

Orthodoxer Gottesdienst in der Sankt Menas Kathedrale in Heraklion am 19. Juni 2016, während des Panorthodoxen Konzils auf Kreta.

Chers soeurs et frères en Jésus-Christ

Vous trouverez en page [Actualité] un article de Radio Vatican avec un interview d’Antoine Arjakovsky, historien orthodoxe qui a assisté au Concile en Crète, qui souligne des avancées majeures comme la reconnaissance de l’ecclésialité des autres églises chrétiennes, la lecture commune de l’histoire de l’orthodoxie etc…avec la volonté de continuer le travail commencé et d’avancer sur les sujets non abordés (la date de Pâques (malgré le consensus œcuménique qui avait été trouvé à Chambésy en 1977 puis à Alep en 1997), sur l’autocéphalie, sur les diptyques (l’ordre de préséance des 14 Églises orthodoxes), et sur les dialogues œcuméniques bilatéraux.)

Un message et une lettre encyclique sont les premiers résultat publiés du travail des Pères en attendant la publication des textes dans leur intégralité.

Certes, ce concile -malgré l’abscence de quatre églises est une avancée importante, mais il n’en reste pas moins que la route va être encore longue et difficile: la première réaction de l’église d’ Antioche est mesurée mais ne reconnait pas au concile la qualité de « concile panorthodoxe » et non sans arguments (http://orthodoxie.com/reaction-de-carol-saba-porte-parole-de-la-delegation-antiochienne-apres-la-fin-du-concile-panorthodoxe/)

La position de l’église de Russie ne sera arêtée que courrant juillet (http://orthodoxie.com/le-saint-synode-de-leglise-orthodoxe-russe-decidera-au-mois-de-juillet-de-son-attitude-envers-le-concile/)

Au sein de l’Eglise de Constantinople également, les oppositions sont vives a toute avancée  ( lettre des moines du mont Athos du 25/05/2016 : http://orthodoxie.com/lettre-de-la-sainte-communaute-du-mont-athos-au-sujet-du-saint-et-grand-concile-de-leglise-orthodoxe/)

          Alors il faut continuer de prier pour l’ Eglise du Christ, dans la diversité de nos confessions, avec foi, espérance et charité en demandant à Notre Père de savoir toujours l’étonner par cette Espérance qui est don de sa grâce.
Que ces pauvres enfants voient comme tout ça se
passe et qu’ils croient que demain ça ira mieux.
qu’ils voient comme ça se passe aujourd’hui
et qu’ils croient que ça ira mieux demain matin.
Ça c’est étonnant et c’est bien la plus grande merveille de notre grâce.
Et j’en suis étonné moi-même « 

D’ici là que le Seigneur garde et bénisse tous et chacun.

6 qui suis-je   

 Geo

Conclusion du Saint et Grand Concile Panorthodoxe

Le Concile orthodoxe s’est terminé ce dimanche 26 juin 2016 en Crète

Bartholomée Ier lors de la Divine Liturgie le 26 juin

C’est le début d’une nouvelle ère pour l’orthodoxie. Le Concile orthodoxe s’est terminé ce dimanche 26 juin 2016 en Crète. Pour sceller cette toute nouvelle unité, les dix Églises orthodoxes présentes ont publié une encyclique résumant les conclusions de l’assemblée.

Malgré l’absence de quatre Églises dont celle de Russie, la plus importante numériquement, les décisions du Concile s’appliquent aux quatorze Églises orthodoxes, qui avaient toutes donné leur accord pour tenir ce rassemblement inédit.

     Lors de cette semaine de débats pour trouver un consensus entre les différentes Églises autocéphales, les primats ont abordé de nombreux thèmes : doctrine sociale, liberté religieuse, montée des fondamentalismes, mais aussi la question de l’œcuménisme et des relations avec les autres confessions chrétiennes.
La décision a notamment été prise de reconnaitre comme Église l’Eglise catholique.
     Une avancée « historique » selon Antoine Arjakovsky, historien orthodoxe français. Il a assisté au Concile en Crète.
Interrogé par Blandine Hugonnet, il souligne que, grâce à ce Concile, l’orthodoxie prend aujourd’hui le chemin de la modernité. (Ecouter ci-dessous)

Source : Radio Vatican

500 ans de la Réforme: «prier ensemble» et «travailler pour les pauvres»

Conférence de presse du Pape François sur le vol Erevan-Rome

 

     Le pape a évoqué sa prochaine  visite en Suède, à Lund, en octobre 2016, à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme de Martin Luther. La question a été posée par un journaliste allemand lors de la conférence de presse dans l’avion Erevan-Rome, dimanche 26 juin.

pape avion. »

     « Il faut travailler ensemble et prier ensemble », a répété deux fois le pape. « Et que les théologiens étudient ensemble, en cherchant… Mais c’est une route longue, très longue »
     « J’ai dit en plaisantant, a-t-il poursuivi, « Je sais quand arrivera le jour de la pleine unité – Quel jour ? – Le lendemain de la venue du Fils de l’homme ». … L’Esprit Saint donnera cette grâce. Mais en attendant, il faut prier, nous aimer et travailler ensemble, surtout pour les pauvres, pour les gens qui souffrent, pour la paix et pour bien d’autres choses, contre l’exploitation des gens… Beaucoup de choses pour lesquelles il existe un travail commun. »

 

     « Aujourd’hui, le dialogue » entre les catholiques et les protestants « est très bon », selon le pape François. « Luthériens et catholiques, avec tous les protestants, nous sommes d’accord sur la doctrine de la justification », a-t-il précisé.
     Le pape estime que le « document sur la justification (octobre 1999, ndlr) … est un des documents œcuméniques les plus riches … et les plus profonds ». « Sur ce point très important », Martin Luther « ne s’était pas trompé », a dit le pape. « Il a fait un « médicament » pour l’Église, puis ce médicament s’est consolidé en un état de fait, en une discipline, en une manière de croire, en une façon de faire, un mode liturgique. »

 

« Je crois que les intentions de Martin Luther n’étaient pas erronées, a affirmé le pape, c’était un réformateur » et « il était intelligent ».

« Peut-être certaines méthodes n’étaient-elles pas justes, a-t-il ajouté, mais à cette époque … nous voyons que l’Église n’était pas vraiment un modèle à imiter : il y avait de la corruption dans l’Église, il y avait de la mondanité, il y avait un attachement à l’argent et au pouvoir. Et c’est pour cela qu’il a protesté. »

 

     En ce qui concerne l’unité, le pape a souligné qu’elle n’existait pas même « au sein de l’Église luthérienne », mais « ils se respectent, ils s’aiment ».
     « La diversité est ce qui a peut-être fait beaucoup de mal à nous tous et aujourd’hui, nous cherchons à reprendre la route pour nous rencontrer après cinq cents ans ».

 

Source : Zenith.org ;  traduction de Constance Roques

Le Pape François appelle à prier pour le Concile panorthodoxe

 AP3470550_ArticoloCe dimanche midi, 19 juin 2016, au terme de la prière de l’angélus prononcée depuis la fenêtre des appartements pontificaux, le Pape François a évoqué, d’une façon très appuyée, le début du Concile panorthodoxe organisé en Crète.
«Aujourd’hui, solennité de la Pentecôte selon le calendrier julien suivi par l’Église orthodoxe, avec la célébration de la Divine Liturgie a débuté en Crète le Concile panorthodoxe. Unissons-nous à la prière de nos frères orthodoxe, en invoquant l’Esprit Saint pour qu’il assiste avec ses dons les Patriarches, les archevêques et les évêques réunis en Concile.» «Tous ensemble prions la Madone pour tous nos frères orthodoxes», a lancé le Pape, sortant de son texte pour inviter spontanément les fidèles rassemblés Place Saint-Pierre à réciter un Ave Maria pour l’Église orthodoxe.

Le Pape a aussi fait diffuser ce tweet : «Unissons-nous par la prière à nos frères orthodoxes pour le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe qui s’ouvre aujourd’hui en Crète

     La Divine Liturgie de la Pentecôte a ouvert le 19 juin 2016 le Saint et Grand Concile panorthodoxe, à la cathédrale d’Heraklion sur l’île de Crète. Neuf patriarches étaient présents aux côtés du patriarche oecuménique de Constantinople Bartholomée Ier.
     Malgré l’absence de quatre Églises dont celle de Russie, la plus importante numériquement, le patriarche Bartholomée a relevé dans son homélie que ce rassemblement en Crète représentait toute l’orthodoxie. «La célébration eucharistique commune renforce l’unité et la catholicité de l’Église orthodoxe», a souligné Bartholomée.
     Les réunions conciliaires proprement dites débuteront ce lundi 20 juin à l’Académie orthodoxe de Kolymvari, au nord-ouest de l’île. Divers observateurs des autres Églises ont également été invités, dont le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.

Source texte et image : Site de Radio Vatican

Ouverture de Grand et Saint Concile Panorthodoxe

les  dix présents

Convoqué dès dimanche à Crète sous les auspices de l’unité, ce grand sommet religieux risque surtout d’étaler au grand jour les profondes divisions du monde orthodoxe

(source : le temps (suisse)

Accueillis comme des chefs d’Etat, les primats des Eglises orthodoxes ont commencé à affluer sous un beau soleil d’été sur l’île grecque de Crète pour participer au «grand et saint» concile qui s’ouvrira officiellement dimanche. Mais si le beau temps était au rendez-vous, ce n’était pas le cas pour tous les participants. Vendredi, au matin, le patriarche Constantinople, Bartholomée Ier, sous l’autorité duquel se déroulera le concile, a même organisé une photo de groupe comme pour tenter de défier les mauvais auspices sous lesquels s’ouvre cet événement. Convoqué sous le mot d’ordre de l’unité retrouvée, ce concile risque surtout d’étaler au grand jour les profondes divisions du monde orthodoxe.

«J’ai vraiment honte pour ceux qui ne sont pas venus», a déclaré Mgr Hyéronymos II, archevêque d’Athènes et primat de l’Eglise grecque. Des 14 Eglises autocéphales représentant l’orthodoxie aujourd’hui, quatre, dont la puissante Eglise russe qui se targue de représenter plus de la moitié des 250 millions des orthodoxes à travers le monde, ont décidé de boycotter l’événement à quelques jours de son ouverture. Une rebuffade très mal vécue par les organisateurs qui affirment avoir travaillé jusqu’au dernier moment pour tenter de satisfaire leurs exigences, essentiellement de protocole et d’organisation. «Mais à partir d’un moment, c’était du chantage», a poursuivi le primat grec.

Les Bulgares ont été les premiers, le 1er juin, à poser de nouvelles conditions, suivis par les Géorgiens, les Serbes (qui ont depuis changé d’avis) et l’Eglise d’Antioche, représentant les orthodoxes de Syrie et du Liban. Ils ont trouvé une oreille attentive en la personne du patriarche de Moscou Cyrille qui a proposé dans un premier temps une médiation avant d’annoncer à son tour, le 13 juin dernier, sa décision de bouder le concile.

Beaucoup ont vu dans ce revirement de dernière minute une manœuvre de Moscou pour défier l’autorité du patriarche de Constantinople. Un scénario conforté par les réactions d’un certain nombre d’officiels russes qui ont immédiatement appelé le Patriarcat de Moscou à profiter de la situation. «Constantinople est désormais compromise. Son patriarcat a démontré qu’il était incapable d’agir comme un vecteur de consolidation de l’orthodoxie. C’est à Moscou de prendre le relais», a estimé Roman Silantiev, expert en religion auprès du Ministère russe de la justice.

Mais cette opposition vieille de plus d’un siècle entre «Moscou et Byzance» n’est pas la seule ligne de fracture du monde orthodoxe, comme le rappelle l’historien bulgare Iassen Borislavov. Le rapport aux autres religions, des questions de société ou parfois de sombres querelles, comme celle opposant l’Eglise d’Antioche à celle de Jérusalem pour la juridiction sur les orthodoxes du Qatar, peuvent constituer de facteurs de division insurmontables. Récemment, la communauté monastique du mont Athos, a également signifié son opposition sur certaines ouvertures, jugées trop libérales, proposées par le concile.

Difficile, aussi, de voir la «main de Moscou» dans toutes ces rebuffades. Mais cela n’exclut pas une communion d’intérêts entre la branche la plus conservatrice de l’orthodoxie et le Saint-Synode russe en qui ses tenants voient un allié, voire un protecteur. Ainsi dans une longue interview dans la presse, le métropolite bulgare Gavriil, très écouté dans le pays, clame que les prélats bulgares ont pris leur décision sans aucune pression extérieure, en leur seule âme et conscience. Mais il rappelle aussi, que la principale pierre d’achoppement reste cet «œcuménisme», synonyme pour lui de l’hérésie, que le concile se proposait de «légaliser». Une vision en tout point identique à celle défendue par l’Eglise russe.

Reste à savoir enfin quelle tournure prendra ce concile à dix, considéré d’ores et déjà comme «illégitime» par les absents. Se poursuivra-t-il, comme pour défier à son tour Moscou, ou bien décidera-t-il de reporter ses travaux après avoir constaté l’absence de quorum? Le fragile équilibre de l’orthodoxie en dépend.

 

 

Nos vrais ennemis sont en nous-mêmes. (Bossuet)

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Chers frères et sœurs en Jesus-Christ

      Comment ne pas consacrer cet édito à la crise qui secoue l’Eglise Orthodoxe à propos de la tenue de son grand et Saint Concile qui s’ouvre en crête ce dimanche 19 juin

      Pour mieux comprendre ce qui est en jeu, je vous propose plusieurs articles que vous pouvez trouver dans l’onglet [Articles/Articles divers]

 

Le premier, de Jean-François Colosimo (maître de conférences à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge de Paris où il enseigne la patrologie et la théologie byzantine et dont il est élu président en 2015.) est un condensé de l’histoire géopolitique récente de l’orthodoxie indispensable pour comprendre les enjeux sous-jacents de la tenue et du succès ou non de cette assemblée.

     J’ai déjà déposé, sous l’onglet [Actualités / Le Concile panorthodoxe en panne] un article avec des liens dont le plus important est celui d’orthodoxie.com qui expose largement les différentes problématiques.

     Je mets aussi en article séparé un extrait d’une lettre de différents moines et prêtres de l’Eglise bulgare. C’est encore une opinion très présente qui y est exprimée même si elle n’est pas forcément majoritaire.

 

     Parmi ces exposés, la déclaration du métropolite Isaïe de l’Eglise de Chypre que je reproduis ci dessous en forme de conclusion que je vous encourage à lire malgré sa longueur. Quelle nourrisse notre prière pour nos frères orthodoxes.

 Déclaration du métropolite de Tamasos et Oreini Isaïe (Église de Chypre) : « ce n’est pas par des outrages et des insultes à l’endroit des Églises se prononçant pour ou contre le report de la date de la convocation du Concile que peut être atteinte l’unité »

    « Que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes » (Philip. 2,3).
      Les heures sont comptées jusqu’au moment où nous poserons les pieds sur la terre sacrée de Crète. Le Saint et Grand Concile panorthodoxe est l’attente des siècles. Sa nécessité s’est fait ressentir déjà depuis des siècles. C’est pourquoi le clergé et le peuple orthodoxe attendaient tant sa convocation dans une surabondance de joie.

     Mais, malheureusement, alors que le Grand Concile n’a pas encore réussi à commencer ses travaux, des nuages ont commencé à s’amonceler. Bien sûr, c’est un fait qu’il y a eu des rencontres entre les primats des saintes Églises locales ou leurs représentants, ainsi que des coordinations longues et détaillées des questions à discuter ; les décisions communes ont été élaborées à l’avance. Nous étions prêts à ce qu’il y ait des complications et des problèmes dans le processus de travail du Concile, c’est toute l’histoire de l’Église qui nous l’a appris et nous y a préparés. Elle nous montre comment agissent les chrétiens orthodoxes dans de telles situations : en se rassemblant, à l’exemple des Pères, suivant le commandement de l’apôtre Paul « en toute humilité et douceur, avec patience, en se supportant les uns les autres avec charité, en s’efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix » (Eph. 4, 2-3).

 

      Nous voyons et lisons avec consternation les commentaires des partisans et des adversaires de la convocation du saint Concile panorthodoxe sur les sites internet orthodoxes de différents pays.

Il nous faut tous comprendre clairement que ce n’est pas par des outrages et des insultes à l’endroit des Églises se prononçant pour ou contre le report de la date de la convocation du Concile que peut être atteinte l’unité, dont nous parlons tant et à laquelle nous aspirons.

Nous voulons particulièrement attirer l’attention sur le fait que l’unité que nous recherchons, n’est pas celle de la foi, car celle-ci, Dieu soit loué, existe. Mais il s’agit de l’unité dans la compréhension et la régulation des questions administratives et pastorales dans la vie des Églises orthodoxes locales.

 

     Les accusations et les déclarations insultantes et tonitruantes avec lesquelles on stigmatise les Églises, au lieu d’éloigner les différends, ne font que d’aggraver la situation et accentuer les contradictions. Et au lieu de collaboration, d’unanimité et d’un humble regard sur les autres comme étant supérieurs à soi, nous agissons au contraire à nos propres dépens, « par esprit de parti ou par vaine gloire » (Phil. 2,3).

Par conséquent, sans mettre en risque le principal, c’est-à-dire notre communion liturgique réciproque, il est nécessaire, calmement et décisivement, et, ce qui est essentiel, avec la prière et l’espoir dans la force du Très saint Esprit, de tenir compte des paroles de préoccupation exprimés par nos frères en Christ, dans l’esprit de la compréhension mutuelle et de respect envers les problèmes et les difficultés auxquels se heurtent les Églises locales, et chercher ainsi la voie de l’unité.

Dans le cas contraire, la faute retombera sur nous tous en cas de schisme, ce dont souffrira encore plus le corps de l’Église, qui sans cela souffre déjà des hérésies et des schismes. Et en fin de compte, ce n’est pas le Christ qui perdra, mais nous-mêmes en mettant en danger le salut de nos propres âmes.

      J’écris tout cela « dans une grande affliction, le cœur angoissé » (2 Cor 2,4), parce que ce qui se produit ébranle les fondements de l’Église, et parce que je tremble à la seule pensée d’une possible rupture qui porterait un dommage irréparable aux relations entre les Églises orthodoxes.

Que Dieu éclaire notre raison et notre cœur afin que le saint et grand Concile imminent se déroule dans l’esprit d’unité et d’amour, à la gloire de la Sainte, Consubstantielle et Vivifiante Trinité.

Isaïe, métropolite de Tamasos et Oreini  (Église de Chypre)

 

D’ici là que le Seigneur garde et bénisse tous et chacun.

6 qui suis-je   

 Geo